La Casa de papel Partie 4 : critique d'une série Netflix en chute libre

Alexandre Janowiak | 7 avril 2020 - MAJ : 07/04/2020 14:48
Alexandre Janowiak | 7 avril 2020 - MAJ : 07/04/2020 14:48

La Casa de papel n'a jamais été une grande série mais ses deux premières parties (qui ne devaient pas avoir de suite à l'origine) jouaient habilement de codes basiques et d'un récit prenant, spectaculaire et explosif pour créer l'engouement. Résultat, c'est devenu l'un des plus gros phénomènes de Netflix dans le monde. Sauf qu'en voulant exploiter le filon un peu plus, la plateforme a changé beaucoup de l'identité du show... et pas dans la bonne direction comme le confirme cette Partie 4. Attention mini-spoilers !

LA CASA SOCIALE

La première moitié de la Partie 4 de La Casa de Papel en disait long sur la grande mascarade qui commençait à se jouer sous nos yeux. Alors que la Partie 3, diffusée l'été dernier, s'était terminée sur l'annonce d'un chaos imminent et surtout d'une perte de contrôle absolu bousculant le récit et les certitudes des personnages, ce début de Partie 4 atténuait finalement la débandade espérée.

En effet, alors que le personnage de Nairobi (Alba Flores) crevait sous les yeux de ses partenaires dans le final de la Partie 3, elle réussissait à survivre grâce à eux dans ces quatre premiers épisodes, laissant penser que la série espagnole n'était plus capable de tuer ses personnages. A côté, la molesse du récit est venue plomber l'ensemble tant tout tournait en rond et rien n'avançait véritablement dans cette première moitié. Enfin, au-delà de ces problèmes, la série s'est également essayé au féminisme et aux sujets de société.

 

Photo Esther Acebo, Esther Acebo, Alba Flores, Itziar Ituño, Úrsula CorberóVous, les femmes, vous le charme et la badassitude aussi

 

Eh oui, à l'ère de #MeToo, tous les moyens sont bons pour faire semblant d'être contemporain et progressiste. Malheureusement, la série ne trompe personne avec un élan féministe aussi délicat qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine et une fausse bonne volonté largement visible, le propos étant essentiellement extrêmement opportuniste sur le sujet et terriblement mal amené.

Après la violence masculine, la masculinité toxique ou encore le viol, la série va jeter des sujets dans l'intrigue de cette Partie 4 (sans véritable raison) jusqu'à mettre au coeur de certains personnages la PMA (Procréation Medicalement Assistée) et la transidentité (d'ailleurs, une des théories étaient bonnes du coup). Des sujets pas inintéressants, au contraire, mais ici balancés à la volée et jamais développés profondément.

 

Photo Esther AceboA peu de choses près, on se tapait un trouple

 

ARNAQUES, VOLS ET ESCROQUERIES 

Pour autant, dès l'épisode 5, on a la sensation que La Casa de Papel dynamique et endiablée auxquelles les premières parties nous avaient habitués est bien de retour. Pour être tout à fait honnête, ce sera majoritairement le cas jusqu'à la fin de cette Partie 4 tant les retournements de situations, les cliffhangers, les (fausses-)surprises et les scènes d'action spectaculaires et explosives vont s'enchaîner à la vitesse de la lumière. Aucun doute, la série espagnole d'Álex Pina dynamite largement son intrigue avec le personnage de Gandia (José Manuel Poga) qui vient bouleverser les habitudes des personnages et leurs maîtrises du braquage.

Cependant, cela ne suffira pas à donner une quelconque plus-value à cette Partie 4 si on y recherche un tant soit peu de mystère, de vraies surprises et d'originalité. Car oui, après le visionnage de ces huit nouveaux épisodes, on a largement l'impression que la série Netflix est devenue sa propre caricature, multipliant les incohérences et les facilités scénaristiques en dépit du bon sens et au profit d'un spectacle abracadabrantesque où les personnages survivent à des situations ahurissantes (sérieux, on peut survivre à l'explosion d'une grenade dans un ascenseur ?).

En effet, si la série lèvera quelques secondes l'immunité de ses personnages pour tenter de relancer la machine à suspense, cette mort soudaine ne repose que sur un récit tellement fabriqué pour créer l'émule, et uniquement cela, auprès des spectateurs que l'on ne croit finalement plus en rien devant la création hispanique.

 

photoEn partance pour casser la gueule de EL

 

C'est bien simple, le personnage de Gandia aurait très largement pu être à l'origine d'un vrai massacre au coeur de la Banque d'Espagne, réussissant un temps à prendre le dessus sur les personnages et à les malmener. Pourtant, son impact ne sera que mineur, ledit méchant n'étant jamais vraiment aussi cruel que ce que la série veut nous le faire croire et en tout cas certainement pas aussi intelligent qu'on nous le présente (parce que face à cette troupe pas très futée, on se demande encore comment il a fait pour perdre).

Comme à son habitude, Le Professeur (Álvaro Morte) trouvera une solution (de toute façon, pourquoi on en doute sérieusement ?) pour reprendre l'avantage et relancer les membres du braquage sur les bons rails. Mieux, il réussira même à déjouer les plans de la police (encore) pour mieux les prendre à revers et se mettre le peuple dans la poche (oui oui, l'Etat c'est tous des pourris et des corrompus est de retour). Pire, toutes les facilités scénaristiques y passeront pour faire avancer le récit ou le faire décoller.

Les membres ayant volé un pactole faramineux dans les Parties 1 et 2, ils peuvent évidemment tout se payer (les services de tout le monde, les voyages express de Marseille, des véhicules gouvernementaux et militaires...) permettant à l'intrigue de justifier tous ses choix scénaristiques par ce biais mais excluant toutes pertinence et caractère.

 

Photo Luka PerošMarseille, plus rapide que Flash et plus fort que Superman, si on avait su...

 

DIE FLABBY

C'est sûrement le plus triste pour La Casa de Papel : ce manque cruel d'identité. Evidemment, on peut comprendre que la série puisse créer la sensation chez de nombreux spectateurs. Après tout, elle reprend tellement de codes majeurs du cinéma hollywoodien et des principes narratifs qui ont fait leur preuve sur petit écran (Prison Break bien sûr) qu'elle peut surprendre à peu près quiconque n'en attend rien de plus que sa dose de spectacle annuelle.

Ainsi, la série rend hommage à presque tout le cinéma d'action américain de Commando à Piège de cristal (référence évidente), sans oublier les clins d'oeil à la filmographie de Steven Soderbergh (les Ocean's évidemment, voire Logan Lucky), de Tarantino pour le pétaradant et aussi de Guy Ritchie (montage clipesque, ralentis à gogos et musique à outrance).

Pour autant, difficile d'expliquer comment il est possible de se satisfaire d'une intrigue aussi banale et caricaturale. De façon assez improbable, cette Partie 4 réussit à ne pas avoir de conclusion, se terminant dans un grand tonnerre de suspense et de mystère (non) avec un cliffhanger qui fera bailler les plus exigeants (s'ils sont allés jusque là) et prouvant à quel point Netflix n'a aucune envie de clôturer le braquage de ses personnages. Au contraire, on peut réellement penser que la série n'est pas près de s'arrêter tant le public semble toujours au rendez-vous malgré l'auto-caricature permanente et une histoire suffisante d'elle-même.

La Casa de Papel Partie 4 est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 3 avril 2020. Les trois autres parties sont aussi disponibles sur la plateforme.

 

Affiche française

Résumé

Originellement explosive, ultra-divertissante voire surprenante, La Casa de Papel est tellement devenue sa propre caricature au fil du temps que cette Partie 4 se révèle molle, attendue et ennuyeuse. Le braquage n'est pas encore terminé, mais on ne serait pas contre la fin de cette escroquerie.

commentaires

Coupdegueule
02/06/2020 à 11:56

C'est mauvais quand à la 4eme saison, on en vient à être du côté de Gandia.
À espérer qu'il réussisse à tous les tuer ! (Non pas par sadisme, mais par manque d'intérêt pour la petite troupe) Mais aussi parce que l'on sait que le professor va trouver une solution. On a perdu ce suspens et c'est ce qui fait l'intérêt.
D'où le fait que j'étais à fond derrière Gandia.
Pour relancer la machine à suspens ? Possible..

Eh... On en parle du LGBT ? C'est étouffant comment Netflix nous mets du gay PARTOUT ! Autant j'avais rien contre avant mais là, c'est insupportable ! C'est comme un aliment qui ne te dérange pas mais qu'on te force à avaler à chaques repas (film/série) ça fait chier !!

Puis les moments en pleine action où l'on est à fond dedans pour couper et dire "quelques heures plus tôt..." Et hop ! Retour dans le passé.
Là ça te sort complètement du truc.
T'as même pas envie de regarder vu que tu sais comment ça va se terminer. Alors tu sort ton téléphone et tu attends le fameux moment pour reprendre.
Bref, ne pas commencer un truc par le début est une des choses les plus débiles du cinéma moderne à la grande mode en ce moment surtout sur Netflix !
Autant (flashback) passer du présent au passé peut-être cool (avec modération bien-sûr) mais autant commencer par le futur pour revenir au présent c'est stupide !
Une histoire c'est : un début, un milieu et une fin.
Non pas : une fin au début qui annonce le début d'un milieu de la fin du passé ou j'sais pas quoi !

Bref, entre LGBT, saut dans le temps, féminisme, histoires d'amour gnangnan et propagande...
Cette série devrait s'appeler "casa de Netflix" tellement qu'elle a perdue toute son âme après la saison deux.
Moi qui l'adorait, j'ai fait un saut de 84 étages.
En bref, on aurait dû s'arrêter à la saison 2.

Lou
10/05/2020 à 22:45

@fifi et les autres je vous retourne le compliment : si vous ne voulez pas lire les critiques sur votre « charmante » série préférée , changez de site , ça prend une seconde !!! L’idée du site est de dire ce qu’on pense de cette série et OUI on sait à quoi ressemble une bonne série ( breaking bad , true detective , Jessica Jones etc etc etc ) et cette daube n’en fait absolument partie ( des bonnes séries )!!!
Et pour ta gouverne fifi on a pas vu que quelques heures mais des saisons entières!!
Vous avez le droit que ça vois plaise mais non vous n’avez pas le droit de nous dire ce qu’on doit penser dire ou pas!!
D’ailleurs nous on est assez intelligents pour ne critiquer QUE la série des acteurs et ses créateurs tandis que vous vous vous permettez carrément de critiquer ses détracteurs : en gros si on aime pas il nous manque une case lol
Alors que nous on se permet pas de dire ça de vous.
La série que vous l’acceptiez pas est médiocre , le jeu d’acteurs , le scénario sont médiocres aussi. Vivement qu’ils arrêtent le massacre. La 4 est déjà de trop , la 5 sera carrément du gaspillage de fonds. Le seul bon est Bogota .

fifi
10/05/2020 à 18:38

au lieu de critiquer, ce qui est facile..... changez de chaîne.... vous perdrez moins de temps ...ca prend une seconde .... et essayez à votre tour de pondre une série qui tienne la route puisque vous semblez connaître tous les rouages....
j'ai du mal à comprendre ceux qui critiquent toute la saison alors qu'ils ont passé quelques heures devant....

Lou
10/05/2020 à 10:53

J’ai mis un pouce en bas dans la note de cette série à la troisième saison déjà. Les deux premières ça allait un peu mais à partir de la troisième c’est du grand n’importe quoi:
Scénario pourri, jeu d’acteurs plus que pourri! Et je suis d’accord sur tout l’article : tout est téléphoné et pas réaliste. Une caricature!!! Hyper déçue. Et ça mérite pas une autre saison faut arrêter le massacre là. La seule belle surprise c’est l’acteur qui joue le rôle de Bogota. Il est trop bien. Le seul à pas être tombée dans la caricature! Dommage qu’ils lui aient pas donné beaucoup de screen. Pour résumer c’est une série pour ados un peu comme riverdale et stranger things ( aussi pourris les unes que les autres ).les créateurs de la série n’en sont pas revenus à avoir autant de moyens pour faire des saisons mais du coup ils ont fait du grand n’importe quoi!!! Y’a rien et je dis RIEN qui est bien dans cette série!!!

Sadukuiy
07/05/2020 à 23:57

C'est énervant de toujours vouloir critiquer une série... Prenez du plaisir à la regarder ou partez.
La facilité du scénario... Vous vouliez du réalisme ? Bah le voici. Je dis ça parce que dans la réalité c'est ca; on parle pour ne rien dire où sans argument.
Beaucoup parlent du personnage de Grandia, le mec c'est un assassin militaire, normal qu'il arrive à se défendre et à ne pas se tuer, même avec une seringue. Les braqueurs ne sont pas des tueurs, normal qu'ils ne savent pas bien visés, dites moi combien de mort ils ont fait
de morts quandd il y avait une certaine "course" ? Zéro. Ils essayaient juste de parler et d'assurer que tout aille bien. Rien de bien différent de la réalité et qui fait vachement l'affaire.
Sa n'avance pas sur la série ? Ils sont juste là pour thune ? Mais si vous saviez...
Cette saison est là pour nous apporter des informations sur la suite de la série, les flashbacks ne sont pas présent pour faire genre. Il va avoir une réelle évolution à la suite.
Je ne comprends que les gens disent que les personnages ne sont pas assez exploités ; c'était tout l'intérêt de la saison ! Regardez tous les détails, regardez leur caractère changer !
Les amourettes sont nombreuses mais qui s'en fout en fait ? Même dans la vraie vie c'est ça. Voilà où il est votre réalisme.
En parlant de réalisme ; la série n'a jamais été réaliste, sinon sa serait un documentaire et pas une série. Franchement, dommage qu'ils quittent la série juste parce que y a des incohérences où je ne sais quoi. Ils sont sortis de leurs zones de confort, ils ont voulus voir si les téléspectateurs aimaient ou pas, normal si la série "n'avance pas".

Nad92
30/04/2020 à 19:33

Cette saison est décevante...
Une transexuelle pour remplacer un personnage féminin phare ? Wtf
On aborde le thème des mères célibataires : "Super on est des filles" qui ont rien dans la tête, inséminez moi ! je gererais le gosse toute seule ... surtout que Nairobi a déjà eu un gosse qu elle a du abandonner :quelle idee de balancer ce sujet comme ça ?
Et puis aborder le viol : on avait déjà eu dans une autre saison le frère du Profesor qui abusait une otage
Alex Pina se repose sur les caractéristiques de la série qui lui a fait gagner bcp de pognons mais les rebondissements illogiques sont épuisants
Tokyo toujours le même fond de commerce : vulgarité, nervosité, provocation

Que cono

Julien
25/04/2020 à 12:08

Dur de regarder cette daube quand on a vus the sopranos ,the wire et six feet under bref des vrais series

VoodooVince
17/04/2020 à 08:50

J'ai toujours aimé les histoires de casses, mais personnellement je me suis arrêté à la première saison. Les défauts que vous pointez y étaient déjà à mon sens : très bonne idée mais exécution médiocre : dialogues moyens, personnages caricaturaux aux motivations incompréhensibles (le "méchant" mon Dieu), sans parler d'une pauvreté formelle certaine. Bref, j'ai passé mon chemin et je ne le regrette pas.

Tuc
15/04/2020 à 01:56

Complètement d’accord avec cet article, je rajouterais une autre critique : que c’est il passer au niveaux des dialogues ? Les scénaristes ont ils été changés ? Le vide total et les clichés égrainés au fil des épisodes sont de plus en plus dégoulinants de mièvrerie et caricaturaux. Vivement la fin ! Le seul bon point que j’accorde est cette capacité à susciter l’envie de découvrir où mène tout cela. Mais parfois et même souvent avec le désir que cela passe vite

jako
13/04/2020 à 18:17

je comprends pas moi j ai adheré tout de suite la saison 4 monte bien dans les tours a partir du 3 eme épisode
et puis je suis tombé amoureux de lisbonne et nairobi.
bon et puis en etant un peu plus sérieux l idee ;les bons acteurs le suspens l action tous au rdv.

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