De Halloween à Suspiria : 10 super acteurs qu'on ne voit pas assez

Mise à jour : 03/01/2019 14:26 - Créé : 3 janvier 2019 - La Rédaction
La Rédaction | 3 janvier 2019 - MAJ : 03/01/2019 14:26
Photo Juliette Binoche
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Petite sélection de talents qu'on aime, et qu'on aimerait voir plus.

On passe l'année à les regarder sous toutes les coutures, mais on n'en parle pas assez sur Ecran Large : les acteurs et actrices. Dans le bilan de 2018, on a décidé de revenir sur une poignée d'entre eux, qu'on suit depuis plus ou moins longtemps, qu'on a hâte de voir plus, et qu'on a envie de mettre en avant.

Petite sélection de dix actrices et acteurs aussi différents que remarquables, dont on ne parle pas assez - donc non, il n'y a ni Timothée Chalamet, ni Vincent Lacoste, ni Toni Collette.

 

Photo Pom KlementieffOn a bien assez parlé de vous, allez dehors

 

JUDY GREER

On la connaît d'où ? Depuis Jawbreaker, ce super teen-movie déviant avec Rose McGowan, elle est passée un peu partout. Ce que veulent les femmes, Le Village, 30 ans sinon rien, Cursed, Rencontres à Elizabethtown, 27 Robes, Carrie, la vengeance. Plus récemment, elle était dans Jurassic World (la sœur de Bryce Dallas Howard), et dans La Planète des singes : l'affrontement puis La Planète des singes : Suprématie (Cornélia, en performance capture).

Judy Greer est tellement un second rôle depuis des années, qu'elle a écrit une autobiographie au titre malicieux : I Don't Know What You Know Me From : Confessions of a Co-Star ("Je ne sais pas d'où tu me connais : Confessions d'une co-star").

 

photo, Bobby Cannavale, Judy GreerOui, elle était dans Ant-Man 2, et on l'aurait presque oublié

 

On l'a vue où en 2018 ? En fille de Laurie Strode dans Halloween, en ex-femme de Scott Lang dans Ant-Man et la Guêpe, et dans Le 15h17 pour Paris de Clint Eastwood aussi. Côté série, elle est l'ex-femme de Jim Carrey dans Kidding, et a repris son petit rôle dans Arrested Development.

On l'aime parce que ? Judy Greer est une arme comique de grande ampleur. Dotée d'un charme fou, capable d'attaquer la comédie sous tous les angles (la meilleure amie ou la folledingue, la jolie fille ou la tarée effrayante), elle a prouvé ses talents au fil des films et seconds rôles. 2018 était sur le papier une belle année, entre Kidding et Halloween, qui devait montrer une nouvelle facette. Sauf qu'elle n'est pas spécialement bien traitée dans les deux cas, et surtout face à Michael Myers, où elle n'a pas grand chose à faire.

Encore un rendez-vous raté qui s'ajoute à d'autres crises à la rédaction (pourquoi un rôle si minable dans Jurassic World, alors qu'on aurait aimé la voir en première ligne ? Pourquoi a t-elle été coupée du génial A la poursuite de demain ? Pourquoi l'avoir dans le MCU avec Ant-Man si c'est pour ça ?). Studios, réveillez-vous : filez-lui enfin des premiers rôles à la hauteur de son talent.

 

photo, Judy Greer, Jamie Lee CurtisQuand tu te retournes vers ton agent en te disant qu'on t'a vendu trop de rêve

 

KARIM LEKLOU

On le connaît d'où ? Depuis qu'on l'a croisé dans Un prophète en 2009, Karim Leklou s'est promené, de petits rôles en courts-métrages, jusqu'à s'installer dans le paysage cinématographique hexagonal, passant de Grand Central à Orpheline, quitte à Réparer les vivants.

On l'a vu où en 2018 ? C'est cette année que Leklou a littéralement explosé et inondé de son charisme le cinéma français. Dans Hippocrate évidemment, mais surtout dans Le Monde est à toi, l'excellent anti-Scarface de Romain Gavras. Un double menu aux airs de note d'intention, où l'artiste brille aussi bien dans un geste sériel et collectif, qu'au coeur du dispositif saturé esthétiquement d'un film de genre remuant.

On l'aime parce que ? Parce qu'il n'a pas tout d'un grand, il est déjà carrément immense. Imprévisible, résistant à n'importe quelle mode ou concept pré-établi sur ce que doit faire et incarner un comédien, son aura paraît tordre le microcosme filmique qu'elle traverse, avec une puissance aussi tendre qu'irrésistible, à la manière dont certains géants (Gabin, Ventura), redéfinissent par leur simple présence l'ADN du plan qu'ils visitent.

 

photo, Karim Leklou Et je reste planté là

 

JULIA GARNER

On la connaît d'où ? De Martha Marcy May Marlene, Electrick Children, Le Monde de Charlie, We Are What We Are, Le Dernier exorcisme 2, ou encore Sin City : J'ai tué pour elle.

On l'a vue où en 2018 ? Elle a repris son petit rôle dans l'ultime saison de The Americans, était dans la saison 2 de Ozark et dans Waco, et interprétait la fameuse sœur d'Emma Stone dans Maniac.

On l'aime parce que ? Elle est encore discrète mais son ascension ne saurait tarder. Même en arrière-plan, elle vole quasiment la vedette, comme elle l'a encore confirmé dans Ozark. Dans ses quelques premiers rôles (Grandma, Electrick Children), elle est plus qu'excellente, et a tout pour occuper l'écran à elle toute seule. Derrière ses airs de femme-enfant innocente style Lolita, Julia Garner laisse clairement apercevoir un gros potentiel dramatique. Vite, on a hâte.

 

photo, ManiacDans Maniac

 

MARC FRAIZE

On le connaît d'où ? Essentiellement de la scène où depuis plus d'une quinzaine d'années, son personnage de Monsieur Fraize répand, à force de vrais happenings et faux one-man shows, malaise et vertigeEric Judor fut le premier à s'en emparer malicieusement dans son Problemos, où il constituait un des plus beaux personnages de cette tendre critique des passions zadistes hexagonales.

On l'a vu où en 2018 ? On l'a retrouvé Au poste ! où Quentin Dupieux lui a donné la difficile mission de balayer la folie de Benoît Poelvoorde pour lui imposer son rythme traînant, son inquiétante candeur et sa capacité à mâcher le langage jusqu'à le retourner complètement. Le résultat ? Une vingtaine de minutes hallucinées, où même le génie comique belge paraît désarmé devant cette tempête tranquille.

On l'aime parce que ? Parce qu'il est parfaitement imprévisible, et manié à la perfection un rire qui ménage les contretemps, la poésie et la possibilité perpétuelle d'un futur dérapage.

 

photo, Marc FraizeOn voit très bien d'un œil

 

VICKY KRIEPS

On la connaît d'où ? L'actrice luxembourgeoise a joué dans de nombreux films allemands et a surtout été cantonnée à des rôles secondaires comme dans HannaMöbiusAvant l'hiver ou Un homme très recherché avant de se faire remarquer dans Colonia aux côtés de Emma Watson. Elle apparait aussi dans un rôle plus conséquent dans Le jeune Karl Marx.

On l'a vue où en 2018 ? Dans le nouveau film de Paul Thomas AndersonPhantom Threadavant tout, mais aussi dans Millenium : Ce qui ne me tue pasGutland et 3 jours à Quiberon.

On l'aime parce que ? Vicky Krieps dégage une force silencieuse assez impressionnante. L'actrice, cachée sous ses airs de femme délicate, fragile voire soumise insuffle une puissance inébranlable à ses personnages et joue admirablement des apparences. C'est clairement le cas dans Phantom Thread lorsqu'elle tire finalement les ficelles de sa relation avec Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) et qu'elle décide du sort de son époux. Son jeu fascine, son sourire envoute, son regard ensorcelle... bref elle hypnotise aussi bien pour ses performances douces et discrètes que pour ses rôles aux facettes multiples. L'actrice peut et sait tout jouer, la marque indéniable des grandes.

 

photo, Phantom Thread Une princesse pas comme les autres

 

JIM CUMMINGS

On le connaît d'où ? De nulle part avant cette année.

On l'a vu où en 2018 ? Dans Thunder Road, qu'il a écrit, réalisé, produit et porté comme acteur.

On l'aime parce que ? Thunder Road, c'est lui. C'est le maître d'œuvre et d'orchestre, le chef de file, le visage, le cœur et le moteur. Si le film a ses défauts, ses baisses de rythme et ses limites, Jim Cummings l'illumine du début à la fin avec une énergie terrassante. Rarement un acteur se sera mis à nu et en danger de cette manière, avec une pulsion quasi kamikaze tant l'écran lui est dédié, et tant les plans et séquences s'étirent pour ne pas lui offrir la porte de sortie habituelle du cinéma. 

Certains y auront vu un exercice narcissique, mais ce serait passer à côté du superbe portrait du masculin moderne, et du véritable hurlement artistique poussé par l'artiste, qui s'est battu comme un fou pour concrétiser son film, tiré de son court-métrage. Jim Cummings est définitivement un fou, mais un fou qu'il faudra impérativement suivre.

 

photo, Jim CummingsLa belle gueule de fou que voilà

 

ELIZABETH DEBICKI

On la connaît d'où ? En femme fatale dans Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. de Guy Ritchie, en alien dorée dans Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2. Aussi vue dans Gatsby le magnifique, Everest ou encore Macbeth. Côté série, elle était dans The Night Manager.

On l'a vue où en 2018 ? Dans The Cloverfield Paradox, où elle passait un sale quart d'heure. Elle prêtait sa voix à une bestiole dans Pierre Lapin. Elle était Virginia Woolf dans Vita & Virginia, encore inédit en France. Mais elle est surtout l'une des Veuves de Steve McQueen, avec Viola Davis et Michelle Rodriguez.

On l'aime parce que ? Elle était déjà géniale dans Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E., et probablement l'une des meilleures choses de ce film moyen. Dans Les Veuves, elle est plus qu'excellente. Fausse poupée barbie et vrai personnage en or, cette veuve-potiche a sans nul doute les scènes les plus fortes du film de Steve McQueen. C'est loin d'être une totale révélation, mais Elizabeth Debicki y est fantastique, malgré un temps de présence limité.

 

photo, Elizabeth DebickiL'une des Veuves les plus mémorables

 

DARREN CRISS

On le connaît d'où ? Darren Criss est essentiellement connu pour son rôle dans la série musicale Glee où il a joué dans 90 épisodes. Il y campait le rôle de Blaine Anderson, un membre du groupe adverse du Glee club. Il a également fait deux apparitions en Music Meister dans The Flash et Supergirl, et a joué un petit rôle dans la saison 5 d'American Horror Story.

On l'a vu où en 2018 ? Cette année, l'acteur américain a seulement joué dans la deuxième saison d'American Crime Story focalisée sur l'assassinat de Gianni Versace.

On l'aime parce que ? Sa performance dans la peau de l'assassin psychopathe Andrew Cunanan est, sans aucun doute, une des plus impressionnantes de l'année (il est favori des Golden Globes, des SAG Awards et a remporté un Emmy).

A travers son jeu incroyable, il arrive à envahir l'écran à chacune de ses apparitions et à offrir une immense palette d'émotions. En un geste, un regard, un rire... il réussit à passer d'un homme touchant et dépressif à un homme fou assoiffé de vengeance. Il avait déjà prouvé son talent de showman dans Glee, avec American Crime Story : The Assassination of Gianni Versacele jeune comédien de 31 ans prouve qu'il a bien d'autres qualités et surtout un charisme affolant. Une prestation qui va lui ouvrir les portes d'Hollywood, assurément.

 

Photo Darren CrissGueule d'ange et grand psychopathe dans American Crime Story

 

ALICE BELAÏDI

On la connaît d'où ? Depuis 2013, la Nîmoise alterne entre partitions plutôt dramatiques du côté des séries (WorkinGirlsLe Bureau des légendes) et seconds rôles comiques dans des blagounettes cinématographiques pas toujours indispensables (Si j'étais un hommeLa Monnaie de leur pièce).

On l'a vue où en 2018 ? On l'a croisée à Budapest (ce sont des choses qui arrivent), mais elle a surtout brillé dans Hippocrate, via un rôle qui lui permet enfin d'avancer simultanément la carte de sa phénoménale intensité, couplée à une humanité parfois solaire et une grande finesse émotionnelle.

On l'aime parce que ? Sketch, série, film, projet en or ou comédie faisandée, Alice Belaïdi semble appréhender chaque rôle avec le même phénoménal investissement. Même au coeur de récit parfois fragile elle paraît toujours en être le moteur, comme si l'énergie qu'elle lance dans chaque bataille suffisait à mouvoir des montagnes.

 

photo, Alice BelaïdiDans Hippocrate, décidément la bonne série des bons acteurs

 

MIA GOTH

On la connaît d'où ? De Nymphomaniac - Volume 2, de Lars Von Trier. C'est lui qui l'a révélée, et depuis, elle est apparue dans Le Secret des Marrowbone ou A Cure for Life.

On l'a vue où en 2018 ? Dans Suspiria et High Life.

On l'aime parce que ? Mia Goth est devenue un thermomètre à bizarre, et c'est particulièrement fascinant à voir. Sa naissance chez Lars Von Trier prend alors un sens tout particulier, qui augure un amour du genre et du cinéma qui ne rentre pas dans les cases. La voir danser dans le théâtre du bizarre de Luca Guadagnino pour finir en cadavre moisi, ou dans l'espace dingo de Claire Denis face à Robert Pattinson et Juliette Binoche, témoigne d'un vif désir de ne pas suivre un chemin balisé. Et avec son visage étrange et sa voix venue d'ailleurs, Mia Goth est définitivement un talent à suivre.

 

photo, Mia Goth Dans Suspiria

commentaires

Satan LaTeube
05/01/2019 à 09:15

J'ai découvert Karim Leklou cette année avec la série Hippocrate, je l'adore !!

Odilon
04/01/2019 à 12:01

Si seulement on pouvait avoir d'aussi bon scénaristes que de bons acteurs en France...

Franck
03/01/2019 à 19:18

Jimm Cummings sacré découverte!

Franck
03/01/2019 à 19:14

Jim Cummings est une sacré découverte!

Cinephile 44
03/01/2019 à 16:56

Karim Leklou mais quel acteur!De Coup de chaud au Monde est à toi en passant par Réparer les vivants, Les Anarchistes, Hippocrate, Si tu voyais son coeur, Voir du pays, La source des femmes, Les géants, Sous X, Bebe tigre, Joueurs... Il change tout le temps et hyper intense. Une palette de jeu complétement folle. Pour moi clairement un des meilleurs acteurs français.

lambdazero
03/01/2019 à 13:53

Chouette sélection ! Je rajouterais Billy Magnussen qui s'est magistralement révélé dans "Maniac". Je ne l'ai pas vu venir.
L'année dernière, je misais sur Philippe Katerine, mais avec 2018, c'est largement fait. C'est le nouveau Pierre Richard, pour moi. Et le meilleur acteur "comique" (même si leur palette est plus large) avec Jonathan Coen.

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