Euphoria saison 2 : un retour violent qui met une grosse claque pour la série avec Zendaya

Alexandre Janowiak | 10 janvier 2022 - MAJ : 10/01/2022 17:05
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Photo Zendaya

Pour pallier la longue attente causée par la pandémie, l'incroyable Euphoria avait offert à ses fans deux épisodes spéciaux revenant sur Rue et Jules, permettant de développer un peu plus leur relation avant le retour de la saison 2. Et deux ans et demi après la diffusion de la saison 1 (oui, ça parait fou), la saison 2 débarque enfin sur HBO aux États-Unis et OCS en France avec un premier épisode qui met déjà une grosse claque.

 

 

back to euphoria

Il y a deux sortes de réalisateurs : ceux dont la mise en scène ne raconte rien et ceux dont le moindre cadre raconte tout. Sam Levinson fait incontestablement parti de cette deuxième catégorie. Alors qu'il réalise ce premier épisode, le cinéaste déploie tout son talent dès les premiers instants de cette saison 2 en expliquant de manière fluide ce qui attend les spectateurs.

Ainsi, lors de l'ouverture, la caméra suit une femme marchant dans un club de strip-tease avant de trouer les cuisses du gérant avec les balles de son revolver, alors qu'il se faisait sucer par une des strip-teaseuses. Puis, lorsque cette femme, grand-mère de Fezco, ressort de la boite, elle rassure son petit-fils, qui attendait sagement dans la voiture, lui expliquant qu'elle vient de discuter avec son père et qu'il va maintenant vivre avec elle.

 

Euphoria : Photo Angus CloudLe passé de Fez enfin révélé

 

Très rapidement, Sam Levinson semble donc promettre une chose aux spectateurs. Si la série ira droit au but pour parler d'alcool, de drogues, de sexe, d'armes, de violence... elle gardera toujours ses personnages au centre des attentions. C'est ce qui a largement fait la force de Euphoria lors de sa saison 1. Elle a évidemment été brute de décoffrage, ne se refusant rien et en montrant tout (oui, il y a déjà un pénis en gros plan dans cette ouverture), mais elle n'est jamais tombée dans les intrigues faciles et n'a jamais empilé les sujets et thématiques sulfureux dans le simple but de créer le buzz.

Il n'y a donc aucune raison que cette saison 2 ne l'oublie pas. De fait, même si elle commence au milieu des excès avec le prologue de son premier épisode, la série n'a qu'une idée en tête : enrichir ses personnages et ici, le mystérieux Fezco (incarné par Angus Young).

 

Euphoria : Photo Angus CloudS'immiscer pour mieux comprendre

 

another crazy night

Sans réelle surprise, la saison 2 d'Euphoria débute donc par une introduction revenant sur le passé d'un de ses personnages. La saison 1 avait réussi à en faire un rendez-vous mélancolique et délicat, magnifiant chacun des personnages, décuplant leur personnalité et provoquant souvent de puissantes émotions en seulement quelques minutes.

En s'attardant sur le jeune Fezco, énigmatique et attachant dealer de Rue dans la saison 1, ce premier épisode de la saison 2 permet donc d'en apprendre enfin plus sur ses motivations personnelles. Et force est de constater que Fezco a finalement plus subi son sort qu'il ne l'a choisi. Alors que sa grand-mère l'a sauvé de son père, elle l'a également embourbé dans ses trafics de drogues, en faisant son jeune partenaire et aussi le garant de la sécurité de son petit-frère d'adoption (Ashtray) lorsqu'elle est devenue incapable de gérer son affaire.

 

Euphoria : Photo Maude Apatow, Angus CloudUne discussion délicate au milieu du bazar de la fête

 

La série suit en particulier le parcours de Fez pour son grand retour dans cet épisode nocturne et plante déjà le décor de sa future saison : l'ambigüité des personnages et de la vie. Car finalement, si le jeune dealer a été sauvé par sa grand-mère des dangers de son père, il a aussi fini dans la spirale infernale de la drogue à cause d'elle. Incontestablement, les bonnes actions/intentions peuvent provoquer de mauvaises/terribles conséquences. Et c'est un peu ce qui semble caractériser Fez.

Alors qu'il fait la rencontre de la gentille Lexi (Maude Apatow) durant la soirée du Nouvel An où tous les personnages principaux de la série sont présents, il se montre délicat, honnête et les deux finissent par échanger leur numéro après avoir eu un bon feeling. Sauf que quelques minutes après, il se défoulera dans un déferlement de violence dans les derniers instants de l'épisode en tabassant l'un des personnages phares de la série (dont on ne révélera pas l'identité, même si cela semble évident), et devant les yeux ébahis de Lexi.

 

Euphoria : Photo Maude ApatowLexi, prochain personnage au coeur de l'introduction d'un épisode ?

 

between good & evil

Au-delà de Fez, Euphoria relance aussi les arcs de tous ses personnages dans cet épisode de reprise et confirme son envie d'explorer les incertitudes, résolutions et ambivalences de sa bande d'adolescents dont quelques nouveaux visages avec le séducteur Travis et le bienveillant Elliot. Difficile de savoir, dans un monde aussi étrange et violent, si l'on est du bon côté, à l'image de Cassie (Sydney Sweeney toujours aussi parfaite), se demandant si elle est véritablement une bonne personne après avoir, en quelque sorte, trahi dans son dos sa meilleure amie Maddie.

Encore une fois, la fine frontière entre le Bien et le Mal sera au coeur de cette nouvelle saison, parti pour sonder en profondeur sa galerie de personnages et leurs ambigüités.

 

Euphoria : Photo ZendayaRue toujours aussi excessive

 

Une exploration que Sam Levinson lance avec une mise en scène toujours aussi enivrante. D'abord grâce à des choix musicaux impeccables du Don't Be Cruel de Billy Swan au (I Just) Died in Your Arms de Cutting Crew en passant par l'entraînant Right Down the Line de Gerry Rafferty.

Et si l'on peut craindre que son style fasse de l'ombre à ses personnages, ce premier épisode parvient parfaitement à éviter les écueils d'une surstylisation. En résulte, une petite merveille de narration, jonglant entre des scènes d'une simplicité touchante (l'échange entre Lexi et Fez), d'une insouciance inquiétante (le passage en voiture de Nate et Cassie), d'une tension remarquable (la scène chez le trafiquant de drogues) et surtout d'une beauté permanente.

 

Euphoria : Photo Hunter SchaferHunter Schafer, lumière naturelle de la série

 

Loin des idées un peu tape-à-l'oeil, il naît cette scène où Jules et Rue discutent, leur visage alternant, se confondant, semblant ne faire plus qu'un en se quasi-superposant dans une lumière clair-obscur, venant appuyer cette idée de contraste des personnages, du récit. En quelques secondes, Euphoria retrouve une poésie ensorcelante, une élégance à couper le souffle (bien aidé par le grain de son 35mm), une atmosphère planante (cette bande-originale de Labrinth) et réunit son duo Zendaya-Hunter Schafer pour casser la séparation de la saison 1.

Alors certes, il y a de quoi se demander si leur rabibochage n'est pas un peu trop facile après plus de deux ans d'attente et leur brusque désunion dans l'ultime épisode de la première saison. Après tout, leurs retrouvailles semblent presque trop évidentes alors que la série nous avait offert deux épisodes spéciaux fouillés fin 2020-début 2021 sur leurs personnages respectifs.

Toutefois, on a envie de faire confiance à Sam Levinson pour la suite. Car en seulement une heure, il vient de ressusciter tous ses personnages tout en nous donnant la sensation de ne jamais les avoir quittés.

Un nouvel épisode de la saison 2 de Euphoria chaque lundi sur OCS en France depuis le 10 janvier 2022

 

Euphoria : Affiche US

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Jojo
15/01/2022 à 17:33

Excellent épisode !!!
Ça m'a manqué. La série aime toujours montrer des pénis lol

Nesse
11/01/2022 à 21:31

Rue, tu m'as manqué
Jules, tu m'as manqué aussi
Moi, bitch vous m'avez manqué, et Fezco je t'aime de plus en plus
Un excellent épisode.

Bob
11/01/2022 à 11:42

Le lien entre ces deux-là à tout du thème de la dépendance, la façon dont Rue et Jules se raccrochent l’une à l’autre en balayant le passé me semble dans l’ordre des choses.
L’épisode se conclut de très belle façon, les cris hystériques et la thérapie de couple auraient été too much !


Je découvre que Sam Levinson est crédité au scénario du prochain film d’Adrian Lyne, le premier depuis 20 ans… Curieux de voir ça !

Madolic
11/01/2022 à 09:31

Retour en fanfare en effet !
Même si, comme vous, j'ai trouvé le rabibochage Jules/Rue trop simple.
Après, peut-être que c'est le standard des teen drama qui nous fait attendre un accrochage.
Comme à son habitude, Euphoria va à contre courant.
Mais si un crêpage de chignon n'est pas nécessaire, j'espère tout de même une intrigue plus profonde sur ce sujet.

Geoffrey Crété - Rédaction
11/01/2022 à 00:22

@Ethan Hawks

Parce qu'on est une petite équipe, qu'on fait au mieux, et qu'il y a énormément de films et séries et autres à voir et traiter. Miracle Workers n'est qu'un exemple parmi d'autres de séries qu'on a commencées, aimées, et pas eu le temps de regarder et traiter par la suite - et le fait que certaines n'intéressent personne sur le site, rentre parfois en ligne de compte.

Kouak
10/01/2022 à 22:17

Bonsoir,
"alors qu'il se faisait "sucer" par une des strip-teaseuses."
Je ne connais pas la série...
Ça parle de vampires ? ;-)

Ethan Hawks
10/01/2022 à 21:40

Pourquoi n'avoir jamais reparlé de la série Miracle worker excepté la saison 1 que vous aviez appréciés ?

Alec1
10/01/2022 à 17:09

Cet épisode était magique.

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