Le mal-aimé : Le Cercle avec Naomi Watts, très beau remake du culte Ring

Geoffrey Crété | 2 avril 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Geoffrey Crété | 2 avril 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Parce que le cinéma est un univers à géométrie variable, Ecran Large, pourfendeur de l'injustice, se pose en sauveur de la cinéphilie avec un nouveau rendez-vous. Le but : sauver des abîmes un film oublié, mésestimé, amoché par la critique, le public, ou les deux à sa sortie.

 

Affiche

 

"Péniblement générique" (NY Post)

"Rarement des efforts si sérieux auront produit un résultat si peu sérieux" (Roger Ebert)

"Un remake hollywoodien stylé qui n'a malheureusement que peu de personnalité" (Variety)

"Regarder ce film ne vous tuera pas, mais ça pourrait presque vous ennuyer à mourir" (Wall Street Journal)

"Convoquer Kurosawa et Argento pour masquer son manque d'inspiration est bien le signe que Verbinski ne peut franchement compter sur son talent pour donner du souffle au film" (Les Inrocks)

  



L'HISTOIRE

Rachel Keller est une bonne journaliste et une mauvaise mère. A l'enterrement de sa nièce, elle entend parler d'une mystérieuse vidéo. Tous ceux qui l'ont vue sont morts à la même heure, le même jour.

Elle retrouve la cassette et décide que c'est une bonne idée de la regarder. Après avoir vu des chevaux et des cheveux, elle reçoit un appel : une petite fille lui dit "7 jours". Rachel a peur.

Elle commence à analyser la vidéo, qui se venge en lui offrant une mouche et en la faisant saigner du nez. Son enquête l'amène vers l'île de Moesko et Anna Morgan, éleveuse de chevaux qui s'est suicidée. Pour être sûr que Rachel continue vite son enquête, les scénaristes montrent la vidéo à son fils Aidan. C'est là qu'on apprend que l'ami de Rachel est en fait le papa d'Aidan.

Rachel fait tellement peur à un cheval qu'il préfère se jeter dans les hélices du ferry. Elle rencontre le mari d'Anna et fouine : leur fille adoptive, Samara, avait des pouvoirs étranges. Maltraitée, elle s'est vengée en poussant sa mère au suicide. Comme le cheval, le vieil homme préfère se suicider plutôt que revoir Rachel. 

Alors que le glas s'apprête à sonner pour Rachel, Noah et elles vont au chalet. Grâce à des billes magiques, ils trouvent un puit sous le plancher. A cause d'une télé qui grésille et de mouches excitées, Rachel tombe et retrouve au fond le cadavre de Samara. Après un flashback qui révèle que la petite fille a été jetée par sa mère adoptive dans le puit en question (où elle a survécu 7 jours), Rachel ressort le corps et pense avoir apaisé l'âme du démon. Erreur : Samara tue Noah. Et Rachel comprend qu'elle n'avait rien compris : c'est parce qu'elle a fait une copie de la vidéo, et donc alimenté le cauchemar, qu'elle a été épargnée. Aidan fait de même pour survivre.

FIN

 

Le CercleLe cercle de la mort qui tue

 

LES COULISSES

Dès sa sortie en 1998, Ring de Hideo Nakata devient vite un phénomène incontournable pour tous les amateurs du genre, en Asie et au-delà. Sans surprise, Hollywood flaire le bon coup : Dreamworks met en chantier un remake, et propose à Gore Verbinski (après le navet Le Mexicain, avant le carton Pirates des Caraïbes : La malédiction du Black Pearl) de le réaliser.

Une affaire qui roule donc ? Presque. Le réalisateur expliquait à la sortie du film : "On a commencé à travailler sans scénario finalisé. Ca rend tout complètement fou. On a écrit ça pendant toute la production. Ehren Krugera écrit les trois premières versions, et on a bien collaboré. Scott Frank est arrivé plus tard pour repasser dessus. J'admire son écriture, mais on a eu très peu d'échange car je tournais à ce moment là. Donc je travaillais plus avec mon carnet de notes visuelles qu'avec un scénario."

Le rôle est d'abord proposé à Jennifer Connelly, qui refuse (et fera Dark Water, autre remake d'un film de Nakata, en 2005). Kate BeckinsaleJennifer Love Hewitt et Gwyneth Paltrow sont elles aussi évoquées, avant que Naomi Watts accepte. Ce sera son premier film post-Mulholland Drive.

Pas mal de scènes ont été coupées, et notamment un début et une fin très différents. Le personnage de Rachel devait ainsi interviewer un criminel qui tentait de la convaincre qu'il était revenu dans le droit chemin, ce qu'elle ne croyait pas une seconde. Après avoir survécu au cauchemar, elle allait le revoir, et lui donnait la cassette du diable. Lors des projections-test, le public n'a pas adhéré à ce personnage trop peu traité.

 

photoUne certaine idée du cauchemar moderne

 

LE BOX-OFFICE

Succès indéniable. Le film a coûté une cinquantaine de millions, en a rapporté près de 130 aux Etats-Unis et 250 au box-office mondial. 

Le Cercle - The Ring lancera comme une mode du remake de film d'horreur asiatique, avec The GrudgePulseOne Missed Call ou l'inévitable suite Le Cercle - The Ring 2.... réalisée par Hideo Nakata.

 

Le Cercle - The RingNe regarde pas, la vague de remakes arrive

 

LE MEILLEUR

Acceptons que l'exercice périleux du remake a ses limites évidentes. Particulièrement au sein d'un studio hollywoodien. Une fois digérée, cette réalité permet de voir Le Cercle version américaine comme un très bon film, particulièrement solide.

D'une élégance certaine, le remake séduit par sa magnifique atmosphère bleutée (probablement l'une des plus belles du directeur photo Bojan Bazelli, dont la curieuse filmo compte King of New York de Ferrara et Burlesque avec Christina Aiguilera, ainsi que A Cure for Life de Verbinski) et ses décors désenchantés. L'envoûtante mais discrète musique de Hans Zimmer s'accorde à la perfection au tempo du film, qui repose sur un rythme admirablement maîtrisé.

Quand Gore Verbinski manie les instruments faciles du genre (la vision brutale de Katie accompagnée d'un son strident irrésistible), c'est d'une efficacité redoutable. Ailleurs, Le Cercle brille par sa volonté puissante de construire un récit palpitant, suffisamment solide pour ne pas s'emballer outre mesure. Adaptation mainstream oblige, le scénario insufle du hollywoodien dans l'intrigue (de la clarté, de l'efficacité, du spectaculaire) sans sombrer dans le grotesque ou l'action. 

Et surtout, Le Cercle bénéficie de Naomi Watts. L'actrice, qui venait de naître avec Mulholland Drive, prouve indéniablement que les films de genre ont besoin de comédiens de talent pour prendre vie : plus l'histoire est grandiloquente, plus l'acteur doit y croire. Avec une actrice de cette trempe, le remake surmonte ses faiblesses et ses défauts, et reste constamment raccroché à l'humain qui affronte l'horreur.

 

Le CercleLa photographie très belle de Bojan Bazelli

 

LE PIRE

Parce que Le Cercle est un remake, il s'est donné pour mission d'expliciter et piétiner une partie du mystère sordide de l'original de Hideo Nakata. En plus d'affronter un film qui dans le fond se contente de répéter sans imaginer, le fan pourra donc regretter ce besoin de combler les énigmes du film culte.

Il pourra aussi regretter ces quelques ajouts spectaculaires (la Sadako sortie du téléviseur a d'abord une texture de vidéo) pas nécessaires, qui prouvent qu'il s'agit bien là d'une production destinée au large public.

Mais la pire chose offerte par le film sera sans doute Le Cercle : The Ring 2, profondément encombrant et indigeste, alors même que Hideo Nakata lui-même l'a filmé. Comme The Grudge 2, cette suite a tiré sur la corde, et abîmé une bonne surprise. Et encore, il y a depuis eu Le Cercle - Rings.

 

photoLe mystère un peu trop clair et limpide du Ring américain

 

SCÈNE CULTE

 



RETROUVEZ L'INTEGRALITE DES MAL-AIMES DANS NOTRE RAYON NOSTALGIE

Tout savoir sur Le Cercle : The Ring

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Alyon
03/04/2019 à 10:06

La version originale japonaise ne peut convenir au public américain en premier lieu.
Aux US tout doit être expliqué voire surligné par de nombreux moyens. Rien n'est vraiment laissé à l'imagination du spectateur et celui-ci ne doit pas être laissé dans le flou.
L'exemple célèbre c'est la version de Blade Runner à laquelle on a ajouté une voix off pour expliquer au spectateur moyen ce qu'il voyait et la fin qui avait été modifiée avec une séquence issue d'un autre film …
The ring s'inscrit dans cette tendance du remake pour un film original dont peu de gens connaissent même l'existence.
Après pour un amateur du genre l'original est la version à voir.

Kouak
02/04/2019 à 22:25

Bonsoir,
bien aimé moi ce remake...
Mais bon... J'ai jamais vu l'original.
Donc... Je ne peux comparer...
Mais celui-ci me va bien...
Et puis comme TomTom le dit, le minois de Naomi me fait craquer...
Dans un autre registre (pas si éloigné) vous pourriez parler de Silent hill, de Gans, comme film #mal aimé # (par certains) , moi perso à chaque fois qu'il est diffusé, je le mate toujours avec le même plaisir...

Le 1er hein ! Parce que le second a vraiment des raisons d'être peu apprécié....
Mais...Quel second d'ailleurs ?
Bref...

TomTom
02/04/2019 à 21:21

Naomi Watts est une belle femme et une grande actrice.
Rien que pour cela j'ai aimé ce film.

Maintenant, refaire mode US des remakes moins biens que les nouveaux classiques japonais... mais c'est la faute des réals, pas de Naomi.

Finnigan
18/04/2016 à 09:45

Euh... ok. Relax déjà !
T'as commencé, à la base, en premier, avec ta petite leçon "voici de vrais films mal aimé", genre pas satisfait ou convaincu. J'ai ensuite eu envie de te répondre en citant quelques uns des autres films qu'ils ont défendu, et qui sont totalement mal-aimés selon tes critères.

Ensuite, désolé de ne pas avoir pris le temps d'écrire une critique profonde pour Catwoman ou un autre film. Je cite des choses génériques ? Certes. Toi ? "Des mouvements de caméra complètement barrés", ou encore les geeks étaient méchants. C'est plus profond ? Je pensais rester dans la même mouvance. (Et vraiment, relax : tu cites un plan du film, j'en cite un autre. Pas la peine de t'exciter genre j'ai revu que le début du film...)

Par ailleurs, je te rappelle que t'es parti avec ton "Tout est défendable mon cher ami" (si ça c'est pas une leçon). Avant ça je parlais de manière assez innocente.

Enfin, merci de prendre la phrase en entier : "un film détesté intelligemment (avec des arguments, et non par mode ou rejet gratuit)". Ceci en réponse à ta défense très argumentée "Catwoman conchié avant même sa sortie par tous les geeks de la planète car Catwoman était black, jouée par Halle Berry et son costume avait fait grincer les dents les "fans" de comics!".
Car oui : on peut détester de bien des manières des choses. (Sois cohérent : tu expliques toi-même que le film de Pitof a été détesté bêtement pour des raisons que tu sembles clairement mépriser).
Mais surtout... dis-tu qu'à partir du moment où un film est globalement détesté, on ne peut intelligemment le détester (impossible d'avoir ses arguments : si la masse n'aime pas, tu catégorises direct en mouton) ? Donc, pour être intelligent il faut l'aimer, peu importe comment ou pourquoi ? A contre-courant serait donc par essence de l'intelligence ? Faut-il dans la même logique ne pas aimer le grand classique tant aimé ? Waouh, là c'est moi qui rigole. Franchement.

Allez, un petit smiley comme tu utilises pour boucler ça et conclure sur "relax mec". Ou plutôt "relax cher ami", comme tu disais.
:)

babyjane
18/04/2016 à 08:34

@finnigan
euhh mais c'est toi depuis le départ qui donne des leçons aux autres "catwoman et green lantern sont indéfendables" "l'objectivité est un leurre" ...

Faudrait pas inverser la vapeur non plus. A l'inverse des tes interventions je ne me pose pas en juge du bon goût! Le but de cette rubrique est de parler de films mal aimés ou détestés par une généralité, une masse qui va dans le même sens. Catwoman aurait parfaitement sa place dans cette rubrique.

Trop drôle depuis le départ tu n'as aucun argument développé, tu balances des lieux communs banals et tu fais des jugements à l'emporte pièce " "cela reste médiocre: la mise en scène, la caractérisation, le ton, les effets spéciaux..." : ce n'est pas parce que tu mets tous les départements artistiques ou toutes les facettes à côté du mot médiocre que tu donnes un argument développé, désolé. Bon tu as au moins fait l'effort de revoir le début du film pour répondre à ce commentaire c'est déjà ça!

De plus le point est valable de comparer ce qui est comparable à savoir 2 films adaptés de comic books pour enfants.

Ah oui: "détesté intelligemment " - là j'ai failli mourir de rire. Il n'y a aucune intelligence à détester un film détesté par la masse.
Je pense qu'on nous réconciliera pas!

Finnigan
17/04/2016 à 19:59

Aussi non-objectif qu'on puisse être, Peur bleue c'est Renny Harlin et ça se sent à de nombreuses reprises.

Catwoman (et au-delà de le victimiser, parce que c'est l'argument facile qu'on nous ressert à toutes les sauces) : après revoyure ça reste médiocre au possible. La mise en scène, le ton global, la caractérisation (l'héroïne est bousculée genre 5 fois en allant au travail parce que, ben oui, c'est une pauvre petite chose), l'action, les effets spéciaux...

Et inutile de mobiliser la fan-attitude ou du Marvel (décidément, c'est vraiment le nouveau point Godwin) pour le défendre. Là encore, ça ne ressemble pas à des arguments ou points pertinents. Y'aura toujours un film pire, un tournage pire, ou un quelconque objet à comparer. (Y'a pas longtemps, ici même, on lisait des gens défendre Section Zero, la série, en disant que c'était mieux que Les Anges de la téléréalité...)

Mais si le débat c'est de dire "chacun ses goûts", que même un film détesté intelligemment (avec des arguments, et non par mode ou rejet gratuit) peut être aimé et adoré par des gens, et que tout peut être défendu : oui, bien sûr, et tant mieux. Chacun est libre.

Rappelons juste le début : tu as posté "y'a des films plus mal aimés comme ceci ou cela".
Et comme tu dis : "tout est question de point de vue dans la vie".
Donc chacun peut donner son avis... tant qu'il ne donne pas de leçon aux autres, du coup :)

babyjane
17/04/2016 à 19:36

@Finnigan
Oui tu as raison l'objectivité est un leurre mais Catwoman n'est pas plus nanarland que Peur Bleue! On peut toujours trouver des qualités à un film si on s'en donne la peine! C'est juste une question de vision. Pas plus de mauvaise foi à défendre ce film là que Mission To Mars ou Un Cri dans l'océan!

Par exemple le film de Pitof regorge de mouvements de caméra complètement barrés qu'on ne verra sûrement pas ailleurs (le travelling circulaire qui caresse le corps de l'actrice des pieds de Catwoman pour arriver à son visage tout en marchant de façon féline!). Ce divertissement fun a été conchié avant même sa sortie par tous les geeks de la planète car Catwoman était black, jouée par Halle Berry et son costume avait fait grincer les dents les "fans" de comics! Comme tu le dis l'objectivité est un leurre d'autant plus grand quand on aborde le visionnage d'un film avec des yeux moqueurs prêts à statuer de façon définitive sur un film! Perso je le trouve pas plus con qu'un Avengers notamment le second opus que je trouve grotesque, irregardable et jamais fun. Catwoman malgré ses quantités de défauts (beaucoup inhérents à la production et au montage) a au moins la décence de durer 1h40 maximum. Tout est question de point de vue dans la vie :)

Finnigan
17/04/2016 à 18:29

@babyjane
Je pense justement cher ami que ce serait dur de défendre Catwoman sans la jouer mauvaise foi par ex. Tout n'est pas défendable si l'on veut rester premier degré, et ne pas lorgner du côté de Nanarland.
Et l'objectivité, c'est un leurre, si tu veux mon avis.

babyjane
17/04/2016 à 17:15

@finnigan
Tout est défendable mon cher ami, ils ont bien défendu Sphère, Peur Bleue et Un Cri dans l'océan? Alors tout est défendable. Il faut juste que la défense tienne et que le papier reste objectif!

Finnigan
17/04/2016 à 16:41

@babyjane
T'as vu les trucs dont ils se sont occupés jusque là ? Sphère, Mission to Mars, Hannibal, X-Files 2, Scream 3, Hollow Man, Riddick... c'est pas mal.
Surtout que tout n'est pas défendable. Genre, Catwoman. Green Lantern.
(Les 4F c'est super récent et j'ai souvenir d'une critique super positive sur ce site)

Plus
votre commentaire