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Solo : A Star Wars Story – le meilleur, le pire et le moyen du spin-off sur Han Solo

Par La Rédaction
28 mai 2018
MAJ : 21 mai 2024
8 commentaires

Retour sur le nouveau spin-off consacré à Han Solo, réalisé par Ron Howard, avec Alden Ehrenreich, Emilia Clarke et Woody Harrelson.

Affiche

Retour sur Solo : A Star Wars Story.

Après Rogue One : A Star Wars Story, premier spin-off de Star Wars dans l’ère Disney, Solo : A Star Wars Story est donc arrivé, pour revenir sur la jeunesse de Han Solo, héros incontournable de la trilogie originale incarné par Harrison Ford.

Alden Ehrenreich reprend le rôle culte, aux côtés d’Emilia ClarkeWoody HarrelsonThandie Newton et Paul Bettany, dans un film officiellement réalisé par Ron Howard.

Retour sur le blockbuster – le meilleur, le pire, et le moyen.

 

ATTENTION SPOILERS (BIEN EVIDEMMENT)

 

  

LE MEILLEUR

 

LE BESTIAIRE

Depuis Le Réveil de la Force, Disney a pris grand soin de travailler un des à côtés préférés des fans de Star Wars, à savoir le bestiaire dit secondaire. Et une fois de plus, la foule de créatures aperçues ici et là convainc autant qu’elle amuse. De la reine de Corellia qui semble sortie d’un monde de Dark Crystal aux nombreuses bestioles autour des tables de poker de l’espace, en passant par du pur numérique comme les tentacules monstrueux autour de Kessel, Solo : A Star Wars Story surprend et enchante.

Il ne s’agit certes que de tapisser les arrières-plans et doper un peu l’immersion, ou offrir une pompe à merchandising comme avec les Porgs des Derniers Jedi, mais à nouveau on se réjouit d’admirer des effets live très réussis, voire indissociables des créations numériques. Les extra-terrestres et créatures qui défilent sous nos yeux constituent peut-être un des points les plus attachants du film.

 
 

Photo Donald GloverLe plus beau personnage pas pas forcément celui qu’on croit

 

LA SCÈNE DU TRAIN

S’il y a bien une scène d’action qui se révèle amusante, palpitante, étonnante et visuellement enthousiasmante, c’est l’assaut du train par Beckett et sa bande. Au beau milieu de montagnes enneigées que n’aurait pas reniées Snowpiercer, le Transperceneige, l’équipe de pirates de l’espace se lance dans une scène digne de Mission : Impossible, avec une fenêtre très serrée pour détacher un wagon et précipiter le reste du train dans le vide après avoir fait exploser un pont, tout en affrontant trois menaces distinctes.
 
Une jolie course contre la montre, dans la plus pure tradition du film hollywoodien tendance western, et qui est l’un des morceaux les mieux rythmés du film. Que ce soit Ron HowardChris MillerPhil Lord ou le banquier de Kathleen Kennedy, la séquence est solide, offre une multitude de petits moments où la dynamique de l’équipe renvoie aux films de groupe classiques. Le train qui vire sur son axe pour renverser les héros face à des ennemis cloués au métal grâce à leurs bottes, Val qui sort son flingue pour dégommer des robots, Han qui se retrouve aux manettes du vaisseau, les wagons qui disparaissent dans le vide avant qu’une explosion fantastique atomise un flanc de la montagne : la grande scène du casse enneigé gagne une place facile parmi les meilleurs moments de Solo : A Star Wars Story.
 
 

photo, Alden Ehrenreich

 

LES DÉCORS ET AMBIANCES

Si la prélogie de George Lucas a failli s’étouffer par overdose de fonds verts et machins en affreuses images de synthèse, à l’aspect périmé quatre mois après la sortie des films, la renaissance de Star Wars chez Disney a pris la noble décision de revenir à du solide, des effets plateaux et des créatures en « chair » et en latex – chose que la machine promo met particulièrement en avant depuis Star Wars : Le Réveil de la Force.

Solo : A Star Wars Story ne déroge pas à la règle. Au milieu de blockbsusters vilains et témoins à très court terme de leur époque, la faute à une utilisation trop systématique et grossière des incrustations, le spin-off sur Han Solo a choisi le camp du décor en dur, le plus souvent. Du sable, de la roche, de la ferraille : le film vend moins du pur rêve et fantasme, qu’un monde spatial concret et terre-à-terre. C’est sans nul doute l’un des aspects les plus malins de la production, qui installe ainsi ses héros dans un décor crédible et tangible, et maîtrise le numérique avec savoir-faire.

La direction artistique meuble par ailleurs ce décor avec de nombreux beaux éléments, qui composent un univers de métal, de ferraille, de bois et autres matières qui donnent une réelle dimension à l’aventure. Et si la photographie de Bradford Young n’est pas vraiment satisfaisante (voir plus bas), Solo : A Star Wars Story bénéficie d’une jolie direction artistique. L’ambiance se révèle souvent charmante, des scènes de poker au cockpit du Faucon Millenium. Et lorsque le film sort l’artillerie lourde des effets spéciaux, comme lors de la fuite sensationnelle de Kessel, le résultat est assez excitant.

 

Photo , Alden Ehrenreich De l’utilisation enthousiasmante des non-fonds verts

 

LE MOYEN

 

L’INTRIGUE MOLLE

Solo : A Star Wars Story se résume finalement à une succession de braquages entre infiltration et explosion, où un héros court après de l’argent pour s’acheter un vaisseau, lequel devait lui permettre de venir sauver une fille qu’il retrouve par hasard au premier tiers du film. En arrière-plan, tout le monde court après un objectif désespérément concret (de l’argent, du carburant), et le film avance étape par étape vers cette destination claire.

Certes, il n’y a rien de profondément honteux, et l’intention de créer une sorte de western et film de casse en groupe semble évidente, et amusante. Mais le film laisse finalement la sensation d’une petite aventure, qui manque cruellement d’ampleur. Les enjeux restent forcément moindres comparés à Rogue One : A Star Wars Story, dont la mission (un braquage, là encore) était chargée d’une grande émotion liée à la trilogie originale, et même si le spin-off sur Han Solo n’a jamais eu l’intention d’être aussi sombre et sérieux, il lui manque une certaine envergure dramatique.

Solo : A Star Wars Story tentera bien dans sa toute dernière ligne droite de s’ouvrir à des enjeux plus grands et embrasser la mythologie, avec le retour de Maul et le basculement de Qi’ra, ainsi qu’une mention de Tatooine. Mais le film reste globalement très refermé sur lui-même. Ce qui l’empêche de réellement décoller vers quelque chose de fantastique, trépidant et excitant.

 

photo, Alden EhrenreichC’est l’histoire d’un type et son Chewie

 

UN BEAU CASTING DE SECONDS RÔLES (SOUS-EXPLOITÉS)

Si les premiers rôles peuvent laisser à désirer et divisent le public et la critique (voir plus bas), le casting en arrière-plan est très réussi. Woody Harrelson évidemment parfait en vieux loup, Thandie Newton excellente en soldat badass, mais également Phoebe Waller-Bridge et Jon Favreau qui prêtent leurs voix à L3 et Rio : Solo : A Star Wars Story donne de bonnes choses derrière le héros, et installe en quelques dialogues des personnages de mercenaires solides, amusants, charismatiques et diablement intéressants à suivre.
 
Dommage que le film les dégage si vite. Alors qu’elle avait de quoi occuper l’écran un moment et être un pilier du film, Val est sacrifiée au détour de la grande scène du train, tout comme le pauvre Rio. L3 sera pour sa part tuée sur Kessel puis téléchargée dans le Faucon Millenium, chose qu’elle aurait certainement détestée. Beckett restera au premier plan, mais non seulement il perdra sa force en tant que leader de la bande de pirates, mais aura en plus si peu d’espace pour vivre le deuil de Val, que tout ceci semblera au final parfaitement évacué par l’intrigue. Avec une telle brochette d’acteurs, c’est un choix bien étrange, qui prive le film d’une énergie vendue dans la première partie, et le condamne à être coupé en deux.
 
 

Photo Thandie Newton Thandie Newton : l’atout bêtement sacrifié du film 

 

LA MUSIQUE 

Depuis Star Wars : Le Réveil de la Force, et malgré la présence largement médiatisée de John Williams, Disney aura eu le plus grand mal à offrir à sa saga spatiale un enrobage musical à la hauteur de sa gloire passée. Coincé entre recyclage et redite, Star Wars n’a pas franchement démérité, mais n’est jamais parvenu à installer une singularité symphonique quelconque depuis son retour sur grand écran.

À cet égard, il faut saluer dans Solo : A Star Wars Story le travail du compositeur John Powell, qui est peut-être le plus syncrétique, entraînant et abouti entendu récemment dans le cadre de la franchise. Capable de réciter ses classiques dans Reminiscence Therapy ou d’emballer de pures thèmes aventureux (Meet Han et Break Out) qui louvoient entre grande odyssée, action coolos et envolées orchestrales, le musicien impressionne souvent. Mais rendons à César ce qui est à César et n’oublions pas non plus le renversant The Adventures of Han de John Williams.

 
 

photo, Alden Ehrenreich Instant épique propice à musique épique

 

ALDEN EHRENREICH

Repéré quand il était jeune par Steven SpielbergAlden Ehrenreich a déjà tourné chez Francis Ford Coppola (Tetro et Twixt), Sofia Coppola (Somewhere), Park Chan-wook (Stoker), Woody Allen (Blue Jasmine) et les frères Coen (Ave, César !), en plus d’avoir eu un rôle dans le teen movie Sublimes créatures et dans le film de Warren BeattyL’Exception à la règle. Un très beau CV donc, qui ne lui a pourtant pas évité d’être regardé avec mépris depuis qu’il a été choisi pour incarner Han Solo, héros emblématique de Harrison Ford. Les rumeurs sur la production chaotique, et l’arrivée d’un coach pour améliorer son jeu, n’ont pas aidé.
 
Est-il donc si problématique dans Solo : A Star Wars Story ? Oui et non. Oui, car se détacher de l’interprétation de Harrison Ford est plus que périlleux, tant l’acteur a créé un personnage à l’énergie charmante et mémorable, avec un sourire inimitable. Impossibe d’échapper à la comparaison, et impossible de ne pas en souffrir. Non, car le jeune acteur a une très belle gueule, donne l’impression charmante et intéressante d’être un homme en devenir, et offre régulièrement quelques grimaces et réactions parfaites pour Han. Vu la production compliquée et les reshoots (80% du film auraient été refilmés, selon certains dires), difficile de ne pas imaginer que sa prestation a été entravée, découpée et remodelée, comme en témoignent certaines scènes de toute évidence un peu charcutées et mal rythmées. 
 
Alden Ehrenreich ne fait clairement pas l’unanimité, et a focalisé malgré lui une partie du mépris et de la colère envers Disney et Lucasfilm. Reste qu’à l’écran, il est loin d’être le réel problème de Solo : A Star Wars Story. Entre instants de charme pur et moment de flottement confus, il incarne malheureusement parfaitement les errances du blockbuster de Ron Howard.
 
 
 

LANDO ET L3 

On le sait, ce n’est plus une surprise : les futurs (et anciens) réalisateurs de Star Wars doivent respecter un cahier des charges imposé par Disney, comme pour la plupart des blockbusters. Un peu d’amour, des vaisseaux spatiaux, quelques éléments qui rappellent la saga originelle, et surtout de l’humour avec des droïdes. Sauf qu’un jour, il faudra se mettre dans le crâne que le binôme R2D2/CP3PO n’aura jamais d’équivalent.

Et pourtant, Ron Howard y a cru. Il a tenté, et il a plutôt échoué avec la pseudo-relation entre Lando (Donald Glover) et L3. Plus gênant et bancal qu’autre chose, le « couple » ne nous fait jamais esquisser ne serait-ce qu’un début de sourire, et le scénario traite la chose du bout des doigts. Bien que le personnage de L3 apporte une touche de fraîcheur dans sa manière de combattre l’oppression de ses congénères, avec un aspect jusque là inédit dans les robots de la saga, elle est vite ramenée à des plaisanteries sur son sale caractère et ses capacités sexuelles (« Ça marche », assure t-elle à Qi’ra).

La scène où L3 se baisse pour couper la grille en demandant à ce que personne ne la regarde illustre bien la manière dont le film hésite sur le traitement du robot, entre sous-texte politique et humour bas de gamme, tandis que son sort ultime (être téléchargée dans le Faucon Millenium, comme un objet assouvi par l’Homme) confirme le trouble. Même les larmes dramatiques de Lando sur le champ de bataille de Kessel semblent artificielles.

 

Photo Donald Glover L3 et Lando 

 

DARK MAUL

Personnage parti trop tôt aux goûts des fans dans La Menace fantôme, Dark Maul revient finalement grâce à son frère dans la série animée Star Wars : The Clone Wars et Star Wars : Rebels, en quête de vengeance. On vous passera tous les détails du dessin-animé pour passer directement à l’étape Solo.

Donc, comme un mauvais méchant de série B qui apparaît durant les dernières secondes pour faire miroiter la suite et obtenir un regain d’intérêt pour la série, Dark Maul (encore incarné par Ray Park) surgit de l’ombre (ou de l’hologramme), l’air triomphant et vengeur. On voit donc cette vieille trogne de Sith un peu diminué et changé à la suite de son combat contre Obi-Wan dans La Menace fantôme, avec des prothèses aux jambes. Il dégaîne son fameux sabre laser, unique, pour aucune autre raison que celle de la mise en scène à l’adresse du spectateur.

Si son retour permet à l’histoire de se replacer dans la mythologie, recoller quelques morceaux et réparer ce que beaucoup considèrent comme une erreur de George Lucas vu l’allure très réussie du personnage, cette apparition pose surtout une plâtrée de questions et de problèmes. Les aventures en marge des films officiels (Star Wars: Rebels et autres The Clone Wars) sont-elles obligatoires pour celui qui veut suivre l’histoire ? Seront-elles remixées et incorporées aux films, quitte à répéter ce qu’une partie des fans connaît et maîtrise ? Que se passera t-il pour Maul et toutes ces pistes, si une suite de Solo : A Star Wars Story devait être remise en question vu le box-office qui s’annonce très tiède ?

 

photo, Ray Park Ray Park dans Star Wars Épisode I : La Menace fantôme 

 

LE PIRE

 

EMILIA CLARKE

Elle a beau avoir marqué les esprits dans Game of Thrones avec un rôle très populaire, elle a laissé supposer dans Terminator : Genisys ou la bluette Avant toi qu’elle n’avait pas un jeu d’une grande ampleur. Emilia Clarke a bien du mal à donner vie à Qi’ra, personnage féminin mystérieux, ambigü et central, censé passer de la femme-enfant à la femme fatale vénéneuse. L’actrice utilise bien sûr son attirail avec joli sourire d’un côté et sourcils froncés de l’autre, mais difficile de voir dans sa prestation une proposition à la hauteur d’un personnage si complexe sur le papier. Une complexité d’ailleurs si peu traitée à l’écran (la faute à un scénario qui survole de loin le sujet), que Qi’ra avait besoin d’une interprète qui amène d’emblée une profondeur et un trouble.

Un rapide combat hors-champ, caché derrière une jolie cape rouge et une porte, puis un duel entre un sabre et des lames rougeoyantes, ne viendront que nourrir le sentiment confus autour de Qi’ra, dont la dimension noire reste désespérément maigre à l’écran. Dans une telle superproduction, les acteurs ont peu de place pour exister et faire exister leurs personnages. Emilia Clarke, de toute évidence, a été au mieux très mal dirigée, au pire incapable d’insufler toute la force nécessaire au personnage.

 

Photo Emilia Clarke Joli costume, joli coiffure, joli verre d’eau

 

L’ÉQUIPE DE BECKETT 

Rarement aura-t-on vu un film (à fortiori un Star Wars) ignorer à ce point comment gérer ses personnages. En témoigne l’introduction de l’équipe de Beckett, mélange de renégats et de pieds nickelés, plutôt plaisants et forts sur le papier. Sauf que le film s’attarde inutilement sur leurs personnalités et interactions, puisqu’il s’apprête à tous les zigouiller comme un malpropre.

On sent évidemment la volonté grossière d’émuler Rogue One : A Star Wars Story et de surprendre un peu le spectateur, mais le procédé est si évident, si mal amené, si dénué d’impact sur le personnage de Beckett, et finalement si inutile au vu de l’arc narratif global, qu’on se demande encore pourquoi le film a alourdi son rythme déjà pataud avec ces personnages secondaires écrits à la hache et dégagés de l’intrigue à la va-comme-je-te-pousse.

 

photo, Thandie Newton, Alden Ehrenreich, Woody Harrelson

 

LA PHOTO

Ce qui détonne quand on se penche sur la question, c’est la photographie de Bradford Young, qui pourtant est loin d’être un novice dans le domaine. Du directeur de la photographie sur A Most Violent YearSelma, Les Amants du Texas ou encore Premier contact, on attendait naturellement un travail de qualité.
 
Que nenni. Solo : A Star Wars Story ne nous livre qu’un aplat de couleurs fades et sans relief, qui manque cruellement d’identité (au mieux), et des séquences noyées dans l’obscurité et qui manquent tristement de profondeur (au pire). Il y a bien quelques scènes visuellement solides, comme celles autour des table de poker de l’espace. Mais globalement, l’image semble mal contrôlée, sans vrais partis pris, sans style ni panache. De l’intro du film, baignée dans une obscurité étrange puis dans un voile bleu pas très heureux, aux scènes sur le sable de Savareen, le blockbuster laisse une impression de fadeur extrême.
 
Difficile de ne pas y voir là la parfaite illustration d’une production compliquée, qui aura changé en cours de route de réalisateurs, et donc de direction. Le timing serré suite aux reshoots n’a certainement pas aidé à peaufiner le film, et lui donne une vraie patte. Certains diront que c’est dans la veine impersonnelle du Réveil de la Force et Les Derniers Jedi, mais l’impact semble plus clair et gênant sur Solo : A Star Wars Story.
 
 

Photo Alden Ehrenreich

 

LES « TWISTS » DE FIN

S’il y a bien une dimension de Solo : A Star Wars Story dont on attendait beaucoup, et qui semblait être un objectif atteignable pour un film porté par un studio aussi puissant que Disney, c’était la volonté affichée de marier film de casse et western. Deux genres ultra-balisés, classiques, normés, que le public connaît et apprécie, qui requièrent finalement peut-être plus de savoir-faire old school que de folle originalité.

De ce point de vue, le choix de Ron Howard pour remplacer Lord et Miller pouvait s’entendre. Hélas, le metteur en scène fait au cours de la dernière demi-heure preuve de son incapacité à s’emparer du matériau entre ses mains.

 

Photo Emilia ClarkeJe te trahis (pas) (enfin si) (enfin non) (MAIS SI, ET VOILA)

 

Le script était-il trop saturé de micro-twists, rempli d’allers-retours thématiques, pour que ce cinéaste à la signature extrêmement classique trouve son rythme ? A-t-il voulu dynamiser le dernier acte ? Impossible de le savoir, mais le résultat est un enchaînement de saynètes absolument dépourvues de rythme, et dont les grotesques retournements successifs apparaissent soit grossièrement mécaniques, soit artificiellement surprenants.

Pire encore : ce Solo qui a l’ambition d’être un des divertissements majeurs de l’été accuse un retard thématique d’un bon demi-siècle. Exemple typique : la « trahison » de Beckett, annoncée 12 trillions de fois, selon des procédés qui sentent le vieux linge de sport. Jouer le coup du « ne fais confiance à personne gamin… », pourquoi pas ; mais convoquer un procédé aussi ancien et connu du public réclame de l’enrober de foi et d’intensité dramatique, pas de le faire déclamer à un Woody Harrelson manifestement diverti par son postiche en poil de yack, sous un soleil qui évoque plus le ciel de novembre à Rungis qu’une épopée spatiale. Qi’Ra ne s’en sort guère mieux avec ses multiples petits retournements, et notamment son faux moment où elle s’interpose entre Han et Dryden Vos, dans une manoeuvre purement artificielle.

 

photo, Paul BettanyDryden Vos : joli nom, jolies cicatrices, jolie cape, et voilà

 

Très mal parti au box-office, condamné à certainement être le plus petit succès de Star Wars période Disney, Solo : A Star Wars Story de Ron Howard (et Chris Miller et Phil Lord) va sans nul doute payer les pots cassés de Star Wars : Les Derniers Jedi, épisode de la discorde qui continue à hanter les cauchemars de certains spectateurs.

Mais en plus d’être un pur produit de l’industrie Disney, sûrement sorti trop tôt (cinq mois après l’Episode VIII) et sur une idée probablement fort dispensable, Solo : A Star Wars Story porte en lui de nombreux problèmes, évidents à l’écran, qui l’empêchent de totalement épouser ses ambitions de grand spectacle. D’où un accueil finalement très tiède, et un résultat si peu enthousiasmant.

 

Affiche française

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Pat

Pour ma part c’est une très bonne surprise, un bon film d’aventures sans temps mort avec d’excellentes scènes d’action.

Patriot57

Malgré toutes les critiques, j’espère que ce film sera un succès car il le mérite largement, et qu’il y aura une suite. Super film, je le recommande.

Oasis78

Je suis d’accord, mais je trouve quand même Solo supérieur à SW 8 qui est une vraie daube pour moi, sur tous les plans malgré son résultat au box office.

Même si SW 9 est bon (on verra, mais j’en doute, car il ne peut construire sur rien), ses résultats au box office seront hélas mauvais, car il paiera pour SW 8. C’est juste mon avis…

Stag

Prochain point sur Solo : la venue d’Emilia Clarke dans les bureaux d’Ecranlarge pour célébrer le film et une interview exclusive sur « comment ils sont nuls les metteurs en scène ». Merci de lui réserver un accueil chaleureux 🙂

Wes

@F4RR4LL

Justice League a toujours été conçu comme leurs Avengers, avec une construction différente (pas de films solo pour tous avant), mais clairement la même ambition financière (y’avait même deux parties à la base, donc des projets encore plus grands). D’où la rencontre au sommet BvS qui tease bien grossièrement les autres héros dans une scène. D’où les annonces sur Aquaman lancé dans le même mouvement, et le projet de Flash (qui patine).

L’Episode IX : perso je me prononce pas, tout le monde a la tête dedans, entre les prédictions de fin du monde des uns et les procès des autres contre Disney. Les deuxième épisodes de trilogie ont toujours à peu près moins marché dans SW, et parfois le 3ème est bien remonté. Et c’est dans un an et demi : ça fera une « vraie » pause, ce que Solo n’a pas eu depuis le VIII.