Suicide Squad : David Ayer s'excuse à moitié pour sa vision de Harley Quinn

Marion Barlet | 21 avril 2020 - MAJ : 21/04/2020 16:28
Marion Barlet | 21 avril 2020 - MAJ : 21/04/2020 16:28

Suicide Squad restera dans les annales pour son non-génie et pour les tenues ras la conscience d'Harley Quinn.

Même si le blockbuster de David Ayer a été un succès au box-office mondial (746 millions de dollars pour 175 de budget officiel), il reste un des films les plus décriés du DCEU. Très critiqué par le public et par la presse, Suicide Squad ne peut pas se défaire de son image de gros rendez-vous manqué, et ce ne sont pas les tacles du réalisateur qui vont arranger les choses, sachant qu'il avait à l'époque respecté le discours promo un peu grossier.

La post-production compliquée qui a modifié le film en cours de route, la promo criarde qui a survendu le cool de l'aventure, la schizophrénie-bazar de l'ensemble, les nombreux éléments coupés (notamment Joker et Harley Quinn)... tout a contribué à mythifier (pour les mauvaises raisons) ce blockbuster.

Et l'héroïne incarnée par Margot Robbie a beau avoir été l'un des éléments les plus appréciés, elle a créé des débats sur son hyper-sexualisation (rappelons qu'entre deux bandes-annonces, son short avait rétreci, soulevant la question de potentiels CGI pour mettre plus de fesses de l'actrice à l'écran). A tel point que David Ayer semble presque s'en excuser avec le recul.

 

Photo Will Smith, Margot Robbie"Arrête de me regarder comme ça !"

 

Le personnage de Margot Robbie représente ainsi une certaine vision de l'héroïsme. Harley Quinn souffrirait de ménopause prématurée ou d'un quelconque dérèglement hormonal si l'on en croit ses tenues : des shorts proches de la culotte, des t-shirts mouillés comme si c'était un concours, de la transparence, des trous... tout est bon pour lutter contre les bouffées de chaleur, à moins qu'il ne s'agisse simplement d'un mauvais look sexy-grunge. Le paroxysme est atteint dans la scène où l'héroïne se change et que la musique s'arrête devant des hommes ébaubis, ou encore lorsqu'elle se penche lentement dans une vitrine. Dans tous les cas, c'est loin du célèbre costume du personnage culte, créé pour Batman, la série animée.

David Ayer est revenu sur Harley Quinn dans un échange de tweets, en arguant que tout n'était pas si politique "à l'époque" (en 2016 donc), et que l'arc du personnage avait été saccagé au montage. Et face à la réaction inspirée de quelqu'un, il a calmé ses mots.

 

 

 

jared leto margot robbie kissingRelation toxique avec le Joker

 

David Ayer : "Malheureusement, son arc narratif a été saccagé. C'était son film à elle, à bien des égards. Ecoutez, j'ai fait mon possible. J'ai adapté le comics avec fidélité. Tout est politique maintenant. Tout. Je veux juste faire du divertissement. Je ferai mieux."

Réponse tweet : "Un personnage féminin dans une relation toxique c'est déjà politique, mec. La façon dont ta caméra la regardait, c'était politique. La manière dont tu l'as utilisée était politique. Tu l'as traitée comme un objet et elle a quand même réussi à s'élever au-dessus de ça. Ça aussi c'était politique."

David Ayer : "Je retweete parce que c'était très intelligemment écrit. Merci pour ça. J'évolue et j'apprends, dans un monde qui change".

 

Photo Margot RobbieLe pyjama prison revient à la mode depuis Orange Is the New Black

 

Le réalisateur a donc fait une sorte de mea culpa pour son propos un peu à côté de la plaque, et un peu simplet sur le divertissement vs le discours politique au sens large. David Ayer promet de gagner en maturité sur la question des femmes, dans un univers où les tenues restent par ailleurs toujours équivoques. Mais les vêtements courts des héroïnes sont moins le problème que le regard qui se pose sur elles. Par exemple, il n'y a pas de male gaze (vision masculine prédominante des corps féminins) dans Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn de Cathy Yan, et dans le Wonder Woman de Patty Jenkins, où Gal Gadot est pourtant peu habillée. Ce qui n'en fait pas forcément de bons films, mais c'est encore une autre question.

Comment James Gunn mettra-t-il en scène l'héroïne déjantée dans The Suicide Squad ? Il va falloir que ce soit sacrément bien foutu après le plantage de Birds of Prey... comme quoi le talent d'un film ne tient pas qu'à sa politique intrinsèque.

Notre critique qui taille un short à Suicide Squad est ici.

 

photo, Will Smith, Margot Robbie, Joel KinnamanLa vraie question ne serait-elle pas : pourquoi les hommes sont-ils autant habillés ?!

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commentaires

Kay1
22/04/2020 à 16:45

D’accord avec Dirty Harry ! Il a même pas de justifier auprès du premier branquignolle . Si Harley Quinn avait eu la tenue intégrale tout le long du film , ces mêmes personnes mécontentes auraient trouvé le moyen de dire qu’elle n’était pas assez sexy .
La seule vérité , c’est que chacun a sa propre vision d’Harley Queen . Dans les jeux Arkham , elle est ultra sexualisée et pourtant personne ne s’est plaint . Marre du politiquement correct !

Dirty Harry
22/04/2020 à 10:46

Faire des débats pour "refaire la société" autour d'un personnage aussi insignifiant (et fictionnel donc autant s'appuyer sur du vent et parler du sexe des anges) qu'Harley Quinn comme si l'avenir des femmes en dépendait...De surcroit à partir d'un produit de consommation appelé abusivement film et passablement nul.
Décidément notre société s'ennuie...mais David Ayer a totalement tort de se coucher devant le premier qui décide de la ligne à tenir lorsque tu réalises : Astier a rembarré une tweeteuse qui lui dictait la façon dont ses personnages doivent s'exprimer et il a bien raison (alors qu'Ayer, après se coucher devant les producteurs - qui a controlé le montage de son film ? - montre là toute sa faiblesse de caractère...De plus pour ces gens sur Tweeter, quoique tu fasses tu as toujours tort et il y a toujours plus "progressiste" qui vient te faire la morale alors faut les zapper ces gens malheureux qui souhaitent contrôler le cerveau des autres ! Clint Eastwood s'est fait traité de fasciste à ses débuts et bien il s'est assis sur les corbeaux qui croassaient et aujourd'hui celui le traire ainsi révèle toute sa bêtise et son incapacité à mesurer combien Eastwood est un humaniste.

vfx Pipeline
21/04/2020 à 17:57

pour moi, Jared Lareto était trés penible dans le film, mais je crois bien que sur le tournage plus personne pouvait le blairer!

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