Pacific Rim : critique géante

Damien Virgitti | 9 mars 2019 - MAJ : 31/03/2020 13:20
Damien Virgitti | 9 mars 2019 - MAJ : 31/03/2020 13:20

Il y a des films qui s'imposent d'eux-mêmes par leur concept comme des concentrés de culture geek. Aussi quand Guillermo del Toro s’est proposé de filmer en live les combats de monstres et de robots avec lesquels il jouait probablement dans son bain tout petit, Pacific Rim est devenu l’un des blockbusters les plus attendus de l’été. Une attente récompensée en grande partie puisque l'on se retrouve face à un Transformers avec un cerveau.

2500 TONNES DE PURE BEAUTÉ

Dans la première partie du récit, la plus Evangelion du film, Guillermo del Toro montre bien qu'il n'est pas là que pour mettre en scène de titanesques combats de bruit et de fureur, ceux pour lesquels beaucoup se seront déplacés. Son désir de faire Pacific Rim au travers de ses personnages et d’un univers tangible, est parfaitement palpable. Le monde post-apocalyptique décrit par le film, et vu seulement jusqu’ici dans quelques dessins animés restés dans les mémoires, existe bel et bien. On passe ainsi suffisamment de temps avec les personnages pour que chaque rôle, du charismatique Idris Elba jusqu’à ses personnages secondaires les plus loufoques (Ron Perlman et ses chaussures en écailles d’or), soit justifié.
 
 

PhotoQui a dit Evangelion ?

 

SAUCE KAÏJU


Suffisament malin pour bien faire monter la sauce, Guillermo del Toro n'est pas pour autant dupe sur ce que le public attend de voir. Et quand il est l’heure de passer aux choses sérieuses, le réalisateur montre avec maestria à quel point il est l'homme de la situation. Les affrontements entre jaegers et kaijus atteignent des sommets visuels inédits à l'image de ce plan inouï de la trajectoire d’un des poings du mécha suivie au travers d'un immeuble. Par la grâce d'un sens artistique épatant et d'une mise en scène constamment lisible (malgré la pénombre et l'eau omniprésentes) et plus d'une fois iconique, chaque mano a mano marque durablement la rétine. Vous vous souviendrez longtemps de Hong-Kong.
 

Photo Charlie HunnamJeune premier héroïque numéro 25969 rencontre mentor paternel numéro 49627

 

Bien sûr, les plus pinailleurs diront, à raison, que le scénario reste des plus classiques, avec une absence de surprises narratives qui peut afflaibir l'impact du film. Que les acteurs ne sont pas tous à la hauteur de l'événement même si le premier degré de l'oeuvre ne les aide pas non plus à se sortir d'une certaine caricature  de jeu. Que la bande originale ne marque pas aussi bien les esprits que les combats. Mais toutes ces scories ne sont, au final, que peu de choses face au spectacle orchestré avec générosité et sincérité par Guillermo del Toro. Un spectacle qui met la barre très haute pour tous les Transformers, Godzilla et compagnie.

 

Affiche française

Résumé

Tous ces scories ne sont, au final, que peu de choses face au spectacle orchestré avec générosité et sincérité (ça, personne ne pourra lui enlever) par Guillermo del Toro. Un spectacle qui vient juste de mettre la barre très haute pour les prochains Transformers et Godzilla. Pacific Rim, oui mais surtout Pacific wins !

Autre avis Geoffrey Crété
Guillermo Del Toro a un sens évident de la mise en scène, et un appétit de spectacle et de créatures très stimulant. Ne manquait plus que des personnages digne de ce nom pour que Pacific Rim soit autre chose qu'une carcasse vide et monstrueusement fragile.

commentaires

Pat Rick
10/03/2020 à 10:55

Pas un grand Del Toro, le film se noie dans ses FX et la patte du réalisateur ne se ressent quasiment jamais.

Flo
19/02/2020 à 15:21

« Madame Rim! On avait dit pas de dragon! »

Ben voilà, en fait c’est simple. Guillermo del Toro nous refais le coup de "Blade 2", une grose série B d’action avec des moyens de série A (catch phrase de Ridley Scott pour "Alien").
"Blade" était une bd avec des vampires? "B2" a de l’action graphique à la Kirby et manga, et des vampires de types kung fu, vieux, nazis, nosferatus etc…
"Pacific Rim" est une histoire totale de robots et de gros dzillas qui va jusqu’au bout de son concept sans laisser de suspense trop inutile. C’est griller ses cartouches trop vite pour une suite, mais vu qu’hélas le film est un bide…

L’histoire est carrément calqué sur le premier japanim venu, les persos étant caractérisés de manière ultra classique, du héros fort et charmeur, mais « traumatisé en dedans et qui va quand même revenir piloter parce qu’il sait rien faire de mieux » aux deux scientifiques hystériques en passant par la trop timorée jap qui sait quand même se battre. Y a même le chien mascotte…
C’est comme si le réal avait montré plein d’OAV à ses acteurs en disant « fais exactement comme ça! »

Heureusement, comme souvent dans les histoires asiatiques ce qui se cache derrière ses carcasses de robots comme derrière ces gros lieux communs, c’est la notion d’écologie (les robots mano a mano à la place de « simples » et impersonnelles explosions nucléaires) et de liens forts entre les gens que ce soit entre frères, père et fils/fille, amis ou amants.
L’amour pour unir et survivre, présenté sans affreuses cucuteries, mais dans un gros et beau paquet cadeau clinquant et puissant.

YATTA!

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