Brightburn : début d'une franchise super-héroïque d'horreur, entre Marvel et Conjuring ?

Geoffrey Crété | 27 juin 2019
Geoffrey Crété | 27 juin 2019

Brightburn : L'Enfant du mal serait-il le début d'un univers étendu autour de super-héros méchants ?

Face à l'attaque massive des Avengers, de la Justice League et autres, la figure du super-héros est devenue plus centrale que jamais. Loin des blockbusters, M. Night Shyamalan l'a explorée avec IncassableSplit et Glass, avec un point de vue plus réaliste et terre-à-terre.

Et si le prochain pas était un univers de super-méchants, avec Brightburn : L'Enfant du mal ? Réalisé par David Yarovesky, produit par James Gunn (réalisateur des Gardiens de la Galaxie et Super, ainsi que du prochain The Suicide Squad), Brightburn rend hommage à Superman avec l'histoire d'un enfant doté de pouvoirs extraordinaires, qu'il utilise pour répandre le chaos. Une idée très amusante (notre critique du film par ici), qui donne quelques idées, et tease une éventuelle suite.

 

ATTENTION SPOILERS !

 

  

LA FIN DU DÉBUT

Brightburn : L'Enfant du mal ne se termine pas bien pour les humains. Le diabolique Brandon tue son père qui a tenté de l'abattre, sa mère qui a tenté de la poignarder, et provoque le crash d'un avion sur sa petite ferme familiale pour camoufler ses crimes, et paraître blanc comme neige. Mais le générique de fin confirme que le Mal a été révélé et lâché : appelé Brightburn par les médias et les témoins, Brandon provoque le chaos à travers le monde, apparaissant pour tuer, détruire, et semer la terreur.

Le générique de fin du film rapporte quelques-uns de ses exploits sur Terre, tout en plaçant d'autres éléments. Une créature à moitié aquatique, une sorcière, et même The Crimson Bolt (le "héros" de Super, le film de James Gunn avec Rainn Wilson) sont cités et montrés. Michael Rooker, un fidèle de Gunn, incarne un vidéaste adepte des complots, qui s'excite en révélant tout ça.

Le message est clair : Brandon n'est pas seul, et l'humanité va avoir de gros problèmes.

 

photo, Jackson A. DunnIt's a bird ! It's a plane ! No : it's the end

 

SUPERBAD CINEMATIC UNIVERSE

Ce n'est pas l'imagination du spectateur qui parle : l'équipe a confirmé ces plans, du moins ces envies. Le réalisateur David Yarovesky a expliqué à Collider comment la fin a évolué pour arriver vers ce teasing.

"Le moment où la mère meurt a toujours été là, mais tout ce qui arrive après a changé mille fois. À quel point voulions-nous montrer ce qui se passe après ? Par quel moyen voulions-nous le montrer ? Il y avait plein d'idées. La meilleure option était de juste montrer une image du futur et être un peu plus vague."

L'équipe a imaginé beaucoup de choses, et le réalisateur parle même d'une scène qui a été abandonnée, où Caitlyn, épargnée par Brandon mais qui a vu son avant-bras brisé au passage, teste une prothèse robotisée, et a la haine. Une future antagoniste bionique ? "On a évoqué des idées pendant des heures, certaines étaient ridicules et d'autres était cool, comme celle-là".

 

photo, Elizabeth BanksAllo maman, bobo dans ta face

 

À Collider toujours, Yarovesky explique : "Si on devait étendre l'univers Brightburn dans d'autres films, on le ferait probablement de la même manière. C'est-à-dire dans un secret total puis en montrant une bande-annonce qui révèle dans quelle direction on va." Le teasing à la Cloverfield est une référence avouée.

Les scénaristes Brian Gunn et Mark Gunn (le frère et le cousin de James Gunn) ont eux aussi confirmé que Brightburn : L'Enfant du mal avait été conçu comme une origin story, en vue d'une suite ou plus encore :

"On adorerait élargir son univers et son histoire, et plus globalement un univers de super-héros horrifique."

 

photo, Jackson A. DunnBientôt de retour pour tuer votre famille ?

 

SUPER-IDÉE ?

Alors que le MCU domine le business depuis des années, et que la formule des univers étendus et super-héros est devenue la référence actuelle, nulle surprise de voir fleurir de petites alternatives qui essaient de tordre le genreShyamalan en est le meilleur représentant avec sa trilogie : Split a ainsi pris les spectateurs de court en révélant à la toute fin que l'histoire se déroulait dans le même monde qu'Incassable, sorti 17 ans avant. Et s'il n'a pas été à la hauteur côté business, Glass a excité bien des esprits.

À l'heure où le blockbuster familial et ultra-calibré ne cesse d'ouvrir des débats sur la trop grande prudence des studios, dont les films doivent intéresser absolument tout le monde et donc potentiellement ne passionner personne, l'alternative d'un univers étendu de super-vilains est alléchante. Le succès du Conjuring-verse, qui a atteint des sommets avec La Nonne, prouve la force du cinéma de genre, et la capacité des spectateurs à s'attacher à un univers de film en film. Marier cet attrait pour l'horreur à la figure du super-héros est donc une équation parfaite sur le papier.

 

photo, James McAvoyIncassable, Split, Glass : une alternative super-héroïque aux blockbusters

 

Ce serait d'autant plus pertinent que Brightburn ne cache pas sa relecture quasi meta du genre. Ce Brandon (comme Brandon Routh dans Superman Returns oui), renvoie à Clark Kent de manière transparente. Mais ça ne s'arrête pas là : la créature aquatique évoquée à la fin ne peut que rappeler Aquaman, quand la mention d'une sorcière qui étrangle ses victimes avec une corde qui les force à dire la vérité ne peut que rappeler Wonder Woman et son lasso magique.

Et si l'univers étendu de Brightburn se plaçait entre l'horreur et la parodie, reprenant les figurines de l'écurie DC pour les abîmer, les repeindre, les transformer en monstres ? Un mélange de complicité avec le public moderne, et de petits frissons sanglants sur fond d'apocalypse : le programme est particulièrement intrigant. Surtout avec le nom de James Gunn sur l'affiche, lui qui aura le rare privilège de toucher à Marvel (Les Gardiens de la galaxie 3) et DC (The Suicide Squad) dans la foulée.

 

photoIncoming : La Nonne vs Brightburn

 

SUPER-PAS POSSIBLE ?

Les égouts de Hollywood sont remplis de rêves disparus et idées écrasées. La question reste donc de savoir à quel point cet univers étendu Brightburn est possible. Autrement dit : place au business.

Brightburn : L'Enfant du mal aurait coûté 6 millions selon Sony, et 12 selon Deadline. Dans les deux cas, c'est sans compter le marketing. Et dans tous les cas, le film n'est pas un franc succès en salles. Côté Amérique (où le box-office reste majeur, le studio récupérant plus sur ces recettes que n'importe où ailleurs), il a encaissé dans les 17 millions. 

Dans le reste du monde, il a engrangé environ 11 millions, ce qui donne un box-office mondial de 28,4 millions. Le film est sorti à peu près partout sauf en France. Aux USA, il ne passe plus que sur 300 écrans, contre plus de 2600 à sa sortie, il y a un mois. Sa carrière est donc quasi terminée. 

Budget d'environ 10 millions avec en plus le marketing, box-office qui approchera au mieux des 30 millions : le bilan est tiède, voire négatif, pour ce film Rated R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés, aux USA).

À titre de comparaison, Split était doté d'un budget similaire, et avait encaissé plus de 278 millions dans le monde, dont 138 rien que côté domestique. Un succès absolu, qui avait permis à Shyamalan de lancer une suite.

 

photo, Jackson A. DunnIl suffit d'une goutte

 

Rien n'est gagné pour l'avenir de Brightburn donc, et les signaux sont même peu encourageants. Malgré une presse loin d'être assassine, une certaine attente ces derniers mois, et un film plutôt très sympathique dans le genre, le public n'a pas répondu à l'appel. Problème de marketing, de date de sortie, ou simple désintérêt des spectateurs ? La question se pose.

Sauf si le film gagne un statut de film culte après sa sortie, ou si Sony (qui produit via sa filiale Screen Gems, et le distribue) décide de miser sur un univers, cet Enfant du mal restera orphelin.

Retrouvez notre critique du film par ici.

 

Affiche

commentaires

Eco
12/11/2019 à 00:00

Sa change des super toujours aident les autres. La il est agressif malveillant brutal blague pas, sa change de voir des super tout arracher et avoir aucune pitié pour l'humanité peut être une bonne idée

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13/08/2019 à 12:18

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14/07/2019 à 12:20

vous vous trompez de titre,c'es entre DC et Conjuring XD

Andarioch
06/07/2019 à 00:28

Petite chose sympathique que ce film. Mais sorti du môme qui assure et de deux, trois mignardises bien gorasses ça reste un peu trop superficiel pour qu'une suite puisse me parler.
Je rêve plutôt, dans la même idée, d'une adaptation du génial supreme power de Straczinsky. Pour ceux qui ne connaissent pas le point de départ est le même que superman (vaisseau, bébé, plouc qui l'amène chez eux). ça change au moment où, une poignée d'heures plus tard, l'armée récupère le môme. Des moments hard mais surtout une vrai réflexion sur le sujet des pouvoirs plutôt qu'un (gentiment) bête slasher movie.
ça aurait de la gueule!

Rata rata
06/07/2019 à 00:20

En même temps le film est pas terrible on va pas ce mentir deux pauvres scènes de meurtre, seul les 15 dernière minute sont cool avec ce plan de sa mère dans lciel

General Coaster
30/06/2019 à 20:27

Si c'est produit à l'économie comme le film, une suite en série TV serait déjà plus réaliste.

Pulsion73
28/06/2019 à 12:58

Univers étendu pour un futur syndicat du crime ?

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