Ozark : que vaut cette saison 2 de la série criminelle et mafieuse de Netflix avec Jason Bateman ?

Mise à jour : 12/09/2018 11:33 - Créé : 12 septembre 2018 - Alexandre Janowiak
Affiche saison 2
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La saison 1 d'Ozark était une des très belles surprises de 2017. C'est donc très logiquement que la série de Netflix avec Jason Bateman et Laura Linney a été renouvelée pour une deuxième saison. Un peu plus d'un an après la mise en ligne de la première saison, cette saison 2 a débarqué sur la plateforme ce 31 août. Ecran Large fait le bilan.

Attention mini-spoilers.

 

 

 


LE RÉCAP RAPIDE

 

 

COMMENT ELLE A TUÉ LE BOSS

Lors de sa première saison, Ozark se centrait sur la famille Byrde et notamment le couple Marty-Wendy, interprété par Jason Bateman et Laura Linney. La famille Byrde est toujours le coeur de l'intrigue de cette saison 2. Les parents et leurs projets sont les déclencheurs de nombre des péripéties qui forment le récit.

Cependant, comme le laissait présager cette vidéo récapitulative de la saison 1, Ruth Langmore (Julia Garner) prend une place considérable dans l'histoire. Une superbe idée puisque la jeune fille est l'atout principal de la saison 2 de Ozark.

 

Photo Julia GarnerEpatante Julia Garner

 

Après une évolution ahurissante dans la saison 1, Ruth Langmore continue sa progression. Si elle n'arrive toujours pas à gagner la pleine confiance de Marty, elle se révèle encore la partie la plus intéressante du show. A la fois mère de substitution et protectrice pour ses cousins, fille dépassée par les accès de violence de son père, gérante d'un business corrompu et gagne-pain familial, la jeune femme est sans aucun doute le personnage le plus passionnant de la série.

Excellement bien écrite, Ruth Langmore est extrêmemement touchante. Sa fermeté et sa ténacité très adulte contrastent avec une grande innocence et fragilité d'adolescente. Son parcours et sa détermination donnent une vraie ampleur au show qui prend son temps pour la développer en profondeur et intelligemment. Une puissance portée par l'interprétation parfaite de Julia Garner dont la carrière d'actrice est toute tracée avec un tel talent. Elle s'était déjà fait remarquer dans The Americans et sera d'ailleurs bientôt à l'affiche de Maniac après avoir épatée dans Waco en début d'année.

 

Photo Julia Garner, Jason BatemanUn duo passionnant

 

SORT OF ANARCHY

Pourtant, au-delà de l'excellence du personnage de Ruth, on a l'impression que très peu de personnages évoluent véritablement. Alors que la saison 1 bougeait les lignes et créait une interactivité inévitable avec le déménagement de la famille aux Monts Ozarks, les rencontres avec la population... dans cette saison 2, on a la sensation que Ozark fait du surplace. Et ce, à tous les niveaux : de son axe principal à l'évolution de ses protagonistes (exception faite de Ruth évidemment).

En cause notamment, une intrigue peu originale et très classique. Certes, elle a l'avantage d'être toujours aussi maîtrisée, cependant le show de Netflix créé par Bill Dubuque et Mark Williams manque vraiment de rythme pour captiver. La faute à des épisodes souvent trop long (10 épisodes d'une heure) et surtout à un manque de consistance. L'intrigue principale qui concerne la construction du futur casino de l'Etat du Missouri est gênée par un nombre de sous-intrigues trop important.

 

Photo Sofia Hublitz, Skylar GaertnerCharlotte et Jonah (Sofia Hublitz et Skylar Gaertner), un duo pas passionnant

 

Après une première moitié de saison où leur présence est insignifiante, les deux ados de la famille Byrde gagnent en importance de façon très artificielle. Ainsi, on fabrique un besoin d'indépendance chez la grande soeur, et des problèmes d'écoliers chez le cadet. Des trames sans grand-intérêt qui permettent juste de donner un semblant d'épaisseur aux deux enfants au lieu de les faire exister durablement dans le récit.

D'autres personnages subissent le même traitement durant cette deuxième saison. Ce n'est d'ailleurs pas anodin s'ils sont finalement écartés brutalement par les scénaristes (meurtres, disparitions...) notamment lors des derniers épisodes. Il est difficile de faire vivre des personnages purement fonctionnels. Et si le choix de les évincer est bienvenu puisqu'ils ne sont qu'artifices, c'est un choix scénaristique un peu trop facile. Sans compter les multiples actions téléphonées et clichées de ces personnages secondaires quelconques.

 

Photo Jason Butler HarnerJason Butler Harner en agent du FBI 

 

BREAKING BATEMAN

La saison 2 de Ozark ne révolutionne donc pas la télévision et le monde des séries. Pourtant, au-delà d'une maitrise certaine de sa narration, la série s'attache à questionner l'économie souterraine du pays et la psychologie de ses personnages. Insuffisant pour faire oublier une intrigue aussi classique et son surplus de sous-intrigues.

En revanche, la série criminelle bénéficie une nouvelle fois d'une mise en scène extrêmement riche. En ligne de mire, le style imposé dès la première saison par Jason Bateman. Si le comédien est toujours excellent dans le rôle dramatique de Marty Byrde, le réalisateur marque encore la rétine lors des deux premiers épisodes de cette saison 2 qu'il dirige (il mettait en scène les deux premiers et les deux derniers dans la saison 1).

Un style très solide techniquement (des plans-séquences efficaces) qui offre une mise en scène percutante et très appropriée. Grâce à ses longs travellings avant ou arrière, la série ancre le spectateur dans le quotidien des protagonistes et lui offre une certaine proximité. Une promiscuité indispensable pour s'accrocher aux personnages (loin d'être tous bien développés comme on le disait). Avec le développement de Ruth, la mise en scène des épisodes est donc la grande réussite du show à l'instar de son esthétique bleutée, froide et mélancolique à bien des niveaux.

 

Photo Jason BatemanJason Bateman sur le tournage de la saison 1 d'Ozark

 

La saison 2 d'Ozark reste dans la droite lignée de la première saison : efficace mais sans coup d'éclats. Le récit trop classique patine, manque parfois de rythme et repose trop souvent sur l'épaisseur artificielle de ses personnages secondaires. Heureusement, la série jouit d'une mise en scène inspirée, de quelques personnages passionnants et d'un excellent casting.

La saison 2 d'Ozark est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 31 août, tout comme la saison 1. Une saison 3 devrait être annoncée très prochainement.

 

Affiche saison 2

commentaires

Mitaine271 18/09/2018 à 21:18

J’ai adoré et J’attend impassiament la saison 3

Starscream 12/09/2018 à 19:20

La saison 2 a joué la sécurité.

Dès le 1er épisode ou dans les 1ers, il est facile de comprendre que l'enjeu sera le casino.
10 épisodes de rebondissements, de longueurs à jouer la montre pour savoir s'il se fera ou pas.

Ruth est une nouvelle fois impériale. D'ailleurs, cette saison 2 met à l'honneur les femmes. Wendy seconde parfaitement son mari. L'avocate du cartel n'est pas sans rappeler Claire Underwood, et l'impitoyable Darlene Snell.

Une saison 2 loin de la flamboyance de la 1ère, mais qui offre de bons moments.

Hank Hulé 12/09/2018 à 14:49

Une saison 2 qui monte gentiment en puissance. C'est du Breaking Bad light mais parfaitement plaisant. En tous cas, ça vaut mieux que la saison 4 de Better Caul Saul qui ne raconte lus grand chose...

Alyon 12/09/2018 à 13:33

Pas encore vue la saison 2 mais complétement d'accord avec vous pour la performance de Julia Garner fascinante et complexe. Rien que pour elle la série vaut la peine d'être vue!

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