Pacific Rim : Guillermo del Toro assume le côté enfantin de son blockbuster

Marion Barlet | 30 juin 2020
Marion Barlet | 30 juin 2020

Pacific Rim de Guillermo del Toro s'est pris des critiques pas contentes à sa sortie, mais le réalisateur estime qu'elles n'ont rien compris au film.

Des robots géants contre des monstres marins, dans un scénario minimaliste (il ne faudrait pas que l'histoire empiète sur les batailles), tel a été le programme de Pacific Rim. Gros plaisir visuel, le film s'est éclaté avec ses mastodontes de fer contre des aliens aquatiques, dans une ambiance de fin du monde, qui évidemment finit mieux qu'elle n'a commencé.

À sa sortie, il est passé sous la torpille de certaines critiques, qui ont déchanté face au propos général, jugé trop simpliste et pas franchement inventif. Le réalisateur lui-même n'a pas nié le caractère basique du récit, justement parce que c'était le but. Première vient de publier une interview de Guillermo del Toro, où il revenait notamment sur son œuvre de 2013.

 

PhotoDel Toro Jaeger

 

"Quand j’étais enfant, je me moquais de la théorisation et de l’explication de texte post-moderne : je voulais simplement que des robots défoncent des monstres (rire). Si vous cherchez à lire le film de façon plus compliquée, c’est certainement possible, je pourrais vous raconter une très belle histoire. Mais parfois, ça ne sert à rien d'intellectualiser.

Ça m’énerve de voir un film aussi chouette que Les Gardiens de la galaxie se faire détruire par la critique. J’aurais adoré voir ça à 10 ou 11 ans. Christopher Nolan a fait d’excellents Batman, mais je ne veux pas non plus que tous les films de super-héros ressemblent à ça ! Le public idéal pour Pacific Rim a 8 ou 10 ans, point. D’ailleurs je considère que j’ai fait deux films pour les gamins dans ma carrière : Hellboy et Pacific Rim."

Un film pour les enfants n'est pas forcément dénué de philosophie, comme il le prouvait paradoxalement en parlant de Hellboy. Le film est truffé de valeurs universelles, sur la différence, la tolérance et le rapport à la normalité. Le film a joui d'ailleurs d'un joli succès critique, tout comme Hellboy II : Les Légions d'or maudites (film ultime du réalisateur ?)

 

photoLes critiques Kaiju

 

Pacific Rim a aussi souffert d'une presse obnubilée par le box-office américain, bien inférieur à son budget (ce qui est très problématique quand on sait que c'est à domicile que les studios encaissent le plus). Pour 190 millions investis, le film n'en a rapporté que 101 millions aux États-Unis, mais a été sauvé par l'international, pour un cumul de 411 millions :

"Pacific Rim a très bien marché, malgré tout ce qu’on a pu en dire. Mais c’est une longue histoire, et il y a une raison très politique derrière tout ça… Ce dont les médias ont le plus parlé est le box-office américain. Et ce pour des raisons très concrètes… Je n’en dirai pas plus, l’inceste reste en famille ! Mais à ma connaissance, c’est l’un des rares cas où on a publiquement discuté du tracking, soit la réussite ou l’échec de la campagne marketing. Et ça a été fait d’une façon très spécifique… Quelque chose s’est passé en périphérie du film. Quand on travaille avec la mafia, ce genre de choses arrive ! Ça fait partie du métier."

 

photoLe gamin de 8 ans

 

On n'en saura pas plus, mais les mots prononcés sont forts. Pour des blockbusters, le coût financier est extrêmement élevé pour les campagnes marketing et publicitaire, qui vont permettre d'attirer le public et de récolter de gros sous. Et si les Américains ne se sont pas précipités en salles, ce n'est pas la faute au métrage en lui-même, semble expliquer Del Toro. D'autant que Pacific Rim a cartonné en Chine, avec près de 112 millions, ce qui en fait un cas peu ordinaire (à la Warcraft, le commencement). Le film a d'ailleurs été co-produit par Legendary Entertainement, une boîte américaine rachetée par le groupe chinois Wanda en 2016, quelques années après le film de Del Toro.

Le film a eu une suite, Pacific Rim : Uprising, avec Steven S. DeKnight en réalisateur, pour que le spectacle des Jaegers et des Kaijus puisse continuer. Notre critique est ici. Celle de la création de Del Toro est là.

 

Photo Charlie HunnamLa critique et Del Toro : un savant équilibre sur le fair-play

commentaires

Birdy
01/07/2020 à 22:30

Pas besoin de tomber dans l'intellectualisme pour souhaiter un scénario un poil plus original, avec des personnages crédibles et moins stéréotypés. Le visuel est top, la mise en scène se lâche, mais sinon quasi aucune scène ne surprend.
Un peu facile de se cacher derrière l'âge moyen du spectateur. Qqun cite transformers plus bas, c'est la même. Un scénario bas de gamme, des persos insupportables. Évidemment à ce prix et avec le talent des mecs aux FX, tu en prends plein les yeux, mais avec un tel conteur que Del Toro, moi j'attends plus.

M1pats
01/07/2020 à 07:58

Jorgio, apparement ca ne t a pas plu qu on te dise que c est une film pour les 8-10 ans aloyrs que toi tu as adore.
Ca te deplait d etre compare a un enfant ? C eest rien de mal, moi meme on me dit tous les jours :"hey mais t as 10 ans ou quoi, abruti va".
Alors c est rien de mal.
Meme ma maman m a deja dit souve t que je grandissais juste plus lentement mentalement, mais que ce n etait pas grave.
Bon a part mon sexe minuscule, je sais que je grandirais un jour moi aussi

M1pats
01/07/2020 à 03:34

jorgio6924 ce veut surtout pas qu on lui dise qu il a vu ce film comme un enfant de 10 ans ou d enfant, mais oui se comparer a ces petits monstres qui sont les enfants quelle horreur, quelle honte, vilain Del Toro

Kyle Reese
01/07/2020 à 01:52

J’ai vu Pacific rim avec des yeux d.enfants ( un enfant qui a été un grand fan de Goldorak) et mon cerveau d.adulte n’a pas tiqué car Del Toro ne se fiche pas des enfants et j.ai pris un super pied. C’est vrai que la photo était très réussie et la mise en scène des combats dantesque.

Et je rêve toujours de voir Un jour une adaptation de Goldorak ou Mazinger ou Robotech Ou Macross au cinéma avec un réal de la trempe de Del Toro sinon pas la peine. J.ai même pas essayer de regarder l’adaptation live de Patlabor tellement ça avait l’air cheap, quel dommage.

Hasgarn
30/06/2020 à 19:40

C'est le film préféré de mes enfants.
Bien joué, Del Toro !

jorgio6924
30/06/2020 à 18:22

Ces déclarations sont très curieuses.
Le voir comme un film pour les 8-10 ans, heu bon... Je vais lui en coller une bordel ! Chaque fois que je regarde ce film, je reste bouche bée devant la myriade de détails et de couleurs. Diable que c'est beau.

Concernant "Quand on travaille avec la mafia, ce genre de choses arrive !", il est allé très loin et il ne peut plus trop reculer. Ça veut dire quoi ça ?

Personnellement je pense surtout que les Kaiju ne font pas partie du folklore américain et il démoli Hong Kong dans son film. C'est un appel du pied au cinéma chinois qui me semble avait bien répondu. Godzilla s'est planté (relativement) au BO aussi (peut-être parce qu'il était à chier aussi...), ce qui met en avant le manque d'appétit du public pour les films de gros monstres.

Hunter Arrow
30/06/2020 à 18:22

Voilà c'est typiquement le genre de films que j'aurais kiffé avoir gamin mais qui ne te prend pas pour un con. Puis visuellement, il a beau avoir 7ans dans les dents, il déboite toujours autant

Opale
30/06/2020 à 17:14

J'ai bien aimé voir ce film au ciné mais j'ai beaucoup de mal a le revoir. Excellente BO.

Pseudo1
30/06/2020 à 15:48

Euh, où Les Gardiens de la Galaxie s'est-il fait détruire par la critique ? Au contraire, il a été salué de toutes parts, toutes proportions gardées (ça reste du Marvel).

Et je ne suis pas d'accord avec lui pour le public cible de Pacific Rim. Du moment que tu as gardé ton âme de gosse, même adulte, tu kiffes ce genre de films, c'est comme les Transformers ou Armageddon.
Le principal est que l'on ressente que le réalisateur s'est fait plaisir et a envie de plaisir.

Quant à Hellboy, film pour gamins de 8 ans ?? lol.

Bob nims
30/06/2020 à 15:41

Excellent

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