Batman : l'épisode culte de l'hommage poignant du Joker à la mort de Batman

Arnold Petit | 8 octobre 2019 - MAJ : 08/10/2019 14:12
Arnold Petit | 8 octobre 2019 - MAJ : 08/10/2019 14:12

À l’occasion de la sortie de Joker le 9 octobre, on a revu Batman, la série animée (un super dossier existe juste ici) et choisi de revenir sur cinq épisodes qui concernent Le Clown Prince du Crime de près ou de loin. Pour cette dernière, on s'attaque à L’homme qui tua Batman.

En 1992, Paul Dini et Bruce Timm s’associent pour créer ce qui deviendra un bijou du petit écran : Batman, la série animée. Si le premier a écrit et produit quantité d’épisodes au fil des années, le second n’en a réalisé que quatre, dont trois avec son vieil ami.

Ces épisodes, considérés par beaucoup comme les meilleurs de la série, bouleverseront l’univers du Chevalier Noir et le public, à tel point que le duo fondateur remportera un Emmy Award dans la catégorie du meilleur programme d’animation pour l'épisode Amour on ice un an après la création de la série animée. Si Heureux comme un poisson dans l’eau est un brillant hommage à la folie du Joker, L’homme qui tua Batman nous montre ce que représente le Chevalier Noir pour Gotham, et encore plus pour son plus grand ennemi.

 

photoUne figure tapie dans l'ombre, même sous les projecteurs

 

QUÉSACO ?

L’épisode démarre sur une silhouette qui court en pleine nuit sous une pluie battante. Le petit homme, tout chétif, vient finalement se réfugier chez Rupert Thorne, qui accepte de le recevoir lorsqu’il apprend qui est son invité inopiné : Sidney Debris. Un nom qui ne laisse personne indifférent à Gotham, puisque c'est celui de « l’homme qui a tué Batman ».

 

photoSidney Debris, doublé par Matt Frewer (et Roger Crouzet en français)

 

Ce petit homme de main, qui a toujours rêvé d’être un grand truand, raconte alors son histoire : celle d’un deal de drogue dans lequel il s’est retrouvé impliqué et qui a mal tourné. Alors qu’il faisait le guet sur un toit, Sid l'Encornet, de son nom de gangster, s’est retrouvé malgré lui face à Batman et, dans un concours de circonstances, a réussi ce que personne n’avait réussi jusqu’à maintenant : tuer le Chevalier Noir.

Avec le capuchon et la cape du justicier pour seules preuves, il devient donc l’homme le plus dangereux de Gotham et les criminels de la ville commencent donc logiquement à s’en prendre à lui. En particulier un certain Joker, qui rêvait de s’occuper personnellement de Batman.

 

photoL'homme le plus dangereux de Gotham

 

NEVER GONNA GIVE YOU UP 

Comme dans Il s’en est fallu de peu, Batman n’apparaît quasiment pas dans cet épisode et n’est vu qu’à travers le prisme des habitants de Gotham, en particulier de ses ennemis, des plus anodins au plus grand de tous. Le fait qu’un homme aussi normal et insignifiant que Sidney ait réussi à tuer Batman est inconcevable et montre à quel point le justicier a été élevé au rang de mythe.

Personne ne veut croire à la mort du justicier et certainement pas le Joker, qui refuse catégoriquement d’admettre sa disparition tant qu’il n’a pas vu le corps et va même jusqu’à organiser un braquage simplement pour voir si son vieil ennemi est vraiment mort. Lorsqu’il constate que Batman ne vient pas se joindre à la fête, le Joker s’emporte violemment contre Harley et déclare le visage triste que « sans Batman, le crime n’est plus amusant ».

 

photoUne ultime farce avant que le rideau tombe

 

Le Clown Prince du Crime organise ensuite des funérailles improvisées, dans la même usine où il est tombé dans une cuve d’acide lors de son premier combat avec le Chevalier Noir. Tout un symbole. Mark Hamill (Pierre Hatet pour la version française), toujours aussi remarquable au doublage, délivre ensuite un éloge funèbre mémorable, à la fois drôle et poignant, qui démontre toute la complexité et l’ambiguïté de la relation qu’entretiennent les deux meilleurs ennemis.

 

photo, JokerLe Joker va jusqu'à lâcher une larme pendant la cérémonie 

 

Si Chantage à crédit permet de mieux saisir la personnalité du Clown Prince du Crime, L’homme qui tua Batman nous montre l’importance du Chevalier Noir pour tous les habitants de Gotham, y compris pour ses ennemis, qui n’ont finalement plus de repères après la mort de Batman, notamment le Joker. Sans son passe-temps préféré, le criminel n’a plus de désirs, plus d’aspiration et ne voit plus l’intérêt de semer le chaos si personne ne vient restaurer l’ordre.

 

photo« T'as pété ? »

 

Un épisode qui fourmille de petits détails qui font toute la différence, comme ce barman qui participe (à sa façon) à la bagarre générale, l’apparition horrifique du Joker sur son trône ou l’orgue omniprésent dans la partition de Shirley Walker, qui renforce l’effet dramatique et funéraire. Avec encore une fois une animation travaillée dans les moindres détails et un scénario aussi drôle que bouleversant, Paul Dini et Bruce Timm ont accouché d’une petite merveille. Une de celles qui font de Batman, la série animée un véritable chef-d’œuvre.

 

photo

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire