Mignonnes : Netflix accusé de pédopornographie aux USA, le délire continue

La Rédaction | 7 octobre 2020
La Rédaction | 7 octobre 2020

Après avoir fait les frais du marketing putassier de Netflix, Mignonnes poursuit son chemin de croix américain, alors qu’une poignée de politiciens américains ont saisi la justice. 

La puissante plateforme de SVOD est sous le coup de graves accusations, puisque le procureur du comté de Tyler (Texas) a annoncé avoir procédé à l’inculpation de Netflix au motif de pédopornographie. On se souvient qu’en septembre, le sénateur républicain du Texas, Ted Cruz (dont le dernier "fait d'armes" notable politique consista, il y a près de 4 ans, à réussir à faire cuire du bacon sur un canon de fusil d’assaut), avait appelé le ministère de la Justice américaine à enquêter sur la question. 

 

photo, Fathia Youssouf AbdillahiQuand ça commence à devenir bien lourd

 

L’état fédéral, au beau milieu d’une crise épidémique aux conséquences nombreuses et létales, n’avait pas donné suite, mais le procureur du Texas, Ken Paxton, avait néanmoins pris le temps de tempêter contre Netflix. Il semblerait que quelques semaines plus tard, le procureur du comté de Tyler ait, dans un relatif secret, entamé des poursuites, au motif que l’entreprise aurait “promu en connaissance de cause” des éléments dévoilant les parties génitales “mineurs de moins de 18 ans vêtus ou partiellement vêtus”. 

Le tout risquant de générer “un intérêt lubrique pour le sexe”. Une inquiétude qui peut prêter à sourire de la part des autorités d’un état dont les orientations puritaines ont abouti à des records de grossesses non désirées chez des adolescentes et un raz de marée de MST. Attention toutefois, le comté de Tyler n’oublie pas d’être cinéphile et note au passage que le Grand Jury qu’il a réuni estime que Mignonnes (Cuties aux USA) n’a “aucune valeur littéraire, artistique, politique ou scientifique réelle”. 

 

 

Netflix ou l’excellent film de Maïmouna Doucouré sont-ils pour autant menacés ? Si bien sûr la violence extrême, le lynchage délirant et les agressions via les réseaux sociaux ont sans doute engendré leur lot de stress et d’angoisse, judiciairement, l’affaire est moins évidente. Comme le rappelle Le Monde, un avocat texan spécialiste de la liberté d’expression, interviewé dans le Texas Tribune y voit surtout une attaque destinée “à marquer le coup”, plus qu’une procédure ayant des chances d’aboutir.

Une chose est sûre, de notre côté, on vous conseille vivement de regarder le film, toujours visible dans certains cinémas, et de lire notre critique par ici.

Tout savoir sur Mignonnes

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commentaires
Xbad
08/10/2020 à 17:45

@Kyle Reese
Tu as parfaitement raison, Sabrina et son boy boy boy était beaucoup moins néfaste que de la télé réalité en boucle tous les jours, à mon sens... Enfin, tout s'arrêtera avec skynet de toutes façons ;)

Kyle Reese
08/10/2020 à 10:14

@xbad

En effet quand on voit par ex le clip de Cardi B WAP ca pique. On peut se poser des questions sur son influence sur des enfants c’est sur. (Pour adultes c’est autre chose) Des clips comme ça il y en avait très peu a mon adolescences. Un peu vulgaire Duran Duran Girls in film (version. Censuré) passe très tard aux enfants du rock et puis il y avait les Mylène Farmer clip sexy mais baignés dans une esthétique romantique très travaillé.
Mais le monde a changé, il s’est déplacé, quelques vertèbres ... lol.

MystereK
08/10/2020 à 08:00

RYAN MONTREAL regardez le film avant de porter un jugement. Il n'y a rien dans ce film que beaucoup de jeune filles de cet âge ne font déjà dans la vraie vie (et surtout absolument rien de pornographique, aucunw partie génitale n'est montrée): imiter les chorégraphie des stars de la pop. Le film, vu en entier, est une bonne prévention contre les dérives auxquels sont confrontées ces jeunes filles et comme je l'ai dit, ce film a eu beaucoup plus d'impact envers mes enfants qui ont cet âge que tous les discours que j'ai pu leur faire, beaucoup trop abstraits quand c'est expliqué comme cela de parent à enfants (pour elles on est toujours des parents qui ne comprennent rien et qui aggravons tout alors qu'elles font cela innocement), ce films leur permets de voir que ce n'est pas une affabulation de leur parent et que le phénomène existe vriament.

A nouveau, n'y voit du lubrique que celui dont l'oeil qui veut y voir d'y lubrique alors que le film dit tout le contraire.

Xbad
07/10/2020 à 22:36

Quand on pense qu'à l'époque c'était le baiser des deux gamins dans un indien dans la ville qui avait fait scandale aux states... Et puis bon, les clips actuels, qui tournent en boucle sur MTV et autres.. voilà, un peu hypocrite je pense

Simon Riaux - Rédaction
07/10/2020 à 22:15

@RobinDesBois

Il faudrait se pencher en détail pour voir si un camp se l'approprie d'une manière plus avancée.

Mais pour le coup, je pense que l'intensité de l'attention qui accompagne la question est peut-être plus liée à l'apparente nouveauté du phénomène, qu'à son pouvoir effectif.

Parce que bon, que les médias en rendent compte - sans doute trop et avec complaisance - c'est évident. Mais quels en sont les effets ? Concrètement ? Les carrières ou œuvres qui en ont souffert ? À peu près aucune. Et pour le coup aucune dont la disparition ou l'oubli n'ait pas déjà été amorcé, très très longtemps avant les cris d'orfraies collectifs.

Je ne dis pas qu'il ne faut pas surveiller la chose avec attention hein. Juste que j'ai le sentiment qu'on joue un peu collectivement à se faire peur.

R90
07/10/2020 à 22:13

@RobinDesBois

Entre Promouvoir en France qui a bien nourri les polémiques pendant un long moment, les réactions outrées et pas franchement de gauche sur Mignonnes, les réactions ultra-méga-vénères aux USA sur The Last of Us 2, Captain Marvel et Black Panther (review bombing sur les sites comme Rotten Tomatoes, avec un nombre de critiques qui n'a aucun sens dès la sortie), la violence contre Kelly Marie Tran de Star Wars ou le casting féminin de SOS Fantômes (avec attaques, insultes etc sur les réseaux, au point de leur donner envie de tout couper), les réactions sur l'affiche de L'Inconnu du lac et La Vie d'Adèle de certains politiques, les réactions sur Johnny Storm noir dans Les 4 Fantastiques, ou même l'appel au boycott de Mad Max : Fury Road par des masculinistes américains... Je pense que la "droite" n'a pas à rougir non plus.

RobinDesBois
07/10/2020 à 22:06

@Simon oui évidemment ça n'est pas nouveau mais ça quand même pris des proportions très importantes ces dernières années et si ça avant c'était plutôt ponctuel et désorganisé aujourd'hui ça c'est généralisé et standardisé.

Bien sûr les nouveaux canaux d'expressions n'y sont pas étrangers mais le problème c'est que les médias et les politiques accordent beaucoup trop d'importance à des tweets et des hashtag, cela alimente et amplifie le phénomène au delà du raisonnable. Des discussions de comptoirs en viennent par effet boule de neige à lancer des mouvements et mettre en péril l'exploitation d'un film, d'une oeuvre ou la carrière d'un artiste.

Pour l'aspect politique, j'ai un sentiment de puritanisme qui aurait en partie changé de camps.

A une époque quand un film faisait "scandale" c'était plutôt la droite qui s'en indignait surtout aux Etats Unis du côté républicain. Aujourd'hui (évidemment l'exemple Mignonnes me donne tort) j'ai l'impression mais peut être que je me trompe qu'une partie de la gauche ne loupe pas une occasion de s'indigner de tout et n'importe quoi. La majeur partie des appels aux boycotts dont j'entends parler depuis quelques années sont plutôt issus de la gauche. Evidemment ça varie selon les pays. En France on est en revanche encore plutôt épargné mais cette culture du boycott est en train d'être importée chez nous.

Simon Riaux - Rédaction
07/10/2020 à 21:17

@RobinDesBois

Oh la Cancel Culture, on voit toujours celle de l'autre hein. Mais la droite n'en use pas moins que la gauche.

La question c'est, est-ce qu'elle existe réellement ? Parce que l'indignation et le boycott, ce nest pas franchement nouveau. Les technologies actuelles leur donnent une célérité nouvelle et une apparence de nouveauté, mais je ne suis pas du tout convaincu que le phénomène ait quoi que ce soit de nouveau (ou de très spécifique, ou plus efficient qu'hier).

RobinDesBois
07/10/2020 à 21:10

Les ravages de la cancel culture, et ce genre de dérive ne va que s’accentuer.

Il est cependant ironique de constater que si ici c’est plutôt l’extrême droite (mais pas que, il y a aussi des indignés pathologiques de gauche dans le tas il me semble) qui utilise cette « arme » hypocrite et sournoise, ce genre de méthode a plutôt été utilisée par une partie de la gauche ces dernières années qui sombre dans une sorte de puritanisme hystérique avec la culture woke.

Simon Riaux - Rédaction
07/10/2020 à 20:35

@RayanMontreal

Vous renseigner sur le contenu du film, son processus de fabrication (ou tout simplement lire les commentaires auxquels vous essayez de répondre) et son point de vue pourrait vous éviter ce type d'échange embarrassant.

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