Meurs, monstre, meurs : pourquoi il faut voir cette enquête tentaculaire et baveuse

Simon Riaux | 6 mai 2019 - MAJ : 06/05/2019 12:37
Simon Riaux | 6 mai 2019 - MAJ : 06/05/2019 12:37

Découvert en 2018 à Cannes, au coeur d'une édition très riche de la sélection Un Certain regard, c'est un an plus tard que Meurs, monstre, meurs débarque sur nos écrans. Création inclassable et mutante, le film d'Alejandro Fadel nous a tapé dans l'oeil.

 

 

RENDEZ-VOUS EN TERRE INCONNUE

Rares sont les films dont le spectateur ne peut pas deviner sur quel pied ils vont le faire danser. Chronique meurtrière qui valse de mystère en absurdités, récit d’amours impossibles et contrariés, puis pur film d’horreur atmosphérique, Meurs, monstre, meurs grouille littéralement d’idées.

Mis en scène avec rigueur et créativité, ce récit dont l’enquête vire progressivement au questionnement surréaliste ne nous offre aucune zone de confort, en dépit de ses régulières saillies humoristiques. Œuvre venue d’Argentine, cette histoire inclassable prend un malin plaisir à détourner des codes de genre trop connus, pour mieux nous surprendre.

 

photoEt bon appétit bien sûr

 

UNE AUTRE ANGOISSE

L’angoisse que distille Meurs, monstre, meurs est d’un type passionnant, parce que rare sur grand écran, et aux antipodes des stéréotypes que nous rencontrons le plus souvent au cinéma. Dans sa manière d’aiguiller le spectateur pour l’amener sur un terrain inconfortable, organique et puissant, le film d’Alejandro Fadel évoque souvent le brillant The Strangers.

Le chef d’œuvre de Na Hong-Jin se gardait bien d’arrêter la nature de la peur qu’il distillait avant ses ultimes minutes. Et comme le cinéaste coréen, Fadel fait un choix particulièrement radical dans le dernier acte, qui lui permet non seulement de désarçonner le public, mais de lui rappeler que le monstre du titre est tapi en lui.

 

photoUn enquêteur pas au bout de ses surprises

 

UNE BELLE BÊTE

On apprécie d’autant plus le métrage qu’il ose se conclure avec une décision radicale, véritablement risquée. On ne va évidemment pas vous spoiler quel est vraiment le monstre du titre, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que vous n’êtes pas prêt.

Avec le dévoilement de son meurtrier d’un genre un peu particulier, Alejandro Fadel fait un choix super fort : celui de s’aventurer simultanément sur le terrain de la symbolique et du grand guignol. Concept bizarroîde, baroque, cradingue et délirant, le « monstre » du film vous passionnera ou vous sidérera, mais il risque bien de ne pas vous laisser indifférent.

 

photoUne inquiétante virée en voiture

 

FADEL LE FADA

Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à la naissance d’un auteur, et Alejandro Fadel est des plus prometteurs. Artiste complet, on lui doit un premier film, à tendance gentiment hallucinogène, le très beau Los Salvajes, dévoilé en 2012.

Mais le cinéaste ne chôme pas, puisqu’il est aussi le scénariste de Pablo Trapero, avec lequel il travaille une veine plus réaliste et directement politique de son cinéma. Gageons que cette expérience ainsi que son deuxième film Meurs, monstre, meurs, plus ouvertement délirant, le prépareront à exploser et nous surprendre encore.

 

Affiche française

commentaires

Lili124
15/05/2019 à 22:14

Idem. Petite séance supplice à Gérardmer. Du cinéma poseur, complaisant et... oui, chiant et prétentieux à crever. Pour s'aventurer hors des sentiers battus il faut du génie; N'est pas Lynch qui veut. Lourdingue et neuneu jusqu'au ridicule. Les critiques sont tombées dans le panneau, forcément...

sylvinception
07/05/2019 à 13:26

"chiant comme la mort. "

Simon Riaux approved!!

Albator84
06/05/2019 à 17:01

Vu à Gérardmer, hormis le final qui sauve le film, j'ai trouvé cela chiant comme la mort. Je ne reproche rien à Arte mais en tt cas, on comprend le lien....

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