Sin City : l'adaptation de comics la plus fidèle du cinéma

Arnold Petit | 25 novembre 2020
Arnold Petit | 25 novembre 2020

Avant que Zack Snyder n’adapte 300 et Watchmen en allant jusqu’à reprendre des cases des romans graphiques de Frank Miller, d’Alan Moore et Dave Gibbons, Robert Rodriguez avait déjà bouleversé la façon de concevoir les adaptations de comics en portant Sin City.

À l’écran : une imagerie ultra-stylisée et un casting ahurissant, composé de Bruce Willis, Mickey Rourke, Jessica Alba, Clive Owen, Benicio Del Toro, Rosario Dawson, Michael Madsen, Elijah Wood, Josh Hartnett, Carla Gugino, Michael Clarke Duncan, Rutger Hauer, Brittany Murphy ou encore Nick Offerman.

Alors que le cinéaste s’apprête à faire son retour sur Netflix avec C’est nous les héros, on revient sur ce projet ambitieux, qu’il a mené avec Frank Miller (et un peu Quentin Tarantino) et qui reste certainement l’adaptation de comics la plus fidèle jamais vue sur grand écran.

 

photoDes filles et des flingues

 

NOIR, C’EST NOIR

Sin City est un monument dans la carrière de Frank Miller. Une oeuvre rapidement devenue culte, récompensée d'une flopée d'Eisner Awards et qui a confirmé sa réputation de scénariste controversé, mais lui a aussi conféré ce statut de légende, qu'il avait déjà commencé à établir avec son passage sur Daredevil, The Dark Knight Returns ou Batman : Année Un (auquel on a consacré un dossier ici).

Dans cette série de comics en sept volumes, où les histoires et les destins des personnages s'entremêlent pendant la nuit, Frank Miller a déversé tout son amour pour les films noirs et ce qui a défini sa patte au fil du temps : une violence décomplexée, du sexe, des trahisons, une ville rongée par la misère et la corruption, de l'expressionnisme, du manga, des héros complexes et torturés ou encore des personnages féminins hyper sexualisés, à la plastique aussi parfaite qu'improbable.

 

photo, Carla GuginoBeaucoup de filles et de flingues

 

L'influence des écrits de Mickey Spillane, Raymond Chandler et des longs-métrages avec Humphrey Bogart transpire dans chacun des récits, encore plus à travers les dessins. Des planches sublimes, minimalistes, au trait gras et épais, reposant uniquement sur des aplats de noir et de blanc et des jeux d'ombre et de lumière perpétuels. La narration, disposée à côté des cases, nous emmène dans les pensées des différents personnages et les tréfonds de l'âme humaine. Des réflexions aussi brutales que philosophiques, prenant quasiment la forme d'un roman noir dont les illustrations seraient les storyboards. Sin City possède déjà un certain aspect cinématographique en soi et il n'est donc pas étonnant qu'en 2003, Robert Rodriguez ait approché Frank Miller pour en faire un film.

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Accèder à tous les
contenus en illimité

Sauvez Soutenez une rédaction indépendante
(et sympa)

Profiter d'un confort
de navigation amélioré

Tout savoir sur Sin City

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Vous aimerez aussi

commentaires

Gregdevil
26/11/2020 à 09:18

Culte.
J'ai trouvé le ton bien respecté, forcément c'est pas du 100%, mais l'esprit crade, corrompu, violent qui caractérise la ville est bien présent. Par contre suite fut une déception.

Ozymandias
25/11/2020 à 18:33

Je l'avais vraiment trouvé top ce Sin City !

bennn
25/11/2020 à 13:25

Pas vraiment d'accord. Fidèle dans les images mais pas du tout sur le ton. La BD est vraiment hardboil et crépusculaire ce que n'est pas le film. Des scènes durs dans la BD deviennent comiques dans le film. L'essence de la BD n'est donc pas vraiment respectée.

votre commentaire