Game of Thrones Saison 8 Episode 4 : ça balance pas mal à Dany

Simon Riaux | 6 mai 2019 - MAJ : 07/05/2019 13:48
34
photo, Kit Harington

Game of Thrones entame sa dernière ligne droite. Après avoir évacué en quelques secondes sa grande menace hivernale, la série se doit désormais de bâtir des enjeux dignes de ce nom pour son grand final. Ce quatrième épisode y parvient-il ?

ATTENTION SPOILERS !

 

photo, Pilou Asbæk, Lena Headey"Attention les enfants, ça va spoiler"

 

GARE AUX VARYS

L’épisode de transition est un art difficile, frustrant par essence, à fortiori quand il intervient dans le dernier mouvement d’une série dont chaque photogramme est scruté avec une ferveur quasi-religieuse par des millions de fans. Après l’intense (et débattue) Bataille de Winterfell, on redoutait que Game of Thrones fasse du surplace à l’occasion de son 4e segment, lequel avait été confié à David Nutter, réalisateur parmi les moins inspirés du show.

Bien mal nous en a pris, tant cet épisode de l’ultime saison de Game of Thrones s’impose comme un remarquable numéro d’équilibriste, jonglant avec beaucoup de finesse entre les différentes orientations qui furent celles de la série au cours de ces dernières années. Entamée comme un grand geste Machiavélien, une fiction familiale et politique mâtinée de dark fantasy, Game of Thrones aura assumé plus franchement son goût pour le soap, devenant un Dynastie en armure, avant de s’offrir des tranches de grand spectacle épique presque jamais vues à l’écran jusqu’alors dès le déferlement de Hardhome lors de la saison 5.

Ainsi, les dernières heures du récit auront tour à tour agacé les amateurs de drama familial excessif et sanglant, puis les amoureux de grands dialogues tranchants, non sans avoir préalablement frustré ceux qui fantasmaient de voir ce baroud d’honneur démarrer avec une Bataille de Winterfell surpuissante. Pour une fois, tous auront à boire et à manger le temps d’un épisode qui alterne brillamment entre les trois orientations de GoT.

 

photo, Maisie Williams, Sophie TurnerA Winterfell, c'est la super pêche

 

WESTEROS, TON UNIVERS IMPITOYABLE

Au lendemain du terrible affrontement qui aura mis fin à l’avancée du Roi de la Nuit, le Nord pleure ses disparus, et célèbre sa survie. Les cartes sont rebattues, les égos regonflés, alors que tous les espoirs sont permis. Le temps d’un glorieux banquet, chacun assoie son influence et veut renforcer sa position.

Depuis la saison 2, on n’avait plus connu la série de David Benioff et D.B. Weiss capable de gérer de front autant de sous-intrigues avec autant de grâce.

Daenerys (Emilia Clarke) réalise qu’elle ne pourra jamais durablement gagner le cœur des hommes et des femmes du Nord, tandis que Jon (Kit Harington) s’impose naturellement comme un leader populaire, couvert de louange. L'épisode parvient avec une grande justesse à décrire la profonde injustice dont est victime le personnage, elle qui fut si souvent épargnée malgré ses erreurs, se voit ici ignorée, en dépit d'actions courageuses, réussies et bénéfiques, provoquant un sentiment de malaise aussi palpable qu'intéressant.

 

photo, Emilia Clarke, Nathalie EmmanuelUn conseil de guerre pas franchement de tout repos

 

Sansa (Sophie Turner) demeure une adversaire impénétrable, qui fait relativement peu de mystère de son hostilité à l’égard de la Mère des Dragons. Plus grave, si Snow lui réaffirme sa loyauté et son amour, il refuse de les faire passer avant les liens qui l’unissent à sa famille, condamnant de fait son union avec Daenerys, puisque le secret de ses origines est sur le point de s’ébruiter.

Tandis que ces intrigues de cour se déploient avec efficacité et élégance, les cœurs et les passions pulsent à leurs propres rythmes. Tandis que Gendry se fait moucher un peu abruptement le cyclope par Arya (Maisie Williams), Jaime, lui, fend comme il faut l’armure de Brienne. Ces deux mouvements se révèlent particulièrement intéressants, car ils dévoilent comment le scénario parvient habilement à souffler le chaud et le froid sur le petit palpitant du spectateur… avant de retourner ces impressions.

 

 

photoBrienne et Jaime

 

Ainsi, la romance refusée à Arya s’avère pour l’instant bien plus fidèle à son personnage qu’une quelconque amourette, quand la parenthèse amoureuse qui unit Jaime à Brienne ne rendra que plus terrible son élan désespéré vers Cersei (Lena Headey), dont il ne peut, une fois le Night King écarté de l’équation, accepter la mort annoncée.

Ainsi, cet épisode 4 ménage régulièrement d’excellents développements des affects des personnages, ramenés à l’inéluctabilité de leurs parcours.

 

ECHEC ET MEURTRE

Mais on ne mourra pas que d’amour dans les dernières heures de la série. Durant ses trois premières saisons, Game of Thrones s’était efforcée de montrer les lords, rois, souverains, comme autant de récipiendaires du pouvoir, le plus souvent dépassés par leurs conseillers et influenceurs, augmentant encore la dimension fatale de leur parcours.

 

photoUne réunion de famille qui n'augure rien de bon

 

Le show renoue enfin avec cette notion, en donnant la part belle à Tyrion (Peter Dinklage) et Varys, confrontés aux pulsions de mort qui dévorent Daenerys, à son incurie stratégique, et à une interrogation profonde : est-elle vraiment la mieux placée pour monter sur le Trône de Fer ? La trahison qui se dessine est d’autant plus intéressante qu’elle n’est pas encore actée, tant Tyrion paraît désireux, jusque dans les ultimes images de cet épisode, de préserver les idéaux qu’il aura mis si longtemps à bâtir.

Autre élément plutôt euphorisant, si le show de HBO n’a pas été avare en complot et intrigues de cours au cours de son histoire, rarement nous aura-t-il donné l’opportunité d’assister à la naissance de ces diplomaties parallèles ou de leurs coupables conséquences. Une alternative d’autant plus stimulante que les dialogues renouent avec la zone grise qui a toujours fait le piquant de l’œuvre de George R.R. Martin, ce passionnant récit de l’éthique du pouvoir.

 

photoDes trubulences à prévoir

 

VISER JUSTE

Mais ce quatrième épisode ne se contente pas de soigner envolées familiales et questionnements politiques, il nous offre également une belle séquence épique, parfaitement inattendue, au cours de laquelle la flotte d’Euron Greyjoy (Pilou Asbæk) abat l’un des deux dragons restant de Daenerys, esquinte un paquet de ses bâtiments, et kidnappe Missandei (Nathalie Emmanuel).

La scène est brutale, violente, extrêmement intense, et filmée avec un mélange de maîtrise et de panache, donnant à espérer que la lutte à mort entre les armées survivantes du Nord et le bastion de Cersei offrira aux spectateurs frustrés par les ténèbres de Winterfell un déferlement martial dont ils se sont parfois sentis privés. Un coup de boule en forme de mise en bouche.

 

photoQuand on vous dit que les dragons, c'est pas des flèches

 

JEUX DE DUPES

Tout n’est pas parfait bien sûr, et la série doit malheureusement composer avec certaines faiblesses structurelles déjà évoquées précédemment, quand elle ne s’autorise pas des raccourcis discutables. Ainsi, on comprend mal pourquoi le scénario a choisi Jon pour vendre la mèche de ses origines, quand une décision solitaire de Sam ou Bran eût été plus logique, le Roi du Nord ne pouvant espérer les torts irrécupérables qu’il s’apprête à causer à Daenerys.

De même, on retrouve le défaut du réalisateur David Nutter qui comme dans le deuxième épisode de la saison 8 peine à rendre cohérente la géographie du récit lors des retrouvailles entre Bron et les frangins Lannister. Non seulement cette sous-intrigue apparaît pour ce qu’elle est, à savoir une surcouche très artificielle, et donc une perte de temps, mais surtout, le metteur en scène se révèle incapable de rythmer le dialogue ou tout simplement de le découper correctement.

 

photoDes années d'entraînement sur borne d'arcade qui paient enfin

 

Une dificulté à gérer l’espace qui se retrouve ponctuellement au cours de ce chapitre, voire de manière terriblement criante, lorsque Daenerys, équipée de deux dragons et d’une flotte, ne repère à aucun moment le vilain Euron. Or, ce dernier a déjà plus d’une fois été utilisé comme Deus ex Machina, ce qui fragilise franchement son intervention.

Bref, tout n’est pas parfait, loin de là, mais Game of Thrones retrouve ici un équilibre qui semblait perdu depuis longtemps, et qu’on aurait bien tort de bouder.

Game of Thrones est diffusée chaque lundi soir sur OCS City

 

photoLa mère des dragons en a gros

commentaires lecteurs votre commentaire !

beyond
10/05/2019 à 11:47

Les dialogues entre Tyron et Lord Varys sont admirablement bien écrits. Un pur régal qui redonne ses lettres de noblesse à la série.

Uku
07/05/2019 à 21:01

Pour moi l épisode est en partie gâché par une scène ridicule, celle de Bronn, incohérente, inutile, pourquoi cette scène ? Il restait une apparition à sont contrat ? Non sérieux d ou il débarque comme ça, avec son arbalète, directe au cœur de winterfell, alors qu il n'apportait plus rien à l'histoire depuis bien longtemps. , direct il trouve les 2 frangins, les menace on comprends pas trop pourquoi et repart tranquille avec la promesse d un domaine ?? J m e suis endormi ? J'ai rêvé cette scène ? Parce que j vois aucune explication crédible qui justifierait l'existence de cette scène.
Sinon les dragons (enfin LE dragon) il va servir à, quelque-chose un jour ou pas ?
Pour le reste, quand même excellent épisode, la straregie revient, les incertitudes également. Le suspens sur l'issue finale reste entier.

Stridy
07/05/2019 à 20:01

Je suis TRES curieux de voir le prochain coup de Jaime.

Clairement le meilleur personnage de la série.

Ne_pen_thes
07/05/2019 à 16:07

@bubblegumcrisis : M-e-r-c-i !!!!! ;-)

Ronnie
07/05/2019 à 13:56

Je pense ne plus rien attendre de cette série qui, au file des saisons est bourrée d’incohérence !
L'épisode précédent il ne reste plus que 20 combattants et la on voit le chateau plein de "survivant"
Dany qui veut partir à la guerre avec des "combattants" blessés et fatigués, on se demande aussi pourquoi ils passent par la mer alors qu'ils savent qu'il y a une armée réputée pour être la meilleure sur l'eau
Missandei qui se retrouve prisonnière... comment elle s'est faite capturée ??!! c'est impossible, Dany nous fait chier 10 ans avec ses 3 dragons qui vont tout niquer et ils tombent comme des mouches, ou plutôt comme des merdes !Ne parlons pas des choix stratégiques

BREF ! ils poussent le dramatique BEAUCOUP trop loin, genre il n'y a plus personne pour se battre mais la fin ne sera que plus belle sachant qu'ils se sont fait malmené toute la saison

Dredd
07/05/2019 à 12:28

De loin le meilleur épisode de cette saison.

prometheus
07/05/2019 à 11:19

Après un épisode 3 très attendu et forcément polémique que j'ai dû revisionner pour mieux l'apprécier, voici l'inévitable épisode de transition.
Avis mitigé pour ma part car certaines évolutions psychologiques sont trop grossières. Je pense à Brienne qui chiale piteusement au départ de Jaime ou à l'agressivité ingrate de Bron vis à vis de Thirion.
La mort du dragon est un peu expéditive à mon gout, et effectivement, je trouve incohérent la manière dont Daenerys réagit car elle aurait pu cramer quelques navires avant d'être en ligne de mire. Bref ça sent les raccourcis.
Gros coup de gueule pour ma part au près des traducteurs (oui je regarde en VF) qui appauvrissent considérablement les dialogues déjà pas exceptionnels.

Raoul
07/05/2019 à 11:13

On se demande vraiment pourquoi Dany fait "machine arrière" avec son Dragon alors qu'elle avait semble-t-il évité les flêches. Vu le temps que mettent ces arbalètes à recharger, il n'y avait plus qu'à finir le boulot. On nous a chié une pendule à coup de "I have 3 dragons" pendant 10 ans, au final ils tombent comme des mouches, sans éclat. D'ailleurs dans l'épisode 3, on a longuement Jon et son dragon qui ne font rien, il pouvait pas aller brûler du marcheur?

funkyben
07/05/2019 à 10:37

4 étoiles pour cet épisode tout bancal et plein d'invraisemblances...
Les incrustation de dragons, on en parle...
La temporalité ? Le royaume doit être très petit, vu comme on voyage vite.
3 étoiles et demi pour l'épisode 3...
La meilleure bataille jamais vu (films et séries confondus)- avis personnel.
Et qu'on ne me parle pas de luminosité, c'est pour moi une qualité de l'épisode.
Enfin, vive les débats d'idées et bonne journée à tous.

Kaladhel
07/05/2019 à 10:36

Et pourquoi Missandai, n'a pas sauté en entrainant Cersei quand elle en as eu l'occasion ? Elle lui tenait le bras...

Plus

votre commentaire