Yakuza Reincarnation : quand l'univers des yakuzas et la fantasy se mixent dans un isekai déjanté

Flavien Appavou | 10 novembre 2021 - MAJ : 15/11/2021 17:28
Flavien Appavou | 10 novembre 2021 - MAJ : 15/11/2021 17:28

Pour sortir de la mêlée des isekai, Kazé manga a choisi un titre un peu à côté des sentiers attendus avec un manga mélangeant réincarnation, yakuzas et fantasy. Un choix audacieux mis en valeur par un dessin très vif et écorché, à l'image des yakuzas donc. Petit zoom sur cette nouveauté. 

C'est donc au tour de Kazé manga de sortir son isekai. Pour rappel, ce sont des mangas parlant de réincarnation ou d'incarnation dans un nouveau monde. On avait l'habitude des jeunes hommes ou des jeunes filles qui décèdent et se retrouvent projetées dans un nouveau monde en étant totalement cheatés. Petit à petit, ils apprenaient de leurs erreurs passées et se forgeaient une nouvelle identité avec ce qu'ils avaient vécu. Ici, avec Yakuza Reincarnation, on a presque un côté de tout ça. 

Le titre écrit et dessiné par Hiroki Miyashita, qui était l'auteur de l'excellent Monju au service de la justice ou encore de Héros Malgré Lui, est publié au Japon depuis 2019. Il est tiré d'une idée originale de Takeshi Natsuhara, qui était au scénario de l'incroyable Kurosagi. Les deux auteurs se sont donné un challenge un peu fou, celui de mixer l'univers des yazukas et celui de la fantasy, un rapprochement un peu casse-gueule, mais qui donne un résultat plutôt détonant. 

 

Planche 2, Hiroki MiyashitaQui dit yakuza, dit posture

NINKYO TENSEI-ISEKAI NO YAKUZA HIME- © 2020 Hiroki MIYASHITA,Takeshi NATSUHARA /SHOGAKUKAN

Yakuza style

Dans cette histoire mélangeant les genres, on suit l'histoire de Ryûmatsu, jeune cinquantenaire régnant sur son quartier avec une poigne douce. Il est reconnu dans tout son territoire pour être plutôt arrangeant, mais qui sait aussi se faire entendre par ses poings quand il le faut. Ce territoire attise aussi la convoitise, il se fait trahir par son frère d'armes ; se fait tuer et se réincarne en Ryu, une princesse du royaume de Lundberg. Un univers de fantasy où corruption et drogue coulent à flot. En devenant Ryu, il retrouve de la vitalité. Il commence donc à se faire entendre par la force de ses poings et aussi par ses convictions altruistes et "sociales".

En prenant en compte les particularités des yakuzas, Hiroki Miyashita arrive à injecter dans sa trame scénaristique des moments surprenants. Avec un chapitrage consensuel (normal pour un premier tome), Yakuza Reincarnation pose les bases et les jalons de son histoire atypique. On est dans la découverte de l'univers, la création des protagonistes, des antagonistes et de la quête principale. À ceci près que notre univers se mélange à celui de la fantasy avec l'incursion de la drogue et de son commerce. Chose nouvelle dans une histoire de ce genre. D'habitude, on est sur de la magie et un enchantement, sauf qu'ici, c'est une création plus humaine qui change la donne. Un rappel au réel qui permet de mieux s'approprier l'histoire.

 

Planche 1, Hiroki MiyashitaÇa va péter des gueules

NINKYO TENSEI-ISEKAI NO YAKUZA HIME- © 2020 Hiroki MIYASHITA,Takeshi NATSUHARA /SHOGAKUKAN

 

Hiroki Miyashita est aussi malicieux, en intégrant le jargon des yakuzas dans son univers de fantasy, il crée un décalage volontairement sympathique. Les paroles deviennent plus coupantes et montrent un vrai engagement de la part de son auteur pour son œuvre. Entre irrévérence et envie d'en découdre, il n'y a qu'un pas, que l'auteur franchit allégrement dans ce premier tome. Il continue aussi son décalage dans son dessin et sa composition surprenante. 

 

Planche 7, Hiroki MiyashitaDéesse un peu flippante

NINKYO TENSEI-ISEKAI NO YAKUZA HIME- © 2020 Hiroki MIYASHITA,Takeshi NATSUHARA /SHOGAKUKAN

 

TATOU COMPRIS

L'image des yakuzas passe souvent par les tatouages ainsi que leurs postures incongrues, le visage souvent en avant, les sourcils froncés ou montrant leur supériorité. Dans Yakuza Reincarnation, on retrouve tous ces codes qui s'incrustent aussi dans la composition du manga. Les images figuratives des tatouages deviennent littéralement des éléments de design des cases pour aider l'illustration du propos. L'auteur propose ainsi une lecture sans détour de son trait fin et pointu, avec un ancrage toujours nuancé, comme sur un tatouage, laissant la page faire le reste. En ne chargeant pas trop ses couleurs, il arrive juste à mettre en avant ce qui est nécessaire à la compréhension de son dessin.

De même sur les expressions des personnages, il reprend les codes et joue avec les postures sans artifice. La jeune princesse devient une yakuza, il n'y a aucun doute dessus, jambes bien ancrées, légèrement de côté, et le haut du buste et tête en avant pour être fonceuse. C'est tellement bien respecté que ça en devient un gimmick de gag, qu'il arrive à fermer à temps pour montrer le propos et ne pas s'enfermer dans cette routine. C'est un peu déroutant au début, mais Yakuza Reincarnation tient toutes ses promesses. 

 

Planche 3, Hiroki MiyashitaUne profondeur enivrante

NINKYO TENSEI-ISEKAI NO YAKUZA HIME- © 2020 Hiroki MIYASHITA,Takeshi NATSUHARA /SHOGAKUKAN

 

Yakuza réincarnation, c'est pour l'instant 5 tomes de parus au Japon, toujours en cours de parutions. Le premier tome arrive chez nous ce 10 novembre, avec un rythme de parution d'un tome tous les deux mois. Une nouvelle porte vers un autre monde s'est ouverte chez Kazé manga, qui pour l'instant intrigue et surprend le lecteur que nous sommes. 

 Ceci est un article publié dans le cadre d'un partenariat. Mais c'est quoi un partenariat Ecran Large ?

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