Once Upon a Deadpool : que vaut la version familiale du plus psychopathe des super-héros ?

Christophe Foltzer | 17 janvier 2019
Christophe Foltzer | 17 janvier 2019
photo Once upon a deadpool
55

Quelque part, cela nous fait bien plaisir que Deadpool ait enfin eu une vraie adaptation cinéma. Enfin, surtout pour lui et Ryan Reynolds, peu avantagés avec leur traitement dans X-Men Origins : Wolverine. Bon, après, c'était pas une raison pour en faire des tonnes non plus quoi.

Si le premier Deadpool avait été un carton gigantesque lors de sa sortie en 2016, et qu'il avait plutôt agréablement surpris tout le monde, on ne peut pas en dire autant de sa suite Deadpool 2, sortie l'an passé. Pourtant, il a quand même amassé quelques 743 millions de dollars dans le monde (là où le premier arrivait presque à 785 millions) ce qui a suffi à la Fox pour lancer enfin la saga étendue avec le projet X-Force qui devait bientôt être tourné par Drew Goddard avant que de sales rumeurs n'évoquent sa possible annulation il y a quelques jours.

Dans l'attente du verdict, il est bon de se pencher sur la petite friandise offerte par le super-héros à Noël, réservée à l'Angleterre et aux Etats-Unis pour une exploitation salles très limitée, et que nous avons enfin pu voir : Once Upon a Deadpool.

 

photo Once upon a deadpoolDeadpool nous raconte une histoire

 

UN CONTE DE NOËL

Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'histoire, Once Upon a Deadpool est en réalité une version expurgée et remontée de Deadpool 2 à destination de toute la famille. Passant d'une classification R à une classification PG-13 (équivalent chez nous à "interdit aux moins de 16 ans" et "déconseillé aux moins de 12 ans"), il propose donc une relecture du film sans ses momentts les plus graphiques ou les plus vulgaires.

Une entreprise qu'on n'avait pas vu venir et qui nous rendait particulièrement perplexes tant l'ADN de Deadpool réside justement dans ce jusqu'au-boutisme rigolard, son langage chargé et ses instants gênants. Ici, rien de tout ça. Pour compenser, le film (qui dure quand même 1h58) a tourné un certain nombre de nouvelles séquences, réenregistré bon nombre de dialogues (pratique vu que Deadpool porte un masque tout en utilisant la technique du hors-champ) et créé une nouvelle narration en ajoutant toutes les nouvelles scènes.

 

X-ForceLa X-Force, le grand sacrifice comique du film

 

Comme on s'y attendait, c'est bel et bien le nouveau cadre qui constitue le point fort du film : Deadpool a kidnappé le comédien Fred Savage pour lui raconter l'histoire du film tout en recréant le décor et les situations du cultissime Princess Bride de Rob Reiner, sorti en 1988. Le film où Savage jouait le rôle d'un adolescent grippé et un peu désabusé à qui son grand-père racontait une histoire romanesque et burlesque pour lui faire retrouver une certaine magie de l'enfance tout en le préparant à sa vie d'adulte. Un film magnifique transformé en gigantesque clin d'oeil qui fonctionne à merveille pour les fans. D'autant que Fred Savage y est particulièrement excellent, jouant habilement avec la nostalgie et son statut d'adulte passé à autre chose.

Pourtant cette idée intéressante amène un gros défaut. Comme dans Princess Bride, Fred Savage coupe le récit pour y apposer ses commentaires, ses réflexions et ses doutes. Ce qui fonctionnait parfaitement dans le film de 1988 déséquilibre totalement la narration de Once Upon a Deadpool pour la simple et bonne raison que Deadpool 2 n'a jamais été conçu avec cette idée en tête. Le moment le plus délicat étant évidemment lorsque la X-Force exécute son saut en parachute et que l'interruption de Savage en coupe tout l'effet comique qui marchait très bien à l'origine.

 

photo Once upon a deadpoolPrincess Bribe

 

PETITS MICKEY

Privé de son contenu le plus (faussement subversif), Deadpool 2 nous montre ainsi par voie de conséquence toutes ses carences narratives et prouve que l'humour sale et dévergondé n'était que le cache-misère d'un scénario en carton, finalement très mal agencé et très consensuel. Car, si changements il y a, rien ne modifie en profondeur ce que nous connaissons déjà. Tout prouve que Deadpool 2 était avant tout une entreprise un brin arriviste, occupant une case laissée vacante par la concurrence mais qui ne dérogeait pas aux bons sentiments en vigueur dans l'industrie.

Au final, Deadpool 2 n'était choquant ou subversif qu'en façade, ce n'était qu'un moyen de faire passer une pilule maintes fois ingérée ces dernières années.

 

photo, Ryan Reynolds, T.J. MillerPar contre, y a toujours T.J. Miller

 

Sans sang, sans jurons, sans plans un peu osés, Deadpool 2 n'a plus aucune raison d'être et trahit son identité réelle : il n'est qu'un film gentillet comme les autres. Il y a pourtant un petit commentaire sur ce qui s'est passé entre la sortie des deux versions.

En effet, entre-temps, l'accord du rachat de la Fox par Disney a été validé et Once Upon a Deadpool s'en amuse gentiment. Le statut des personnages Marvel produits par la Fox est remis en question et Deadpool insiste bien, à plusieurs reprises, qu'ils appartiennent maintenant à Disney, révélant ainsi le secret de l'entreprise : se conformer au modèle Marvel pour espérer trouver sa place dans le MCU. Bref, Deadpool montre patte blanche.

 

Photo Zazie BeetzDomino reste le meilleur personnage du film

 

Que retenir alors de ce Once Upon a Deadpool ? Pas grand chose en réalité. Tout simplement parce que le film n'a aucune raison d'être pour lui-même, qu'il n'est que la capitalisation d'une marque populaire qui espère évoluer avec les grands vainqueurs et se plie en deux pour plaire au nouveau patron. On ne s'y ennuie pas, tout comme on ne s'y amuse pas beaucoup. C'est Deadpool 2 mais en moins bien, ce qui veut tout dire.

Aucune surprise, aucune réelle nouveauté, aucune plus-value qui vaille vraiment la peine qu'on s'y intéresse. Nous avons donc une pensée chagrinée pour ceux qui, outre-Atlantique ont claqué du pognon pour le voir au cinéma. En l'état, Once Upon a Deadpool ressemble plus à un délire de Youtuber qui se serait amusé à refaire les dialogues et à remonter le film pour le faire passer pour un produit tout public. Et c'est probablement ce qu'il aurait dû être au fond. Rien de plus, rien de moins.

 

photo Once upon a deadpool

commentaires

Flaquito
17/01/2019 à 16:16

me semble que, le but était, outre récolter quelques millions de dollars supplémentaires en décembre aux US, d'enfin s'offrir une sortie en Chine, nouvel Eldorado ! ce qui sera le cas grâce à cette version édulcorée, qui sort à la fin du mois.

@tlantis
17/01/2019 à 15:06

moi j'ai trouver sympa .

comme vous dite sa n'apporte rien mais sa passe le temps.

le film est clairment pas meilleur mais pas non plus bcp plus mauvais.

les phases diseny sont sympa mais sa suffi pas.

votre commentaire