Malcolm : 10 épisodes incontournables de la sitcom culte des années 2000

Déborah Lechner | 13 août 2020
Déborah Lechner | 13 août 2020

Malcolm est désormais en intégrale sur Amazon Prime Video, l’occasion de revenir sur 10 épisodes cultes de la série.

Si certaines sitcoms ont tendance à rouiller avec le temps, 20 ans après la diffusion de son premier épisode, force est de constater que Malcolm n'a pas pris une ride et se regarde avec toujours autant de délectation. La série s'est distinguée par son humour corrosif et amoral, qui prend plaisir à torturer physiquement et psychologiquement ses personnages, sans happy endings pour compenser tous leurs malheurs. Malgré ses situations burlesques, son ambiance cartoonesque, son attirance pour le chaos et ses personnages uniques, Malcolm porte également de forts messages en sous-texte et semble bien souvent en avance sur son temps, ce qui en fait une pépite intemporelle. 

La série suit ainsi le quotidien chaotique d'une famille nombreuse en difficulté financière, composée de Loïs (Jane Kaczmarek), une mère stricte et surprotectrice, Hal (Bryan Cranston), un père aimant et immature, ainsi que leurs fils, Francis (Christopher Masterson), l'aîné incorrigible de la fratrie réfractaire à toute forme d'autorité, le cruel et tout aussi stupide Reese (Justin Berfield), Malcolm (Frankie Muniz), le génie et personnage principal de la série, l'adorable et fourbe Dewey (Erik Per Sullivan), et enfin Jamie (Lukas et James Rodriguez) l'intenable petit dernier. 

Avec sept saisons et 151 épisodes au compteur, établir un classement a évidemment demandé beaucoup de sacrifices, et si c'était réalisable, on aurait carrément fait un top 100 pour ne frustrer personne. Maintenant que toute la série est disponible sur Amazon Prime Video, il est donc temps de revenir sur 10 épisodes incontournables de la série. 

 

photoMa famille d'abord

 

LE ROBOT TUEUR (ÉPISODE 14 SAISON 1)

De quoi ça parle : Francis a subi une appendicectomie d’urgence. Loïs décide donc de laisser Hal se charger de la maison et des enfants pour se rendre à l’école militaire de son fils en Alabama, une aubaine pour Malcolm qui en profite pour fabriquer un robot-tueur avec ses amis surdoués. Le petit génie va cependant découvrir une facette de son père que personne ne soupçonnait.

Pourquoi cet épisode est génial : Hal est sans conteste un des personnages les plus hilarants et appréciés de la série. Le père de famille irresponsable, lâche, mais aussi terriblement attendrissant, tant par sa balourdise que son enthousiasme débordant pour à peu près tout et n’importe quoi. S’il nous avait déjà régalé l’épisode précédent avec ses impressionnantes chorégraphies en rollers et combinaison à sequins, les spectateurs ont découvert un Hal aux antipodes du gentil godiche présenté jusqu’ici. 

 

Jane Kaczmarek, Christopher MastersonUne relation mère-fils aussi forte que conflictuelle

 

Le départ de Loïs va en effet réveiller les vieux démons de son mari. On apprend que dans sa jeunesse, ce dernier était un véritable bad-boy, habitué aux bagarres, à l’alcool et à la drogue, que Loïs a mis du temps à mater. Et si ça peut paraître difficile à croire, il suffit de voir comment il perd la boule dès qu’il est livré à lui-même. La maison se retrouve rapidement sans dessus dessous, tandis que Hal danse en slip et chaussures sur la table avant de s’atteler à la construction d’un robot-tueur avec son fils, perdant le peu de sens des responsabilités qu'il avait. Enivré par le pouvoir destructeur de sa création (nommée Loïs II), cette dernière finira par se retourner contre lui, l’empêchant de replonger définitivement du côté obscur. 

De son côté, Loïs a toujours tenu le rôle de la mère presque tyrannique. Mais cet épisode introduit une maman attentionnée, qui n’hésite pas à remettre en place le Commandant Spangler (Daniel von Bargen) pour protéger Francis de ses abus d'autorité, s’attirant au passage la sympathie des autres pensionnaires au grand dam de son fils. Lors d’une discussion où Loïs lui apprend la vérité sur son père, elle lui fait remarquer qu’un jour lui aussi rencontrera une femme qui le mènera à la baguette et le remettra sur le droit chemin, ce qui laisse Francis sceptique, jusqu’à ce qu’il rencontre une certaine Piama (Emy Coligado) quelques saisons plus tard, une femme qui ressemble étonnement à sa mère. 

 

photo, Malcolm, Bryan CranstonAuto-destruction

 

JOYEUX ANNIVERSAIRE LOÏS (ÉPISODE 3 SAISON 2)

De quoi ça parle : C’est l’anniversaire de Loïs et cette dernière donne de l’argent à ses fils pour qu’ils lui offrent un cadeau. Mais Malcolm, Reese et Dewey préfèrent dépenser la quasi-totalité de la somme en sucreries. Hal lui ne fait pas mieux en oubliant carrément l’anniversaire de sa femme, tandis que Francis sèche les cours pour passer faire un coucou à sa mère, mais surtout se rendre à une grosse soirée organisée non loin de là. Excédée par leur comportement, Loïs décide de partir de la maison.

Pourquoi c’est génial : Si Loïs est une gueularde invétérée, passée maître dans l’art du châtiment, elle est également bornée, incapable de reconnaître l’échec et peut s’emporter jusqu’à en devenir insensée, malgré son sens accru du devoir, de la droiture et de l’intégrité. 

 

Jane KaczmarekUne mère et une femme badass

 

Avec des gosses insupportables dont les conneries sont toutes plus grosses les unes que les autres, un mari laxiste, glandeur et inconscient, mais aussi un travail fatigant et peu gratifiant, on comprend que Loïs est avant tout une femme complètement débordée qui ne peut compter que sur son caractère de pitbull pour tenir bon. Cet épisode permet ainsi de dresser un parallèle avec les nombreuses mères de famille délaissées par leur mari, qui s’occupent seules de l’éducation des enfants et des tâches domestiques sans jamais se plaindre ou réclamer un merci. 

Mais Loïs n’est pas un Terminator et ressent donc une grande déception d’être traitée avec aussi peu de considération pour son anniversaire. Elle choisira donc, pour une fois, de prendre du temps pour elle en allant frapper quelques balles de baseball, sa grande passion. On apprend ainsi à mieux cerner les sentiments de cette femme, dans une démarche féministe qui aura d'ailleurs sa place dans d'autres épisodes. Hal et ses fils, pleins de remords, finissent tout de même par la retrouver et s’excuser maladroitement avant qu’une rixe mémorable éclate entre les garçons et une bande de clowns après qu’un d’eux ait manqué de respect à Loïs, finalement touchée de voir son honneur défendu bec et ongles par sa famille. 

 

photoBaston familiale  

 

PILE ET FACE (ÉPISODE 20 SAISON 2) 

De quoi ça parle : Malcolm et Reese doivent se rendre à une soirée bowling, tandis que Dewey est puni et doit rester à la maison. À partir de là, deux scénarios évoluent en parallèle, un où Loïs se charge d’emmener les garçons et l’autre où c’est Hal qui s’en occupe. 

Pourquoi c’est génial : Parce que le scénariste Alex Reid et le réalisateur Todd Holland ont fait preuve de beaucoup de créativité avec cet épisode suivant deux histoires parallèles, où la soirée des trois frères change radicalement selon l’accompagnateur. Un concept original et très dynamique se déroulant sur deux tableaux qui a d’ailleurs valu un Primetime Emmy Awards aux deux créateurs.

En mère castratrice qu'elle est, Loïs surveille tous les adolescents pour ne pas laisser libre court à leurs hormones en folie. Une jolie et populaire fille du collège intéresse particulièrement Reese et Malcolm et chacun tente de la séduire, mais Reese est constamment dérangé par sa mère, qui ridiculise également Malcolm, très mauvais au bowling.

 

photo, Frankie MunizUne mère qui lui fait perdre la boule 

 

Humilié, il attendrit malgré tout la fille, cette dernière étant dégoûtée par le comportement de Reese. Malcolm réussit même à l’embrasser fougueusement avant que sa mère n’y coupe court, un premier baiser qui l’éloigne un peu plus de l’enfance. Loïs se montre tout aussi ferme avec Dewey, qui doit aller se coucher tôt. Malgré plusieurs tentatives d'apitoiement, rien ne fait flancher sa mère qui finit cependant par lâcher du leste lorsque son fils se résigne à rester dans son lit. Si elle le laisse regarder la télévision pour s’endormir, elle ne veut pas non plus que le reste de la famille soit témoin du relâchement de son autorité. Hal quant à lui se laisse complètement marcher dessus par Dewey, décidément trop malin pour son âge.

Dans l'autre version, Hal, ne voulant pas trop s’immiscer dans l’intimité de ses fils, les laisse seuls pour enchaîner les strikes. Il se rapproche du score parfait et devient de plus en plus obsessionnel et monomaniaque, un comportement récurrent dans la série, à l'instar de son côté rebelle. Reese, qui n’est cette fois pas arrêté à temps par sa mère, réussit à faire fuir la fille qu’il draguait, tandis que Malcolm, plein de confiance, retient l’attention de l’adolescente, jusqu’à ce qu’il fiche tout par terre, se ridiculisant au passage et prouvant que l'autorité de Loïs est tout compte fait un mal pour un bien

 

photo, Bryan CranstonDeux pistes, deux ambiances

 

SOUVENIRS, SOUVENIRS (EPISODE 25 SAISON 2)

De quoi ça parle : Craignants d'attendre un nouvel enfant, Hal et Loïs se remémorent la naissance compliquée de leurs quatre enfants, jusqu'au verdict du test de grossesse. 

Pourquoi c'est génial : Pour ce dernier épisode de la saison 2, la série se concentre pour la première fois sur le passé mouvementé de cette famille peu ordinaire, expliquant aussi comment elle a pu devenir aussi dysfonctionnelle. À la naissance de Francis, le couple vivait encore dans une grande et une belle maison (aux murs blancs parfaitement immaculés) et Hal avait un emploi bien payé, ce qu'on n'aurait jamais cru possible. Mais tout a très vite dégénéré, jusqu'à ce qu'ils doivent emménager dans leur nouvelle et plus petite maison, le pire étant devant eux. Les personnalités si particulières des quatre enfants ont enfin une explication, notamment le génie de Malcolm ou la violence innée de Reese, offrant ainsi un contexte qui manquait cruellement à la série

 

photo, Erik Per SullivanUn petit garçon qui ne pense même plus à faire des bêtises

 

C'est également un des rares épisodes à l'accent plus dramatique que comique, malgré des scènes vraiment tordantes, notamment l'accouchement de Francis qui a débuté en plein mariage ou celui de Malcolm, au milieu du jardin. Les situations présentées dans la série sont toujours surréalistes, mais pour cet épisode, il s'agit d'événements bien plus ordinaires auxquels des téléspectateurs lambdas pourraient même s'identifier, avec un couple se disputant à l'idée d'avoir un nouvel enfant alors qu'ils ont déjà du mal à s'en sortir et un petit garçon, Dewey, très préoccupé de voir ses parents se crier dessus.

Mais à travers les différents flash-backs, on comprend aussi à quel point Hal et Loïs, malgré leur différence de tempérament, forment un couple solide, uni dans les épreuves et surtout follement amoureux. Leur tendre déclaration d'amour sous la pluie, alors que Loïs est enceinte de Dewey, est très touchante et a permis à la série de prendre une nouvelle dimension, voire même de faire de ces deux parents dépassés un couple modèle (le temps d'un épisode, entendons-nous). 

 

photoL'amour, l'amour, l'amour

 

L'ENTRAÎNEUR (ÉPISODE 16 SAISON 3)

De quoi ça parle : Un voisin se débarrasse de son vieil ordinateur en le donnant aux garçons, qui découvrent que ce dernier entretien des relations extraconjugales avec la moitié des femmes du quartier. Reese en profite donc pour le faire chanter, pendant que Malcolm devient accro à un jeu de simulation de vie. 

Pourquoi c'est génial : Si Reese est la plupart du temps une métaphore de l'imbécile heureux, Malcolm, sûr d'être parfait à tous les niveaux, est au contraire un adolescent insolent, désabusé et beaucoup trop centré sur lui-même malgré sa grande intelligence qui devrait lui permettre de prendre suffisamment de recul sur son comportement asocial.

 

photoLa vie n'est pas meilleure quand elle est virtuelle 

 

Il semble en prendre conscience à quelques occasions et cherche désespérément le bonheur, mais son naturel revient toujours au galop et ne peut conduire qu'à son malheur, même quand cela concerne une vie pixélisée où son double finit carrément par se suicider. Ne voulant pas s'avouer que le problème vient de lui et non de son entourage, il finit même par détruire l'ordinateur qu'il voulait tant en voyant que tous les membres de sa famille parviennent à s'en sortir malgré la piètre opinion qu'il a d'elle. 

Hal a quant à lui toujours voulu être tenu en estime par ses fils et créer de précieux souvenirs avec eux, quitte à forcer les choses. Il saute donc sur l'occasion quand une place de coach se libère dans l'équipe de foot junior de Dewey. En voulant rebooster l'équipe avec patience et les meilleures intentions du monde, il ne peut s'empêcher de baratiner les enfants pour surmonter les difficultés qu'il rencontre, même s'il ne s'agit que d'un match amical entre des gamins de 10 ans, et empire toujours inévitablement la situation, pour le plus grand plaisir des téléspectateurs. 

 

photoUn grand sifflet implique de grandes responsabilités

 

FAMILLE, JE VOUS HAIS (ÉPISODE 3 SAISON 4)

De quoi ça parle : Toute la famille est conviée à l'anniversaire de Walter (Christopher Lloyd), le père très riche de Hal, qu'ils ne voient pratiquement jamais. Tandis que la belle-famille passe son temps à rabaisser Loïs, Hal tente d'avoir une conversation sérieuse avec son père, mais ce dernier contourne continuellement le sujet. Reese de son côté, encourage Dewey à rentrer dans les bonnes grâces de leur grand-père afin de figurer sur le testament.

Pourquoi c'est génial : Lorsque toute la famille de Malcolm est réunie, les événements dégénèrent d'une façon démesurée. C'est évidemment le cas avec cet épisode particulier qui présente pour la première (et dernière) fois la famille de Hal, alors qu'Ida (Cloris Leachman), l'horrible mère de Loïs a depuis longtemps été introduite. On constate d'abord que Loïs est détestée par toute sa belle-famille qui la considère comme une moins que rien et prend un malin plaisir à le lui faire savoir, sans que celle-ci ne rétorque comme à son habitude. Heurté que sa femme soit méprisée de la sorte, Hal décide d'en toucher deux mots à son père qui esquive la pénible discussion avec des grimaces, des imitations foireuses et des chatouilles. 

 

photoMoi non plus je t'aime

 

On comprend alors que Hal a toujours entretenu une relation toxique avec son père, qui n'a jamais réussi à le réconforter ou aborder les sujets fâcheux quand celui-ci en avait besoin. Ce passif douloureux et cette absence de véritable figure paternelle expliquent en partie pourquoi Hal a autant de mal à gérer l'éducation de ses fils, mais s'efforce malgré tout de nouer une relation solide avec eux.

Loïs, elle, se laisse marcher sur les pieds pour ne froisser personne, et quand elle est sciemment évincée de la photo de famille, plutôt que de laisser sa haine exploser face à autant d'injustice, elle fond en pleurs accablée de chagrin. Et si ses fils l'ont souvent poussée à bout, voir leur mère triste et humiliée leur est insupportable. Comme pour son anniversaire, ils décident de la venger en saccageant la fête d'anniversaire en voiturette de golf, une façon bien à eux de lui dire qu'ils l'aiment. Hal lui, trouve finalement un moyen de confronter son père et de lui dire tout ce qu'il a sur le coeur depuis son enfance. C'est également l'occasion pour Loïs d'adresser pour la première fois une parole gentille à Piama, ne souhaitant probablement pas lui faire vivre le même enfer et prouvant qu'elle est désormais acceptée au sein de la famille. 

 

photoLe satisfaction du devoir accompli 

 

LE GRAND CHEF (ÉPISODE 4 SAISON 5)

De quoi ça parle : Francis et Piama viennent passer Thanksgiving à la maison, mais leur couple est en train de voler en éclats. Conscient que Lois ne pourrait qu'envenimer la situation, Hal interdit à sa femme de s'en mêler. Malcolm de son côté préfère passer la soirée chez ses nouveaux amis, alors que Reese prépare avec sérieux un magnifique dîner.

Pourquoi c'est génial : On a longtemps considéré Reese comme un bon à rien (si ce n'est pour bastonner les têtes d'ampoules), mais c'était avant de découvrir que ce dernier avait un véritable talent pour la cuisine. Le risque était que cet aspect étonnant de sa personnalité ne soit exploité que pour un seul épisode, jusqu'à ce qu'il mette toute son énergie à préparer cet ambitieux festin pour sa famille, quitte à faire mendier Dewey pour obtenir les ingrédients.

 

photoNe jamais se fier aux apparences 

 

Cette passion pour les fourneaux fait en réalité partie du côté très sensible de Reese, qu'on a du mal à percevoir au premier abord, mais qui se dévoile progressivement au long de la série. Ce personnage égoïste et stupide cache en réalité de nombreuses souffrances, notamment sa solitude et ses difficultés scolaires, et trouver enfin une activité dans laquelle il excelle, lui permettant de s'épanouir. 

De son côté, même s'il a grandement mûri et acquis un certain sens des responsabilités en travaillant au ranch d'Otto (Kenneth Mars) et Gretchen (Meagen Fay, Francis, qui partait de très loin, a malgré tout conservé une part d'immaturité, comme le prouve sa dispute avec Piama dans laquelle il a entièrement tort. C'est d'ailleurs en usant de psychologie inversée que Loïs réussira à les rabibocher, sachant pertinemment que son fils fera tout l'inverse de ce qu'elle lui dira. Malgré son comportement irréfléchi, Loïs a tout de même réussi à inculquer des valeurs à ses fils, comme lorsque Malcolm refuse de coucher avec une fille saoule et que Francis le félicite pour sa décision.

 

photoLe couple auquel personne ne croyait

 

LA GRANDE PAGAILLE - 2E PARTIE (ÉPISODE 22 SAISON 5)

De quoi ça parle : Dans la première partie de La Grande Pagaille, Hal est accusé d'avoir détourné de l'argent à sa société et se retrouve poursuivi par le FBI, tandis que Reese est parti rejoindre l'armée après que Malcolm lui ait volé sa petite-amie. Pendant ce temps, Loïs perd complètement les pédales. 

Pourquoi c'est génial : Il s'agit du seul triptyque de la série, mais cet épisode est sans aucun doute le meilleur des trois. Si on avait déjà vu Loïs perdre son sang-froid, c'est bien la première fois que celle-ci baisse complètement les bras, sombrant dans la dépression et la folie, ce qui devait bien arriver à un moment. Au-delà de son ton comique, la série insiste énormément sur la vulnérabilité et l'abandon des classes populaires, dont l'épisode est un exemple frappant.

 

photoIl aurait mérité de se retrouver de nombreuses fois au tribunal, mais pas cette fois

 

Alors que Hal est parfaitement innocent, mais risque malgré tout la prison, il ne se retrouve pas en mesure de se défendre ayant engagé un piètre avocat faute d'argent. Il ne pourra d'ailleurs compter que sur Malcolm pour rétablir la vérité et dénoncer le complot des dirigeants de sa société dont il a été victime. Piama et Francis se sont également montrés d'un grand soutien envers Loïs, notamment en s'occupant de Jamie, le petit dernier de la famille, prouvant une fois de plus que l'aîné de la famille est devenu digne de confiance. Malcolm lui, ne parvient pas à accepter les reproches qu'on lui assène et préfère dresser une liste de tout ce que Reese a pu lui faire qui justifierait son acte, l'enfonçant un peu plus dans un égocentrisme dont il ne parvient jamais à se défaire. 

En plus de son aspect social, cet épisode porte également une forme d'antimilitarisme. Après avoir eu du mal à se plier aux exigences de l'armée, Reese finit par "éteindre son cerveau" pour devenir un soldat modèle, exécutant aveuglément les ordres, pour le plus grand bonheur de son sergent qui le considère comme le meilleur élément de sa faction pour sa totale soumission. Reese se retrouve déshumanisé, et alors qu'il est dans une situation délicate, il se retrouve obligé de rebrancher son cerveau, qu'il parvient même à utiliser pour la première fois. 

 

photoDéshumanisation

 

LES IDOLES (ÉPISODE 2 SAISON 6)

De quoi ça parle : Dewey parvient à quitter la classe pour enfants en difficulté dans laquelle il avait été placé par erreur. Mais ses camarades ne sont pas décidés à le laisser partir, au point de fuguer pour s'installer dans l'arbre de son jardin. De son côté, Hal, désormais sans emploi passe ses journées au parc où il rencontre une bande de bodybuilders qui le prennent pour leur chef. 

Pourquoi c'est génial : Contrairement à Malcolm qui a pu bénéficier d'un enseignement adapté à ses facultés hors normes, on comprend très vite que la classe spécialisée de Dewey n'est rien d'autre qu'un placard où les enfants jugés dérangeants sont exclus, sans aucune possibilité d'insertion (pas de fenêtres, pas de récréation, pas d'activités, pas même de cours).

  

photoUn appel à l'aide  

 

Contraiment aux adultes démissionnaires censés les aider, Dewey est le seul à se soucier d'eux, à les encourager et surtout à les respecter, prouvant une fois de plus sa grandeur d'âme et sa sensibilité, caractérisée par son don pour la musique. Son départ a donc accentué la situation de détresse dans laquelle ses enfants se trouvent, les poussant carrément à fuir ce système qui ne veut pas d'eux et ne leur apportera jamais d'attention. La série met ainsi une nouvelle fois en lumière ceux que la société rabaisse et laisse volontairement sur le banc de touche, le tout enrobé dans beaucoup d'humour malgré un fond poignant. 

De l'autre côté, Hal fait la rencontre d'une bande de musclors, aussi gentils que demeurés, qui considèrent le père de famille comme la personne la plus intelligente qu'ils connaissent, alors même qu'il s'est fait humilier au téléphone par un employeur qui a choisi d'embaucher un homme plus beau et charismatique que lui. En sous-texte, il s'agit d'une dénonciation évidente du culte du corps et de la beauté aux États-Unis. 

 

photoL'école des champions

 

MALCOLM PRÉSIDENT (ÉPISODE 22 SAISON 7)

De quoi ça parle : Malcolm a été accepté à Harvard ! Malheureusement, sa famille n'a pas les moyens de lui payer l'université. De son côté, Reese aspire désormais à devenir le concierge permanent du lycée. Il prévoit également d'emménager avec Craig (David Anthony Higgins). 

Pourquoi c'est génial : Pour ce dernier épisode, absolument toute la famille est réunie, Ida comprise dans le lot, afin d'assister au discours de remise des diplômes de Malcolm. Cet épisode est probablement le moins comique et à raison. Malcolm a enfin l'opportunité de réaliser son rêve, aller à Harvard et quitter enfin sa famille, mais comme toujours, l'argent manque. Hal se plie en quatre pour trouver la somme nécessaire et se retrouve même obligé de faire appel à une sorte de groupe mafieux, acceptant même de se faire directement briser les jambes, car il ne pourra jamais les rembourser. La scène est tournée sous le ton de la dérision, mais le propos est accablant.

 

photoUne famille roulée dans la boue

 

Une porte de sortie s'offre cependant à Malcolm, abandonner l'université et décrocher un poste dans une grande compagnie qui le ferait devenir très riche, ce à quoi Loïs s'oppose. Et c'est alors que tous les membres de la famille sont littéralement recouverts de merde à cause d'un mauvais tour de Reese qu'elle explique à son fils dans un magnifique monologue que depuis le début, toute sa famille compte sur lui pour qu'il devienne président des États-Unis.

En travaillant et en souffrant deux fois plus que les autres, tout en subissant le mépris des classes élevées, il deviendra ainsi le premier président à s'intéresser aux personnes dans le besoin et à les aider, qu'il le veuille ou non. Et pour la première fois, alors qu'il s'agit tout de même de son avenir, Malcolm fait preuve de résilience, accepte d'écouter sa mère et de se mettre au service de sa famille et de son pays, malgré toutes les difficultés qui l'attendent. Il prononcera un beau discours sur l'importance de la famille, sous les yeux admiratifs de sa mère, plus touchante que jamais. 

 

photoUne entrée mémorable dans le monde adulte

 

De son côté, Reese a enfin trouvé comment mener sa vie. Il souhaite devenir gardien du lycée, un métier que Malcolm trouve dégradant (alors qu'il finira lui aussi gardien à Harvard après les cours), mais qui permet à Reese de devenir utile à la société après qu'il ait passé son enfance et son adolescence lui être nuisible. Après avoir vaincu l'alcoolisme, Francis a lui aussi décroché un boulot dans un bureau, ce qu'il adore, mais préfère ne pas dire à sa mère par pur esprit de contradiction. Dewey lui, est très nostalgique et peiné du départ de ses deux grands frères, alors même qu'ils lui ont fait vivre un enfer, se rendant compte à quel point il les aime. Il se promet donc d'être un grand-frère modèle pour Jamie avec qui il noue une relation très fusionnelle. 

Au final, à l'image de ce dernier épisode, Malcolm est une série humoristique très humaine (alors qu'elle prend plaisir à infliger les pires souffrances à ces personnages), où les relations très complexes entre les membres de cette famille occupent une place centrale et où comme dans la vraie vie, les happy endings ne sont pas toujours ceux qu'on imagine. 

 


Allez, pour le plaisir 

 

commentaires


18/08/2020 à 20:55

@ Baretta c’est bien sur prime video et non Netflix
J’adore être série
Bien trouvé le top 10, même s’il y a tellement d’episodes mémorables

Tom_84850
15/08/2020 à 11:05

"Sois gentil pas méchant c est pas gentil d etre méchant c est mieux d etre gentil !"

Deny
15/08/2020 à 03:14

Impossible de faire un top, chaque épisode est un bijoux miraculeux!

Pseudo1
15/08/2020 à 02:25

Belle sélection, mais quelques oublis et d'erreurs concernant l'épisode final de la série :
- Francis n'a jamais été alcoolique (l'épisode centré sur ça démontre qu'il faisait mine de l'être pour fuir ses responsabilités).
- Son nouveau travail offre un parallèle avec son père, qui a le même genre de travail avec les mêmes blagues. Sachant que Francis s'est marié avec Piama, possédant le caractère de sa mère, on devine que Francis est devenu le parfait miroir de son père (d'autant plus vrai quand on connait le passé de bad-boy de Hal auquel vous faites d'ailleurs allusion, similaire à celui de Francis là-aussi).
- Le mafieux/casseur de jambes est joué par Linwood Boomer, le créateur de la série.
- Pas sûr que Dewey devienne le grand-frère modèle vu qu'il commence déjà à faire des tours aux parents avec Jamie, n'hésitant pas à l'impliquer, possiblement à tort, plutôt que d'endosser la responsabilité ("si ils demandent, on l'a fait tous les deux").
- Hal et Loïs attendent un nouvel enfant, ce qui ferait passer Dewey dans le fameux "Middle" de la fratrie tout en lui donnant le rôle de Francis pour les enfants encore au domicile familial. Par extension, on peut imaginer que Dewey risque de se sacrifier encore davantage pour protéger ses deux frères cadets, lui qui n'a déjà eu que les miettes que lui laissaient ses grand-frères.
- Le destin de Dewey est tout tracé, avec une vie facile, contrairement à Malcolm qui va en ch*er. Un parallèle intéressant entre l'égocentrique et le plus habitué au sacrifice, avec la "récompense" qui va avec.

Lalah
14/08/2020 à 19:53

"Après avoir vaincu l'alcoolisme"...mais enfin quel alcoolisme ?

Alxx
14/08/2020 à 17:14

Série vraiment culte et intelligente, mention spéciale pour Hal et là grand mère cinglée.

M1pats
14/08/2020 à 15:49

J ai lancé une pétition pour que la snyder cut soit annulé et que zack snyder soit retiré du monde du cinéma car je le supporte plus et que sa pourrait faire du mal à ses fidèles qui le prennent pour un dieu alors que c est juste une me.rde.
Signer et partager

https://www.change.org/p/zack-snyder-annulation-de-la-snydercut-et-retrait-de-zack-snyder-du-monde-du-cin%C3%A9ma?recruiter=1141347456&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

Danny Madigan
14/08/2020 à 11:02

Poupi poupi poupi pou

Baretta
14/08/2020 à 10:05

"La sitcom et ses épisodes d'anthologie viennent de débarquer sur Netflix."
Non Amazon prime.

Mediateur
14/08/2020 à 02:39

Malcolm et The Office. Le reste à la kalash.

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