Avant Us : 13 histoires de doubles terrifiantes, traumatisantes ou simplement cool

La Rédaction | 22 mars 2019 - MAJ : 23/03/2019 10:57
La Rédaction | 22 mars 2019 - MAJ : 23/03/2019 10:57
photo, Brooke Adams
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Le motif des doubles au coeur du film Us est quasiment un sous-genre à part entière.

Deux ans après le phénomène Get Out (du carton en salles à l'Oscar du meilleur scénario original), Jordan Peele est de retour avec Us (voir notre critique ici). Dans ce nouveau cauchemar avec Lupita Nyong'o et Winston Duke, il est question de doubles maléfiques, qui viennent bouleverser le quotidien d'une famille a priori ordinaire. 

Un motif génial du cinéma de genre (et pas que), qui a été exploité par beaucoup d'autres cinéastes et scénaristes déjà. Retour sur quelques versions particulièrement marquantes.

 

ATTENTION SPOILERS

 

 

LOST HIGHWAY 

Depuis ses origines, le cinéma de Lynch est traversé de créatures mutantes, et d’entités troubles aux desseins énigmatiques. L’auteur a poussé sa logique et les sens que le spectateur pourra y greffer dans leurs derniers retranchements avec Lost Highway. C’est simple : la figure du double et de l’Autre, imprègne chaque aspect du film, jusqu’à en faire une gigantesque fable schizophrène, écrite depuis le terrier du lapin inventé par Lewis Carroll.

Fred vit avec Renee. Leur existence commence à se dérégler quand leurs sont envoyées des vidéo de surveillance de leur domicile, puis celle de Fred assassinant Renee. Envoyé en prison, Fred se transforme soudain en Pete, sorte d’anti-double de lui-même que le film suit alors qu’il sort de prison et rencontre… le double de Renee.

De sa structure à ses personnages, tous écrits comme la réflexion d’un précédent, Lost Highway est un voyage dans un palais des glaces, qui va pousser l’amour de la dualité jusqu’à fonctionner à la manière du double maléfique de Mulholland Drive. Le film pourrait n’être qu’un trip vaporeux dénué de tout intérêt, mais il s’impose au contraire comme une des plus belles rêveries de David Lynch, grâce à une puissance évocatrice peu commune.

 

photo, Patricia ArquettePatricia Arquette et Balthazar Getty

 

POSSESSION 

Plus connu pour ses drames romantiques émaillés de passions extrêmes que pour son amour du fantastique radical, Andrzej Zulawski a marqué le monde des cinéphiles avec Possession, et inspiré des dizaines de créateurs après lui, enfantant indirectement des propositions aussi diverses que Silent Hill ou Martyrs. Car si son film contient la plupart des traits caractéristiques de son cinéma, ces derniers semblent littéralement magnifiés par la thématique du double, qui offre ici au cinéaste quantité de ressorts dramatiques éreintant pour le spectateur.

Nous suivons ici la catastrophique dégradation d’un couple, alors que la tension se focalise sur le personnage d’Anna (hallucinante Isabelle Adjani), qui entretiendrait une relation adultère avec… une créature pour le moins visqueuse. Anna est-elle schizophrène ? A-t-elle été remplacée par une entité en tout point identique ? Est-elle le monstre ou sa victime ?

Drame étouffant autant que métaphore d’un régime communiste finissant, où le faux et la duplicité règnent en maître, Possession n’a de cesse d’enserrer son public dans un jeu de faux-semblants qui délivre choc après choc. Confiant un rôle complexe à Isabelle AdjaniAndrzej Zulawski prend le risque de faire de la comédienne la clef de voûte du dispositif poétique et horrifique sa seule performance. Le résultat est encore aujourd'hui une des compositions les plus fascinantes jamais vues à l'écran.

 

photo, PossessionAdjani dans l'un de ses rôles les plus extrêmes

 

LES PROFANATEURS DE SEPULTURE 

Une certaine idée du cauchemar absolu avec cette invasion alien terrifiante, imaginée par l'écrivain Jack Finney en 1955, et adaptée en film en 1956, 1978, 1993 et 2007. La version de Philip Kaufman avec Donald Sutherland est certainement la plus puissante, retranscrivant merveilleusement le sentiment d'impuissance, de cauchemar sans issue, qui dévore le monde petit à petit. 

La menace venue d'ailleurs s'abat sur Terre sans raison ni but, si ce n'est de dévorer et remplacer chaque être vivant par sa copie presque conforme. Sorti d'une cosse monstrueuse, ce double sans émotion ne peut naître que lorsque l'être original est endormi. Cette créature littéralement née d'un mauvais rêve est l'abomination ultime, qui laisse le "vrai" humain se déssécher et tombeau en morceaux une fois que sa vie a été aspirée par l'horreur.

Si L'Invasion des profanateurs de sépulture de 1956 reste un modèle du genre, que Body Snatchers d'Abel Ferrara a des idées, et que le Invasion avec Nicole Kidman est un rendez-vous manqué (en partie à cause d'une production compliquée et de reshoots), L'Invasion des profanateurs est un monument de l'angoisse absolu. Les cocons qui se réveillent tandis que le héros s'endort dans la serre, Elizabeth qui ne se réveille plus et meurt dans ses bras, le plan final terrassant et le visage paniqué de Veronica Cartwright : difficile de trouver invasion alien plus terrible.

 

Photo Donald Sutherland Donald Sutherland et l'angoisse absolue

 

FAUX-SEMBLANTS

Deux jumeaux surdoués, gynécologues et brillants, partagent tout, de leurs repas à leurs compagnes, en passant par leurs patientes. Mais quand ils rencontrent une comédienne dotée d’un utérus trifide, leur relation, puis leur monde, s’en retrouvent complètement bouleversés. Voilà un terrain immensément complexe et pervers pour deux interprètes en état de grâce : Geneviève Bujold et Jeremy Irons.

Prenant toujours plaisir à réinterroger des figures de nos mythologies collectives, David Cronenberg s’attaque ici au double, mais en retournant complètement sa représentation classique. En effet, le cinéma a presque toujours appréhendé cette altérité menaçante et possiblement surnaturelle par le biais de son surgissement, faisant naître de la découverte d’une copie une angoisse existentielle, un doute métaphysique.

Ici c’est l’inverse qui créé la terreur, le malaise. Deux être convaincus de vivre en parfaite osmose sont sur le point de découvrir qu’ils sont finalement deux individus sur le point de choisir chacun leur voie. Psychologiquement d’une grande finesse, humainement terrifiant, et doté de quelques séquences de gynécologie expérimentale parfaitement cauchemardesque, Faux-semblants est un des meilleurs films de son auteur.

 

Image 662037Irons et Irons

 

ENEMY

Denis Villeneuve est dorénavant un mastodonte d'Hollywood, bien connu du grand public depuis Prisoners, SicarioPremier contact et surtout Blade Runner 2049. L'attente autour de son adaptation de Dune, en cours de tournage, confirme, s'il le fallait encore, que le cinéaste quebecois compte énormément dans le paysage cinématographique actuel. En 2013, deux ans après le succès critique d'Incendies, il marquait pourtant déjà les esprits avec son excellent Enemy.

Premier film hollywoodien de Denis Villeneuve, Enemy est un superbe thriller fantastique centré sur les thèmes de l'obsession, du fantasme et de la tentation porté par un double Jake Gyllenhaal incroyable. Le long-métrage raconte l'histoire d'Adam, un prof d'histoire qui mène une vie tranquille avec sa compagne jusqu'au jour où il tombe sur son parfait sosie. S'installe alors un récit troublant où Denis Villeneuve décuple au fil des minutes le bouleversement émotionnel et le désordre psychologique d'Adam nés avec cette découverte.

Difficile alors de démêler l'énigme mise en place tant le film joue avec les perceptions de chacun. Le moyen parfait de créer une oeuvre passionnante et envoutante, sorte de puzzle mental à l'atmosphère vénéneuse et anxiogène. Le dernier plan du film, grandiose phobie ensorcelante, laisse inévitablement le spectateur perturbé et destabilisé pendant longtemps.

 

Photo Jake GyllenhaalJake vs Jake

 

THE BROKEN 

Sean Ellis avait été propulsé par son court-métrage Cashback, devenu un long-métrage en 2006. Son ascension a priori flamboyante aura été stoppée net dès son deuxième film, et confirmé depuis par les sorties très discrètes de Metro Manila et Anthropoid. Et c'est presque un hérésie tant The Broken est un objet fascinant et féroce, qui méritait bien mieux.

Porté par une Lena Headey pré-Game of Thrones, le film raconte comment la vie d'une femme a priori ordinaire bascule suite à sa rencontre avec une autre, qui lui ressemble trop pour être honnête. Le point de départ est tout simple, et The Broken tire cette fine ficelle avec une subtilité et une économie de moyens folle. Pas de spectaculaire, d'hémoglobine ou de démonstration de force : ici, tout est attente, menace sourde et abstraite, doute profond et trouble omniprésent. 

Il y a bien sûr quelques scènes marquantes, et notamment un hommage vibrant et sanglant à la scène de la douche de Psychose, mais Sean Ellis n'est pas là pour épater la galerie, ou offrir des frissons faciles. Le réalisateur distille l'angoisse scène après scène, avec un sens du cadrage et du montage remarquable. Avec une assurance impressionnante, il étire les plans, créé le trouble en lieu et en place du sursaut de bas étage. La figure du doppelganger est exploitée dans les clous certes, mais avec une froideur terrifiante.

La photographie métallisée d'Angus Hudson, la musique envoûtante de Guy Farley, et bien sûr la classe folle de Lena Headey terminent de faire de The Broken un film à (re)découvrir.

 

Photo Lena HeadeyLena Headey, Broken mais éblouissante

 

LES FEMMES DE STEPFORD 

Oubliez Et l'homme créa la femme, affreux remake de Frank Oz avec Nicole Kidman. A l'origine, il y a une adaptation du livre d'Ira Levin sortie en 1975, et réalisée par Bryan Forbes. Un film qui n'a pas rencontré son public, a suscité de vives réactions, mais qui est devenu culte au fil des années - au point de largement inspirer Jordan Peele pour Get Out. C'est plus que mérité tant cette histoire de petite ville idyllique est un brûlot féministe.

Lorsque l'héroïne (incarnée par Katharine Ross, inoubliable Elaine Robinson dans Le Lauréat) quitte la vie bruyante et moderne de New York pour s'installer avec son mari et leurs enfants dans la petite ville de Stepford, elle découvre quelque chose d'incroyable : des femmes au foyer dociles et magnifiques, qui semblent parfaitement comblées par leur quotidien trivial et leurs maris médiocres. Et cette paix sournoise transforme peu à peu les habitantes.

L'idée de génie du livre, et du film, est de tordre les thématiques (l'émancipation, la crise sociétale, l'effondrement des rapports homme-femme, la défiance et la peur des hommes face au mouvement de liberation de leurs femmes) pour créer une fable de science-fiction glaçante sur la domination masculine. Le glissement vers le film de genre est lent et fascinant, et quelques décennies plus tard, l'impact reste diablement efficace.

Que le cauchemar se termine sur une note noire achève le spectateur, qui ne ressortira pas indemne de l'expérience. Qu'il soit encore si pertinent et en phase avec le monde, 44 ans après, est tout aussi effrayant.

 

photo, Katharine RossKatharine Ross, lauréate du féminisme grinçant

 

THE DOUBLE 

C'est l'irrésistible Moss de The IT Crowd oui, mais c'est depuis un réalisateur à suivre de très près. Après Submarine, très beau film sur l'enfance et l'adolescence, Richard Ayoade marquair un gros coup avec son deuxème essai. Librement adapté du roman de Dostoïevski, The Double est une comédie absurde, étrange, décalée, visuellement magnifique, et portée par un Jesse Eisenberg jamais aussi à l'aise que dans les rôles de types nerveux et tremblotants.

Hyper théâtral et profondément cinématographique, régulièrement drôle mais constamment angoissant, c'est un film de paradoxe, d'une richesse étourdissante (la direction artistique est à se damner). Le double est ici la porte ouverte vers un cauchemar effroyablement grotesque, quand un homme timide et écrasé par les autres rencontre un nouvelle collègue, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Sauf que l'autre est assuré, charismatique, et extraverti.

Le début d'une lutte morbide et intime, où les masques s'échangent autour de la quête d'une femme (Mia Wasikowska), dans un jeu de manipulation et faux-semblants de plus en plus étrange.

 

Jesse Eisenberg The Double Le bien-être

 

TRIANGLE 

Ce n’est pas une super idée de se retrouver coincée avec des copains peu débrouillards dans un vaste bateau de croisière abandonné. À fortiori quand une mystérieuse silhouette y exprime une certaine folie meurtrière. C’est malheureusement la situation dans laquelle se retrouve Melissa George, bientôt obligée d’affronter l’assassin, comprenant trop tard qu’il s’agit de son double…

Avec ses faux airs de récit fantastique recyclant les paradoxes du triangle des Bermudes, Triangle a la bonne idée de berner son monde, avant de plonger le spectateur dans une deuxième partie d’une grande cruauté, alors que notre héroïne se perd dans une spirale de morts et de confrontations vertigineuses. Mais la belle idée du film de Christopher Smith (Creep, Severance) demeure la clef de voûte de son énigme, le secret que tente désespérément d’étouffer le personnage principal, qui consacre la figure du double comme un ennemi intime capable de tordre les genres.

Ce n'est pas un artefact de science-fiction qui provoque ici la déchirure du réel, mais bien les contradictions internes de notre protagoniste, dont les souffrances comme les vicissitudes apparaissent progressivement. Finalement plus bouleversant que flippant, Triangle confronte deux facettes d'une même personnalité, l'une s'efforçant de refouler la culpabilité, la seconde luttant pour révéler au grand jour.

 

photo, Triangle Retourne-toi !

 

NE TE RETOURNE PAS

Jeanne est écrivaine, spécialisée dans les publications historiques, désireuse de passer à la fiction. Alors qu'elle se débat avec ce projet sans y parvenir, son appartement commence à se transformer, jsuqu'à ce qu'elle n'en reconnaisse plus les habitants : ses enfants et son compagnon se transforment mentalement et physiquement. C'est finalement elle, qui entame une métamorphose stupéfiante. Jeanne devient une nouvelle Jeanne. Elle entreprend alors de découvrir à qui appartient la vie qu'elle duplique, et qui, d'elle ou de sa double, est l'originale.

Le long-métrage de Marina De Van est simultanément limpide et difficile d'accès. Limpide parce que son récit mérite à lui seul le détour, que le portrait qu'il dresse d'une femme doutant de là où réside le vrai du faux fonctionne à plein, combiné avec une intrigue autour de la figure du double, à fortiori quand elle bénéficie d'effets spéciaux visuellement stimulants. Complexe, parce que cette confrontation entre Sophie Marceau et Monica Bellucci réserve son lot de séquences malaisantes et ne parvient pas tout à fait à satisfaire lors de sa conclusion.

Enfin, cette curiosité demeure une des rares tentatives françaises de conjuguer drame intimiste, body horror et expérimentations numériques de haut vol, ce qui n'est pas rien.

 

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TWIN PEAKS

Vingt sept ans après le final sombre et traumatique de la deuxième saison de Twin Peaks, la Black Lodge est toujours geôlière de Dale Cooper (Kyle MacLachlan). Hypnotique et lente, de New York à Twin Peaks en passant par le Dakota du Sud et Las Vegas, Twin Peaks : The return flirte avec la narration labyrinthique du final de la saison précédente.

Catalyseur de tous ses maux, la Black Lodge se fait de plus en plus étrange tandis que l'enveloppe corporelle de l'agent devient un motif dichotomique 

Outre le vrai Dale bloqué dans a Lodge et son döppelganger aussi ténébreux que dangereux, curieux mélange entre Cooper et Bob (les traits de l'un et la coupe de l'autre) toujours dans la nature, Dougie Jones est l'autre double mais version homme-automate, créé dans le seul but d'enfermer le bon Cooper s'il parvenait à s'échapper de la Lodge.  

 

photo, Kyle MacLachlan, Sheryl LeeLa Black Lodge : un nulle part et nul temps qui catalyse le mystère 

 

Or l'utilisation de la figure du double ne s'arrête pas là : un nouveau personnage naît lorsque le vrai Dale Cooper prend la place de Doggie (qui meurt à l'instant ou il entre dans la Lodge). Pied de nez signé David Lynch et Mark Frost, les deux cinéastes vont balader sa silhouette pantelante et dévitalisée pendant treize épisodes (alors qu'il était l'essence des deux premières saisons), accomplissant le miracle de rendre ce nouveau Cooper profondément fascinant et bouleversant.

Cooper mute à sa manière, alors qu'il est toujours lui-même il flirte avec une forme de catatonie. Ce Dale Cooper, ce Doogie, presque complètement éteint, et qui doit se réveiller, devient rapidement aussi attachant que le Dale des deux premières saisons. Mais les raisons sont tellement différentes qu'il ne vient presque plus à l’esprit des spectateurs qu’il n’existe pas en tant que tel et que ce n’est autre que Cooper lui-même.

Il y a l’idée d’une hypnose collective : de même que l’entourage de Dougie ne réalise pas qu’il n’est pas Dougie, le spectateur peine à reconnaître que Cooper est toujours Cooper. Et même si c'est le cas, entre les doppelgänger et les autres personnages qui confessent explicitement qu'ils ne sont pas eux-mêmes - Audrey Horne (Sherilyn Fenn) ou Diane (Laura Dern) - les dédoublements se font légion et rendent le récit encore plus cryptique. 

 

 

photo, Kyle MacLachlan Dale Cooper, Doogie & Bob : questionnement autour du bien et du mal

 

BUFFY CONTRE LES VAMPIRES 

C'est dans l'épisode 9 de la saison 3, Meilleurs voeux de Cordelia, qu'un doppelganger mémorable apparaît : celui de Willow. L'ingénue et première de la classe est une vampire badass dans une autre dimension, que Cordelia va découvrir suite à un petit souhait qu'Anya (sa première apparition, bien avant d'être un élément du Scooby gang) exauce par surprise.

Enervée, la gentille garce incarnée par Charisma Carpenter souhaite ainsi que Buffy Summers ne soit jamais arrivée à Sunnydale. Bravo le veau : elle se retrouve dans une dimension parallèle où Buffy n'est pas passée par là, n'a pas tué le Maître, et n'a pas nettoyé les rues tous les soirs. 

Cordelia ne survit pas longtemps, justement tuée par Alex et Willow, mais le spectateur pourra longuement profiter de cette version alternative. Un monde où Alex tue Angel, avant d'être tué par Buffy, tandis qu'Oz tue Willow et que le Maître finit par abattre la tueuse. Tout reviendra dans l'ordre dans un ultime geste de Giles, qui pour sa part reste intelligent même ici.

L'idée de Willow dédoublée sera centrale dans l'épisode 16, Les Deux Visages, encore une fois à cause d'Anya. Pour retrouver ses pouvoirs, elle demande de l'aide à Willow. Le sort ramène par accident l'autre Willow, et c'est un malicieux jeu de faux-semblants qui commence : la vraie Willow a envie de changer de look pour paraître moins rigide, la fausse Willow est attaquée par les hommes de main du maire, les héros pensent que leur amie est devenue vampire, et la vraie Willow prend le rôle de son double et tente de sauver une prise d'otage.

C'est drôle et malin (mention spéciale à Willow vampire qui retourne dans sa dimension... pour quelques secondes). Et le double est ici utilisé pour mieux définir le personnage d'Alyson Hannigan.  C'est l'un des épisodes préférés de Joss Whedon, et c'est normal.

 

photo, Sarah Michelle Gellar, David Boreanaz, Alyson HanniganWillow bis

 

STAR TREK 

Dans l'épisode 5 de la saison 1, The Enemy Within, suite à un bug dans la matri… une anomalie dans le téléporteur de l’Enterprise provoque la création d’un double maléfique du Capitaine Kirk quand ce dernier est ramené dans le vaisseau. Ce double est violent, libidineux, alcoolique et… destructeur.

Mais il ne s’agit pas vraiment d’un double. L’intrigue nous fait comprendre peu à peu que ce bon vieux Jim a été séparé en deux : d’un côté Good Kirk, et de l’autre, Bad Kirk.

Et ce Good Kirk, qui n'est que gentillesse, logique et compassion, comprend qu’il ne peut pas se passer de son alter ego maléfique, car il est une partie de lui. La colère de Bad Kirk est ce qui anime sa volonté de commander. Et c’est là que le titre de l’épisode, The Enemy Within, prend tout son sens : la noirceur enfouie en nous est aussi ce qui nous rend humain (mais c'est quand même mieux quand on la maîtrise hein).

 

photo, William ShatnerMesquin Kirk

 

Ce qui est intéressant, c'est que Bad Kirk est celui qui craint l'autre ! Mais Good Kirk a un plus grave problème : avec sa volonté de commander, il perd aussi sa capacité à prendre des décisions. Des décisions qui aideraient grandement l'équipe du Lieutenant Sulu à ne pas mourir de froid sur la planète qu'elle étudie (oui parce que du coup le téléporteur du vaisseau est légèrement cassé).

Eh oui, il y a beaucoup de philosophie dans Star Trek (y en a en fait dans toute la science-fiction). Et les idées de la série de Gene Roddenberry sont souvent reprises un peu partout. Notamment dans la saison 3 de Rick et Morty quand nos deux héros "éliminent" leurs toxines qui sont en fait leur colère, leur égo, manque d'assurance, etc. Ou encore dans Naruto Shippuden.

 

photoPour l'amour de la SF

commentaires

Gromit
25/03/2019 à 10:26

Vous avez oublié le père de tous les autres : L'ETUDIANT DE PRAGUE, que ce soit dans la version de 1913, ou celle de 1926... Incontournable(s) !

Maurice Escargot
23/03/2019 à 18:56

@Cydjeo : mais il n'y a pas une dernière confrontation entre les deux ? Dans mon souvenir, Angel lui adresse une dernière parole désespérée avant qu'elle ne le balaie durement...

Mr Vide
23/03/2019 à 09:44

Et aussi The Barbarians !

Cydjeo
23/03/2019 à 08:57

@Maurice Escargot
Si si, c'est bien Alex qui bute Angel: Buffy arrive au Bronze, vise le Maitre avec son arbalète, mais il se protège avec Alex, qui reçoit la flèche dans l'épaule. Sim grosse baston, Angel libère les prisonniers. Alex court pour buter Buffy, Angel s'interpose et se fait planter ladite flèche dans le coeur. A pu Angel.... :)

Sinon ouais j'avais vraiment beaucoup aimé le film Triangle! Pas le film de l'année, loin de là, pas un jeu d'acteurs de ouf, mais cette idée d'utilisation du double, et cette version pas clichée du tout pour une fois, du triangle des Bermudes, j'ai trouvé ça chouette!! Et quand on comprend la fin, la notion du triangle prend tout son sens...

rufer
22/03/2019 à 19:47

C'est une grosse faute professionnelle d’omettre de votre liste Double Impact, Maximum risque et Replicant :)

Maurice Escargot
22/03/2019 à 19:10

"Un monde où Alex tue Angel avant d'être tué par Buffy"
Non, Buffy tue Angel, pas Alex. C'est justement là tout l'intérêt de ce plan : montrer que dans cette dimension, la Tueuse est totalement déshumanisée au point de tuer fissa celui qu'elle aime passionnément dans sa dimension d'origine.

Luludo22
22/03/2019 à 18:49

@la rédac et bien moi je vous aurais suivi .... sinon très bon article

Geoffrey Crété - Rédaction
22/03/2019 à 18:30

@Luludo22

Vous excusez pas, il était dans notre pré-sélection, et on s'est dit qu'on allait nous engueuler car c'est pas vraiment un double comme dans Us et les autres gros films cités, etc :)

Luludo22
22/03/2019 à 18:29

J aurais parlé pour ma part de vertigo, même. si le double n en n est pas le thème principal,.... je veux tjr mettre du Hitchcock partout.....dsl

C1nepage
22/03/2019 à 17:40

Je voulais dire Coraline, et non Madeline. Vous aurez corrigés par vous-mêmes.

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