Condorman, Toxic Avenger, Le Fantôme du Bengale... les super-héros les plus débiles, ringards et jouissifs donc

La Rédaction | 21 octobre 2017 - MAJ : 23/05/2020 18:00
La Rédaction | 21 octobre 2017 - MAJ : 23/05/2020 18:00

Il n'y a pas que Marvel et DC au rayon super-héros.

Le cœur des fans de super-héros s'emballe en bien ou en mal à l'approche de Thor : Ragnarok le 25 octobre et Justice League, le 15 novembre. Mais si la petite guerre entre Marvel et DC alimente d'interminables débats, les deux géants n'ont pas le monopole du genre.

La rédaction a donc décidé de revenir sur quelques exemples de super-héros moins connus. Qu'ils soient drôles, minables, déviants, pathétiques ou absurdes, ils méritent un peu de lumière, eux aussi.

 

Photo Ben Affleck, Gal Gadot, Ezra MillerJustice League

  

A l'origine, c'est un pulp-comics créé en 1936 par Lee Falk et publié jusqu'en 2006 (!), dont la particularité est d'avoir proposé le premier héros portant un collant et un masque pour cacher son identité. Et quel accoutrement : hormis le petit masque noir, c'est bel et bien un type en collant violet qui se trimballe dans la jungle africaine avec son loup, son cheval, son faucon et ses deux flingues. 
 
L'originalité du Phantom (titre original), du moins dans le comics, c'est qu'il ne s'agit pas d'un seul personnage mais de toute une lignée qui fait croire que le Fantôme est immortel pour cultiver la peur chez ses adversaires. Un twist malin qui permet aussi d'explorer les incarnations passées du héros, ce que le comics ne se prive jamais d'ailleurs de faire. 

 

Photo Billy Zane

 
En 1996, Simon Wincer réalise Le Fantôme du Bengale et fait le très mauvais choix de l'adapter littéralement. Et à l'époque les super-héros n'ont pas pignon sur rue comme aujourd'hui. On découvre donc, médusés, un Billy Zane en collant violet bondissant dans la jungle et Treat Williams en méchant ricanant à s'en faire péter les dents, dans un film à volonté rétro qui rappelle les serials ou les films d'aventure des années 40 - mais qui se rapproche surtout de Rocketeer.
 
Ultra naïf, limité par des effets spéciaux dépassés et manquant clairement de charisme, ce Fantôme n'a pas convaincu grand monde mais constitue un petit plaisir régressif. Parce que, Billy Zane au top de son sex-appeal en moule-burne violet entre les lianes, ça n'arrive pas tous les jours. 


Affiche

  

MUTRONICS (1991) 

On triche un peu parce que Mutronics est adapté du manga The Guyver de Yoshiki Takaya, genre de version dark de Bioman. Mais c'est tellement n'importe quoi qu'on ne pouvait pas s'empêcher d'en parler. C'est notre dossier, on fait ce qu'on veut après tout. 

Mutronics est un petit bijou au goût rance qu'on regarde toujours avec le même plaisir et qui doit évidemment son existence au carton du Batman de Tim Burton. Sauf que là, c'est l'équipe de Re-Animator qui s'en charge : on a donc droit à des mutants en caoutchouc que même Power Rangers n'oserait pas montrer, un Mark Hamill à moustache qui se transforme en cafard géant, Michael Berryman qui invente un nouveau langage, David Gale qui passe son temps à ricaner de façon outrancière (c'est une constante dans les films de super-héros pourris), des combats en mousse, une intrigue en carton et un héros aussi transparents qu'un verre de flotte au soleil. Réalisé par ce taré de Screaming Mad George et produit par Brian Yuzna, le film peine à nous intéresser et ne vaudrait pas le coup d'oeil s'il n'était pas aussi hystérique et volontairement drôle. Encore que, on n'est pas sûrs que ce soit fait exprès au final. 
 

A noter que le film a donné lieu à une suite 3 ans plus tard, Dark Heroes, qui change beaucoup d'éléments de son intrigue et se veut beaucoup plus violent et sombre mais n'y parvient jamais réellement. Alors c'est moins drôle mais comme c'est David Hayter (aka Solid Snake, et oui) qui y incarne le Guyver, ça vaut clairement le coup d'oeil.

 

Affiche

 

RALPH, SUPER-HEROS (1981-1983) 

Les super-héros pourris ne sont pas que l'apanage du cinéma, ils ont aussi envahi la télé et avec Ralph Super-Héros, on en tient un bon. Création de Stephen J. Cannell (le dieu de la série télé américaine dans les années 80), The Greatest American Hero (son nom en v.o.) prend le parti d'en rire en nous présentant Ralph, professeur de son état, qui hérite d'un costume de super-héros extraterrestre et décide de faire le bien autour de lui. Sauf qu'il perd le manuel d'instructions et y va à l'instinct, déclenchant ainsi les pires catastrophes. 
 
Le principe est super sympa mais le résultat est beaucoup trop typé "série des années 80" pour vraiment fonctionner encore aujourd'hui. Nous sommes clairement dans la mouvance irritante des séries positives et moralisatrices de l'époque, avec une vision de l'Amérique toute puissante que son gentil héros un peu niais préservera malgré ses erreurs parce que le plus important c'est d'essayer, et qu'à partir du moment où l'on y met du coeur, on remporte la victoire.
 
Dans cette série un brin trop sucrée qui a quand même duré 44 épisodes, on retrouve le grand William Katt, depuis relégué aux productions The Asylum (Alien vs Hunter, ce genre de conneries), ce qui fait toujours plaisir même si la série est restée dans les mémoires pour son imparable générique, le tube de Mike Post qui avait tout pété au Top 50 à l'époque. 


Photo William Katt

 

SGT KABUKIMAN NYPD (1990) 

Là on a du lourd, parce qu'on va parler de la firme Troma, ces gros punks qui nous font marrer depuis plus de 30 ans avec leurs séries Z foireuses et libertaires totalement décomplexées. Forcément, ils ne pouvaient pas passer à côté des super-héros. Ils déjà le Toxic Avenger, mais apparemment cela ne leur suffisait pas. Ils ont donc crée Kabukiman.

A l'origine : Harry Griswold, un flic un peu minable qui enquête sur le meurtre de plusieurs acteurs de kabuki (théâtre ancien japonais). Alors qu'il est pris dans une fusillade, il se fait embrasser par l'une des victimes et se transforme en Kabukiman, super-héros japonais qui se bat à coups de baguettes et de sushis mortels. Tout un programme. 
 
 

Photo

 
 

En fait, le personnage est né au moment du tournage de Toxic Avenger 2, au Japon, lorsqu'un responsable de Namco avait approché Troma pour voir s'ils n'avaient pas quelque chose à faire ensemble. Malheureusement, comme souvent chez Troma, le concept est meilleur que le résultat et, faute de moyens, Sgt Kabukiman NYPD se révèle particulièrement ennuyant à suivre.

Pas bien joué, pas bien réalisé, doté d'une histoire toute nase, il ne passionne guère. Mais le personnage, lui, a fait fureur puisqu'on l'a retrouvé plusieurs fois depuis dans les productions Troma. Et on a même eu droit au Batman v Superman de Troma dans Citizen Toxie : Toxic Avenger 4, quand les deux héros se rencontrent, se foutent sur la gueule et s'unissent au final. Kabukiman ayant même droit à son double négatif, Evil Kabukiman. Zack Snyder, t'es vraiment qu'un sale copieur ! 

 

Affiche

 

 

STEEL : LE JUSTICIER D'ACIER (1997)

Vous pensiez que Green Lantern était le plus gros raté de DC Comics au cinéma ? Perdu. Non seulement le film de Martin Campbell ne méritait pas tant de haine, mais il existe un type en costume autrement plus ridicule. Il s’agit bien sûr de Steel, production de 1997, qui témoigne magnifiquement du je-m’en-foutisme et du mauvais goût d’une industrie hollywoodienne qui n’avait pas encore réalisé combien les héros en spandex pouvaient être rentables, à condition de les appréhender avec un peu de sérieux.

Nous y suivons John Irons (ne riez pas), un ingénieur qui conçoit de nouvelles armes mortelles et couteuses pour l’armée. Mais il préfère se concentrer sur des armes non-létales, ce qui déplaît à son employeur. Dégoûté à l’idée que des armes tuent des gens (ne riez pas encore), il démissionne. C’est avec horreur qu’il réalise que son diabolique patron vend ses inventions, modifiées pour causer des bains de sang, à des gangs de son quartier. Il décide de devenir un super héros en métal (ça y est, marrez-vous).

Le résultat, c’est Shaquille O'Neal, star du basket (préférée pour des raison de marketing à Wesley Snipes), incapable d’aligner deux répliques d’affilée, recouvert d’un costume d’acier ressemblant curieusement à du caoutchouc tiède. Effets spéciaux ratés, scénar débile, scénario tentant péniblement de dupliquer la toile de fond de Robocop rien n’est à sauver dans ce machin invraisemblable, sinon son sens du ridicule, qui ne va pas sans un certain charme désuet.

 

Photo

 

THE SHADOW (1994)

Hey les gars, si on donnait le rôle d’un héros vintage à l’esthétique extrêmement travaillée, un des premiers protagonistes mêlant avec autant d’ambition les genres, les styles et les influences, à une équipe de bras cassés ?

Tiens, pour interpréter cette figure du pulp et du fantastique, si nous confions le rôle à Alec Baldwin, un acteur qui ne s’est jamais illustré dans le cinéma d’action, ressemble à un expert-comptable un peu vicelard et porté sur la viande rouge ? Et si pour mettre en scène les aventures de ce personnage inspiré de Judex, qui devait servir de modèle à Batman, on embauchait le réalisateur de Highlander ? Bon, on reprend un petit litron de gimlet, une grosse poutrasse de coke, et on fait les contrats.

De quoi ça parle ? Pour faire simple : c'est l'histoire d'un type franchement louche, formé aux arts de la magie et des arts martiaux dans l’Orient lointain, qui devra affronter des années plus tard son nemesis Shiwan Khan, dans les rues de New York.

 

Affiche officielle

 

CONDORMAN (1981)

Avant d’acheter Marvel et de transformer le catalogue de l’éditeur en usine à blockbusters, Disney avait déjà traité de super-héros et fait… n’importe quoi. Ce n’est pas pour rien que le film est devenu culte auprès des geeks les plus pointus. Le film est d’une certaine façon une ode à leur créativité et leur folie douce, grâce à son héros, dessinateur de comics qui va, entre Monaco et Paris, participer à une opération d’espionnage entre la CIA et le KGB.

Romance, gadgets, trucages merveilleusement old school, décalage perpétuel, et quantités d’idées absurdes mais pas fondamentalement déplaisantes : Condorman est un truc inclassable et indispensable, où un dessinateur décide de devenir le héros qu’il a créé pour permettre à une espionne russe de rejoindre les gentils du camp du bien.

 

Photo 

 

TOXIC AVENGER (1985)

Que serait le cinéma sans les films Troma ? Sans doute un truc plus sage et plus propre, c’est-à-dire nettement moins intéressant. La preuve avec le plus cradingue des super-héros, le Toxic Avenger, malheureux manutentionnaire qui reçoit un jour des déchets toxiques en pleine tronche et décide de répandre ses humeurs bilieuses sur tous les méchants du monde.

C’est dégueu, c’est cheap, c’est très politiquement incorrect, totalement régressif, provoquant… Bref un doigt d’honneur encore bien trop méconnu pour qu’on n’en cause pas ici.

On y trouve une gallerie de personnages invraisemblables et totalement punk, ainsi qu’un peu de romance inattendue entre notre Toxic Avenger et une belle aveugle, dont on suppose que l’odorat n’est pas non plus le point fort. Au final, tous ces éléments font du personnage un amas d’immondices délicieux, passablement foutraque, qui aura connu plusieurs suites, et dont il se murmure qu’un remake serait en route.

 

Photo Toxic Avenger

 

commentaires

Jason
22/10/2017 à 05:37

The shadow est très bien je trouve pour ma part.

Rorov94
21/10/2017 à 20:42

The shadow est une réussite.rien a faire dans votre article.
La rédac une fois de plus...
Et méteor-man?

Mordhogor
21/10/2017 à 19:14

Euh... non, c'est bien Russel Mulcahy qui a réalisé The Shadow.

Svreign
21/10/2017 à 18:22

C'est Chuck Russell (Freddy 3, The Mask) qui a réalisé The Shadow...

Kouak
21/10/2017 à 18:18

PTDR!
Tout à fait !
Et les moyens d'engager des acteurs «bankables»...

majorfatal
21/10/2017 à 18:11

Heu c'est les mêmes "conneries" que maintenant.....sauf qu'a l’époque il n'y avait pas les moyens techniques de les rendre crédible!

Flash
21/10/2017 à 16:28

Que de bons souvenirs, Toxic Avenger bien crade, Condorman énorme nanar avec un Jean Pierre Kalfon qui en faisait des tonnes.
Le fantôme du Bengal dans mes souvenirs était une honnête série B..

Kouak
21/10/2017 à 14:55

Bonjour,
Chouette la rétro' ...
Je me souviens de Condorman...LOL....
D'ailleurs il me semble que Disney réitère 10 ans plus tard avec Rocketeer...

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