American Horror Story Saison 8 Episode 1 : l'Apocalypse commence t-elle bien ?

Mise à jour : 14/09/2018 12:20 - Créé : 14 septembre 2018 - Geoffrey Crété
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Premier épisode d'American Horror Story saison 8, premières impressions.

Après la maison hantée, l'asile psychiatrique, les sorcières, le freak show, l'hôtel monstrueux, la téléréalité monstrueuse, les Américains monstrueux, place à l'Apocalypse. La saison 8 d'American Horror Story, l'anthologie de Brad Falchuk et Ryan Murphy, à nouveau portée par Sarah PaulsonEvan PetersAdina PorterBillie Lourd et quelques nouveaux comme Joan Collins, est donc arrivée.

Premier avis sur cette nouvelle fournée, après le premier épisode.

ATTENTION SPOILERS

 

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COCO AU BAL DU DIABLE 

Pas étonnant que la nouvelle saison d'American Horror Story ait des airs de petite (r)évolution. Avec son crossover officiel entre Murder House et Coven, largement annoncé dans la promo, et son titre Apocalypse, cette nouvelle fournée se veut plus fraîche, plus spectaculaire et plus incontournable. Normal : chez Ecran Large, on trouve que l'anthologie a sombré au fil des saisons jusqu'aux récents Roanoke et Cult, qui illustraient tristement bien le manque de maîtrise narrative et de cap.

Apocalypse commence donc fort : dès les premières minutes, la fin du monde est là. Plusieurs grandes villes ont été détruites par des bombes nucléaires, et Los Angeles est la prochaine sur la liste. Le compte à rebours est lancé pour les quelques chanceux qui pourront survivre grâce à des bunkers réservés aux élites. Coco, une pouffe millionnaire et pseudo socialite interprétée par Leslie Grossman (la voisine dans la saison 7), abandonne donc son petit ami pour s'enfuir, sens des priorités oblige, avec son assistante personnelle (Billie Lourd) et son coiffeur (Evan Peters), lequel amène sa grand-mère frappée avec lui (Joan Collins, dans un sacré comeback plein d'autodérision, on l'espère).

De ce côté, AHS rejoue un refrain bien connu. En insistant dès le départ sur une culture de la connerie avec cette blonde qui se rêve influenceuse et ne jure que par ses followers, puis en insistant sur les dérives sociétales des réseaux sociaux, la série trace le même sillon que plusieurs des précédentes saisons (notamment Cult). Ce n'est ni étonnant ni fin, mais le numéro pourra amuser.

 

photo, Leslie GrossmanCoco la grosse pouffe

 

DEVIL INSIDE 

En face, American Horror Story travaille son autre facette, plus sérieuse et donc, bien plus souvent intéressante. Ainsi se glissent parmi les survivants deux jeunes gens (les quasi inconnus Kyle Allen et Ashley Santos), sélectionnés pour leur potentiel génétique qui en font les parfaits candidats pour assurer le futur de l'humanité. Le duo se retrouve donc finalement dans l'Outpost 3, sorte de méga bunker qui ressemble plus à un décor d'un livre d'Anne Rice qu'à 10 Cloverfield Lane. Un lieu où une partouze à la Eyes Wide Shut pourrait être organisée dans un autre contexte, et notamment si sa dirigeante n'était pas aussi tendue.

Voilà donc Sarah Paulson, la muse de Ryan Murphy, lancée dans un nouveau numéro. Avec son nom digne d'une méchante dans Les Indestructibles (Wilhemina Venable), et avec son bras droit lookée comme dans une soirée batcave (Kathy Bates), elle règne sur ce petit royaume au nom de The Cooperative, mystérieuse organisation derrière ce sauvetage de l'humanité.

Tout ce beau monde est donc réuni dans un lieu clos, avec quelques manigances en coulisses, des tensions classiques, et une touche de folie absurde. Evidemment, si la menace officielle est à l'extérieur (les radiations, les gens laids et pauvres), la vraie, elle, est à l'intérieur. Peut-être.

 

Photo, Sarah Paulson Attention, Wilhemina Venable n'est pas vraiment gentille

 

VEUILLEZ PATIENTEZ

Ceux pour qui le retour des sorcières et du bébé diabolique de la première saison étaient les motivations premières vont devoir prendre leur mal en patience. Dans ce premier épisode, quasiment aucune trace de Murder House et Coven, ni du diable d'ailleurs, largement annoncé dans la promo. Du moins quasiment car à la fin apparaît Michael Langdon, le bébé de Vivien Harmon et Tate Langdon dans la première saison. Il ressemble désormais à un mannequin des années 90, type Lestat d'Entretien avec un vampireCody Fern l'interprète, et il devrait lancer une intrigue à la Battle Royale x The Voice dans le bunker des enfers.

Mais en retour, cette introduction a quelque chose de plus rassurant : American Horror Story saison 8 s'installe tranquillement et prend un peu son temps, en resserrant son action et ses décors. Bien entendu, ceux qui suivent l'anthologie savent que c'est au bout de quelques épisodes que chaque saison a tendance à partir en vrille, et amasser les sous-intrigues et personnages à ne plus savoir quoi en faire. Prudence donc. Mais en prenant un seul décor, en enfermant ses personnages et en faisant l'économie du bordel à grand spectacle, Apocalypse prend un départ à la Murder House, Asylum ou Hotel.

 

photo, Cody Fern Le bébé a bien changé

 

LA FIN DES FAIMS

Avec son petit univers régi par des codes vestimentaires, une hiérarchie brutale qui redéfinit les rapports sociaux, et une atmosphère old school réac, AHS semble même lorgner vers The Handmaid’s Tale. Le bunker est bien loin de Gilead, mais on sent l'intention, discrète et naturelle, la série avec Elisabeth Moss ayant réussi là où American Horror Story avait échoué depuis un moment - au point de mériter bien plus ce titre.

Reste qu'à côté, cette fin du monde n'a rien de bien folle. Les paysages embrumés et la société qui s'est écroulée dans les éllipses n'apportent pas vraiment un regard neuf ou même amusant sur le genre, tandis que l'évocation d'une menace extérieure tapie dans les bois laisse rêver d'un peu d'horreur, mais rappelle que la série a toujours du mal à donner une vraie place aux monstres. Apocalypse reste néanmoins assez drôle, que ce soit avec un avion sans pilote (mais apparemment ça n'est pas un problème vu que tout le monde est vivant), ou une réplique absolument grandiose ("This stew is Stu !!!!!").

 

photo, Kathy BatesKathy Bates entre la vieille nonne et l'ex-militaire badass

 

Rien de bien étonnant au menu de cette nouvelle saison a priori, qui ressort les cartes des personnages manichéens, des décors outranciers un peu forcés, et semble encore une fois utiliser un cadre alléchant pour rejouer une pièce plus ou moins similaire. Reste que le démarrage, plus carré et efficace que certains autres récents, laisse bien curieux de voir la suite, et que le nombre d'épisodes réduit (10, l'une des plus courtes avec Roanoke, loin des 13 d'Asylum, Coven, et Freak Show) pourrait permettre à l'anthologie de ne pas trop se perdre en cours de route.

Affaire à suivre.

 

American Horror Story saison 8, dès le 15 septembre sur Canal + Séries.

 

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3PAC 15/09/2018 à 10:16

Selon AHS France il y aura finalement 13 episodes de 52min en moyenne. Et l'avion sans pilote c'est à cause du grand enlèvement probablement.

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