The Gifted : encore une série X-Men... qui vaut le détour ?

Geoffrey Crété | 5 octobre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Une nouvelle série avec des mutants, lancée par Bryan Singer, réalisateur des films X-Men.

La marque X-Men perd-elle la tête ? Au cinéma, la saga se transforme peu à peu, avec une nouvelle génération en tête de gondole dans X-Men : Dark PhoenixX-Men : The New Mutants et X-Force, et la fin annoncée d'une ère avec Logan. A la télévision, un autre grand écart : il y a eu Legionexcellente surprise d'une ambition folle concotée par Noah Hawley sur FX, et il y a désormais The Gifted, diffusée sur la Fox, avec une recette bien plus classique.


 

X-MEN : LE RECOMMENCEMENT

Dès les premiers instants, il y a Blink, la mutante capable de créer des portails de téléportation, et Thunderbird, le frère de Warpath, poursuivis par les services Sentinel devant la caméra de Bryan Singer. L'écho à X-Men : Days of Future Past n'est pas anodin. The Gifted se déroule dans un univers post-X-Men et post-Brotherhood, où la bande de héros est censée avoir disparu après que les lois anti-mutants aient mal tourné. Toute personne dotée de pouvoirs est une menace éventuelle, susceptible d'être pourchassée et arrêtée.

L'histoire s'articule alors autour de deux familles. La première, typique cellule américaine de sitcom, avec deux adolescents et leurs parents. La seconde, typique des X-Men, avec un groupe de mutants rejetés, qui se sont rassemblés pour s'entraider. Le père de famille (Stephen Moyer de True Blood) est un procureur qui aide le gouvernement à arrêter les mutants, mais découvre avec sa femme (Amy Acker de Person of Interest et Dollhouse) que leurs deux enfants sont eux aussi de ces gens anormaux. Le groupe de mutants, lui, tente de sauver l'une des leurs, arrêtée par les services Sentinel. Unis malgré eux face à un ennemi commun, ils vont donc se retrouver.

 

Photo Amy Acker, Stephen Moyer, The Gifted saison 1

Stephen Moyer et Amy Acker

 

X-MEN : L'AFFRONTEMENT INITIAL

Portail pour se déplacer, main qui stoppe les balles et déplace les voitures ou qui aveugle les policiers : Bryan Singer envoie du lourd dès les cinq premières minutes. L'idée est bien sûr d'accrocher le spectateur et lui vendre du rêve, lui qui aime les super-héros et a été attrapé par le marketing qui a vendu une série X-Men, par le réalisateur de X-Men. Avec en plus Lauren Shuler Donner, célèbre productrice désormais attachée aux super-héros mutants, et Matt Nix, créateur notamment de Burn Notice, la Fox (en association avec Marvel Television) a une équipe solide. Même Stan Lee apparaît au détour d'un plan.

Entre le contexte chaotique d'un monde où les X-Men sont censés avoir disparu et une bande de super-héros qui se découvre, il y a l'intention de trouver un équilibre entre le décor d'une Amérique qui deviendra celle de Logan, et l'origin story d'un X-Men : Le commencement où les pouvoirs et personnalités se construisent. The Gifted se place à la croisée des chemins, essayant de trouver une petite place parmi la galaxie compliquée des X-Men, qui s'est réécrite plusieurs fois et a ouvert de multiples brèches.

 

Photo Emma Dumont

Polaris, bien connue des fans puisque fille de Magneto

 

C'est justemet là la grande limite de cette nouvelle série, pas désagréable mais loin d'avoir quoi que ce soit de véritablement fort à offrir. Les enjeux dramatiques sont d'une simplicité exaspérante, du côté de Reed Strucker déchiré entre son cerveau et son cœur ou du côté de Marcos alias Eclipse, déterminé à sauver sa petite amie mutante et enceinte.

Et si l'utilisation des mutations comme syndrômes de la puberté et découverte de soi est solide, elle n'a plus grand chose à prouver. Bryan Singer semble même s'autociter lorsque Caitlin découvre la nature de ses deux enfants : la scène renvoie inévitablement à l'un des plus beaux moments de la saga au cinéma, lorsqu'une mère demande à son fils dans X-Men 2 s'il a essayé "de ne pas être un mutant ?"The Gifted rappelle donc que la marque X-Men est usée, la faute à des scénaristes qui se reposent trop sur les mêmes ficelles et réflexions depuis des années.

 

Photo Amy Acker, Natalie Alyn Lind, The Gifted saison 1, Percy Hynes White

 

X-MEN AU BAL DU DIABLE

Le pilote bénéficie néanmoins de quelques belles choses. Le casting inégal est porté par le charisme des mutants, notamment Sean TealeEmma Dumont (qui incarne Polaris, fille de Magneto) et Jamie Chung, étonnamment touchante malgré peu de temps à l'écran. Bryan Singer maîtrise le programme avec l'efficacité attendue, avec un budget confortable qui lui permet de s'amuser.

Il s'offre même une grande séquence en hommage à Carrie au bal du diable de Brian de Palma quand Andy, agressé par des camarades dans les douches, laisse exploser sa colère et lâche ses pouvoirs pour la première fois. Hurlements dramatiques, douches transformées en théâtre cauchemardesque, lumière rouges tandis que le bal est interrompu dans les cris : le réalisateur, actuellement occupé sur le biopic de Queen Bohemian Rhapsody, a pris un plaisir évident à emballer la scène.

 

Photo Percy Hynes White, The Gifted saison 1

Carrie a bien changé

 

Reste que The Gifted ne va pas bien beaucoup plus loin que ces quelques images et éléments. Le pilote a beau être carré, présenter clairement ses enjeux et être filmé par un cinéaste solide, difficile d'avoir une réelle excitation et curiosité face à ce produit fade, visuellement peu mémorable, qui se contente de s'installer confortablement dans la mythologie sans avoir un angle particulièrement fort. Surtout à une époque où le public se passionne pour des univers plus marqués comme ceux de Daredevil et The Punisher, où Legion a pris à la gorge par sa radicalité et son style, et où même un X-Men : Apocalypse a envoyé un signal peu rassurant aux producteurs avec un box-office inférieur à Days of Future Past (543 millions contre 747).

A moins de le comparer à Agents of S.H.I.E.L.D.Supergirl ou encore Arrow, difficile donc d'adopter The Gifted et d'imaginer que cette première saison de 10 épisodes mérite l'attention.

 

Affiche

 

 

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Andarioch
02/08/2018 à 16:39

J'ai lâché assez rapidement (4 ou 5 épisodes). Alors que nombre de séries se forge une vrai identité visuelle, celle là reste au niveau "série télé" tout bête. Ajoutons à cela peu d'intérêt pour les perso (alors que certains noms m'emballaient à la base) et le scénar, j'ai terminé un épisode et n'y suis pas revenu. Dommage.

tintintula
12/10/2017 à 17:04

j'ai regardé le 2em épisode;c'est pas mal du tout.pourquoi la direction veut nous vendreou pas la série!

Bob
08/10/2017 à 18:03

Moi j'ai bien aimé le premier épisode et je trouve qu'il faut donner une chance à cette série

Geoffrey Crété - Rédaction
06/10/2017 à 19:37

@Gregm

Bonne question...
A première vue, elle semble se dérouler avant Logan, voire en parallèle, mais dans un univers proche (plusieurs références aux lois anti-mutants et compagnie, à la disparition des X-Men).

Pour Days of Future Past c'est plus compliqué, notamment parce que la timeline de X-Men a été changée par certains événements. Mais clairement le monde de The Gifted n'est pas aussi noir que celui du futur de ce film, avec les Sentinelles géantes ; c'est fort possible que la série tente de se placer dans cette perspective, pour raconter comment on en est arrivé là.

Gregm
06/10/2017 à 19:27

La série se passe avant days of future past ou Logan?

Geoffrey Crété - Rédaction
06/10/2017 à 14:01

@Yvan

Bon. On va répéter encore une fois :)

- Un jugement ne peut pas être "objectif". Ici, vous avez une critique d'un épisode. Une critique est un avis, un avis est subjectif. Ecran Large répète inlassablement que l'objectivité en matière de critique est un leurre, que nous parlons (comme vous) avec notre culture, notre sensibilité. Et que notre avis n'est pas parole d'évangile. Personne n'a raison, personne n'a tort : tout le monde est sincère et a une opinion.

- Y a t-il quelque part l'idée que nous voudrions empêcher les fans de donner une chance à la série ? Absolument pas. Vous aimez ce pilote ? Nous sommes ravis pour vous ! Nous n'aimons pas ce pilote ? Rien de bien grave !
Si nous avions adoré cet épisode, sachez que quelqu'un serait probablement venu nous dire que nous sur-vendions la série, que nous n'étions pas objectifs, etc (rien que l'autre commentaire semble pencher vers notre avis).

Morale de l'histoire : la diversité des opinions n'est pas un problème, c'est sain, c'est normal, c'est même super intéressant et ça fait partie du jeu.

Yvan
06/10/2017 à 11:55

Je trouve au contraire que cette série apporte un plus à ce que l'on connait des films. vous ne pourrez pas empêcher les fans de donner une chance à cette série. je trouve votre jugement très dur et pas forcément objectif.

fat359
05/10/2017 à 14:05

Très franchement je ne suis pas plus emballé que ça.

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