Les James Bond Girls – Partie 2

Patrick Antona | 24 octobre 2012
Patrick Antona | 24 octobre 2012

A l'occasion de la sortie du 23ème Bond officiel, Skyfall, Ecran Large vous propose une rétrospective complète (et réactualisée) des James Bond Girls dont voici la seconde partie.

Devenues les femmes d'action les plus sexy et les plus désirées du monde du cinéma, les James Bond Girls vont entamer à partir des années 80 une singulière mutation, où elles passeront de simple objet sexuel à une forme d'idéal de la féminité. La preuve en est qu'elles sont autant prisées par les hommes que les femmes et que leur notoriété n'a jamais été aussi grande, attirant dorénavant des comédiennes de tous horizons, et pas uniquement cover-girls.

 

 

Rien que pour vos yeux (1981)

 

Nouvelle française, après Claudine Auger, à partager l'affiche d'un James Bond, la brune Carole Bouquet ne se départit pas de son style sophistiqué qui en a fait une des cover-girls les plus prisées des magazines féminins et tient la dragée haute face à un Roger Moore vieillissant. Crédible en tant que Melina Havelock, ange vengeur à l'arbalète affûtée, la belle neuilléenne s'était déjà frotter au cinéma dans Cet obscur objet du désir, le dernier film de Luis Bunuel, qui fût son véritable tremplin et Buffet froid de Bertrand Blier. Depuis le James Bond, elle est devenue une des locomotives du cinéma français, alternant le pire (Wasabi, Blanche) et le meilleur (Trop belle pour toi, Embrassez qui vous voudrez) finissant par laisser de côté son image d'icône glacée pour gagner la sympathie du public sans altérer sa classe naturelle. La preuve qu'elle aime bien la gaudriole avec  des comédies telles que Protéger & servir ou Libre échange mais le sérieux lui sied bien mieux dans le thriller psychologique Impardonnables d'André Téchiné. On la verra à la fin de l'année dans le premier film de Patrick Mille, Mauvaise fille, un drame adapté d'un roman de Justine Lévy.

 

 

Dans le rôle de l'écervelée de service, l'actrice et championne de patin à glace Lynn-Holly Johnson donne toute sa blondeur et sa candeur dans la mini-jupe de Bibi Dahl, « protégée » du méchant Kristatos. Mais elle est surtout célèbre pour sa scène où Roger Moore la congédie de son lit, alors que la belle était toute offerte, faisant hurler les aficionados inconditionnels de James Bond. Sean Connery n'aurait jamais laissé passer cela ! L'autre seul film marquant de la courte filmographie de Lynn-Holly Johnson est le film d'épouvante de Disney, Les Yeux de la forêt, sorti la même année que le Bond.

 

 

Pour le rôle de la sacrifiée de service, l'australienne Cassandra Harris (comtesse Lisl von Schlaf) est plus connue comme étant la première épouse de Pierce Brosnan, et de l'avoir jouer les entremetteuses auprès de Broccoli, déjà en recherche d'un possible remplaçant. Après une première occasion manquée en 1985, Pierce Brosnan étant lié par contrat sur la série Remington Steele (où Cassandra Harris fit quelque apparitions), cela fut chose faite en 1995 pour GoldenEye. Mais Cassandra ne vit jamais son mari dans le smoking de James Bond de son vivant, elle était décédée d'un cancer fin 1991.

 

Dans les attractions touristiques qui émaillent Rien que pour vos yeux, outre la cueillette des olives en Espagne et la plongée en Mer Egée, on peut se régaler des formes généreuses de Robbin Young, fleuriste dans la scène de cascade moto dans la station de ski.

 


Octopussy (1983)

 

La suédoise Maud Adams  (déjà tête d'affiche dans L'homme au pistolet d'or) devient avec Octopussy la première héroïne dont le nom est associé au titre du Bond de l'année. Et dire que le rôle avait été envisagée à une époque à la plantureuse Sybil Danning ...Elevée au rang d'égal de James Bond (« Nous sommes de la même race ! »), elle entretient quelques ressemblances avec Pussy Galore de Goldfinger, elle aussi régnant sur une armée d'amazones et entretenant des relations troubles avec l'ennemi de Bond, l'indien Kamal Khan (Louis Jourdan). Mais en tombant très vite dans les bras d'un Roger Moore qui sent de plus en plus la naphtaline elle rejoindra la cohorte habituelles des demoiselles en détresse, sans faire passer quelques frissons érotiques qui soient.

 

 

Dans le rôle de Magda, l'assistante et femme de main d'Octopussy, une autre beauté suédoise était de la partie, la blonde Kristina Wayborn. Miss Suède 1970, mannequin-vedette de Fabergé, et quelques rôles remarqués à la TV film, Victoire à Entebbe en 1976 ou encore dans l'excellente saga Moviola, où elle n'interprétait ni plus ni moins que Greta Garbo, elle ne saura pas gérer son après-Bond et on ne la retrouvera guère que dans quelques épisodes de séries telles que Supercopter, Alerte à Malibu et MacGyver ou encore dans le nanar Forbidden Warrior en 2004.

 

 

Cette pléthore de blondes (même dans l'équipe d'amazones d'Octopussy où elles sont majoritaires) ne laisse de place que pour une seule rousse Michaela Clavell ,fille du romancier James Clavell, dans le rôle éphémère de Penelope Smallbone, présentée comme possible remplaçante de Miss Moneypenny, ou la brune Tina Hudson, aux longues jambes distrayant les gardes cubains de Bond dans la séquence pré-générique.

 

 

 


Jamais plus jamais (1983)

 

Concurrent de Octopussy dans ce que l'on a appelé la guerre des Bond de 1983, Jamais plus jamais remporte haut la main la compétition en ce qui concerne les Girls les plus marquantes.

Déjà classé parmi les plus grands fantasmes masculins de ce début des années 80, Kim Basinger a déjà une sacré carrière derrière elle quand elle devient la troublante Domino Petachi (et non plus Derval comme dans Opération tonnerre) devant la caméra d'Irvin Kershner. Déjà playmate en février 1983 dans Playboy, elle enchaîne les rôles à la TV sur des séries comme Drôles de Dames et L'Homme qui valait trois milliards avant d'exploser dans la mini-série Tant qu'il y aura des hommes en 1979. Au cinéma, c'est Charlton  Heston qui lui confit son vrai premier rôle sur La Folie de l'or, où son sex-appeal est bien mis en valeur. Puis après avoir été le trophée de charme que se disputent Sean Connery et Klaus Maria Brandauer dans Jamais plus jamais, elle conforte son image de femme la plus sexy de la planète avec des succès comme 9 Semaines ½, ou Batman. Elle remporte un oscar en 1997 pour L.A. Confidential (elle est la seule ex-James Bond girl à avoir atteint ce niveau avant Halle Berry) après une période creuse où elle enchaîna bide sur bide (Sans pitié, Boire et déboires) et continue sa carrière vaillamment, se  confrontant à Eminen dans 8 Mile en 2002, se faisant kidnappé en 2004 dans Cellular ou se confrontant à l'univers tortueux de Bret Easton Ellis dans The Informers en 2008.



Mais plus mémorable est la prestation de la nicaraguayenne Barbara Carrera, parfaite dans le rôle de Fatima Blush, tueuse nymphomane et séductrice hors pair du S.P.E.C.T.R.E. Mannequin depuis l'age de 17 ans, playmate en 1972, ayant déjà marqué la pupille de nombreux spectateurs grâce à des films comme Embryo, L'Ile du Dr Moreau version 1977, Condorman et l'épatant polar J'aurai ta peau où elle composait déjà un rôle de sublime garce, Barbara Carrera réussit à éclipser le temps de quelques séquences la trop gentille Domino par son interprétation haute en couleurs, et se verra gratifier de la mort la plus explosive qui soit. Malheureusement, comme bon nombre d'ex-Bond Girls, la suite ne verra pas la confirmation de sa performance et elle se verra cantonner aux séries TV comme Dallas ou dans quelques séries B, où seul surnage le thriller érotique Spanish Rose avec Michael Paré en 1993.

 

 

Entre ses deux girls de poids, la blonde Prunella Gee dans la blouse blanche de l'infirmière Patricia Fearing arrive à se faire remarquer, grâce à un registre plus fondé sur le comique, de même que la bombe anglaise Valerie Leon. Ex-vedette de la Hammer au décolleté vertigineux dans Blood from the Mummy's Tomb ou dans la populaire série anglaise des Carry On..., elle est la pécheuse à la ligne qui récupère James Bond dans l'eau des Caraïbes, et qui lui sauvera aussi la mise une deuxième fois en faisant le bon choix de chambre pour folâtrer !

 

 

Dangereusement vôtre (1985)

 

Comme le disait l'accroche de l'affiche « James Bond a-t-il trouvé adversaire à sa taille ? », les producteurs tentent de vivifier la série et d'aller dans le sens de la féminisation en proposant une antagoniste de choc avec l'androgyne  mannequin Grace Jones, interprète de May Day, garde du corps génétiquement modifié de Zorin (Christopher Walken). Mannequin-vedette des 70's, égérie de Jean-Paul Goude, celle qui avait brûlé les planches du mythique Studio 54, et surfé avec succès sur la vague disco, hérite du classique rôle la méchante qui finira par tourner casaque après avoir couché avec James Bond et découvert la malveillance de son employeur. Plus icône que véritable actrice, on l'avait vu précédemment dans le décevant Conan le destructeur, et par la suite dans Vamp ou Siesta de Mary Lambert. Son petit ami de l'époque, un certain Dolph Lundgren, eut la chance d'être pistonné pour une courte apparition d'homme de main russe, premier rôle avant la révélation de Rocky IV plus tard dans la même année.

 

 

 

A l'opposé de la noire et musculeuse Grace Jones, la brune Tanya Roberts se voit obligée de se teindre les cheveux pour incarner la blonde Stacey Sutton, un des personnages les plus oubliables de toute la série. Bombe sexuelle tout droit sortie du Bronx, elle avait débuté au cinéma dans le violent Forced Entry et à la TV dans la dernière saison de Drôles de Dames avant d'enflammer la gente masculine par ses apparitions dénudées dans les heroïc fantasy Le Choix des Seigneurs et Dar l'Invincible. Malgré le bide de Sheena, Reine de la jungle, où déjà elle était blonde et portait très bien le maillot en peau de bête, elle se voit offrir le rôle de la James Bond girl de service pour Dangereusement Vôtre. La fadeur de sa prestation ne lui vaudra qu'un Razzie Award  et la suite ne sera guère florissante : après une longue série de thrillers érotiques de série B voire Z (Night Eyes, Inner Sanctum, Sins of Desire) où elle ne fait jouer que son anatomie, elle se refera une santé grâce à la TV sur des séries comme Hot Line ou That's 70's Show mais semble avoir cessé toute activité depuis l'arrêt de la série.

 

D'autres (vraies) blondes égayent la dernière aventure de Roger Moore as James Bond. Fiona Fullerton endosse le rôle de l'agente russe Pola Ivanova qui œuvrera pour la détente entre l'Ouest et l'Est en jouant dans le jacuzzi avec 007. Le  mannequin Alison Doody (Jenny Flex à l'écran) fait ici ses premières armes au cinéma. Par la suite, elle se fera plus remarquée dans L'Irlandais aux côtés de Mickey Rourke ou en composant la venimeuse Elsa Schneider dans Indiana Jones et la dernière croisade en 1989. Mary Stavin fera office de pilote de sous-marin et accessoirement de repos du guerrier dans la pelisse de Kimberley Jones.

 

 

 

Tuer n'est pas jouer (1987)

 

Avec la frêle et vulnérable Maryam d'Abo dans le rôle de Kara Milovy, violoncelliste tchécoslovaque manipulée par Koskov (Jeroen Krabbé), la série des James Bond tente une orientation vers des héros voire des méchants plus humains, et donc crédibles. Années Sida oblige, la prudence qu'affiche Timothy Dalton/James Bond avant de convoler avec la belle sera souvent assimilée comme une forme de safe-sex, même si cela n'empêchera pas Maryam d'Abo d'être moins prude lorsqu'elle posera pour le numéro spécial de Playboy en septembre 1987. Elle avait débuté en 1983 voir dans la SF horrifique X-Tro, et après Tuer n'est pas jouer, continua sa carrière sans faire d'éclats (si ce n'est dans la série érotique Red Shoes Diaries dans les années 90). On a pu la voir par la suite dans des productions françaises telles que San Antonio aux côtés de Lanvin et Depadieu  ainsi que dans L'Enfer avec Emmanuelle Béart ou dans une adaptation ratée du classique d'Oscar Wilde, Dorian Gray. Toujours respectueuse de l'aura de James Bond Girl qu'elle a gagnée, elle co-écrira un livre sur le sujet en 2002 (Bond girls are forever) et animera un show TV où elle mènera les interviews de ses congénères.

 

 

Plus connue comme étant l'amazone blonde de Mad Max 2, l'australienne Virginia Hey fait ici une courte apparition en tant que compagne du général russe Pushkin (John Rhys-Davies), rudoyée par un Timothy Dalton plus en phase avec le personnage décrit par Ian Fleming que celui campé jusqu'alors par Roger Moore. Plus tard, en 1999, Virginia Hey deviendra une des vedettes de la série SF Farscape, sous le maquillage de l'extra-terrestre Zhaan.

 


Malgré une propension à faire moins dans la glamour, Tuer n'est pas jouer se pare de quelques apparitions de charme telles que la brune Belle Avery qui joue la jet-setter alanguie de la séquence pré-générique se plaignant de ne plus trouver de véritable « homme d'action », et des femmes de main de Felix Leiter, Catherine Rabett et Dulice Liecier.

 

 
 

 

 

Permis de tuer (1989)

 

Retour aux fondamentaux pour le film qui reste le meilleur de la courte période Timothy Dalton, avec deux girls dont le destin aventureux est intiment lié à celui de James Bond. Femme d'action belle et indépendante, Pam Bouvier est interprétée par le mannequin américain aux grands yeux bleus Carey Lowell. Ayant œuvré chez Calvin Klein et Ralph Lauren, elle fais ses classes au cinéma côté série B grâce à Albert Pyun ( « le meilleur réalisateur au monde » dixit Christophe Lambert): Campus et Le Trésor de San Lucas en 1986. Catapultée comme James Bond girl plus active et bagarreuse qu'à l'accoutumée, véritable side-kick de notre agent 007, elle sera ensuite à l'affiche de La Nurse de William Friedkin puis fera quelques apparitions dans les comédies romantiques Nuits blanches à Seattle et Love Affair. C'est la TV qui l'a pleinement récupérée, sa carrière de mannequin ne s'étant point arrêtée non plus, et on peut la voir dans le rôle récurrent de Jamie Ross, navigant de Homicide (New York, police judiciaire en VF) à Law & Order et ses avatars, ainsi que dans Six degrés. Dans sa vie privée, elle a été mariée au comédien-réalisateur Griffin Dunne, et est la compagne de Richard Gere depuis 2002, avec qui elle a eu un enfant.

 

 

Le rôle de la belle de service à chiper au méchant, nommée Lupe Lemora, échoit à la Porto-ricaine Talisa Soto, typique beauté sud-américaine qui était une cover-girl hautement appréciée à l'époque. Avant Permis de tuer, elle s'était illustrée dans le drame Spike of Bensonhurst de Paul Morrissey et dans un des courts-métrages de la série "Les Français vus par", réalisé par David Lynch, où elle jouait une française ! Même elle ne réussit pas vraiment à transfigurer son rôle dans le Bond, gardant toujours le même air figé, que son amant se fasse arracher le cœur ou que James Bond la séduise, la suite de sa carrière sera habilement négociée. Qu'elle soit beauté exotique au sang chaud (Les Mambos Kings, Don Juan de Marco) ou guerrière en tenue de cuir (les 2 Mortal Kombat, Ballistic: Ecks vs. Sever), n'hésitant pas à se caricaturer dans Agent Zéro-Zéro aux côtés de Leslie Nielsen, Talisa Soto réussit à se faire remarquer, le seul vrai faux-pas de sa carrière étant sa participation au navrant Vampirella de Jim Wynorski, expert-recycleur mal intentionné d ‘ex-James Bond girls. Ayant mis en sourdine sa carrière depuis 2002, suite à son mariage avec Benjamin Bratt, elle fit une apparition dans le film du son beau-frère Peter La Mission et sera à l'affiche de Elysium, le tant attendu actioner sci-fi de Neill Blomkamp (District 9).

 

 

Pour le rôle de l'épouse malchanceuse de Felix Leiter, Della, qui ne survivra pas à sa nuit de noces (comme une resucée de Au service secret de sa Majesté), c'est la blonde américaine Priscilla Barnes qui s'y colle avec grâce. Véritable stakhanoviste du petit écran (les séries Kojak, Starsky & Hutch, Hotel, La Croisière s'amuse et bien d'autres) et avec quelques rôles pour le grand écran, elle sera du casting de The Devil's rejects de Rob Zombie. Et depuis, elle semble devenu accro au genre du slasher, enchaînant sur Ed Gein: The Butcher of Plainfield  et Trailer Park of Terror.  

 

La playmate de mai 1988, l'asiatique Diana Lee Hsu, apparaît brièvement dans sa tenue de ninja aux côtés de Cary-Hiroyuki Tagawa. On ne la croisera guère par la suite que dans le thriller érotique Snap dragon où une autre playmate faisait ses débuts, la blonde et mammaire Pamela Anderson.

 

   

 

GoldenEye (1995)

 

Les années 90 sont des années florissantes qui verront des tops models mondiaux  (on est alors en pleine vague) se taper la bourre avec des actrices confirmées pour incarner les nouvelles James Bond Girls, en essayant d'y insuffler une forme de féminisme plus accentuée, influence sûrement de la nouvelle productrice, Barbara Broccoli.

 

Première des dames en détresse à chercher protection dans les bras de 007 nouvelle version, l'irlandais Pierce Brosnan, la polonaise Izabella Scorupco était déjà une star locale en Suède, alternant chanson pop et comédies pour teenagers tout en menant une carrière de top-model. Choisie pour le rôle de l'ingénieur Natalya Fyodorovna Simonova, aussi habile à manier le clavier qu'à faire craquer l'agent préféré de sa Majesté, on sent parfois une ressemblance avec une des ses anciennes congénères « russes », Barbara Bach de L'Espion qui m'aimait.  La suite ne fut pas sans aléa pour Izabella Scorupco, qui refusa LA Confidential et Le masque de Zorro pour se consacrer à la super-production polonaise With Fire and Sword qui ne connut qu'une diffusion confidentielle. Pas bégueule, Martin Campbell la mettra au casting de Vertical Limit et elle sera aussi du Règne de Feu. Mais l'échec de ces deux films, ainsi que de L'Exorciste: le commencement semble désormais la confiner dans des productions plus modestes, voire locales, même si une résurgence demeure possible voire souhaitable. Mais l'échec de ces deux films, ainsi que de L'Exorciste: le commencement semble désormais la confiner dans des productions plus confidentielles telles la comédie Cougar Club ou le drame suédois Änglavakt avec Michael Nyqvist.


 

Mais c'est la top-model néerlandais Famke Janssen qui remporte définitivement tous les suffrages comme Bad Girl ultime, nymphomane et experte dans les exécutions (préférant sa technique d'étouffement par les jambes pour allier plaisir et business). Même si Goldeneye n'est pas son premier film (Le maître des illusions de Clive Barker lui est antérieur), le James Bond sera le tremplin qui lui permettra de devenir une valeur sûre du box-office, faisant preuve d'un grand variété dans son registre et alternant projets indépendants (Circus, The Wakness), actioners grand public (la trilogie des X-Men, The Faculty) ainsi que le monde de la série TV (Ally McBeal, Nip/Tuck). Par la suite, elle intégrera l'écurie Besson avec Taken en 2007 et sa suite sortie ce mois-ci, sera persécutée par un fantôme dans Périmètre mortel d'Eric Red et croisera une autre ex-James Bond girl, Gemma Arterton, dans Hansel et Gretel, prévu pour début 2013. Mais plus surprenant, elle est passée de l'autre côté de la caméra pour diriger une comédie avec Milla Jovovich et Bill Pullman, Bringing Up Bobby, présentée au Festival de Deauville 2011.

 

 

Entre ses deux poids lourds, il reste un peu d'espace pour Serena Gordon dans le rôle de Caroline, chargée de veiller à l'intégrité de James Bond en pure perte, Minnie Driver dans une apparition-gag de chanteuse russe et la brune Michelle Arthur dans celui d'Anna.

 

 


Demain ne meurt jamais (1997)

 

Nouvel avatar de la normalisation des rapports Est-Ouest, c'est cette fois-ci l'alliance avec un agent chinois de charme et de choc, Wai Lin, qui sera le ciment de Demain ne meurt jamais. Experte en arts martiaux, la malaisienne Michelle Yeoh était toute désignée pour entrer dans l'uniforme de la nouvelle girl asiatique, mettant la pédale douce côté kung-fu pour ne pas mettre ce cher Pierce dans le vent. Mais elle se refusera à lui pendant un temps, jusqu'à exécution totale de la mission, efficacité chinoise oblige ! Celle qui fut reine de beauté dans les années 80 et réussit à disputer à Jackie Chan sa couronne de susperstar asiatique avait été la vedette-cascadeuse de nombreuses productions HK dont les plus célèbres demeurent les 2 premiers In the line of Duty, Magnificent Warriors et Police Story 3 avec Jackie Chan. Après le Bond, le public occidental lui fera un triomphe pour Tigre et dragon et elle sera portée au pinacle de la beauté asiatique auprès de ses compatriotes Zhang Ziyi et Gong Li dans Mémoires d'une geisha, où elles incarnent des japonaises ! Fiancée au patron de l'écurie Ferrari le français Jean Todt (comme quoi avoir une Ferrari cela peut servir), elle semble ne pas avoir fait les bons choix en s'illustrant dans les ratages que sont Babylon A.D. et La momie - La tombe de l'empereur dragon. Le retour en Chine lui vaudra de faire encore montre d'un certain savoir-faire dans les arts martiaux avec True Legend et Le règne des assassins mais elle ne réussira pas à convaincre totalement en incarnant l'héroïne birmane Aung San Suu Kyi dans la pâlotte fresque de Luc Besson, The Lady.

 

 

Epouse infidèle et malheureuse du magnat Elliot Carver (Jonathan Pryce), Teri Hatcher dans la peau de Paris apporte la juste part de glamour et de féminité avant que la suite du film fasse dans le gros bourrin de circonstance. Actrice américaine sérieusement capée, elle qui avait été la fiancée de Superman à la télé pendant les 5 saisons de Lois & Clark, la sœur de Stallone dans Tango & Cash et avait fait passer un frisson érotique chez les spectateurs du polar Vengeance froide. Elle connaîtra un petit passage à vide après le Bond, n'œuvrant que dans des téléfilms ou dans Spy Kids avant de toucher le jackpot avec son personnage de Susan Mayer dans la série Desperate Housewives dont elle devenue un des piliers, et symbole de ces actrices quarantenaires qui en veulent.

 

 

Dans le rayon des beautés faisant galerie, la blonde Cecilie Thomsen dans le rôle du professeur Inga Bergstrom se distingue du lot en dispensant des cours de suédois dans le lit même de Bond et Daphne Deckers l'assistante sexy de Carver.

 

 

 

Le Monde ne suffit pas (1999)

 

On a longtemps parlé de Sharon Stone pour le rôle central de Elektra King, mais c'est notre Sophie Marceau nationale qui remporte le cocotier. Celle pour qui Le Monde ne suffit pas donne la bonne mesure de son talent dans la peau de cet héritière multimilliardaire mais victime d'un syndrome de Stockholm qui en fera une des adversaires les plus pugnaces de James Bond. Ayant déjà conquis le public français grâce au diptyque de La Boum et s'être pas trop mal sortie de ses aventures avec Andrzej Zulawski (L'Amour braque, Mes nuits sont plus belles que vos jours), Sophie Marceau s'essaye avec succès à l'international avec Braveheart de Mel Gibson puis sera une nouvelle Anna Karenine avant de se frotter à l'univers de 007. Depuis, toujours parée de son aura de star internationale, elle alterne le bon (Anthony Zimmer, Les Femmes de l'ombre) et le moins bon (Je reste, Belphégor), et s'est fourvoyé en tant que réalisatrice en ratant La Disparue de Deauville. Mais elle demeure l'actrice préférée des français, le succès des comédies comme LOL, De l'autre cote du lit avec Danny Boon ou Un bonheur n'arrive jamais seul étant la preuve de son pouvoir d'attraction manifeste. En 2013, on la verra dans le thriller Arrêtez-moi  scénarisé par Jean Teulé.

 


Partenaire de James Bond pour contrecarrer les plans d'Elektra King, Denise Richards dans le mini-short de  Christmas Jones passe elle à côté de la plaque. Celle qui avait émoustillée une bonne partie des mâles de la planète dans Starship Troopers et Sexcrimes ne réussit guère à convaincre dans rôle de scientifique sexy et aguerrie. Depuis le Bond, la carrière de la belle américaine pédale dans la semoule: à part son apparition dans Edmond, ces participations dans les pitreries du style Scary Movie 3, Opération Funky ou Blonde and Blonder font peine à voir. Son mariage tumultueux avec Charlie Sheen, suivi de son divorce, feront souvent les choux gras des médias, son show de télé-réalité Denise Richards: It's Complicated  ne durera que le temps d'une saison, et même si la belle se joue de son image de bombe sexuelle dans des comédies telles que Deep in the Valley  ou Finding Bliss, il semble que Denise Richards ne trouve plus grâce aux yeux des producteurs hormis en TV.


Immense déception de ce Bond, la sicilienne Maria-Grazia Cucinotta dans le cuir de la tueuse au cigare ne fait qu'une apparition éclair. Elevé au rang de fantasme masculin dans les années 90 après son rôle dans Il Postino où son tour de poitrine affolant avait produit un effet durable, elle s'était illustrée ensuite dans Le Jour de la Bête. Souvent classée parmi les plus belles femmes de la planète, elle préfère se limiter à une carrière essentiellement italienne, hors des frontières on ne la vit guère que dans Morceaux choisis avec Woody Allen ou Le Rite en 2011.

 

 

Dans les autres femmes gravitant dans l'orbite de 007, on trouve la rousse Serena Scott Thomas dans la blouse blanche du Dr. Molly Warmflash, toute dévouée à la santé de James Bond, ainsi que dans des apparitions plus  furtives de beautés telles que le modèle Nina Muschallik (Veroushka).

 

 


Meurs un autre jour (2002)

 

Nouvelle star internationale à s'intégrer dans un James Bond comme co-vedette de Pierce Brosnan, dont ce sera le dernier James Bond, l'afro-américaine Halle Berry est au sommet de sa carrière lorsqu'elle accepte le rôle de Giacinta "Jinx" Johnson pour Meurs un autre jour en 2002. Révélée dans Jungle Fever et Le dernier samaritain en 1991, elle gravit les échelons du vedettariat grâce à des blockbusters (La Famille Pierrafeu, Ultime Décision, X-Men) mais aussi des productions TV comme Introducing Dorothy Dandridge qui lui vaudra un Emmy Award. Après son oscar remporté en 2001 pour Monster's ball, elle est choisi pour incarner une Bond Girl tendance Blaxpoitation, sexuellement libérée et plutôt indépendante. Cumulant les références envers les autres Girls de la série, Ursula Andress avec sa sortie de l'eau, le dynamisme physique de Honor Balckman et ses jolis blousons décolletés, Halle Berry sortira du Bond avec une popularité grandie, enchaînant avec les volets suivants de la saga X-Men mais se payant le gadin de sa vie avec le nanar Catwoman. Par la suite, sa carrière commença à marquer un sérieux pas, seul le drame Nos souvenirs brûlés a laissé quelques bons souvenirs, le contraire du direct-to-DVD Dark Tide avec son compagnon, le frenchie Olivier Martinez mais il semble que la belle Black va pouvoir rebondir avec l'épopée sci-fi des Wachowski, Cloud Atlas , et le thriller The Hive de Brad Anderson.

 

 

Opposée à la tempétueuse Jinx, l'anglaise Rosamund Pike donne une prestation tout à fait réfrigérante et réussie de l'agent-double Miranda Frost, qui en fera une des révélations du film. Son duel final avec Halle Berry demeure un des meilleurs moments de la saga bondienne et la comédienne ne cesse plus de tourner depuis. Passant aisément du film à costumes (Rochester le dernier des libertins, Orgueil et préjugés) au thriller (La Faille), elle joue les utilités dans Clones aux côtés de Bruce Willis ou encore dans La colère des Titans. Mais l'année à venir semble cruciale pour elle avec les sorties de l'actioner Jack Reacher  ainsi que de la comédie d'Edgar Wright The World's End.

 

 

Juste pour faire dans l'anecdote, Madonna fait une apparition en tant que Verity, professeur d'escrime mais qui ne croisera jamais le fer avec James Bond. Plus mémorable est la prestation de la bombe Rachel Grant répondant au doux nom de « Calme Fontaine de Désir » et tentant de piéger James Bond après son évasion de Corée du Nord.

 

 

 

Casino Royale (2006)

 

Avec le changement d'orientation de la série et l'arrivée du nouvel interprète (le blond Daniel Craig héritant du passeport de 007), il était évident que la James Bond Girl de service serait aussi « relookée ». Devenue vedette internationale en l'espace de trois films (Innocents, Arsène Lupin, Kingdom of Heaven), Eva Green, fille de Marlène Jobert, compose avec le personnage de Vesper Lynd une adroite combinaison de plusieurs Bond Girls, alliant  rudesse et séduction, avant que sa relative vulnérabilité ne séduise James Bond. Sa mort tragique à la fin de Casino Royale sera le point de départ de ce qui se présente comme la croisade du nouveau James Bond, présenté comme plus brute et plus réaliste. Depuis, Eva Green a enchainé film sur film avec plus ou moins de bonheur. À une courte apparition dans la fantasy À la croisée des mondes: La boussole d'or ont succédé les thrillers SF  Dark World et Womb, ainsi que la fable-catastrophe Perfect Sense mais c'est la mini-série TV Camelot où elle incarne à merveille une fée Morgane des plus retors qui lui vaudra un retour en notoriété. Seul élément positif du Dark Shadows de Tim Burton en 2012, elle incarnera à nouveau une figure mythique, Artemisia, dans la suite de 300, 300 : Rise of an Empire prévue pour 2013.

 

 

Mais il est des poncifs que tout scénariste de James Bond ne peut éviter, et c'est ici la brune Caterina Murino qui assure le rôle récurrent de la beauté du camp adverse, Solange, qui sera punie après avoir (gentiment) fauté avec James Bond. La belle italienne, qui avait concouru en 1996 pour le prix de Miss Italia en 1996, a déjà une solide carrière derrière elle à l'époque, cumulant expérience théâtrale, télévision avant de supplanter Monica Bellucci dans le cœur des français avec les comédies L'Enquête Corse ou Les Bronzés 3 : amis pour la vie. Pas dégoûtée par son rôle bien trop léger de Casino Royale, elle continue activement sa carrière française avec la mini-série XIII, gros succès TV de Canal+, les polars Comme les cinq doigts de la main ou La Proie et sera bientôt Pénélope dans une nouvelle série consacrée à L'Odyssée.

 

 

Autres beautés à faire de la figuration dans le coup d'essai de Daniel Craig, la croate Ivana Milicevic joue Valenka, contact de Bond dans les pays de l'Est, et la brésilienne Alessandra Ambrosio, un des anges de la ligne de dessous Victoria Secret's, échange quelque balles de tennis pour le plaisir des yeux .

 

 

Quantum of Solace (2008)

 

Prenant la suite directe de Casino Royale, tant au niveau de l’intrigue que de la volonté de faire sérieux et austère, Quatum of Solace échoue à tous les niveaux, même dans sa tentative de renouveler l’archétype de la James Bond Girl. Olga Kurylenko, modèle d’origine ukrainienne révélée en France via L’Annulaire , Le Serpent ou encore Hitman de Xavier Gens, apparaît un bien fade ersatz de Carole Bouquet dans Rien que pour vos Yeux, mal fardée pour en faire une sud-américaine au look de baroudeuse qui cache mal son côté évidemment sexy. L’ex-mannequin  qui reste un des modèles les plus hot deces dernières années s’est bien rattrapée par la suite et a enchainé avec plus ou moins de bonheur séries B  d’action (Centurion) ou films d’auteurs inspirés (La terre outragée) en attendant de la voir dans le dernier Terrence Malick, To the Wonder.

 

 

Plus dans la tradition des aventures de passage de 007 et dont le destin est obligatoirement tragique, Gemma Arterton campe une voluptueuse et espiègle Strawberry Fields dont la mort se veut un hommage (raté) à Goldfinger, le pétrole remplaçant l’or pour l’étouffement, mais son peu de temps à l’écran permet d’apprécier en quelques instants le talent de la belle qui est devenue depuis une des stars du cinéma anglais. Révélée dans Rock'n Rolla, cette ancienne pensionnaire du Royal Academy of Dramatic Art joua part la suite les potiches de service dans les blockbusters Prince of Persia - Les sables du temps ou Le Choc des Titans avant d’exploser devant la caméra de Stephen Frears pour Tamara Drewe et sera à l’affiche en 2013 avec les attendus Hansel et Gretel et surtout le vampire-drama  Byzantium.

 


 

James Bond à l’économie (en ce qui concerne les girls de série), Quantum of Solace permet de découvrir la beauté de la canadienne , dans le rôle bref de la française Corrine Veneau, autre victime sentimentale du double agent Yusef qui sera puni à la fin, ou de Oona Chaplin, petite-fille de Charlie Chaplin, dans une apparition fugitive en tant que réceptionniste d’hôtel.


 

 

Skyfall (2012)

 

Pour les cinquante ans de la saga, et un retour espéré en grâce après la déconfiture artistique du dernier volet, c’est dans la mixité et la nouveauté que 007 cherche un nouveau souffle dans le rayon de la James Bond Girl de service. Incarnant l’alliée de service prénommée Eve, l’anglaise Naomie Harris peut déjà s’enorgueillir d’une longue carrière, la belle ayant débutée à la TV anglaise à l’âge de 11 ans puis apparaissant au cinéma dans 28 jours plus tard , deux des Pirates des Caraïbes dans le rôle de la sorcière vaudou Tia Dalma ou encore dans Miami Vice où son coït avec Jamie Foxx avait laissé quelque petit souvenir ému. En 2013, elle sera à l’affiche de la fresque Mandela: Long Walk to Freedom au côté de Idris Delba, dans le rôle de la controversée Winnie Mandela.

 



Plus surprenant mais dans la lignée de James Bond de parfois dénicher la perle rare qui pourra briller le temps d’un épisode, la française, Bérénice Marlohe,  a touché le gros lot en s’octroyant le morceau de choix, pour une actrice jusqu’alors inconnue il va s’en dire.  Grand et belle actrice parisienne qui n’avait alors qu’officier dans des séries TV (R.I.S. Police scientifique) ou dans la publicité, il est à souhaiter que sa partition en tant que l’énigmatique Sévérine de Skyfall saura lui ouvrir de nouveaux horizons.

 

 


Le panel des girls de service cuvée 2012 apparaissant en background s’étoffe un peu plus avec la beauté brune Tonia Sotiropoulou, l’anglaise Nichola Fynn ou l’exotique Senem Temiz, mais il paraîtrait qu’une James Bond Girl surprise serait aussi de la partie pour donner un angle inattendu à ce retour en grâce de l’agent préféré de Sa Majesté …

 

 

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