Le Cinquième Elément : pourquoi le nanar cosmique de Luc Besson est un film culte et adoré

Simon Riaux | 19 décembre 2021
Simon Riaux | 19 décembre 2021

Le Cinquième Elément est peut-être le plus éclatant succès de Luc Besson et demeure un film culte. Mais pourquoi aime-t-on autant cet improbable nanar ?

Le blockbuster de science-fiction Valerian et la Cité des mille planètes aura accéléré la chute d'Europacorp, tentative française d'émuler les studios hollywoodiens, mue par les ambitions du scénariste, réalisateur et producteur de Luc Besson. Budget pharaonique avoisinant les 180 millions d'Euros, adaptation d'une oeuvre culte, casting international, promotion massive... rien n'avait été laissé au hasard, mais le public ne fut pas au rendez-vous, accélérant la chute d'une firme déjà fragilisée par d'importants investissements.

Un bide cinglant (Anna) et plusieurs accusations d'agression sexuelle plus tard, le blason Besson semble durablement terni, irrémédiablement loin des étoiles, cosmiques comme Hollywoodiennes. Et pourtant, 20 ans avant Valerian, c'est bien un projet gargantuesque, quasi suicidaire et aux aspirations galactiques qui l'asseyait comme l'unique metteur en scène hexagonal en mesure de se mesurer au cinéma de divertissement américain.

En 1997, Le Cinquième élément débarquait dans les salles obscures, fascinant le public français, mais également international. Un quart de siècle plus tard, en quoi le long-métrage, glorieuse Madeleine de Proust pour les uns, stupéfiant nanar pour les autres, demeure le plus emblématique et hors-norme de son auteur ?

 

Le Cinquième Elément : afficheEt un cinquième pour la route

 

CELLULOÏD HURLANT

Lorsque débarque en grande pompe Le Cinquième Elément, Luc Besson est déjà un des cinéastes français les plus connus. Le public le suit avec enthousiasme depuis Le Grand Bleu, film remarqué, dont une projection tiédasse à Cannes a valu à son auteur de se sculpter une légende un brin démago de grand divertisseur détesté par la critique. Nikita et Léon auront par la suite achevé de le légitimer comme le seul en France désireux de se frotter au cinéma américain. Et si cette ambition est au coeur du blockbuster de science-fiction qui nous intéresse, ce dernier est bien loin de n'être qu'un succédané de Star Wars ou des franchises anglo-saxonnes.

Deux décennies le séparent encore du grand barnum où il conviera Dane DeHaan et Cara Delevingne, mais déjà on sent l'influence de la bande dessinée Valerian, notamment des dessins de Jean-Claude Mézières. Et pour cause, ce dernier participera activement à l'élaboration de l'univers du métrage... ou presque. En 1991, Besson l'approche pour développer l'identité visuelle de Zaltman Bléros, projet qui ne verra finalement pas le jour, mais dont la matrice esthétique va servir de base, notamment aux décors urbains dans lesquels évoluent Korben Dallas et Leeloo.

 

Le Cinquième Elément : photoFantassin de la police

 

On y retrouve le goût de la verticalité du dessinateur, une composition des planches qui arrivera à l'écran parfois presque intacte. C'est vrai des immeubles pharaoniques qui composent la mégalopole, mais aussi de certains intérieurs, qui en conserveront le mélange de luxe baroque, marié à des structures plus industrielles. Jusque dans l'agencement des couleurs, Le Cinquième Element trouve régulièrement une plaisante source d'inspiration. Et au-delà de la filiation directe avec une oeuvre très populaire en Europe, ces passerelles qui se dessinent déjà entre l'univers de Besson et celui de Valerian permettront à ce projet fou de réussir un premier tour de force.

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commentaires
Eric
22/12/2021 à 06:54

Toute une époque ! J'étais ado à la sortie du film. Je me rappelle de l'excitation générée par l'apparition dans les salles du "Le cinquième élément". Pour moi, cela reste une madeleine de Proust dont j'accepte avec affection les défauts...

Jo le clo
20/12/2021 à 12:30

@JR.
Ça risque d'être intéressant.
Oui, je suis obligé d'écrire mon pseudo comme ça, par ce que EL m'explique qu'il est déjà utilisé.
Ben oui, c'est oime.

Kojak
20/12/2021 à 11:16

Moi j'ai trouvé ce film super green

Euh
20/12/2021 à 11:00

Nanar déjà insupportable à sa sortie

Anderton
20/12/2021 à 10:21

Nanar... C'est un peu exagéré !
Certes, le film a un peu mal vieilli, certains choix artistiques paraissent kitsch aujourd'hui et des éléments du scénario sont très légers (et c'était déjà le cas en 1997) comme les origines et motivations de cette boule de feu, les intérêts de Zorg à être le bras droit de ce mal absolu, etc.
Néanmoins, ce film est jouissif et reste une exception à la fois ciné, SF et culturelle ! Et à l'époque c'était une sacrée claque; pour rappel, dans les années 90, la SF c'était avant tout la série X-Files, ID4 (sorti un peu moins d'un an auparavant), et MIB (3 mois plus tard). Là, Besson nous offrait de la SF colorée, fun et décomplexée malgré une base assez dystopique (surpopulation, pollution, conditions sociales dégradées, état/univers policier...) et un propos noir (destruction pur et simple de la Terre).
A l'époque, adolescent, j'avais adoré. Maintenant, adulte, ça me fait encore plaisir de voir ce film à chaque rediffusion !

JR
19/12/2021 à 21:14

@Jo,
D'accord, mais seulement si @rientintinchti est OK pour un trouple.

Jo le clodo
19/12/2021 à 21:08

JR, je t'aime d'un amour vrai et sincère.
Veut tu m'épouser ?

Xbad
19/12/2021 à 20:56

J'avais tellement aimé le film que je m'étais fait le bouquin à l'époque, c'était hyper rafraîchissant, tout ce qu'il faut de déluré, même la BO d'Éric serra faisait partie de ma playlist (de cassettes lol) je me le refais régulièrement avec plaisir

Jean Michel
19/12/2021 à 20:02

Un nanar ? Venant d'un journal dont la majorité de ses pages parlent de productions Marvel, Netflix,Disney, mangas etc... , c'est plutôt une bonne critique ;) !

Numberz
19/12/2021 à 18:11

@pi (dans le rôle d'@pi)

"ses décors, ses costumes - déjà à l'époque -, ses accessoires, son histoire, Bruce Willis déjà en descente, ses effets spéciaux inégaux, sa musique."

La seule chose peut être critiquable, comme tout les blockbusters funs depuis l'aube des temps, c'est l'histoire. Mais le scénario je trouve tiens en haleine.

Pour le reste, dire que décor, costumes, musiques... Sont mauvais ou kitsch ou autres, c'est franchement de la mauvaise foi. Pour moi il fait parti de la pop culture des années 90 2000 et est définitivement culte justement pour tout ce que vous indiquez comme nuls.
Le film s'assume tellement dans son ironie et dans son spectacle, dans sa générosité... Moi je l'aime d'amour ce film. Bien sûr on peut avoir des avis différents mais franchement, critiquer le film sur les FX, les costumes, les décors et la zic...

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