The Boys saison 3 : après trois épisodes, retour en force pour les super-héros d'Amazon ?

Arnold Petit | 3 juin 2022 - MAJ : 03/06/2022 11:49
Arnold Petit | 3 juin 2022 - MAJ : 03/06/2022 11:49

Après une deuxième saison moins enthousiasmante que la première, la bande de Billy Butcher et les terribles super-héros de The Boys sont de retour sur Amazon Prime Video depuis le 3 juin. Pour une saison 3 toujours plus sanglante et déjantée ou poliment ennuyeuse ? Verdict après trois épisodes, sans trop de spoilers !

D'un côté, il y a une entité qui fabrique des productions fades et aseptisées les unes à la suite des autres et assoit son hégémonie sur tous les écrans, peu importe leur taille. De l'autre, il y a The Boys. Avec sa violence graphique exacerbée et ses tarés aux pouvoirs surhumains, l'impertinente adaptation des comics de Garth Ennis et Darick Robertson s'est naturellement imposée, dès sa première saison, comme un phénoménal contrepoids à l'inarrêtable machinerie du genre super-héroïque.

Malgré plusieurs défauts d'écriture, la deuxième saison a quand même donné encore plus d'ampleur à la série d'Eric Kripke, Seth Rogen et Evan Goldberg (au point de lui permettre, elle aussi, d'avoir ses propres spin-offs) et son final énervé avait su relancer l'intérêt pour la suite de la série en redéfinissant totalement les enjeux et les rôles des personnages.

 

The Boys : photo, Antony StarrSeul contre tous

 

ON NE PREND PLUS DE GANTS

Tout est différent aussi bien pour les P'tits Gars que pour les encapés de Vought, mais The Boys n'a rien perdu du ton caustique et irrévérencieux qui a fait son succès, comme le prouvent les quinze premières minutes. 

Après un énième doigt d'honneur à Marvel et DC dans une parodie entre Avengers : Endgame et Justice League (avec son propre "Bourke Cut" et un cameo qui tombe à point nommé), la série présente la nouvelle dynamique entre les personnages, puis propose une scène qui réunit sexe, drogues et hémoglobine en dépassant tout ce qu'elle a pu réaliser auparavant.

Plus de méchanceté, plus de gore, plus de bizarreries et encore plus de super-héros cinglés avaient été annoncés par les créateurs, et le plaisir qu'ils ont pris à organiser ce joyeux délire se ressent à chaque instant. Comme d'habitude, l'inventivité et la générosité ne manquent pas lorsqu'il s'agit de répandre de la cervelle sur les murs ou de railler Disney, l'industrie du divertissement et tout ce qui compose notre monde dans une satire aussi incisive que perspicace.

 

The Boys : photo, Jessie T. UsherAmerican Hero

 

Si certains effets spéciaux sont inégaux, la série conserve toutefois une production plus que soignée dans l'ensemble, essayant constamment de dynamiser l'action et d'offrir le spectacle le plus réjouissant et absurde possible à l'écran, à l'instar d'une fusillade dans un parking avec une photographie glaciale ou d'un carnage d'anthologie dans un flashback.

Pour cette troisième saison, The Boys reste fidèle à elle-même en récupérant la société contemporaine pour mieux s'en moquer et consolide ses acquis visuellement, mais les scénaristes semblent également avoir entendu les reproches à propos du manque de rythme et du traitement des personnages lors de la saison dernière.

Cette fois, finis les tergiversations et les intrigues bancales qui s'étirent inutilement. Le nouveau statu quo est introduit dès la fin du premier épisode et le récit enchaîne sans perdre de temps ou laisser de répit aux personnages. Les espoirs qu'ont pu avoir Hughie (Jack Quaid) et les autres se sont envolés. Désormais, la revanche a sonné et il n'y a plus qu'un seul mot d'ordre : tous les coups sont permis.

 

The Boys : photo, Chace CrawfordPlus profond qu'il n'y paraît

 

(SUR)HUMAINS AVANT TOUT

Comme l'avait dévoilé la bande-annonce de la saison 3 de The Boys, le récit reprend un an après les événements de la deuxième et renoue avec les comics de Garth Ennis et Darick Robertson concernant le parcours des anti-héros, l'exploitation du Composé V ou son portait au vitriol d'une Amérique fondé sur la violence, le mensonge, la terreur, le conservatisme et des idoles qu'elle déteste autant qu'elle vénère.

En tant que figures de proue des deux groupes en opposition, Billy Butcher et le Protecteur se distinguent évidemment parmi les autres personnages et Karl Urban et Antony Starr sont toujours aussi formidables.

Confronté à la paternité et différents dilemmes moraux, le Britannique au regard perçant tente de faire son deuil et de se racheter une conduite en devenant une figure paternelle entre deux missions tandis que le super-héros psychotique laisse sa colère et sa frustration grandir à mesure que sa cote de popularité baisse après les révélations sur le passé de Stormfront (Aya Cash). Chacun dans leur coin, les deux leaders s'enfoncent dans les ténèbres, bouillonnent et ne s'inquiètent plus de ceux qui pourraient être entraînés dans l'explosion de leur furie destructrice.

 

The Boys : photo, Karl Urban, Antony StarrMeilleurs ennemis

 

En revanche, contrairement aux précédentes saisons où ils étaient délaissés au profit des super-héros de Vought, les autres membres des P'tits Gars trouvent enfin une place à part entière au sein du scénario. Là encore, dès l'introduction, la série rappelle qu'elle est passée maître dans l'art d'orchestrer un déluge de tripaille et d'humour corrosif avec son lot de surprises, mais aussi qu'elle tire toute sa force des troubles et affections de ses protagonistes, qu'ils aient des pouvoirs ou non.

Les courtes scènes consacrées à Kimiko (Karen Fukuhara) et Frenchie (Tomer Capon), les doutes de La Crème (Laz Alonso) ou la routine de Hughie et Annie (Erin Moriarty) sont autant de rares moments suspendus illustrant toute la tendresse et l'humanité dont est parfois capable cette bande aussi dysfonctionnelle qu'étrangement touchante quand elle ne déboîte pas du super-héros.

Malgré son ex super-héroïque qui revient dans sa vie, Stella n'est plus seulement rattachée à des intrigues romantiques réchauffées, mais illumine la saison d'une énergie nouvelle en devenant la métaphore d'une jeunesse qui n'a plus peur de se battre pour ses désirs et ses convictions.

 

The Boys : photo, Karen Fukuhara, Jack Quaid, Laz AlonsoMême pas peur

 

Dans la Tour de Vought, Stan Edgar (Giancarlo Esposito) continue de gérer tant bien que mal le tempérament d'enfant gâté du chef des Sept et de manipuler ses employés en capes et collants avec l'habileté d'un marionnettiste pendant que l'Homme-Poisson (Chace Crawford) reste un des personnages les plus surprenants de la série après son passage dans l'Église du Collectif et qu'A-Train (Jessie Usher) s'interroge sur son statut de super-héros.

Peu présent pour le moment, le Petit Soldat est représenté comme la version misogyne, irresponsable et dangereuse de Captain America qui a été annoncée. Un personnage que Jensen Ackles interprète en étant à la fois le plus charmant et le plus exécrable des serviteurs de l'Oncle Sam. La Comtesse Écarlate (Laurie Holden) et d'autres héros toujours plus singuliers font également leur apparition pour seulement générer de sympathiques moments de bravoure et d'humour, mais la saison et les choses sérieuses ne font que commencer.

 

The Boys : photo, Jensen AcklesCaptain Douchebag

 

Chose promise, chose due. The Boys repousse encore un peu ses limites, celles de ses personnages et fait rapidement oublier ses égarements passés. Au terme des trois premiers épisodes, cette troisième saison introspective et désespérée va très vite, très loin, et la destination s'annonce aussi apocalyptique que déchirante.

Les trois premiers épisodes de la saison 3 de The Boys sont disponibles depuis le 3 juin sur Amazon Prime Video, puis un nouvel épisode sera diffusé chaque vendredi jusqu'au 8 juillet

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commentaires
Arnold Petit Effectivement
07/06/2022 à 02:04

La saison 2 moins enthousiasmante ?
Elle explose de loin la précédente sur tous les points, surtout le rythme, la première était vraiment longue, trop de scènes inutiles, la deuxième se regarde plus facilement.

Tom Vera Cruz
05/06/2022 à 12:14

J’ai l’impression qu’un petit malin a décidé de pourrir la redac d’Ecran Large en plein week-end. C’est moche.

Vulfi
05/06/2022 à 00:51

Je dois dire que je ne m'attendais pas à voir mon nom utilisé par une autre personne mais j'imagine que je dois en être honoré haha.

Bon, la prochaine fois, je veux bien une majuscule au pseudo, des bonnes conjugaisons et un propos à peine plus pertinent. Allez, je ne demande pas la lune.

Nonoo
04/06/2022 à 13:17

J'ai regardé les 2 premiers épisodes de cette S3 et c'est ultra prometteur ! L'épisode 1 est incroyablement déroutant dans le bon sens du terme et on a des choses complètement folles à l'écran et tellement absurdes que ca déclenche des fou rires. J'ai adoré les refs à Marvel et DC (avec la Cut, le film, Vought+, et on a peut-être aussi la réponse au débat antman vs thanos xD). La série se fout de tout et c'est juste un régal.

Hâte de voir le 3e épisode et la suite de la saison !

vulfi
04/06/2022 à 10:23

Maintenant que ce problème de double identité est résolu voici mon véritable avis sur The boy :

La saison 1 est plutôt intéressante même si elle met du temps à démarrer, j'ai particulièrement aimé cette idée que les super-héros ont une face sombre

La saison 2 traite magistralement des problèmes de racisme aux États-Unis et plus globalement dans le monde, je regrette cependant le manque de diversité à l'écran, contrairement aux magnifiques "the watchmen" de HBO

J'attends donc cette saison 3 de pied ferme, et ne doute pas que la qualité sera au rendez-vous ^^

Et si quelqu'un souhaite à nouveau usurpé mon identité pour dire des bêtises, qu'il se fasse plaisir, moi j'ai autre chose à faire

vulfi
04/06/2022 à 10:09

Au delà de la qualité de la série je ne remercierai jamais Amazon de prendre des risques en terme de création.

J'espère autant apprécié cette nouvelle saison que les précédentes

@rientintinchti

Tout a fait d'accord avec toi c'est une série qui se bonifie au fil des épisodes

Flash
04/06/2022 à 09:56

Ha ha ha ha ha ´on a de sacrés phénomènes sur ce site !

Onii-Chan
04/06/2022 à 08:50

Ici rientintinchti.
J’ai dû me refaire un compte à cause de vos conn…
Arrêtez, ce n’est pas marrant (。•́︿•̀。)

Kynapse
04/06/2022 à 08:06

@Pulsion73

Je crois que sa rencontre avec une personne de l’autre sexe lui a grillé les neurones.

rientintinchti
04/06/2022 à 07:10

@Pulsion73

Ne rêvez pas, je ne serai jamais des vôtres.

@Kynapse

Je ne me parle pas à moi même, ce sont des jaloux qui ont usurpé mon nom.

@rientintinchti, @rientintinchti, @rientintinchti, @rientintinchti, @rientintinchti

Rigolez pendant que vous avez encore le temps, car bientôt c'est le Grand Capital qui vous asservira ! C'est d'abord "The Boys", puis ce sera ensuite "The Big Brother". Snyder le vendu a essayé de nous faire croire que le S de Superman voulait dire Espoir, mais en fait ça veut dire SLAVE comme ESCLAVE !!! Réveillez-vous !!!!!

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