Pacific Rim : Critique géante

Damien Virgitti | 11 juillet 2013
Damien Virgitti | 11 juillet 2013

Il ya des films qui s'imposent d'eux-mêmes par leur concept comme des concentrés de culture geek. Aussi quand Guillermo del Toro s’est proposé de filmer en live les combats de monstres et de robots avec lesquels il jouait probablement dans son bain tout petit, Pacific rim est devenu l’un des blockbusters les plus attendus de l’été. Une attente récompensée en grande partie puisque l'on se retrouve face à un Transformers avec un cerveau. Ou « 2 500 tonnes de pure beauté » pour reprendre une des répliques du film.

Dans la première partie du récit, la plus Evangelion du film, Guillermo del Toro montre bien qu'il n'est pas là que pour mettre en scène de titanesques combats de bruit et de fureur, ceux pour lesquels beaucoup (tous ?) se seront déplacés. Son désir de faire Pacific Rim au travers de ses personnages et d’un univers tangible, est parfaitement palpable. Le monde post-apocalyptique décrit par le film, et vu seulement jusqu’ici dans quelques dessins animés restés dans les mémoires, existe bel et bien. On passe ainsi suffisamment de temps avec les personnages pour que chaque rôle, du charismatique Idris Elba (et ses répliques et regards mémorables) jusqu’à ses personnages secondaires les plus loufoques (Ron Perlman et ses chaussures en écailles d’or), soit justifié.
 

 
Suffisament malin pour bien faire monter la sauce, Del Toro n'est pas pour autant dupe sur ce que le public attend de voir. Et quand il est l’heure de passer aux choses sérieuses, le réalisateur montre avec maestria à quel point il est l'homme de la situation. Les affrontements entre jaegers et kaijus atteignent des sommets visuels inédits à l'image de ce plan inouï de la  trajectoire d’un des poings du mécha suivie au travers d'un immeuble. Par la grâce d'un sens artistique épatant (magnifique travail sur les couleurs notamment) et d'une mise en scène constamment lisible (malgré la pénombre et l'eau omniprésentes) et plus d'une fois iconique (ah ce plan dans l'espace !), chaque mano à mano marque durablement la rétine. A ce titre, la très longue et incroyablement destructive bataille à Hong Kong risque fort de rester dans les mémoires de bon nombre de spectateurs. 
 
 

 

Bien sûr, les plus pinailleurs argueront, à raison, que le scénario reste des plus classiques, avec une absence de surprises narratives qui peut afflaibir l'impact du film. Que les acteurs ne sont pas tous à la hauteur de l'événement même si le premier degré de l'oeuvre ne les aide pas non plus à se sortir d'une certaine caricature  de jeu. Que la bande originale ne marque pas aussi bien les esprits que les combats, et ce même si c'est Ramin Djawadi, pourtant compositeur du score épique de Game of thrones, qui en est l'auteur.

 

 

 

Résumé

Tous ces scories ne sont, au final, que peu de choses face au spectacle orchestré avec générosité et sincérité (ça, personne ne pourra lui enlever) par Guillermo del Toro. Un spectacle qui vient juste de mettre la barre très haute pour les prochains Transformers et Godzilla. Pacific Rim, oui mais surtout Pacific wins !

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire