Rick et Morty saison 5 épisode 5 : parodies sur parodies entre Hellraiser et Transformers

Mathieu Jaborska | 19 juillet 2021
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Hellraiser, Transformers et quelques autres sont les cibles du nouvel épisode de Rick & Morty, fort en parodies savoureuses.

Nous l'attendions de pied ferme depuis la révélation de la bande-annonce de la saison 5 : Rick et Morty pastiche enfin la saga Hellraiser. Et ce n'est pas le seul univers qui passe à la moulinette cette semaine. Amortycan Grafrickty, qui ne partage finalement pas grand-chose avec le long-métrage de George Lucas (American Graffiti pour ceux pour qui ce n'est pas clair), ne propose rien de moins qu'une petite orgie de parodies, classique, certes, mais amusante.

Attention, petits spoilers.

 

photoBienvenue dans les soirées d'Ecran Large

 

space montage

Alors que Rick embarque avec Jerry dans une "soirée entre mecs" qui n'en est évidemment pas vraiment une, Morty et Summer se préparent à accueillir le new kid on the block, si cool que son air blasé résiste aux aventures interstellaires les plus palpitantes. Mise à part une nouvelle timide exploration des thématiques du teen movie dans l'intrigue des ados, ce nouvel épisode ne propose pas grand-chose de nouveau. On sait à quel point la série crée par Justin Roiland et Dan Harmon aime alterner entre récits classiques et expérimentations structurelles inédites. On est clairement dans le premier cas.

L'architecture déployée est familière : deux arcs narratifs se déroulent simultanément et le montage parallèle se charge de muer cette surcharge d'enjeux en modèle rythmique. Si à première vue, les aventures de Rick, Jerry et une Beth dubitative sont les plus exaltantes, la tournure prise par l'escapade du trio juvénile lui tient la dragée haute. Le double voyage est donc très plaisant, mais anecdotique. Et les auteurs le savent : ils terminent leur épisode comme si rien ne s'était passé, tranchant délibérément avec les conséquences délirantes des précédentes bavures de nos héros.

 

photoUne relation frère/soeur idéale

 

Il faut savoir s'accommoder des plaisirs simples. D'autant qu'on retrouve quelques-unes des modestes ambitions de la saison par touches. Lorsque Summer et Morty s'envolent, l'animation se lâche sur les visuels psychédéliques. Lorsqu'ils esquivent un astéroïde, une petite touche de 3D bienvenue laisse entrevoir une potentielle évolution esthétique de la série. Néanmoins, le plaisir ne réside pas dans une avalanche de gags visuels ou les circonvolutions d'un scénario finalement moins jusqu'au-boutiste que la moyenne, mais plutôt dans la désacralisation des références convoquées.

 

photoDes nouvelles du prochain Transformers

 

SCÈNES AUX BITES

Chaque parodie de Rick & Morty nous rappelle à quel point l'obsession de la culture populaire actuelle pour la citation peut se concrétiser intelligemment. À l'heure où Space Jam : Nouvelle Ère, aux vues des premiers retours, risque bien de nous ensevelir sous les clins d'oeil racoleurs qui font la loi à Hollywood depuis Deadpool et Ready Player One, cet épisode démontre la force du sens du pastiche des scénaristes de la série, bien moins cyniques que leurs contemporains.

Ainsi, quand elle cite Hellraiser, chef-d'oeuvre absolu absolument intouchable et pierre angulaire d'un univers artistique abyssal, on sent un certain respect pour l'oeuvre de Clive Barker. Si le long-métrage a longtemps été parodié en tant que slasher particulièrement gore, Rick & Morty explore et ridiculise son véritable coeur : l'exploration des plaisirs masochistes de son auteur. Les cénobites sont donc attirés par la souffrance, dont le niveau de "cringe" (la gêne) de Jerry est l'apogée. Ou comment ébranler la grave terreur inspirée par ce film majeur sans jamais renier ou exploiter sa profondeur.

 

photoTrois réactions face à cet épisode

 

La culture pop prend cher lors de ces 21 minutes. Le pauvre Galactus, une des entités les plus puissantes de l'univers Marvel (donc vraiment très, très balèze) se fait oblitérer le crâne par un tas de ferraille à l'issue d'une course poursuite indigne. Il n'est littéralement pas à la hauteur. Les Transformers, combattants extraterrestres intrépides, révèlent leur nature de gros pervers. Ils finissent en feu de joie. Une accumulation de doigts d'honneur paradoxalement amoureux de ces références, qui, par leur présence même, animent l'épisode.

Même lorsque la série accuse une baisse de régime assumée, les artistes derrière Rick & Morty mettent du coeur à l'ouvrage. Une petite halte temporaire avant de plonger dans la deuxième partie de cette saison 5, apparemment elle aussi chargée en parodies (on attend encore le pseudo super-sentai). Espérons que ces aspirations conceptuelles reviennent, mais que les clins d'oeil moqueurs ne disparaissent pas.

Un nouvel épisode de la saison 5 de Rick et Morty chaque lundi sur Adult Swim via Molotov en France dès le 21 juin 2021.

 

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