Columbo : critique culte

Stéphane Argentin | 2 décembre 2004 - MAJ : 10/03/2019 17:20
Stéphane Argentin | 2 décembre 2004 - MAJ : 10/03/2019 17:20

Ma femme me dit souvent…

Cigare à peine fumant entre les doigts, imperméable beige délavé, Peugeot 403 délabrée, échine courbée, yeux plissés : difficile de prime abord d'accorder ne serait-ce qu'une once de crédibilité et de professionnalisme à ce lieutenant de la police criminelle de Los Angeles. Et pourtant, le célèbre proverbe « l'habit ne fait pas le moine » n'a jamais pris autant de sens que dans le cas de Columbo. En dépit de son air con et de sa vue basse, mieux vaut en effet ne pas se fier aux apparences, car cet inspecteur-là en a à revendre dans le cigare.


Il faut dire aussi que derrière chaque meurtre sur lequel enquête le lieutenant il y a du sérieusement gratiné, et que pas mal de productions contemporaines feraient bien de louer un peu plus souvent les services des petits scribouillards de génie qui pondent les scénars d'une franchise vieille de plus de trente ans (le premier épisode remonte à 1968 !). Le concept est d'ailleurs demeuré inchangé depuis cette date (à une exception près) : le meurtrier et son mode operantis sont connus dès le départ, et c'est ensuite au minutieux boulot de fouineur de Columbo de faire le reste. Le parfait contre-pied du whodunit généralement en vigueur dans les thrillers.

Avec le lieutenant Columbo aux commandes de l'enquête, point de suspense foireux où toute l'intrigue s'effondre tel un château de cartes sitôt le meurtrier pressenti par le spectateur. Tout l'intérêt ne réside ici nullement dans le « qui » ou le « comment », mais dans la ou les failles commises dans ce supposé meurtre parfait par un suspect que le lieutenant flaire d'ailleurs dès leur première rencontre. Car, outre ce méticuleux furetage policier, c'est également à ces savoureux jeux de questions-réponses en face à face que la série doit une autre partie de son attrait. Jusqu'à l'épuisement (l'énervement), Columbo n'a de cesse d'interroger sans relâche le présumé meurtrier sur les points de détails les plus anodins et dont, ultime cynisme, il possède toujours la réponse à l'avance.


Et à ce petit jeu du « ne le prenez pas pour plus con qu'il ne veut bien le laisser paraître », Peter Falk incarnera à tout jamais le lieutenant Columbo, dans sa gestuelle, sa démarche et son parler. Se souviendra-t-on de lui autrement que sous ces traits ? Pourrait-on, ne serait-ce qu'une seule seconde, envisager un autre acteur endossant l'imper ? Difficile de l'imaginer, en effet. Et pourtant, il faudra peut-être bien un jour ou l'autre tourner la page Columbo / Peter Falk. Mais, même lorsque ce moment sera venu, le plus rusé des inspecteurs de L.A. nous ravira encore et toujours de ses enquêtes hautes en couleur, où même le plus mauvais des épisodes de la série dispose d'une rigueur et d'une saveur que bien peu de productions sur grand écran peuvent se vanter d'atteindre.

Résumé

commentaires

Colombongueil
10/03/2019 à 17:16

J ai vu tous les épisodes de la série Columbo,en francais,plus d une fois pour la majorité,j aime bien ,mais les parfaits chefs-d oeuvre sont rares;aussi,certains scénarios sont étrangement ficelés,la preuve accusatrice parfois boiteuse,l histoire passe parfois trop vite aux yeux des sperctateurs,sans assez de rebondissements,je soupconne plusieurs écrivains différents,contairement aux livtes originaux;mais je me délecte d une bonne partie de la collection quand meme;c est comme les nombreux romans d Agatha Christie;de très bons,des moyens....et de purs rasoirs,ou souvent le meurtre survient aux trois quarts du romans;si vous agréez,...ou non,a ce commentaire ,partagez-ca avec moi??

pat
02/08/2018 à 15:29

Columbo , une serie irremplaçable.

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