Harvey Weinstein : Sarah Polley livre un témoignage accablant sur l'industrie hollywoodienne

Jacques-Henry Poucave | 16 octobre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Jacques-Henry Poucave | 16 octobre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Sarah Polley est l’une des artistes américaines les plus atypiques de sa génération. Son témoignage au sujet de l’affaire Weinstein est un des plus intéressants à avoir été publiés.

Actrice remarquée notamment dans L’Armée des Morts, Le Poids de l’eau ou ExistenZSarah Polley est également la réalisatrice de Loin d'elle, Take this waltz ou encore le passionnant documentaire Stories We Tell.

Elle vient de signer une tribune publiée sur le site Sunday Review, que nous recommandons chaudement aux anglophones. Elle y revient sur son passif avec Harvey Weinstein, loin d’être aussi problématique que les témoignages de harcèlement, abus ou viol tels que dévoilés par Asia Argento, Rose McGowan et de nombreuses autres, mais elle saisit cette occasion pour élargir à un sujet nettement plus important.

 

Photo

Harvey Weinstein

 

Car au-delà du seul cas de Harvey Weinstein, se pose la question de l’état d’une industrie, et par extension d’un corps social, qui a permis à des situations de ce type de perdurer. Et pour Sarah Polley, le problème est justement que le producteur aujourd’hui au centre de l’attention n’est qu’un rouage d’une mécanique bien plus vaste.

« Harvey Weinstein est peut-être l’incarnation totale d’une certaine idée du prédateur hollywoodien, mais il n’était qu’une pustule suppurante au sein d’un corps malade. »

Polley reconnaît avec franchise que comme bien d’autres avant elle, elle avait entendu parler de Harvey Weinstein, de son comportement délictueux voire criminel à l’encontre des femmes et ce bien avant de le rencontrer. Et si personne n’a jugé pertinent de réagir, d’après elle, c’est car Weinstein ne constitue en aucune façon un cas isolé.*

 

Photo Sarah Polley, Ving Rhames

Sarah Polley dans L'Armée des Morts

 

« La plupart des réalisateurs sont des hommes insensibles. Et si j’en ai rencontré quelques réalisateurs et producteurs humains, gentils, sensibles dans ma vie, malheureusement ils sont l’exception et non la règle. Cette industrie tend à ne pas attirer les meilleurs d’entre nous et les individus fidèles à leurs valeurs.

Dans une même année j’ai fait deux fois d’affilée l’expérience de l’humiliation, de la violence et du mépris, pour avoir exprimé sincèrement mon opinion, et été une autre fois qualifiée de trop sensible pour avoir formulé une réclamation.

 

Photo Sarah Polley

 

Un producteur, quand j’ai expliqué qu’une scène de viol me paraissait dirigée de manière indigne, m’a aboyé que Dakota Fanning avait fait la même chose à 12 ans – « Elle va bien ! » Une hypothèse pour le moins sujette à débat.

Je ne donnerai pas les noms des personnes impliquées. Et cela va attirer des critiques, pour une raison ou pour une autre. Ce qui est amusant, parce quand les femmes donnent des noms, elles sont alors critiquées précisément pour cela. »

Difficile de ne pas acquiescer, alors qu'en France, les vifs débats provoqués par l'usage du hashtag #BalanceTonPorc ont justement provoqué des réactions d'hommes, heurtés par le choix de certaines femmes de confondre publiquement ceux par lesquels elles estiment avoir été agressées.

 

Photo Sarah Polley

 

 

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commentaires
nicodeniro
16/10/2017 à 20:11

@Chuck le canada c'est l'amerique du nord aussi donc malgré qu'elle vient du Canada ça fait d'elle aussi une américaine

Chuck
16/10/2017 à 18:17

Sarah est canadienne pas américaine.

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