The Boys : la grande boucherie comics revient dans une édition surhumaine

La Rédaction | 20 juin 2022 - MAJ : 20/06/2022 17:42
La Rédaction | 20 juin 2022 - MAJ : 20/06/2022 17:42

Alors que la troisième saison de The Boys fait un carnage sur Amazon Prime Video, le comics légendaire qui l'inspire bénéficie d’une réédition bienvenue. 

C’est du côté de chez Panini que paraîtra le 28 juin prochain le premier tome de The Boys au format Omnibus. C’est donc l’occasion de rappeler ou de découvrir pourquoi les mésaventures de Butcher et de ses comparses revêtent un impact très particulier sur papier glacé, et comment ils ont marqué tout un genre de leur énergie invraisemblablement énervée. 

 

The Boys : photoInstallez-vous confortablement

 

SUPER SALES GOSSES 

Le scénariste Garth Ennis est connu pour asséner régulièrement d’énormes coups de boule à la pop culture, et tout particulièrement à ses descendants américains. Natif de Holywood, en Irlande du Nord (ça ne s’invente pas) l’auteur britannique est l’incarnation tant de l’absolue passion pour les grandes mythologies de la seconde moitié du XXe siècle, que de la répulsion engendrée par celles-ci au sein des tenants de la contre-culture. 

Un grand écart qui l'a rendu célèbre dès la publication de Preacher, et qui a presque rendu fous les lecteurs de l’éprouvant Crossed. Forcément, quand l’artiste s’attaque aux super-héros, le résultat vaut son pesant de cacahouètes au sang. Aucun doute, pour Ennis, si les supes existaient il s’agirait forcément d’une bande de psychopathes sans limite, rendus plus dangereux encore par le culte de la personnalité les entourant que par leurs pouvoirs ravageurs. Et qui de mieux placé pour arrêter un psychopathe... qu'une milice de psychopathes ?

 

The Boys : photoLes héros font leur cinéma

 

Et c’est avec jubilation qu’on observe The Boys passer les plus connus de nos héros à la moulinette de la psychiatrie pimpée au calibre 12. Ici, les surhommes massacrent, copulent, torturent, manipulent et violent, avant tout pour leur bon plaisir. Une relecture de la grande passion hollywoodienne de l’époque, qui s’amuse à passer les héros au vitriol. Ennis se passionne pour les institutions, qu'elles soient autoritaires, toutes puissantes, ou au contraire défaillantes.

Après avoir chroniqué le dévoiement spirituel aux côtés d'un certain pasteur possédé (Preacher), ou exploré les affres d'une épidémie d'ultra-violence priapique (Crossed), il faut bien reconnaître que son rictus de sale gosse ne s'est jamais aussi durablement épanoui qu'avec cette épopée aux airs de spectaculaire règlement de compte.

 

The Boys : photoUn bien bel objet, disponible ici

 

CRIMES EN SERIE ? 

Aucun doute, la série telle qu’adaptée par Eric Kripke ne manque pas d’atouts. Mais ce qui fait le sel des comics originaux est tout autre. Pour commencer, Kripke, afin de coller plus avant aux canons de la fin des années 2010, a modifié en profondeur la structure et la tonalité de l’entreprise. En bande dessinée, nul problème de budget pharaonique ou de difficultés pour le grand public à aimer des héros fondamentalement mauvais. En témoigne le destin de la famille de Butcher, véritable trauma pour les lecteurs de la première heure, qui devrait encore décrocher quelques mâchoires, tant elle fait passer l'honnête série de Kripke pour un traité de macramé.

C’est pourquoi l’omnibus de The Boys en surprendra probablement plus d’un, tant le personnage de Butcher mais aussi celui Hugh, s’avèrent plus complexes, mais aussi redoutables, que ce que pensent connaître les spectateurs de la série. Le premier n'a pas seulement une dent contre les hommes en spandex, il mène une vendetta dont le dégré de violence n'a quasiment aucun équivalent en bande dessinée, tandis que le second n'a plus rien du petit ami innocent et éploré. Les (re)découvrir aujourd’hui permet de mesurer l’impact dément de l’œuvre de Garth Ennis, dont l’écriture oscille idéalement entre provocation et réflexion anarchiste. 

 

The Boys : photoLe bon goût

 

Au-delà de sa dureté et de son amour de la provoc, le fait que les comics aient entamé leur publication en 2006 présente un autre avantage. Débuté avant l’avènement du MCU, le récit qui nous intéresse ne perd pas son temps à proposer une relecture des adaptations Marvel, tout comme le projet ici ne sera jamais de tourner en dérision l’Internationale Geek, ou les fans. C'est bien la racine de nos légendes post-mordernes que l'oeuvre met en perspective, avec une agressivité hors-normes... et un plaisir de lecture inarrêtable.

Ne cédant jamais aux sirènes faciles d'un rire goguenard ou d'une caricature trop superficielle, Garth Ennis a une connaissance érudite de son sujet, et revient authentiquement aux fondements de la culture super-héroïque, et nous offre une de ses réévaluations parmi les plus aboutis jamais vus. Éreintant, d’une complexité fascinante mais également d’une drôlerie implacable, The Boys est un divertissement à mettre devant tous les yeux avertis – quitte à les faire saigner – un réquisitoire impitoyable adressé à notre amour des puissants. 

Et pour vous procurer l’indispensable premier tome de l’édition Omnibus, c’est par ici !

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commentaires
Visitor
24/06/2022 à 07:37

J'ai lu toutes les BD et les quatre premiers tomes sont sympas par contre le reste est tellement plat qu'on s'ennuie très vite. Même lorsqu'il y a de l'action, on s'ennuie tellement car ils adaptent une trame politique dont on se fout éperdument.
En revanche la série est sympa, elle ne suit pas fidèlement la BD ce qui en fait un atout.

Kyle Reese
21/06/2022 à 17:40

@Simon Riaux

Merci pour l’info.
Du coup je m’y mettrais après la fin de la série pour garder toutes surprises comme j’apprécie bcq cette fiction.

Simon Riaux - Rédaction
21/06/2022 à 14:00

@Kyle reese

Impossible de répondre, la série ne suivant absolument pas la trame des bandes dessinées.

Kyle Reese
21/06/2022 à 13:57

@pheb

Et par rapport à la série ça couvre qu’elle saison ?

pheb
20/06/2022 à 18:29

Il s'agit du 1er omnibus (sur 2) reprenant l'équivalent de 3 Deluxes (contenu vo : The Boys (2006) 1-38 et The Boys: Herogasm (2009) 1-6) soit un peu plus de 1000 pages.

Rastan999
20/06/2022 à 17:31

En voilà un comics que je n’ai pas aimé. Trop violent, trop cruel, trop tout. Souvent lourd et téléphoné et un peut toujours la même chose. C’est du Garth Ennis et franchement il se répète dans cette série sauf qu’il y va encore plus fort.

Paradoxalement j’aime beaucoup la série. Et surtout le français :-)

JayT
20/06/2022 à 17:30

Aux vdd : à priori non, juste des couvertures alternatives et encore. Il me semble que l'omnibus contiendra les 2 premiers volumes. Et pas de matériel supplémentaire mais Panini ne détaille pas assez le contenu.

neuneu
20/06/2022 à 17:24

Salut, je comprends pas bien cette réédition. C'est une compil de plusieurs volumes ou juste le tome 1 ? on peut avoir un peu plus de détails ? merci.

Scream King
20/06/2022 à 17:01

Ok mais est-ce qu'il y aura du matériel supplémentaire dans cette édition ?

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