Star Wars : Episode II - L'Attaque des clones - critique du vomito special

Simon Riaux | 9 décembre 2019 - MAJ : 19/12/2019 10:45
Simon Riaux | 9 décembre 2019 - MAJ : 19/12/2019 10:45

Star Wars : Episode II - L'Attaque des clones repasse ce soir sur TMC à 21h15

La Menace fantôme marquait déjà un faux pas stellaire dans la saga Star Wars. Mais avec L'Attaque des clones, la fresque imaginée par George Lucas s’aventure sur les terres obscures du nanar galactique et révèle combien son créateur est passé du côté Obscur.

ÇA SE LA RACONTE PAS

Difficile pour le spectateur passionné par Star Wars de trouver un endroit où réfugier son regard, tant L'Attaque des clones s’évertue à gâter tous les ingrédients qui firent de la franchise une révolution. En matière de mythologie tout d’abord, le film achève le retournement amorcé avec La Menace fantôme, remplace l’épopée par un exposé historico-politique indigne d’un collégien amnésique, et l’aventure chorale par une amourette dénuée de toute profondeur ou d’enjeux dramatiques.

La chair (en raison d’un cataclysme technologique évident) est absente. On ne sent pas les caractères, la passion se dérobe et jamais George Lucas n’est à même d’empoigner ses personnages. Lui qui retourna le cerveau d’une génération se contente ici de dérouler des scènes filmées mollement, qui ne dépareilleraient pas dans un épisode des Feux de l'amour (les dialogues dans la maison Naberrie ont désespéré bien des spectateurs…). Que La Menace fantôme ait choisi de délaisser toute noirceur pouvait s'expliquer par la nécessité de faire d'Anakin un personnage initialement lumineux, mais on ne comprend jamais d'où vient l'exceptionnelle mièvrerie de cet Épisode II ni pourquoi rien ne vient nuancer ce bouillon de bons sentiments, tous plus simplistes les uns que les autres.

 

Photo Christopher LeeUn vrai film Dooku

 

Pour la deuxième fois, le réalisateur et producteur montre combien son propre récit lui échappe. Sur le papier, les péripéties sont innombrables, dans les faits, elle s’enchaîne à la faveur d’un montage atone, qui ne se pose aucune question de rythme, d’agencement ou d’impact émotionnel. Qu’Obi-Wan fasse le débile dans une usine de clonage ou que Padme gigote sur une chaîne de montage, on ne comprend jamais comment et pourquoi le film se traîne si misérablement, sans jamais aborder de front la nécessité de précipiter Anakin vers les ténèbres.

 

photo, Hayden ChristensenPadme mon amour

 

STAR BEURK

Écrit en dépit du bon sens et interprété par des acteurs encore manifestement peu habitués aux tournages sur fond vert, L'Attaque des clones demeure aujourd’hui un exemple quasi-inégalé de ratage esthétique et technique. Parmi les premiers films à avoir été majoritairement tournés en numérique, il a été enregistré en 1080p natif, un format qui interdit, contrairement à la pellicule, toute restauration afin d’affiner son image. Une erreur incroyable, qui rend d’ores et déjà le métrage pratiquement irregardable sur tous les téléviseurs 4K.

 

Photo Hayden Christensen, Ewan McGregor, Natalie Portman"Ah bah ça va faire bien sur nos CV"

 

Paradoxalement, cette disparition annoncée de la chose, ou à tout le moins son obsolescence prochaine, est peut-être ce qui pouvait lui arriver de mieux. L'Attaque des clones n’est pas seulement laid ou de mauvais goût, c’est un des bidules les plus moches jamais conçus. Comme si Lucas n’était jamais conscient qu’aucune des techniques dont il abuse n’est arrivée à maturité, il se perd en doublures numériques, fonds verts baveux et compositions absolument abominables. Qu'il s'égare le temps d'une course-poursuite à la platitude légendaire ou tente un piteux hommage à Ray Harryhausen dans une arène filmée à l'arrache, jamais Lucas n'arrive à proposer un semblant de spectacle.

Le point de néant de la saga sera atteint avec l’improbable climax, qui veut maquiller la mollesse de ce qui l’a précédé dans un déluge d’action. On n’en retient qu’une absence totale de chorégraphie, un enchaînement peut-être jamais vu d’effets ratés, des plans si radicalement immondes qu’ils feraient aujourd’hui honte au plus fauché des DTV. Et au milieu de tout cela, Yoda convulse frénétiquement, à la faveur d’un combat qui renie tous les acquis visuels, spectaculaires et dramatiques de Star Wars. Cet Épisode II est bien un clone, mais il n’attaque que lui-même.

 

Affiche

Résumé

Un des films les plus laids jamais produits, incapable de prendre en charge son principal (unique ?) enjeu dramatique, lui préférant une bluette ridicule, sur laquelle se greffe un complot politique navrant de transparence.

Autre avis Mathieu Jaborska
Horripilant à certains instants, surtout lorsque Anakin et Padme se la jouent L'amour est dans le pré, L'Attaque des clones se regarde juste pour certaines séquences d'action comme l'affrontement entre Yoda et un Christopher Lee possédé. Et en plus, Jar Jar n'est même plus là.
Autre avis Geoffrey Crété
L'Attaque des clones accentue tous les défauts de la prélogie (marée de CGI, écriture lourde, enjeux surlignés à outrance), et donne bien des raisons de rire et fermer les yeux. Mais à condition d'accepter ça, le film se révèle étonnamment ludique, généreux et riche dans ses univers.
Autre avis Alexandre Janowiak
L'Attaque des clones est sans aucun doute l'épisode le plus faible de la saga Star Wars, notamment à cause de sa bouillie numérique infecte. Pour autant, il permet à l'univers de George Lucas d'étendre un peu plus sa mythologie, et ce, de belle manière à quelques reprises.

commentaires

Zig
27/12/2019 à 10:57

J'ai une question qui me turlupine d'ordre technique. C'est quoi la raison qui empêche la restauration si on tourne en 1080p, contrairement à la pellicule?

vdssvd
24/12/2019 à 22:22

Comparez l'episode 2 a solo ?
Vous savez ce qu'est une scene horizon ?
Car SW2 en a 2 et rien que la course de module dans coruscant detruit tout le vide intersideral de solo

Karma
19/12/2019 à 18:14

De quoi souffre l'épisode 2 ?

Honnêtement à sa sortie en 2002, les effets speciaux, faisaient terriblement mal en comparaison de Matrix (sorti en 1999) et le Seigneur des Anneaux (épisode un,la communauté de l'anneau sortir en 2000). La séquence de la communauté passant dans un défilé d'un fleuve devant les gigantesques statues de roi gravés dans la pierre impressionnait la rétine. Ici, Lucasfilm-ilm donne l'impression d'être en retard, à la traîne. Le revoir aujourd'hui donne toujours le même constat : mal au yeux.

Pour l'histoire, la relation Padmé-Anakin était logique mais elle me manquait de passion, de sentiments, d'attachements, de vie! Les acteurs n'étaient pas vraiment aidés (Bien dommage au passage). Du coup, le déroulement se traîne en longueur, là où, au contraire, le spectateur (et le fan) attendait d'etre conquis et surpris.

Les péripéties s'enchaînent de manière déconnectée : Obi One et Anakin discute dans le salon de la princesse, et soudain, "il y a un problème""oui, moi aussi, j'ai senti une menace". Et hop, ils foncent! Sans ressenti, sans rien ni légère intuition. C'est là où cela ne colle pas. Les péripéties sont virtuelles comme les décors.

Une scène résumerait à elle seule, le potentiel égaré en chemin par Georges Lucas : celle où Anakin recherche sa mère capturée par des créatures des sables. Cette scène, à elle seule, aurait pu changer le film. Surtout quand Anakin massacrera toute la tribu, ce que nous ne verrons pas. Et c'est la le problème. Le film n'assume pas le côté obscur montant (le trois le fera!). Et pourtant quel potentiel, il y avait.

Simon Riaux - Rédaction
16/12/2019 à 10:13

@Rick-ornichon

Vu qu'on aime pas spécialement Star Wars 8, inutile de vous mettre dans tous vos états.

@zack

Oui.

Zak
14/12/2019 à 17:15

Le niveau de bêtise de ce site est insondable. Franchement c’est un métier ?

Pog
11/12/2019 à 23:34

@Rick-ornichon

Ils ont jamais traité de turbo-débile ceux qui n'aiment pas SW8, mais ceux qui pètent un plomb face à ce film, insultent tout le monde, lancent des pétitions, et considèrent que c'est une telle abomination qu'il faut toujours en pleurer des larmes de sang des années après et mener une bataille contre SW8 et tous ceux qui oseraient aimer.
Que tu viennes encore étaler les mêmes arguments et utiliser toute potentielle non-haine de SW8, comme la preuve que l'autre est débile ou a un souci, est un bon exemple. A bon entendeur.

Rick-ornichon
11/12/2019 à 23:02

venant d'un site qui a trouvé le moyen d'aimer et défendre en traitant les fans de turbo-débiles (parce que visiblement on n'a pas droit de détester les films que vous appréciez hein, belle ouverture d'esprit dites moi...) l'épisode 8 dont la platitude nous offre sur près de 2h30 un scénario qui équivaut à celui d'un épisode de Battlestar Galactica mais en moins bien, gonflé par une quête inutile sur un Monaco spatial dégueulasse. et je ne parlerais évidemment pas du fait que Johnson a préféré ruiner tous les personnages potentiellement intéressants pour prendre d'incroyables risques en nous pondant SES personnages, entre une amirale débile en robe de soirée, un bègue qui se prend pour Calrissian et une chinoise qui préfère sacrifier la résistance entière parce qu'elle est tombée amoureuse d'un mec en 16h dans un cachot... ajoutons à cela le fait que l'on peut larguer des bombes dans l'espace, que Kylo Ren peut décimer la flotte rebelle à lui seul mais qu'on préfère lui demander de rentrer parce que sinon le film se terminerait au bout de 30', que Leïa se prend pour Mary Poppins, qu'on a un humour débile, qu'on peut sortir du coma en pleine forme après s'être fait trancher le dos à peine 24h plus tôt, qu'on peut aller pêcher avec un pieu en bois de 50m de long alors qu'il n'y a aucun arbre de cette taille sur l'ile (mais surement que Luke avait caché ça dans son boule avant son départ pour Acht-To...), qu'on peut partir avec une navette sous le nez du Premier Ordre pour aller chercher des renforts sans que l'ennemi ne décide de faire quoi que ce soit... j'en ai tellement à citer sur cette daube... alors on peut traiter les gens de turbo-débiles parce qu'ils aiment qu'on ne les prennent pas pour des c-ns, mais quand on est pas fichu de voir ni sentir un étron à 2 centimètres de sa figure (parce que oui, sans parler d'être fan de SW, l'épisode 8 est avant tout un mauvais film tout court), faut peut-être se remettre un peu en question aussi.
à bon entendeur...

Simon Riaux - Rédaction
11/12/2019 à 14:01

@Nyl

Je n'insinue pas que vous êtes prétentieux. Je note que vous dites être "sûr" de la qualité d'un film que vous n'avez pas vu. Du coup, bah niveau analyse on risque de ne pas vraiment partir sur les mêmes bases.

@Max_Rider88
C'est bien joli tout ça, mais n'étant puriste de rien du tout (allez si, un peu puriste sur la recette de la truffade et encore), et certainement pas nostalgique de Star Wars, de la trilogie, ou de quelque autre élément, je ne vois pas bien pourquoi vous me brandissez des faits imprécis qui constituent selon vous je ne sais quelle preuve de je ne sais quel problème chez les fanboys.
Je vois surtout que pour défendre la prélogie, il faut aller chercher des arguments en dehors de cette dernière. Ou la fantasmer, parce que ne pas voir que le duel sur Mustafar est interprété n'importe comment, que sa choré ne traduit jamais l'émotion en présence, ou expliquer que la trilogie originale est nulle en la matière (mais d'où viennent donc les émotions dans ce cas ?), c'est chaud.
Mais après, je veux bien qu'on m'explique pourquoi c'est filmé comme Plus Belle la Vie par exemple.

HanRyu
11/12/2019 à 13:41

Les films de Disney sont un cadeau fait aux fans de la Préquel Star Wars. Déjà que pour défendre ces films les principaux arguments tournent autour des à-côtés, comme les inspirations, les motivations, les intentions de Lucas, on peut maintenant taper sur ces suites. Le problème c'est que quand on laisse tomber tous les à-côtés et qu'on reste uniquement sur ce qui est présenté à l'écran, comme le fait cette critique sans, il est vrai, beaucoup de finesse, on se retrouve juste face à un film au mieux passable et au pire tel qu'il est décrit ici.

John
11/12/2019 à 13:23

Critique ridicule, subjective et sans réelle justification. Indigne d'un cinéphile.

Plus

votre commentaire