Pacific Rim : Uprising - mécha critique

Mise à jour : 15/07/2018 11:59 - Créé : 20 mars 2018 - Simon Riaux

Accueilli diversement par le public et la critique en 2013, Pacific Rim était un fantasme de geek sur pattes, un hymne amoureux au Kaiju Eiga, cette grand-messe biomécanique venue du Japon, où robots géants et monstres mutants se collent des peignées homériques. L’avènement de sa suite fut pavée d’embûches, si bien que Guillermo Del Toro abandonna la mise en scène en faveur de Steven S. DeKnight. Est-il parvenu à dompter les Jaegers et leurs pilotes rebelles ?

 

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139 réactions

CERVEAU SPLITTÉ

Si Del Toro avait fait de ses joutes épiques de véritables opéras climatiques, dans lesquelles créatures et machines s’affrontaient au milieu d'éléments déchaînés, il avait récolté des commentaires peu amènes quant à la lisibilité de son spectacle total, dont les belligérants étaient souvent dissimulés par de spectaculaires conditions météo. Une leçon que Pacific Rim : Uprising s’est efforcée de digérer.

Non seulement la quasi-intégralité des joutes a lieu sous le soleil de midi, mais Steven S. DeKnight, à défaut de s’approprier le matériau, s’est toujours efforcé d’offrir au spectateur une action lisible. En dépit d’une promo maladroite qui mettait l’accent sur des Jaegers plus souples et rapides, il a conservé la lourdeur et l’inertie qui faisaient leur charme, et s’il a dynamisé les combats, n’en n’a pas diminué la charge colossale. Le moindre geste des robots est ample, ça grince et ça coince, bref, les monstres d'acier ne se sont pas métamorphosés en majorettes démesurées.

 

photo pacific rim 2A la guerre, comme un Jaeger !

 

Les affrontements et notamment le climax, brillent par la quantité de petits morceaux de bravoure qu’ils distillent en continu. Les poses iconiques se succèdent, les immeubles s’écroulent comme une équipe de pom-pom girls un soir de Saint-Patrick, et tout ce petit monde pulvérise gaiement des décors herculéens, non sans dispenser quelques clins d’oeils à l’original, ou à Evangelion (lorsqu’intervient l’impressionnant Obsidian Fury), tous très bien sentis. En termes de jeux du cirque bourrins, le contrat est plus que rempli. Et pour un doigt d'honneur robotique franchement neuneu, on ne compte plus les jets de gratte-ciels, coups d'épées et autres uppercuts spatiaux qui émaille le récit pour y disséminer une belle euphorie régressive.

 

photo, Scott Eastwood

 

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Du côté des personnages, rien de révolutionnaire, c’est le moins que l’on puisse dire, tous les protagonistes ayant manifestement confié leurs hémisphères cérébraux à un prêteur sur gages peu scrupuleux. Tous se contentent de suivre à la lettre le cahier des charges du genre, nous épargnant néanmoins l’hystérie collective de l’opus original et ses errements vestimentaires proches de l’attentat stylistique. Plus supportable, le script doit beaucoup à l’usage de la tronçonneuse assumé par Steve S. DeKnight, lequel revendique d’avoir coupé plus de vingt minutes du film durant sa post-production.

 

photo, John Boyega

 

Ramené à 1h50mn, Pacific Rim : Uprising se paie le luxe d’aller à l’essentiel et d’assumer son statut de divertissement trépané. Néanmoins, il faudra pour l’apprécier supporter des articulations scénaristiques parfois condensées en un gag énaurme, des motivations indignes d’un épisode rejeté de Santa Barbara et des enjeux parfaitement dénués de résonnances dramatiques. Un pur condensé de Power Rangers et Transformers sous perfusion japonaise en somme.

 

affiche

 

Résumé

Moins ambitieux que son aîné, ce Pacific Rim : Uprising assume totalement son statut de fantasme décérébré sur pattes et remplit son contrat en la matière.

commentaires

Marnie 31/03/2018 à 18:14

Très bon film j'ai été le voir ce matin avec ma soeur et ma maman et il est au top. Moi qui suit pas très film robot Pacific Rim a réussi a me convaincre quand j'ai le premier , hâte de voir le 3 volets de ce film ????

Pacific 29/03/2018 à 02:20

Vous savez que si sa se trouve c’est juste pas votre genre

K2000 23/03/2018 à 01:47

Bon alors...que dire...
Alors visuellement c'est très réussi. Les jaegers et les Kaijus sont réussis. Les combats aussi.
Certains choix scénaristiques sont discutables. Les acteurs ne sont pas très convaincants.(Bizarrement Gottlieb qui m'énervait dans le premier, s'en sort pas mal).
En dehors des combats c'était mou et long.
Je ne retrouve pas l'univers du premier qui m'avait beaucoup plus. Dehors le côté à bout de souffle ambiant, les Jaegers dépassés par les événements...
Donc pas emballé des masses je lui mets 10/20.

Del Toro revient !!

lt 22/03/2018 à 21:37

les acteurs pas si marquants que ca et puis le coup du fils qui suit les traces de son pere desole mais deja vu dans independance day resurgence

lt 22/03/2018 à 21:34

si vous aimez les films de monstres un melange transformers et power rangers oui allez le voir mais comme tomb raider il est oubliable dommage et peut etre que pacific rim sera dans le monsterverse rien d'officiel pour l'instant mais j'aimerais que ca se fasse

Sevyslar 21/03/2018 à 13:44

En attendant c’est mieux que les nanar français

mikegyver 21/03/2018 à 10:26

j'avais deja dit a l'epoque sur ce site tout le bien (ironie) que je pensais du 1er, en gros c'etait power rangers avec des moyens.

le 2 devient donc un transformers bourrin.

bravo vivement le 3eme ! mais je sais plus ce qui reste niveau film de geant/robots :(

Zanta 21/03/2018 à 10:17

C'est toujours un peu facile d'évacuer le scénario pour ce type de film...
On ignore ainsi si l'orientation du film a vocation à reprendre des fils narratifs du premier film ou si c'est un véritable reboot déguisé. Et si le film semble annoncer de multiples suites (espérons que non, une trilogie suffira.).

Feld 21/03/2018 à 08:11

Ca fais du bien des fois des films ou on à pas besoin de réfléchir
Et ca change un peu des marvels et leurs héros indestructibles
Les critiques sont un peu trop dur
Ca reste du cinéma

Szalem 21/03/2018 à 01:43

"Néanmoins, il faudra pour l’apprécier supporter des articulations scénaristiques parfois condensées en un gag énaurme..."

Hénaurme!

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