Bohemian Rhapsody : Rami Malek se demande si le film n'est pas un peu raté sur un point

Camille Vignes | 21 novembre 2018 - MAJ : 22/11/2018 00:05
Camille Vignes | 21 novembre 2018 - MAJ : 22/11/2018 00:05
Photo Rami Malek
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Au même titre que Sacha Baron Cohen voulait un film scandaleux dans son traitement de l'homosexualité, Rami Malek aurait aimé que Bohemian Rhapsody aborde plus la relation du chanteur avec Jim Hutton, et sa sexualité.

Le biopic de Bryan Singer retrace la naissance du mythe Freddie Mercury et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il fait couler beaucoup d'encre depuis sa sortie le 31 octobre dernier.

Si le film prend certaines libertés scénaristiques plus ou moins bien reçues, notamment sur le diagnostic du VIH, la fédération du groupe pour le concert caritatif Live Aid et la volonté de Freddie Mercury de faire une carrière solo, il ne s’attarde que très peu (ou mal) sur la vie privée, et notamment sa relation avec Jim Hutton.

 

Photo Rami MalekRami Malek en Freddie Mercury

 

Bohemian Rhapsody a fait le pari de ne laisser que très peu de scènes à Jim Hutton, lui préférant Mary Austin, la fiancée de jeunesse du chanteur interprétée par Lucy Boynton. Une différence à l’écran qui s’explique par la partie de la vie du chanteur abordée dans le film, mais qui laisse sur le carreau tout un autre pan de son existence.

Un choix que son interprète Rami Malek trouve regrettable comme il le dit à Who.com. 

"On aurait pu aller plus loin," explique-t-il avant d'ajouter qu'il n'avait pas cessé "de pousser pour qu'on insiste plus sur cet aspect de sa vie. Je ne sais pas si on a réussi à ce niveau-là".

De quoi rappeler que la production du film a été houleuse : Bryan Singer a été viré par le studio avant la fin du tournage, pour être remplacé par Dexter Fletcher. Si pour des raisons syndicales, c'est bien le nom du réalisateur de X-Men et Usual Suspects qui apparaît, les rumeurs sur les tensions entre lui et Rami Malek ont été tenaces.

 

photo, Lucy Boynton, Rami MalekFreddy Mercury et Mary Austin

 

Et c’est bien dommage, car l’acteur – acclamé pour sa performance – a fait un travail énorme pour faire corps avec Freddie Mercury. Visionnages de vidéos, de clips de concerts, interviews du chanteur, biographies, lettres à sa famille... tout y est passé pour que Rami Malek comprenne et incarne le personnage.

« Quand je l'ai vu sur scène, j'ai instinctivement su que je voulais en savoir plus sur lui. Il a cette éloquence, cette élégance, qui font que quand on regarde l'une de ses performances, on veut savoir d'où son talent vient. Peu d'artistes peuvent débarquer tout en cuir, siffler une coupe de champagne et dire aux invités qu'ils peuvent se déshabiller si ça leur fait plaisir. Tout en conservant une certaine prestance, ce côté "royal" ».

 

photo, Rami MalekPause Mercurienne pour un Rami Malek tout en justesse

 

Vu la quantité de travail et de contraintes que le rôle a imposé à l’acteur (notamment le dentier, obligatoire, qui modifiait carrément sa façon de parler), on comprend pourquoi il est déçu de voir tout un pan de la vie de Freddie laissé de côté.

Sacha Baron Cohen s’était déjà exprimé sur le traitement de l’homosexualité dans le film. Pressenti au départ pour réaliser le film, il aurait voulu que la sexualité du chanteur soit explorée de manière scandaleuse, avec notamment plus de nudité. Rami Malek, lui, aurait voulu qu'Aaron McCusker (qui campe Jim Hutton), ait une place bien plus importante à l'écran.

 

photoRami Malek

 

Le long-métrage ne cesse donc d’être remis en question par les critiques (dont nous, oui), mais il reste un grand succès pour le public. Rami Malek  est encensé pour son incarnation du leader de Queen, Bohemian Rhapsody remporte le score de 92% (note des spectateurs) sur Rotten Tomatoes et il est troisième du box-office américain cette semaine, encaissant plus de 387 millions de dollars dans le monde depuis le début de son exploitation.

Bohemian Rhapsody, adulé ou critiqué, n'a pas fini de faire parler de lui et de ses choix scénaristiques. Le meilleur moyen de se faire une idée reste de le voir, et pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, il est toujours au cinéma.

 

Affiche française

commentaires

Zoom7
22/11/2018 à 12:45

Faut faire la brosse aux LGBT pour exister au cinéma.

Birdy
22/11/2018 à 12:43

Ouais tu joues au malin, donc tu le fais exprès. Désolé vieux j'ai pas le temps.

Fl
22/11/2018 à 10:31

Cela reste un excellent film, même quand on n'est pas fan de queen, et je ne comprends pas qu'on triture des propos maladroits de Malek pour faire croire que même lui trouve le film mauvais.

Phog
22/11/2018 à 00:58

@Birdy

Je sais pas. T'as fait exprès de dire un truc pas du tout clair en venant critiquer la clarté de quelque chose ? ;)

Birdy
22/11/2018 à 00:44

Phog : tu fais exprès de pas me comprendre ?

Euh
21/11/2018 à 23:55

Arg, par pitié relisez-vous, cet article est bourré de fautes, on a même droit à du "Rémi Malek" :)

brice.lecorre
21/11/2018 à 20:08

L'histoire est évidemment arrangée pour la rendre plus émotionnelle et créer un faux suspense. Evidemment tous les gentils le sont beaucoup, et tous les méchants le sont beaucoup par rapport à la réalité. Je suis un fan et je connaissais la vraie histoire. Pourtant, je n'avais pas envie de voir plus d'hommes tout nus ou le côté sombre et la déchéance physique de Freddie Mercury. Je suis venu comme tout le monde pour la musique et les moments de légende, même un peu arrangés et c'est pour ça que le film a du succès. Car c'était foutrement bon et parfaitement ciblé. Après, je reconnais aussi les défauts et le fait que la grammaire pour faire un excellent film engagé n'y est pas.
Si vous voulez de l'émotion avec la vraie histoire (je crois que ça a été dit), cela tient en 3mn dans le clip "These are the days of our lives" et particulièrement le "I still love you" de la fin...

José
21/11/2018 à 20:03

Opps Mercury :)

Donc la prochaine fois que vous l'entendrez, rappelez-vous de ca ;)

José
21/11/2018 à 20:01

Pr répondre sur la der de Freddy :

Made in Heaven est sorti après sa mort avec des morceaux non finis rafistolés.

La dernière chanson semble être The Show Must Go On et son célèbre I'll fucking do it sorti par un Freddy Mercuri très malade et sur la fin à Brian May ne le pensant pas capable de le faire ! Et il l'a enregistré en une seule prise !

Phog
21/11/2018 à 18:24

@Birdy

"Rami Malek pas convaincu par l'orientation sexuelle du film" ne veut rien dire. Un film n'a pas d'orientation sexuelle.
Rami Malek s'interroge sur le traitement de la partie intime de Mercury. Et dit en pleine promo et carton, "je pense qu'on aurait dû aller plus, je ne sais pas si on a réussi à ce niveau-là".
Donc, Rami Malek se demande si le film n'a pas raté le coche à ce niveau. Le titre (qui reste un titre, donc normal qu'il soit pas aussi précis et complet... que l'article), a du sens.

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