Tenet : la théorie qui va vous faire aimer le thriller SF de Christopher Nolan

Alexandre Janowiak | 28 août 2020 - MAJ : 28/08/2020 18:15
Alexandre Janowiak | 28 août 2020 - MAJ : 28/08/2020 18:15

Les théories fusent sur le Tenet de Christopher Nolan depuis sa sortie au cinéma et celle-ci pourrait vous faire chavirer le coeur.

Après moult rebondissements à cause de la pandémie de Covid-19, Tenet est enfin arrivé sur les écrans français et un peu partout dans le monde le 26 août dernier. Largement attendu comme le messie du cinéma ou annoncé comme la nouvelle perle de Christopher Nolan, le film divise énormément critique et public depuis sa sortie (la nôtre sans spoiler là, celle avec spoilers ici).

Pointé du doigt pour sa trop grosse complexité et son foutoir scénaristique pour certains, encensé pour sa maestria visuelle et son concept SF novateur pour d'autres, Tenet a rouvert la porte au débat inhérent au cinéma, à défaut de savoir pour l'instant s'il ravivera le box-office mondial. En attendant, à l'image du plan final sur la toupie de Inception, plusieurs théories débarquent sur les internets sur les personnages, la construction ou le final du film, tant l'oeuvre est propice à la réflexion.

Et à dire vrai, l'une d'entre elles pourrait bel et bien être la clé du film qui permettrait possiblement de conquérir le coeur de chacun de ses spectateurs et donner une tout autre ampleur aux enjeux du film. Analyse.

ATTENTION SPOILERS SUR TENET !

 

 

LE PERSONNAGE DE NEIL...

Cette théorie se base sur le personnage de Neil, incarné par le charismatique Robert Pattinson, et qui vient aider le personnage interprété par John David Washington, simplement dénommé Le Protagoniste, dans sa mission pour sauver le monde. Pour autant, au fil de l'avancée du film, on a la sensation que Neil en sait finalement plus que Le Protagoniste. Une sensation qui se révélera exacte dans les derniers instants du film puisque Neil expliquera dans un twist terriblement émouvant au Protagoniste qu'il a en fait été embauché par lui dans le futur et qu'il le connait depuis des années.

À ce moment-là, il lui explique surtout que c'est la fin de cette sublime amitié pour lui et le début de cette belle histoire amicale pour Le Protagoniste puisque Neil est la personne qui s'est sacrifiée dans la grotte finale pour ouvrir la porte et ainsi sauver le personnage principal et permettre d'éviter l'ensevelissement de l'algorithme suite à l'explosion.

 

photo, Robert PattinsonNeil, personnage central et pivot du film d'une certaine manière

 

Jusque là, aucune théorie, le film est très clair sur ces points et il ne fait nul doute que Neil a été embauché par Le Protagoniste dans le futur. Plus précisément encore, Le Protagoniste du futur l'a même formé pour qu'il aide sa jeune version (celle du Protagoniste qu'on suit durant tout le film) à sauver le monde.

Une jolie histoire d'amitié qui prend une tout autre ampleur et dimension si l'on croit une théorie des plus tangibles. Selon celle-ci, Neil aurait une autre identité : il serait Max, le fils de Kat (Elizabeth Debicki). Évidemment, l'information peut paraître troublante, et pourtant elle fait sens durant l'ensemble du film, notamment si l'on s'attarde essentiellement sur les réactions, les questionnements et les non-dits du personnage de Neil.

 

Tenet, John David Washington, Robert PattinsonUne amitié dont certains ne connaissent pas encore l'existence

 

... EST LE FILS DE KAT

Revenons d'abord à une interview de Christopher Nolan avec Entertainment Weekly datant du mois de juin. Interrogé sur le personnage de Pattinson, le cinéaste avait répondu :

« On pense qu'il s'appelle Neil [en riant]. On ne sait jamais vraiment ce qu'il se passe avec ce genre de personnes et leurs identités. C'est un personnage légèrement coquin qui opère dans ce qu'ils appellent ce "monde crépusculaire" d'agents de différents services secrets. »

Évidemment, à l'époque, on pouvait supposer que Nolan parlait de cette multiplicité d'identités par rapport au métier d'espion. Le personnage de Pattinson étant un espion (ou présenté comme tel), nul doute qu'il peut changer d'identité afin de passer inaperçu lors de ses missions. Cependant, les autres identités qu'évoquait Nolan pourraient finalement correspondre en réalité à une seule d'entre elles : celle du fils de Kat.

 

Photo Robert PattinsonUn masque qui en cache un deuxième ?

 

L'élément qui a mis la puce à l'oreille est relié aux coupes de cheveux du gamin (incarné par Laurie Shepherd) et de Neil qui sont sensiblement identiques. Pas grand-chose de bien suffisant pour soutenir cette théorie pour le moment, mais ce n'est évidemment que le premier d'une longue ribambelle d'indices ou de situations laissant à penser qu'elle est fondée. On remarque, en effet, que le personnage de Pattinson est l'un des seuls (parmi ceux principaux) à ne jamais être situé au même endroit que Max ou simplement dans une même scène.

Évidemment, cela serait lié à l'idée du paradoxe temporel où, pour éviter toute annihilation, deux mêmes êtres ne doivent en aucun cas se toucher à même la peau. En évitant de croiser son double enfant, Neil ne se risquerait donc jamais à mourir dans d'atroces circonstances (voire pire). Enfin, le film se clôture non pas sur le visage du Protagoniste, mais bien sur son regard posé sur Kat et Max sortant de l'école librement et ensemble, laissant à penser qu'ils seront amenés à recroiser le chemin d'un Protagoniste très protecteur à leur égard.

 

Tenet, John David WashingtonLes deux personnages les plus importants de la vie de Neil ?

 

SA RELATION AVEC LE PROTAGONISTE

C'est ce qui vient encore plus nourrir l'idée que Neil et Max sont la même personne : le lien entre Kat et Le Protagoniste. Tout au long du film, qu'on la trouve bien amenée ou non, on sent qu'il y a une romance naissante entre Le Protagoniste et Kat. On peut imaginer que Le Protagoniste se lie d'amour (ou au moins d'amitié) avec Kat dans le futur et finit par comprendre que Max est en fait une version jeune de Neil (ou choisit que Max soit Neil). Il sera alors obligé de le guider vers des études spécifiques (Neil explique qu'il est diplômé de physique quantique durant le film) et de le former pour sauver le monde dans le passé.

Des éléments qui expliqueraient alors les phrases finales du personnage de Neil affirmant qu'il connait Le Protagoniste depuis des années et qu'ils ont fait les 400 coups ensemble. Le Protagoniste a peut-être été son beau-père dans le futur ou une sorte d'oncle de substitution, Kat ne semblant pas avoir de famille proche hors feu son mari Sator. En tout cas, il est possiblement devenu la figure paternelle absente de la vie du jeune Max/Neil depuis la mort de son père. Cela viendrait également conforter la raison pour laquelle le personnage de Neil est dévoué à la cause du Protagoniste et est prêt à se sacrifier pour lui.

Après tout, Le Protagoniste ayant tout fait pour sauver sa mère et lui-même dans le passé, il se sentirait redevable et aurait également été élevé avec cette idée en tête. Le bonheur et bagou final de Neil - alors même qu'il sait sans doute qu'il va mourir - s'expliquerait donc par l'idée qu'il sait que son sacrifice lui permettra aussi de sauver le monde, sa mère, lui-même et de vivre l'amitié qu'il vient de partager pendant des années avec Le Protagoniste (et que son double jeune pourra donc revivre dans la boucle temporelle à venir).

Lors de sa première rencontre officielle avec Le Protagoniste (dans le film, à savoir la scène ci-dessous), Neil dit d'ailleurs au Protagoniste : "Le temps n'est pas le problème, en ressortir vivant c'est le problème". Tout un symbole pour le personnage qui connait déjà son, à savoir la possibilité de revenir en arrière (il l'a déjà fait), mais l'impossibilité d'échapper à la mort qui l'attend.

 

photo, John David Washington, Robert PattinsonLe (faux) début d'une grande amitié

 

SA RELATION AVEC KAT

Au-delà du Protagoniste, le personnage de Neil est souvent en contact avec Kat. Si au premier abord, Neil ne semble pas particulièrement proche d'elle, au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue, on constate que son personnage parle énormément d'elle, se soucie de son bien-être, de sa santé et surtout de l'attention que lui porte Le Protagoniste.

Durant tout le film jusqu'à sa réplique finale, Neil questionne Le Protagoniste sur Kat. Sa curiosité à ce propos dissimule peut-être en vérité sa volonté d'essayer de comprendre la nature des sentiments que porte le personnage de John David Washington pour Kat (sa mère). Sa question finale au Protagoniste lui demandant s'il va aller revoir Kat à Londres semble quasi-rhétorique, comme s'il savait qu'il y retournerait (ce qui est arrivé devant arriver, et le plan final le confirmant).

Aussi, lors de leur remontée du temps à bord d'un container en route (à reculons) vers Oslo où Kat est en train de se remettre des dégâts de la balle inversée de Sator, Neil s'occupe délicatement d'elle et s'inquiète de sa santé assénant au Protagoniste : "il faut la soigner maintenant et vite". Alors que Le Protagoniste quitte la pièce, Kat pose une question à Neil : "qui êtes-vous ?", ce à quoi Neil répond par un énigmatique : "Pour faire simple, vous connaissez le paradoxe..." avant que le plan ne soit coupé, laissant place au mystère.

 

photo, Elizabeth DebickiElizabeth Debicki, mère dévouée à son enfant

 

Quelques heures plus tard, Le Protagoniste revient et l'on découvre que Neil est toujours au chevet de Kat, lui administre une piqûre pour l'endormir et la soulager, avant de la border. Une attention particulière qui n'interpelle pas Le Protagoniste, mais qui montre pourtant l'attachement que semble porter Neil pour Kat (et s'il est son fils version âgée, quoi de plus normal).

De plus, lorsque le trio cherche à savoir quand se cache Sator (quel jour surtout), ce n'est pas Kat qui connait la réponse, mais bien... Neil. Comment ? Tout simplement parce qu'on peut supposer qu'il était présent ce jour-là étant Max dans le passé (il est dans le bateau qui le ramène au yacht) et se souvenant évidemment de ce jour si important pour lui et sa mère.

Au demeurant, Neil, alors même qu'il s'est occupé de la guérison de Kat pendant plusieurs heures (voire jours ?), ne lui dit même pas au revoir avant la mission finale. L'évocation par Kat au Protagoniste et son air attristé ne sont sûrement pas anodins et on peut imaginer que Neil a sans doute fait ce choix à contrecœur pour éviter de s'infliger lui-même des souffrances à l'idée de devoir dire adieu à sa mère sans pouvoir lui révéler sa véritable identité.

Enfin, dernier petit élément qui pourrait sceller le lien entre Kat et Neil (et donc Max) : la petite cordelette rouge/orange du sac de Neil semble correspondre aux petites cordelettes qui maintiennent les personnages de Sator, Kat et Le Protagoniste lorsqu'ils font du catamaran. Cette petite cordelette accrochée au sac de Neil pourrait ainsi être un simple souvenir de ses virées en catamaran avec sa mère lors de son enfance et adolescence dans le futur à venir.

 

Photo Elizabeth DebickiL'amour d'une mère pour son fils

 

MAIS POURQUOI CHANGER DE PRÉNOM ?

Cette théorie amène forcément à une question : pourquoi changer de prénom ? D'abord, sans doute dans un simple souci scénaristique afin de garder un peu de mystères sur les identités de chacun. Mais l'explication la plus crédible et logique est intrinsèquement (et naturellement) liée à tout l'adage du film à savoir : l'ignorance est une arme.

Après avoir compris qu'il affrontait sa version inversée au port franc et que Neil le sait depuis la première bagarre (avant celle inversée), Le Protagoniste lui demande pourquoi il ne lui a rien dit, ce à quoi il répond dans les grandes lignes : "Si je te l'avais dit, tu aurais peut-être agi différemment". Une raison assez simple et convaincante pour justifier son changement de prénom, d'autant plus que s'il avait gardé le prénom de Max, Kat aurait pu faire le rapprochement, pu changer de comportement, tenter d'empêcher son sacrifice et donc mettre à mal la sauvegarde du monde...

Reste à savoir pourquoi Neil au lieu de Max ? À dire vrai, l'importance est moindre et cela ne change pas grand-chose à l'idée de départ. Deux hypothèses ont toutefois fait surface depuis l'émergence de cette théorie. La première en forme de clin d'oeil à la physique quantique : Max ferait référence à Max Planck, considéré comme le père de la physique quantique, et Neil à Niels Bohr aussi scientifique travaillant sur la mécanique quantique.

La deuxième est un peu plus tirée par les cheveux : Max serait un diminutif de Maximilien. Et dans l'idée d'un palindrome, les quatre dernières lettres inversées de ce prénom donnent étrangement le prénom Neil. Si l'on s'amuse plus en forme d'anagramme avec les lettres du prénom et qu'un I de Maximilien est transformé en /, alors le mélange des lettres peut carrément donner I'M MAX / NEIL (soit "Je suis Max / Neil ). Une deuxième idée amusante, possible secret caché du scénario, mais sans plus d'informations, difficile de véritablement lui donner plus de crédits.

 

Photo John David WashingtonUn duo inoubliable

 

ÇA APPORTE QUOI AU FILM ?

Absolument tout ce qu'on peut lui reprocher de ne pas développer ou provoquer à savoir la profondeur des personnages et l'émotion. Si Neil est bel et bien la version âgée de Max, alors les intentions de son personnage deviennent plus claires et surtout plus émouvantes : le personnage ne se bat pas seulement pour sauver le monde, mais également pour sauver sa mère et se sauver lui-même. De facto, l'importance de la réussite de la mission à une valeur encore plus grande pour lui et son personnage prend une autre dimension à travers ce prisme.

De l'autre côté, cela donne également beaucoup plus de profondeur au Protagoniste puisqu'on comprend à la fin du film qu'il est à l'origine de cette mission. Le Protagoniste devient donc, sans le savoir, l'élève de Neil qui lui-même était l'élève du Protagoniste dans le futur, parce que Le Protagoniste en a lui-même décidé ainsi dans le futur, il offre la possibilité à son élève de devenir le propre mentor de son mentor dans le passé. Intrinsèquement, cela justifierait aussi le magnétisme (froid certes, mais bel et bien visible) entre Kat et Le Protagoniste, une attraction ou affinité étrange et insondable pour eux à ce stade de leur vie, mais logique puisqu'ils seraient liés de facto grâce à leur eux du futur.

Christopher Nolan a beaucoup joué sur les sentiments dans ses films (notamment l'importance de l'amour dans la plupart dont Interstellar), l'idée que des personnages sentent une certaine connexion entre eux sans pouvoir l'expliquer et qu'elles soient en fait dû à eux-mêmes dans le futur, donne une approche très nolanienne à cette relation (et joue avec un paradoxe, un des thèmes majeurs de Tenet).

 

Photo John David WashingtonUn plan encore plus poignant avec cet idée scénaritisque

 

Le long-métrage gagne énormément de sens, d'intensité et de consistance avec cette théorie et gagne donc finalement beaucoup d'émotions. Il y a quelque chose de fascinant et bouleversant à imaginer Neil/Max bloqué dans le silence de ne rien révéler de sa véritable identité à Kat et Le Protagoniste pour le bien de cette mission, alors même qu'ils sont des êtres chers à son coeur depuis des années. Par ailleurs, l'idée même d'imaginer que chaque personnage découvre un chemin que leurs versions futures ont elles-mêmes fomenté pour leur sauver la vie est brillante.

La découverte du Protagoniste lors de la révélation finale de Neil en est la preuve existante. Le personnage de Washington voit partir l'homme et finalement son futur fils de substitution qui vient de lui sauver la vie et vit enfin la conclusion de ce que son lui du futur a orchestré (et qui savait que son lui du passé devrait revivre et souffrir). Le personnage de Pattinson dit, lui, adieu à l'homme qui lui a tout appris et lui a également sauvé la vie (directement et indirectement en orchestrant Tenet et la mission qu'ils viennent de vivre ensemble) afin de donner à sa mère et lui enfant de se retrouver heureux.

En conséquence, l'absence du background des personnages trouve ici une raison : si Le Protagoniste est peu développé c'est parce que son personnage est la conséquence de son lui futur (et non de son propre passé). Même chose pour Neil, développer son personnage aurait révélé sa véritable identité, née dans le futur.

 

photo, Kenneth Branagh, Elizabeth DebickiDieu le mauvais père et sa femme, mère de l'enfant sauveur

 

Au-delà, si Neil est bel et bien le fils de Kat et donc la version âgée de Max, cela donne également une dimension quasi biblique au film, à travers les quatre personnages centraux : Sator, Kat, Max/Neil et Le Protagoniste. Attention, on prévient, il faut un peu s'accrocher.

Sator se considère comme un Dieu (plutôt le Diable) dans le film et garde sous son emprise sa femme Kat. Il souhaite détruire le monde, mais au final, son propre enfant, Neil/Max, sera le sauveur de sa machination destructrice et sa femme celle qui mettra fin à ses jours (après qu'il l'ait tant malmenée). Le Protagoniste jouerait lui le rôle d'un ange gardien ou d'un prophète ou même d'un Dieu protecteur, prêt à sacrifier son propre fils de substitution (et s'en faire terriblement souffrir lors de la scène finale) dans le passé pour provoquer la sauvegarde de l'humanité dans le futur à travers son lui du passé (et les élus en question) et garder en vie la mère de l'élu, futur (et passé) sauveur de l'humanité.

Une lecture assez religieuse et aussi écologiste du monde, la femme (Kat) du dit Dieu (Sator) se rebellant de son créateur - ici plutôt un maître vu qu'elle est sous son emprise - en le détruisant pour sauvegarder son enfant et le reste de l'humanité. Un postulat qui est d'ailleurs assez proche de la relecture biblique fascinante d'Aronofsky dans Mother!Ce ne serait d'ailleurs pas la première fois qu'un long-métrage de Christopher Nolan use d'allégorie religieuse (Interstellar encore une fois par exemple).

 

photo, John David WashingtonNous, sous respirateur après l'écriture des tenants et aboutissants de cette théorie

 

Enfin, après avoir justement centré l'intrigue d'Interstellar autour de l'amour d'un père et d'une fille, voir dans Tenet un récit qui se centre sur l'amour d'une mère pour son fils et d'un fils pour sa mère, prêts à tout, chacun à leur manière, pour se retrouver et se sauver, serait un joli clin d'oeil en plus d'une belle histoire d'amour.

Autant de possibilités d'interprétations sur cette simple théorie qui prouvent à quel point le dernier long-métrage de Christopher Nolan regorge d'intensité et d'une réflexion, sans doute indiscernable au premier abord et pourtant bel et bien réelle, stimulante et solide.

 

Affiche US

commentaires

un tien vaut mieux que deux tu l'auras
18/09/2020 à 10:52

Mieux vaut un film incompréhensible qu'un "Je suis Rey Skywalker"
pour rappel.
La médiocrité semble être une contagion dans le cinéma actuel.
La faute au spectateur de plus en plus décérébré?
Ce film est une bonne bouffée d'air frais.
Lire les commentaires de ceux qui ont des théories contre ceux qui
taclent lourdement le film, tout aussi plaisant.

Kyle Reese
13/09/2020 à 11:05

@Gairdner

Pour le paradoxe des 2 Kath, je me suis planté.
Kat jeune = Kat du passée (elle a vécu moins de jour donc jeune)
Idem pour Sator.

Car en fait le Sator que Kat vieille tue est le Sator vieux qui s’était inversé comme elle ensuite.
Il est revenu à cette date symbolique pour se suicider avec sa famille.
La Kat vieille part avec le corps de Sator. Donc, la Kat jeune va retrouver le Sator jeune qui était parti pour la journée. Tous 2 vont vivre les péripéties que l’on voit dans le film.
La Kat vielle va juste vivre caché de son côté le temps d’arriver à la date ou sa version jeune va prendre le tourniquet et s’inverser. A partir de là il n’y aura plus qu’une seule Kat libéré de Sator pouvant vivre avec son fils. Le Sator jeune étant coincé dans la boucle temporel (crée par Tenet) ainsi que la Kat jeune.

Il y a un super schéma des Times Line en anglais posté sur le site lestoilesher*iques avec un résumé très bien fait du film par le commentateur « la truite » en milieu de com, pour ceux que ça intéressent.
Franchement en lisant ça, tout se tient à peu près bien. Et il peut y à avoir plusieurs copie d’un personnage en fait. Il semblera qu’il y ai 3 Neil pendant la bataille finale.

Olvers974
11/09/2020 à 11:24

Pourquoi Nolan ne répond pas à tout dans son film ?! Tout simplement que dans la réalité, il n'y a pas de voyages temporels, et il n'y a que des théories ! On reproche à Nolan de ne pas avoir fixé de règles dans son film, c'est parce qu'il souhaite ancrer dans la réalité, de ce que l'on connaît, mais nous ne pouvons établir de règles sur des choses qui n'en ont pas. Au final, c'est juste brillant. C'est réfléchi, et c'est désolant de voir que les gens pensent que c'est de la simple prétention.
Personne aujourd'hui n'est capable de dire , si dans le futur ou passé, ça ou tel événement est possible, ou si ce voyage ci est possible, ou si justement il y a paradoxe, c'est pour cela qu'il faut se laisser porter ;) et pas par simplicité et branlette scénaristique.

Murdock
11/09/2020 à 11:19

@Gairdner
La clé pour comprendre qui est Neil dans le film se trouve dans les quelques plans où Nolan insiste sur la cordelette qui dépasse de son sac! Et même si c'est furtif, le protagoniste regarde la cordelette en question à la fin, lorsque Neil révèle qu'il est son mentor et il y a "bel effet sonore" qui vient appuyer le plan en question avant qu'il ne parte! Ça me fait penser "au détail qui tue" dans Inception avec l'alliance de Cobb et les plans sur ses mains!

Gairdner
10/09/2020 à 22:52

Cette théorie est brillante, et elle donne toute l'émotion qui manque au film. Mais elle me pose un énorme problème qui est en dehors de toute considération de crédibilité ou de cohérence : pourquoi Nolan (si cette théorie est juste, et elle semble l'être) n'a pas donné plus explicitement les clefs du personnage ? Je ne dis pas qu'elles auraient dû nous être jetées au visage dans un grands twist émouvant, mais simplement un plan ou deux qui auraient permis de nous faire comprendre qui est Neil. C'est déjà tellement fatiguant devoir se battre avec le scénario tout au long du visionnage plutôt que de pouvoir le laisser couler au travers de nos têtes, alors s'il faut en plus analyser des déclarations cryptiques du réalisateur dans ses interviews pour pouvoir apprécier sa subtilité, on en sort plus!. Ça me fâche avec le cinéma de Christopher Nolan, qui perd avec Tenet de sa générosité, pour se complaire dans une forme d'auto satisfaction à ne pas nous permettre de comprendre le film. Je suis sorti de la salle en ayant surtout l'impression qu'il s'était bien foutu de nos gueules en se branlant deux heures et demi sur son idée de départ! (Sans pour autant parvenir à gérer toutes ses lignes du temps, bien vu d'ailleurs à @Kyle Reese pour le paradoxe des deux Kat!)

Brick
08/09/2020 à 17:29

Et sinon ça lui dérange pas d'organiser le meurtre de son père ?

Kyle Reese
08/09/2020 à 10:23

Théorie de dingue pour film de dingue et spectateur rendu dingue.
Le bémol/énigme reste effectivement le temps passé pour Max à revenir en arrière à moins d’avoir été placé en coma artificiel tout du long de son inversement en caisson autonome. Comme l’a été Le protagoniste pendant quelques heures après avoir avaler la gélule.
Ce temps là ne l’aura donc pas affecté ni mentalement ni physiquement, et ce sacrifice temporel ne représente rien au vu des enjeux.
Je ne vois que cette explication.

La coupe de cheveux et leurs couleurs, le fait qu’on ne voit quasiment jamais le visage de Max.
Le comportement de Neil envers Kat etc.. cela ne peut être une coïncidence.
Nolan a un côté chercheur, il est à l’aise avec la science et les théories le passionnent.
Déjà avec Mémento il mettait en scène un malade ayant une mémoire à court terme défectueuse. Rien de tout ça n’est du au hasard.

Cette théorie le fait aimer le film encore plus.
On en saura sans doute bien plus dans qq mois année.
Pattisson doit être dans la confidence ... ou pas.

Il est vrai que la séquence dans la grotte avec la clef est assez confuse. Est ce faut exprès ?
Pour inviter à la réflexion, ou bien parce que c’est le chaos le plus total, et que Nolan veut nous faire ressentir cela, tant pis si on imprime mal ?

En tout cas j’ai bcq aimé.
Et il faut que je le revois.


Si un perso remonte le temps, puis reprend le court du temps, puis remonte le temps une nouvelle fois etc il existerai du coup en théorie autant de perso identique que de nombre d’inversement ... jusqu’a l'arrivée au point t ou le perso venant du futur retourne dans le passé dans le tourniquet.

Le protagoniste et kat ainsi que les rescapés du commando qui sont remontés dans le temps vont devoir éviter leur double tout au long de leur vie, car Sator mort, le court du temps a changé, ils n’ont plus de sens à retourner dans le passé à l’instant t.
La question que je me pose est de savoir quelle kat appelle le protagoniste, et quelle kat récupère son fils à l’école à la fin ?
Celle qui a continué sa vie après la disparition mystérieuse de son mari, ou celle qui a remonté le temps ? Cette situation m’interpelle car il n’y a qu’une place pour cette mère dans ce présent.
Et d’ailleurs dans la time line que les persos quittent et qui devient un futur, Max n’a plus de père, ni de mère pendant un temps ...

Bon ça y est ça bug dans mon cerveau.
Fichu paradoxe. Lol

Murdock
07/09/2020 à 17:22

J'adore cette théorie! Cela me donne envie de revoir le film avec cette idée en tête! On pouvait effectivement lui reprocher un traitement un peu froid au niveau des émotions de la plupart des personnages! Mise à part Sator, un peu caricatural mais finalement bien plus expressif!

Avec cette idée, cela fait sens! D'ailleurs, pendant le film, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à LOST avec le "What happened, happened!" lancé à plusieurs reprises par Neil qui peut faire écho au personnage de Faraday! Quand on y pense, les deux personnages (SPOILER ALERT) veulent empêcher leur propre mort dans le passé!

yellow submarine
03/09/2020 à 21:48

@tonton: peut être ont ils trouvé un moyen de faire voyager une personne vers le passé comme il so l'ont fait avec les capsules.

Sinon film vraiment brillant de bout en bout.

J'adore cette idée de découvrir des éléments importants de l'intrigue avec de petit détails et cela fait sens vu l'histoire.

vivement de le revoir

Tonto
02/09/2020 à 13:39

Alors moi, j'ai une question peut-être bête (vu le film qu'une fois), mais : sachant que Neil vient du futur, et qu'il a donc été formé par Le Protagoniste pour empêcher l'apocalypse, on peut supposer qu'il s'est passé un certain temps avant que Le Protagoniste ne le forme, minimum un ou deux ans, mais peut-être bien plus.
Du coup, vu que les bonds dans le temps sont impossibles, est-ce que ça voudrait dire que pour revenir au moment de l'opéra de Kiev, Neil a dû faire toutes ces années à rebours, sans pouvoir jamais interagir correctement avec le monde qui l'environne ? Ou alors il y a un moyen de faire une sorte de bond dans le temps, que j'aurais loupé ?
Sinon, faut vraiment avoir envie de se sacrifier, hein, ça demande de l'abnégation...

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