Into the wild : critique sur la route

Vincent Julé | 1 février 2018 - MAJ : 17/02/2019 13:59
Vincent Julé | 1 février 2018 - MAJ : 17/02/2019 13:59

The Indian Runner, Crossing Guard, The Pledge... avec ses univers sombres, ses sujets dépressifs et ses personnages écorchés vifs, Sean Penn n'était à priori pas le choix naturel ou tout désigné pour mettre en images l'histoire vraie et la quête de liberté de Christopher McCandless. Pourtant, il y parvient avec brio avec Into the wild.

SEUL PENN

En metteur en scène exemplaire, directeur d'acteurs exceptionnel (il a donné au « monstre » Jack Nicholson quelques uns de ses meilleurs rôles) et humaniste maladif, Sean Penn relève un premier défi en se détachant du travail journalistique de Jon Krakauer dans Voyage au bout de la solitude en 1996. Il n'est plus question ici d'un simple témoignage mais de revivre le parcours, tout d'abord physique mais aussi psychologique, du jeune fugueur et baroudeur.

 

Adieu famille

 

Sean Penn réalise alors un véritable tour de force lorsque 15 ans plus tard, il suit ses pas, revisite les lieux qu'il a connu et filme ce qu'il a vu. Que cela soit avec 150 techniciens ou en équipe réduite avec seulement le réalisateur, l'acteur Emile Hirsch et le chef op français Eric Gautier (les films d'Olivier Assayas et de Patrice Chéreau et pour le coup Carnets de voyage), les plans et les images sont tour à tour intimes, étouffantes, touchantes, vertigineuses.

 

Emile Hirsch

LIBRE

Mais encore plus, l'acteur-réalisateur les met en scène de manière différente, originale, instinctive, expérimentale comme lorsque le spectateur au détour d'un regard est pris à parti ou que des séquences semblent sorties d'un hypothétique making of. À cette forme multiple et audacieuse répond un récit déstructuré, au début malaisé, où les temporalités et les espaces s'entrechoquent, se mêlent, et où la voix off peut venir de pensées, d'écrits, de citations ou du témoignage d'une sœur. C'est pourtant de cette jungle narrative et cinématographique que naît l'esprit d'Into the wild, ce souffle, cette liberté mais aussi cette humanité.

Car des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher rencontre autant de personnes que de visions du mondes ou de modes de vie. Ainsi lorsqu'il quitte un endroit, il quitte aussi des hommes et des femmes, marqués, changés, en pleurs. A la fin, le spectateur est comme l'un d'entre eux.

 

Résumé

Un grand cri de liberté.

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Lecteurs

(4.3)

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commentaires
Niklapo
02/02/2019 à 17:39

Ce film je le dédicace à Marie Pervenche qui se reconnaitra.

nilpo
01/02/2019 à 20:06

Ce film, je le dédicace à une gendarmette qui se reconnaîtra.

nilpo
01/02/2019 à 20:05

Ce film, je le dédicace à une keuf qui se reconnaîtra.

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