Hippocrate : le réalisateur Thomas Lilti renfile sa blouse pendant la crise sanitaire

Marion Barlet | 30 mars 2020
Marion Barlet | 30 mars 2020

Le réalisateur d'Hippocrate, Thomas Lilti, était en plein tournage lorsque le coronavirus a confiné son équipe et l'a remis au travail... du côté des médecins.

L'équipe était en plein tournage de la saison 2 d'Hippocrate, une création de Thomas Lilti qu'on a pu découvrir en 2018 après les succès d'Hippocrate le film en 2014 (950 000 entrées française), Médecin de campagne en 2016 (1,5 million d'entrées) et de Première année (plus d'un million d'entrées) en 2018. Le réalisateur a troqué sa casquette de mise en scène pour redevenir médecin, un geste fort en cette période pandémique qui touche la France de plein fouet.

De formation médicale, Thomas Lilti a enseigné en tant que généraliste avant sa conversion au cinéma, en 2014, suite au succès de son deuxième long-métrage, Hippocrate. Le réalisme de sa filmographie n'est pas dû au hasard et le cinéaste maîtrise parfaitement son sujet. Empreintes d'altruisme, ses créations ont le sens du partage et l'homme derrière la caméra a confirmé son engagement. Il s'est confié sur les moments difficiles, liées à l'arrêt du tournage en milieu hospitalier et aux craintes concernant les équipes et le personnel soignant, lors d'une interview pour Les Inrockuptibles :

 

photo, Louise BourgoinLouise Bourgoin, actrice confirmée mais confinée

 

"Oui [c'est un moment particulier], puisque je suis aussi médecin, même si je suis un médecin inactif qui ne pratique plus en tant que généraliste depuis 2013. Au bout de quelques jours, la question s’est posée de savoir ce que je devais faire. Le serment d’Hippocrate, c’est quelque chose que j’ai vécu. Et d’un seul coup, j’ai basculé dans autre chose : un retour à mon premier métier.

Ce que je ne cesse de dire à travers mon travail, de manière modeste, cette idée que l’hôpital va mal, il a fallu la catastrophe en cours pour que cela saute aux yeux de tout le monde. Pour moi, tout se mélange et je n’arrive plus trop à faire la part des choses, d’autant que l’hôpital où je me suis remis à exercer la médecine est aussi celui dans lequel je tournais quelques jours avant."

 

photo, William Lebghil, Vincent LacosteÇa fourmille de bactéries là-dedans (Première année)

 

Dans Le Journal du Dimanche, il a de même indiqué la raison pour laquelle il reprenait son activité et tâchait d'être utile malgré sept ans sans avoir exercé :

"Je me suis porté volontaire aux urgences pour essayer d'aider modestement, afin de permettre aux médecins les plus compétents, ceux qui ont le vrai savoir, de se reposer ne serait-ce que quelques heures."

Le don de soi du cinéaste est à coupler avec son don d'ubiquité, car dans la saison 1 d'Hippocrate, il a raconté la mise en quarantaine d'un groupe soignant suite à la présence d'une bactérie non-identifiée. D'aucuns avaient trouvé que c'était pousser le bouchon un peu loin, mais la réalité finit toujours pas rattraper la fiction.

Pour retrouver notre critique de Première année, c'est par ici, et notre retour sur la saison 1 de la série médicale juste là.

 

Affiche officielle

commentaires

Zanta
30/03/2020 à 20:18

En fait, c'est l'anti-Michel Cymes, ce mec. Tout en modestie.

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