Godzilla, body horror et Dustin Hoffman : les films à rattraper en mai

La Rédaction | 13 mai 2021
La Rédaction | 13 mai 2021

Si les services de SVoD cartonnent en ce moment, beaucoup de très bons films sortent directement chez nous sans passer par la case salles ou plateforme de streaming. Chaque mois, plusieurs productions inédites sortent en DVD, Blu-ray ou en VOD. Ecran Large a sélectionné le meilleur des programmes disponibles depuis avril, dans une liste non exhaustive.

 

photoDes gros monstres et des néons

 

All my life

Ça raconte quoi ? Solomon et Jessica prennent la décision délicate de hâter leurs noces à l’annonce du cancer du foie de Solomon dans le but de se marier avant la fin.

Pourquoi il faut le regarder ? Parce que le film se base sur une histoire vraie et que c’est quelque chose d’assez rare dans les comédies romantiques. Eh oui, la vie quotidienne n’est pas assez romanesque pour le genre. Le film s’inscrit dans le maintenant devenu classique genre de l’amour vs. le cancer. La trame est cousue de fil blanc comme les autres films du genre tel que Nos étoiles contrairesJe veux vivre ! ou encore A deux mètres de toiSi le film de Marc Meyers est convenu il a le mérite d’assumer pleinement sa simplicité contrairement à d’autres métrages du même acabit et de se donner à voir sans chercher la grandiloquence et l'amour avec un grand A qui n’existe que dans la fiction. 

All my lifepeut-être parce que tiré de la vraie histoire d’un couple confronté à une telle tragédie, est plus accessible et on s’identifie avec plus aisance au duo porté par Harry Shum Jr. (ShadowhuntersGlee) et Jessica Rothe (Happy Birthdead). Si le film laisse un goût désagréablement sucré dans la bouche par son manque d’enjeux autre que la maladie elle-même et une accumulation de résolutions là où il n’y a pas de problèmes, le duo d’acteur donne pleinement vie au film grâce à une certaine alchimie. Un film qui ravira les cœurs sensibles et autres amateurs d’histoires d’amour tragiques.  

C'est disponible où ? All My Life est disponible en DVD et en Blu-ray. 

 

photoLes histoires d'amour finissent mal en général...

 

Amours Irlandaises

Ça raconte quoi ? Depuis sa plus tendre enfance, Rosemary est amoureuse en secret de son voisin Anthony, un rêveur timide qui vit avec son excentrique père dans la campagne irlandaise. Malgré toutes les attentions, rien à faire, Anthony reste inconscient des sentiments que lui porte sa belle admiratrice. Mais alors que Rosemary se décide à faire enfin le premier pas, arrive Adam, un riche neveu new-yorkais…

Pourquoi il faut le regarder ? Alors oui, les comédies romantiques naïves, voire niaiseuses, où on essaie de nous faire croire que des beautés hollywoodiennes vivent derrière une étable en se comptant fleurette, ça sent un peu le réchauffé. Mais alors que les beaux jours reviennent et que la crise sanitaire fait peser bien des difficultés sur nombre d'entre nous, regarder Jamie Dornan et Emily Blunt se rentrer les poils devant Jon Hamm et Christopher Walken, ça détend. Cela détend d'autant plus qu'il y a quelque chose d'assez curieux dans le fait de voir le lamantin sous Prozac de Cinquante nuances de Grey jouer ici les amoureux transis et dégoulinants de bons sentiments.

Enfin, si pour une raison ou pour une autre, vous vous êtes un jour demandé ce que le scénariste de Congo pourrait bien donner s'il avait la charge d'une comédie romantique, dites-vous que ce film de John Patrick Shanley est la réponse tant attendue. Et contre toute attente, ce récit fonctionnel, mais qui ne manque pas de charme ou de mignonnerie, est peut-être ce qu'il a accompli de plus réussi.

C'est disponible où ? Le film est disponible sur Apple iTunes, Google Play Movies, Orange VOD, Microsoft Store, YouTube, Cinemas a la Demande en ligne et de télécharger sur Apple iTunes, Orange VOD, Microsoft Store.

 

photo, Emily Blunt, Jamie Dornan"On n'est pas des bêtes"

 

Godzilla vs. Kong

Ça raconte quoi ? Lézard. Taper. Singe.

Pourquoi il faut le regarder ? Démoli par la critique en dépit d'un score plus qu'honorable au box-office américain, le crossover du Monsterverse de Legendary ne vous entrainera pas dans une expérience de mise en scène synergique vertigineuse. Il ne vous brisera pas le coeur grâce à son scénario intime et complexe. Il ne vous fera pas voyager dans la psyché de personnages rongés par leurs erreurs. Il ne vous plongera pas dans un état de contemplation béat ni ne vous briefera sur la physique moléculaire en 1895.

Par contre, il montre un gros monstre envoyer une énorme mandale atomique dans la tronche d'un singe géant armé d'une hache ancestrale. Il donne raison aux plus stupides des complotistes. Il adapte Jules Vernes avec la subtilité d'un représentant de Total au salon de l'écologie. Il collectionne les néons numériques. Il joue aux fléchettes avec un jet de l'armée de l'air. Il ménage une surprise connue depuis trois ans. Il humilie des acteurs de talent. Et parfois, ça suffit.

C'est disponible où ? En achat numérique sur Apple TV, Google Play, Filmo TV, Canal VOD, Rakuten TV, Orange, UniversCiné, YouTube et Microsoft.

Notre critique du film

 

photoTaper. Lézard.

 

Level 16

Ça raconte quoi ? Tout juste âgé de 16 ans, Vivien a toujours vécu à l’Académie VESTALIS, mystérieux pensionnat aux allures de prison qui la protège de l’extérieur où l’air est toxique. Les jeunes filles apprennent à devenir des femmes parfaites dans l’espoir d’être adoptées, ce qui ne cache bien évidemment rien de louche...

Pourquoi il faut le regarder ? Quand on n’a pas de thunes, le huis-clos semble toujours une bonne idée. Ajoutez à cela une donnée mystère autour de l’enfermement, une pincée de dystopie façon The Handmaid’s Tale et une bonne louche de The Island, et vous obtenez Level 16. Avec ses jeunes filles orphelines vouées à devenir “pures”, cette petite production canadienne réalisée par Danishka Esterhazy est parvenue à cocher toutes les cases d'une science-fiction young-adult confortable.

Problème, l’exécution n’est pas vraiment à la hauteur de ses promesses, malgré un casting d’adolescentes plutôt convaincant. On retiendra volontiers son twist qui convoque un certain classique du cinéma d’horreur français, mais pour le reste, Level 16 est un projet de petits malins aussi convenu qu’oubliable. 

C'est disponible où ? Disponible en DVD, Blu-Ray et en VOD sur Orange, CanalVOD et UniversCiné. 

 

photo, Sara Canning"Mon père il était charron, et je peux t'dire que ça filait doux !"

 

L'Homme du labyrinthe

Ça raconte quoi ? Un matin d'hiver, Samantha a été enlevée. Quinze ans plus tard, elle se réveille dans une chambre d'hôpital, sans aucun souvenir. Un profiler, le docteur Green lui assure qu'il va l'aider en essayant de lui faire retrouver la mémoire en explorant son esprit. Dans le même temps, un détective aux portes de la mort fait tout pour découvrir la vérité de son côté.

Pourquoi il faut le regarder ? Parce que sur le papier ça a quelque chose de profondément intrigant avec ce petit jeu de pistes entre réalité et illusion, lorgnant l'imaginaire d'un David Lynch de la grande époque. Avec son montage particulièrement brumeux, L'homme du labyrinthe a d'ailleurs quelque chose de Mulholland Driveles souvenirs de l'héroïne se superposant aux errances d'autres personnages. Toutefois, le film réalisé par Donato Carrisi, auteur du roman à l'origine du film, ne réussit jamais à mêler habilement les strates narratives de son récit à twists rocambolesques et tombe inévitablement dans le grand-guignol.

Évoquant ici ou là l'ancestral Alice au pays des merveilles à travers des allégories lourdingues, le long-métrage a pour seul atout d'instaurer à quelques reprises une ambiance légèrement anxiogène et angoissante. Elle est rapidement défaite, cela dit, dans son climax ridicule pas aidé par la performance grotesque de Dustin Hoffman dans la dernière ligne droite. Reste un Toni Servillo plutôt très bien dans la peau de cet enquêteur mourant, mais en vérité passez votre chemin.

C'est disponible où ? En VOD sur Google Play, Canal VOD, YouTube, Microsoft, Filmo TV, Orange VOD et Rakuten TV.

 

photoEntrerez-vous dans le labyrinthe ?

 

Possessor

Ça raconte quoi ? Tasya Vos travaille au sein d’une organisation secrète qui utilise une technologie neurologique de pointe à des fins criminelles : habiter le corps d’une personne dans le but de la pousser à tuer aux profits de clients très riches. Tout se complique pour Tasya lorsqu’elle se retrouve dans le corps d’un homme dont l’appétit pour le meurtre et la violence dépasse de très loin le sien… Au point de la déposséder de sa propre identité ?

Pourquoi il faut le regarder ? Lors de la sortie du long-métrage Antiviral, la critique avait beaucoup reproché à Brandon Cronenberg de trop marcher dans les pas de son père. Le court Please Speak Continuously and Describe Your Experiences as They Come to You et Possessor, qui se complètent parfaitement, précisent le champ d'action d'un cinéaste bien plus intéressant que ça. Si le fils Cronenberg explore lui aussi les questions d'identité, il s'appuie moins sur la body-horror pure que sur une dimension expérimentale revendiquée, puisqu'il est allé jusqu'à modifier des objectifs pour accoucher de son oeuvre.

Une approche assez radicale qui en rebutera certains, voyant dans l'exercice un détour alambiqué, mais qui n'en reste pas moins passionnante et plastiquement renversante, surtout quand ce style atypique se mêle à la violence clinique. Particulièrement sauvage, Possessor détricote notre rapport à notre propre conscience en imaginant la violence extrême d'une projection extra-corporelle. Plutôt que de nous décrire le procédé comme un épisode de Black Mirror, il préfère nous le faire ressentir.

C'est disponible où ? En Blu-ray et DVD chez The Jokers, en VOD sur UniversCiné, YouTube, Rakuten TV, Canal VOD, Filmo TV, Orange, Google Play et Apple TV.

Notre critique du film

 

photoÀ expérimenter en VR

 

Shadow in the Cloud

Ça raconte quoi ? Pendant la Seconde Guerre mondiale, une jeune mécanicienne voyageant avec des documents top secret à bord d’un bombardier B-17 est confrontée à une présence maléfique qui risque de compromettre sa périlleuse mission.

Pourquoi il faut le regarder ? Si vous manquez de séries B généreuses, Shadow in the cloud est fait pour vous. Clairement découpé en deux parties, il nous plonge d'abord dans un huis-clos inquiétant convoquant Cauchemar à 20 000 pieds, puis nous largue sur des montagnes russes aérodynamiques martyrisant les lois de la physique.

Et le plus impressionnant dans tout ça, c'est que tout fonctionne ! Servi par une photographie élégante, des effets spéciaux tout à fait corrects et une mise en scène inspirée se jouant de la gravité, le film réussit la plupart de ses paris et offre à Chloë Grace Moretz un de ses meilleurs rôles. Mieux encore, il glisse relativement subtilement un sous-texte capitalisant sur la perception du spectateur pour mieux le mettre face à ses propres préjugés. Ce genre de DTV est rare, profitons-en !

C'est disponible où ? En Blu-ray et DVD chez Metropolitan, en VOD sur Google Play, Orange, Cinémas à la demande, Apple TV, YouTube et Microsoft.

Notre critique du film

 

photo, Chloë Grace MoretzPas là pour faire des tartines

 

Deux films d'Ujicha

Ça raconte quoi ? Des histoires flippantes pleines de body horror et de visions d'épouvante.

Pourquoi il faut les regarder ? Véritable explorateur des filmographies asiatiques, l'éditeur Spectrum Film vient de sortir deux curiosités japonaises jusqu'ici inédites, et pour cause : leur singularité supporte mal l'export. Pourtant, The Burning Buddha Man et Violence Voyager s'inspirent beaucoup du cinéma occidental, en particulier de David Cronenberg et John Carpenter. Les récits qu'ils mettent en scène sont de véritables plongées passionnées dans un cinéma d'horreur mutant piochant ici et là des images marquantes.

Leur anonymat provient en fait de leur processus de fabrication. Élaborés par Ujicha sur plusieurs années, les deux films sont conçus grâce à la technique de la "gekimation", à mi-chemin entre le manga et l'animation. Le résultat est profondément artisanal, et c'est son principal intérêt : à l'heure où l'horreur graphique repose de plus en plus sur l'image numérique, y compris dans l'animation japonaise, ce diptyque pas commun remet les petites mains d'artiste au coeur de sa création. De pures oeuvres d'auteur, qui trancheront avec tout ce que vous avez vu jusque là, on vous le garantit.

C'est disponible où ? En Blu-ray chez Spectrum Films

 

photoBienvenue dans la vallée de l'étrange

 

Une dernière fois

Ça raconte quoi ? Salomé a décidé de mettre fin à ses jours. La date est fixée : ce sera dans six mois. D’ici là, ce qui lui importe par-dessus tout, c’est d’organiser sa dernière fois : la dernière fois qu’elle fera l’amour. Elle veut accorder à ce moment plus d’importance encore qu’elle avait donné à sa première fois. La vivre comme un véritable bouquet final.

Pourquoi il faut le regarder ? Tourner un film pornographique, censément le "dernier" de Brigitte Lahaie, voilà un argument inattendu, et sur le papier, allant à rebours des modes, clichés et attendus très majoritairement phallocentrés du genre, qui s'inquiète plus d'amasser la chair fraîche corvéable que de questionner les corps. Car sous couvert de permettre au public de renouer avec l'icône de l'âge d'or du porno français, la réalisatrice Olympe de G. en profite pour explorer une autre pornographie, féminine, plus tendre, tournée vers le consentement, l'exploration, le questionnement, laissant une grande place à l'altérité et au trouble érotique.

Et puis, c'est une nouvelle fois l'occasion de retrouver Brigitte Lahaie dont la carrière aura accompagné la vie des Français, souvent de manière beaucoup moins triviale qu'on ne veut bien le représenter, dont les traits, aujourd'hui les rides, emportent avec elles un mystère, celui des rêves, des fantasmes, les siens comme ceux du public.

C'est disponible où ? Une dernière fois est disponible sur My Canal

 

photoUne première dernière fois

 

Wonder Woman 1984

Ça raconte quoi ? Avant de rejoindre la Justice League, Diana Prince s'est battue contre Donald Trump Maxwell Lord, un riche entrepreneur qui s'est pris pour le génie d'Aladdin en exauçant les voeux de tout le monde. 

Pourquoi il faut le regarder ? Après une sortie sacrifiée aux États-Unis dans les rares salles ouvertes et sur HBO Max, Wonder Woman 1984 a essuyé de sacrés plâtres en cette période de crise sanitaire. En tout cas, cette distribution bâtarde n’a pas aidé le film de Patty Jenkins, qui s’est fait méchamment déchirer par la presse et le public.

 

photo, Gal Gadot"Achetez-moi en Blu-ray, que je me fasse une nouvelle armure !"

 

Pourtant, à la rédaction dEcran Large, on est loin d’avoir trouvé les nouvelles aventures de l’Amazone guerrière plus pénibles que d’autres blockbusters du genre. Certes, le scénario est aux abonnés absents, les scènes d’action sont ignobles et Cheetah est bien ratée, mais cette suite a pu se reposer sur un méchant charismatique (merci Pedro Pascal), et sur une réflexion intéressante autour des années 80 et de leur vision de l'ultralibéralisme. En résulte un aspect proche du conte de fées assez revigorant, surtout au cœur d’adaptations de comics toujours plus cyniques ou pompeuses. 

C'est disponible où ? Disponible en DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K et en VOD sur Orange, CanalVOD, FilmoTV et UniversCiné. 

Notre critique du Wonder Woman 1984

Notre dossier sur le meilleur et le pire du film.

 

photo, Gal GadotUne bien belle armure que voilà

 

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Monster HunterÂmes sensiblesLe 2e AmendementThe Other SideL'Enfer sous terreThe Neighbor...

Tout savoir sur Wonder Woman 1984

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