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Pacific Rim : Uprising – mécha critique

Par Simon Riaux
10 novembre 2022
MAJ : 14 novembre 2022

Accueilli diversement par le public et la critique en 2013, Pacific Rim était un fantasme de geek sur pattes, un hymne amoureux au Kaiju Eiga, cette grand-messe biomécanique venue du Japon, où robots géants et monstres mutants se collent des peignées homériques. L’avènement de sa suite fut pavé d’embûches, si bien que Guillermo del Toro abandonna la mise en scène en faveur de Steven S. DeKnight. Est-il parvenu à dompter les Jaegers et leurs pilotes rebelles dans Pacific Rim : Uprising ?

Pacific Rim : Uprising : Photo

CERVEAU SPLITTÉ

Si Del Toro avait fait de ses joutes épiques de véritables opéras climatiques, dans lesquelles créatures et machines s’affrontaient au milieu d’éléments déchaînés, il avait récolté des commentaires peu amènes quant à la lisibilité de son spectacle total, dont les belligérants étaient souvent dissimulés par de spectaculaires conditions météo. Une leçon que Pacific Rim : Uprising s’est efforcée de digérer.

Non seulement la quasi-intégralité des joutes a lieu sous le soleil de midi, mais Steven S. DeKnight, à défaut de s’approprier le matériau, s’est toujours efforcé d’offrir au spectateur une action lisible. En dépit d’une promo maladroite qui mettait l’accent sur des Jaegers plus souples et rapides, il a conservé la lourdeur et l’inertie qui faisaient leur charme, et s’il a dynamisé les combats, n’en a pas diminué la charge colossale. Le moindre geste des robots est ample, ça grince et ça coince, bref, les monstres d’acier ne se sont pas métamorphosés en majorettes démesurées.

 

photo pacific rim 2À la guerre, comme un Jaeger !

 

Les affrontements et notamment le climax brillent par la quantité de petits morceaux de bravoure qu’ils distillent en continu. Les poses iconiques se succèdent, les immeubles s’écroulent comme une équipe de pom-pom girls un soir de Saint-Patrick, et tout ce petit monde pulvérise gaiement des décors herculéens, non sans dispenser quelques clins d’oeil à l’original, ou à Evangelion (lorsqu’intervient l’impressionnant Obsidian Fury), tous très bien sentis.

En termes de jeux du cirque bourrins, le contrat est plus que rempli. Et pour un doigt d’honneur robotique franchement neuneu, on ne compte plus les jets de gratte-ciels, coups d’épée et autres uppercuts spatiaux qui émaillent le récit pour y disséminer une belle euphorie régressive.

 

photo, Scott EastwoodCourir dans le vide

 

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Du côté des personnages, rien de révolutionnaire, c’est le moins que l’on puisse dire, tous les protagonistes ayant manifestement confié leurs hémisphères cérébraux à un prêteur sur gages peu scrupuleux. Tous se contentent de suivre à la lettre le cahier des charges du genre, nous épargnant néanmoins l’hystérie collective de l’opus original et ses errements vestimentaires proches de l’attentat stylistique. Plus supportable, le script doit beaucoup à l’usage de la tronçonneuse assumé par Steve S. DeKnight, lequel revendique d’avoir coupé plus de vingt minutes du film durant sa postproduction.

 

photo, John BoyegaJohn Boyega qui met une droite à Star Wars

 

Ramené à 1h50, Pacific Rim : Uprising se paie le luxe d’aller à l’essentiel et d’assumer son statut de divertissement trépané. Néanmoins, il faudra pour l’apprécier supporter des articulations scénaristiques parfois condensées en un gag énorme, des motivations indignes d’un épisode rejeté de Santa Barbara et des enjeux parfaitement dénués de résonnances dramatiques. Un pur condensé de Power Rangers et Transformers sous perfusion japonaise en somme.

 

affiche

Rédacteurs :
Résumé

Moins ambitieux que son aîné, ce Pacific Rim : Uprising assume totalement son statut de fantasme décérébré sur pattes et remplit son contrat en la matière.

Autres avis
  • Geoffrey Crété

    Le premier Pacific Rim avait beaucoup trop de défauts pour tenir debout, mais se maintenait en place grâce à sa direction artistique et sa force visuelle. Rien de tout ça dans Uprising qui tente de décoller vers le blockbuster plus lumineux, pour mieux se crasher. Parfaitement basique et oubliable.

  • Alexandre Janowiak

    Divertissement basique pur et dur, Pacific Rim : Uprising n'a rien de bien plus profond et élégant à proposer qu'un spectacle sympathique mais bien trop commun pour marquer.

Tout savoir sur Pacific Rim : Uprising
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Commentaires
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Liberez gratos

Scott Eastwood un acteur magistralement nul à ch.er

Le film , nullité abyssale. Rien à sauver .

Même le 1er de mr del Toro m’avait touché l’une sans faire bouger l’autre malgré les effets spéciaux et le design des monstres bien réussis.

Mais là le 2. Non mais je le répète c’est extêmement mauvais

sfx pour teen

les cgi marquent un gain en arriere par rapport au film de Guillermo,moins bon en tout donc

turokk

Je comprends même pas comment on peux mettre 3/5 à ce film.
Une parodie du 1er film.
Les personnages du 1er qui sont éjectés comme des mal propre (on dirai un film des années 90 pour ça)..
Le coté sombre qui a complètement disparu, la musique à chier, le coté épique aux oubliettes…..
Bref une honte.

Le chat machine

Comme dirait Jean Pierre Coffe..c’est de la merde.

cepheide

Très bon spectacle de robots, si rare au cinéma (non, transformers n ‘est pas un film de mecha, c’est un film de truc en metal chelou).

Lepin

C’est clair, que ce film est nul à chier. L’auteur de cet article est un mongolien attardé sur les power rangers.

Simon Riaux

@Loup-Solitaire28

Non.

Loup-Solitaire28

Mon Dieu mais quel grosse bouse….rien à voir avec le 1er qui était magnifique malgré qques défauts, Cette suite est un pur navet, totalement ado, cliché, visuellement dégueux, scénario sans intêret…Comment vous pouvez mettre 3/5 sérieusement, c’est un gag ? Vous n’avez pas un minimum d’exigences et d’esprit critique ?!

Gregdevil

bah c’était bien naz lol.
Du DTV à gros budget.

Rouge carré

Ce film est un étron