La casa de papel : un final explosif pour la série de braquage espagnole ?

Créé : 15 avril 2018 - Alexandre Janowiak
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Après une première partie loin d'être sensationnelle, La casa de papel a dévoilé sa deuxième partie il y a quelques jours sur Netflix. Ce grand final tant attendu par les fans est-il à la hauteur des attentes ?

ATTENTION SPOILERS !

 

 

RECAPO RAPIDO

La première partie de saison (ou saison 1) de La casa de papel se terminait avec un énorme cliffhanger. L'inspectrice (Itziar Ituño) venait de découvrir la planque où le groupe de braqueurs a vécu pour préparer le casse il y a quelques mois. Mais mieux que ça, sans le savoir, elle a amené El Profesor (Álvaro Morte) sur les lieux du crime puisque les deux vivent une romance depuis quelques heures, et étaient ensemble lors de cette trouvaille. Le commanditaire est donc entouré de flics qui, heureusement pour lui, ne connaissent pas sa véritable identité, mais l'étau semble se resserrer sur le génie du braquage.

Pendant ce temps, les cambrioleurs commencent à perdre leurs nerfs et à se monter les uns contre les autres. Le plan parfait du Profesor est-il en danger ?

 

PhotoLa fête est finie ?

 

Cette deuxième partie recommence exactement là où elle s'était arrêtée. La police scientifique étudie minutieusement la maison de Tolède à la recherche du moindre indices pouvant les conduire au Profesor. Cependant, très vite, l'inspectrice comprend qu'elle ne trouvera rien ici parce qu'une nouvelle fois, El Profesor voulait que la police trouve le lieu et a tout fait pour les mener jusqu'ici.

En moins de cinq minutes, La casa de papel balaye d'un revers de main la fausse inquiétude instaurée en fin de partie 1 pour user une nouvelle fois d'une sorte de deus ex machina où El Profesor prévoit tout, tout le temps. A l'image de la première partie, cette deuxième partie use souvent de ce genre de facilités scénaristiques agaçantes à la Prison Break. Heureusement, elle donne plus de consistance au personnage de l'inspectrice qui se révélera enfin plus perspicace.

 

Photo Álvaro Morte, Itziar ItuñoL'inspectrice ouvre les yeux

 

CIAO BELLA CASA

Au fil des épisodes, la partie 2 de La casa de papel montre plus ou moins les mêmes défauts et qualités que la première partie. En terme de narration, même si on ne saura jamais pourquoi c'est Tokyo (Úrsula Corberó) qui raconte l'histoire, la série d'Álex Pina est toujours d'une efficacité redoutable. Elle joue avec nos nerfs et propose un rythme retentissant, d'autant plus avec le découpage plus tape-à-l’œil de Netflix (passé de 6 à 9 épisodes pour cette partie 2). La casa de papel offre aussi un casting fort et attendrissant à certains moments.

D'un autre côté, la série montre toujours des faiblesses dans son récit global écrit avec des gros sabots. Les personnages secondaires sont balayés (on a parfois l'impression qu'il reste 5-6 otages alors qu'ils sont au moins encore une quinzaine) ; les scènes rocambolesques peu (ou pas) crédibles, nombreuses (la scène de la moto, la scène du clown) ; les romances nullissimes deviennent pour certaines des éléments centraux du scénario à notre plus grande dam, puis le comportement des personnages est plus qu'incompréhensible.

On pense entre autre au policier Angel Rubio (Fernando Soto) dont la décision finale paraît totalement absurde. Enfin, on soulignera un manque d'inspiration des compositeurs du show qui pastichent impunément de nombreuses fois la musique d'Interstellar (écoutez bien pendant l'arrestation de Tokyo).

 

PhotoLa séquence n'est pas totalement réussi mais le déguisement est stylé

 

Cette deuxième partie de saison ne présente donc pas grand chose de différent dans son ensemble et bénéficie des mêmes atouts et subit les mêmes insuffisances. Pourtant, on peut noter quelques améliorations dans ce grand final. Pour la première fois du show, El Profesor perd vraiment le contrôle de son plan. Certes, les scènes sont parfois gênantes tellement l'écriture est lourde (la séquence avec l'ex-mari de l'inspectrice) mais on se prend à s'inquiéter de son sort et de celui des braqueurs. Lorsque Berlin (Pedro Alonso) livre Tokyo à la police, La casa de papel surprend et relance le récit de façon plutôt inattendue et c'est un très bon point.

Enfin, avec ses deux derniers épisodes, la série se termine dans un final explosif et très réussi où grosses scènes d'actions et révélations humaines se mêlent. La séquence de la fusillade est une réussite techniquement et scénaristiquement permettant à la série de sortir avec la tête haute. Certes, l'arrivée de nulle part de nouveaux alliés du Profesor en milieu de saison est mal amenée et la série se termine abruptement avec une romance plutôt bête (quid de l'avenir de la gosse de l'inspectrice ?), mais La casa de papel offre un final complet à la fois touchant, amusant, fougueux et pétaradant.

 

PhotoLe grand final explosif

 

A l'image de la partie 1, cette deuxième et dernière partie de La casa de papel montre des défauts narratifs ennuyeux et des facilités scénaristiques fâcheuses tout en gardant un excellent sens du rythme et de la révélation. Heureusement, ses deux derniers épisodes, même si loin d'être parfait, lui permettent de se conclure en beauté en mêlant action et émotion.

Finalement, si la série espagnole est loin d'être aussi phénoménale que prévue, elle se suit agréablement et reste un divertissement très correct qui sait jouer avec les codes télévisuels pour tenir en haleine. On se prendrait presque à attendre de pied ferme la prochaine création d'Alex Pina pour voir s'il aura appris de ses erreurs.

La casa de papel est disponible en intégralité sur Netflix.

 

Affiche espagnole

commentaires

orth 19/04/2018 à 09:11

De très bons acteurs quand même. Pas comme même... Faut arrêter de regarder jamel ou les marseillais sans bescherelle

Apola 16/04/2018 à 00:56

Je suis globalement déçu à l'issu d'une saison 1 poussive et hésite à enchaîner la seconde saison. Cette série qui fait l'unanimité sur le net n'a finalement pas grand chose dans le ventre. Bien qu'elle ne soit pas dénué d'intérêt (premier rôle au top, personnages attachants, certains rebondissements réussis, direction artistique remarquable...) on est loin du "must see" du paysage sériel de 2018. Reste que les personnes qui recherchent une série "originale" dans sa forme peuvent tenter l'expérience.

Shagon 15/04/2018 à 16:53

Série très cool, fun et dynamique où l'on est prêt à excuser beaucoup de choses pour prendre son pied !

Pionbleu 15/04/2018 à 02:11

C'est n'importe quoi cet article n'hésitez pas c'est une très bonne série

Lolillol 14/04/2018 à 16:40

N'importe quoi ce commentaire, l'article est excellent... #PayeTesArguments

jarnix 14/04/2018 à 14:04

N'importe quoi cet article, la série est excellente.

Fareed 06/04/2018 à 18:01

J'ai trouvé la série très efficace digne d'une série US genre 24…

De très bons acteurs comme même, une mise en scène léchée et ils y ont mis les moyens les espagnols !

Après effectivement certaines invraisemblances sont agaçantes et certaines situations ridicules, mais dans l'ensemble ça m'a bien scotché !

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