Ghost Of Tsushima Director's Cut : test tranchant comme une lame pour l'exclu PlayStation

JL Techer | 23 août 2021 - MAJ : 23/08/2021 15:47
JL Techer | 23 août 2021 - MAJ : 23/08/2021 15:47

Après avoir remporté un succès quasi unanime auprès du public et de la critique à sa sortie en aoùut 2020, il était pour le moins prévisible que Jin Sakai ferait son retour tôt ou tard. À défaut d'une suite, le studio Sucker Punch s'est fendu d'une édition revue et augmentée de Ghost of Tsushima, en y ajoutant une multitude de fonctionnalités, et tout un pan d'histoire supplémentaire à découvrir. Mais cela suffit-il à justifier de repasser à la caisse ?

Kagemusha, l'ombre du guerrier

Prenant pour cadre le Japon du XIIIème siècle, Ghost of Tsushima mettait à l'honneur (honneur, samurai, oui c'était facile) Jin Sakai, un digne repésentant des meilleurs guerriers nippons. Alors que les Mongoles menaient une tentative d'invasion sur les côtés de l'île de Tsushima, Jin et une poignée de samurais ont tenté de repousser ces guerriers barbares, mais ont subi un échec cuisant.

Se réveillant dans un village sous domination ennemie, Jin, désormais seul, est bien décidé à faire payer aux envahisseurs le prix fort pour avoir massacré des innocents, et humilié les nobles samurais qui sont tombés sur le champ de bataille. Si l'histoire débute comme un récit de vengeance assez classique, celle-ci s'avère être bien plus complexe qu'il n'y parait. Pour parvenir à ses fins, le héros devra renier son code d'honneur, et agir comme un ninja ou un fantôme ("Ghost"), dans l'ombre, afin de débarrasser son île de ses ennemis. 

 

photoTechnique Hokuto de cuisine

 

Le récit de Ghost of Tsushima (GoT) est un vibrant hommage aux films de samurais : lutte pour l'honneur, duels contre des chefs de guerre, moments de contemplation face à des champs de fleurs, tout y est pour satisfaire le fan d'Akira Kurosawa. Mais le jeu ne se limite pas à cela et est aussi l'histoire d'un homme qui doit renoncer à ses principes et à une partie de son passé, afin de pouvoir assurer la survie de ceux qu'il a juré de protéger. 

Malgré une trentaine d'heure nécessaires pour pouvoir connaître le fin mot de l'intrigue, GoT parvenait à réaliser l'exploit de ne jamais ennuyer. Le studio Sucker Punch avait réussi à créer un open-world riche et cohérent, sans tomber dans les travers des mondes ouverts d'Ubisoft qui noient le joueur sous des tonnes d'activités annexes sans valeur ajoutée pour le récit (Hello Watch Dogs). Ici, tout a un sens, les quêtes enrichissent l'histoire et le background du personnage principal.

 

photoEn mode Metal Gear

 

Le gameplay avait fait l'objet d'un grand soin également. Les combats étaient d'une grande fluidité, et utiliser son katana pour régler leur compte aux Mongoles procuraient un sentiment de puissance rare. Sans pour autant atteindre les sommets d'un Sekiro : Shadows Die Twice, en termes de mécaniques de jeu, GoT parvenait à rendre chaque affrontement grisant. 

Du côté technique, Ghost of Tsushima a été l'une des claques visuelles de l'année dernière. Diriger le héros dans ce monde magnifique visuellement était un véritable bonheur pour les rétines, mais aussi pour les oreilles, le design sonore ayant fait l'objet d'une attention particulière. Impossible de rester de marbre face aux splendides paysages et aux musiques qui accompagnent les (plus ou moins) honorables aventures de Jin.

Si le titre était excellent en tous points, quel intérêt alors à produire un Director's Cut ? Une question légitime, et malgré les craintes que l'on aurait pu avoir avant le prise en main de cette version, après quelques heures de jeu les doutes concernant celle-ci se sont rapidement envolés. 

 

photoÀ quand la collection de cartes postales de Tsushima ?

 

Le Château de l'araignée

Malgré les nombreux flashbacks qui accompagnaient l'aventure, il restait quelques zones d'ombres quant au passé du héros. En résultait une impression parfois assez désagrable que le personnage prenait des décisions à la va-vite, après la simple évocation d'un souvenir. Avec l'extension de l'île Iki, le personnage de Jin Sakai gagne énormément en profondeur. S'il n'était pas muet comme le Link de The Legend of Zelda, il n'en restait pas moins peu loquace, et certaines de ses motivations demeuraient floues. La version Director's Cut, avec tout le pan d'histoire ajoutée grâce au récit se déroulant sur la nouvelle île permet de palier à cela. 

Ce DLC débute après un massacre ayant eu lieu sur la côte, Jin se rend sur Iki à la recherche d'une mystérieuse tribu mongole qui serait responsable de ces méfaits. À peine arrivé, il se retrouve face à face avec la cheffe du clan, la dénommée Ankhsar Khatun, connue sous le surnom de l'Aigle. Cette guerrière chamane a de très grandes ambitions, et ne reculera devant aucun sacrifice ou massacre pour les réaliser.

 

photoL'apéro de bienvenue

 

Cependant, cette île n'est pas un lieu anodin pour Jin. Son père, Kazumasa Sakai, y est mort, alors qu'il n'était encore qu'un enfant, dans des circonstances étranges. Au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire, l'occasion est offerte d'en apprendre plus sur son paternel, et de découvrir pourquoi il fut une personne extrêment importante pour les habitants de l'île. Loin de l'image du samurai fidèle à tout prix à ses principes; Kazumasa a dû prendre des décisions tantôt cruelles, tantôt justes. et Jin devra apprendre à assumer les actions de son père.

L'extension de l'île d'Iki est batie sur un récit passionnant, bien plus intimiste et aux enjeux émotionnels plus forts que dans la trame principale. Une belle réussite pour le studio Sucker Punch, qui parvient de nouveau à captiver. La mise en scène est également bien plus recherchée, notamment grâce à une trouvaille scénaristique simple et efficace.

 

photoUn casque particulièrement seyant

 

À son arrivée, Jin ingère un puissant hallucinogène conçu par la très charismatique Ankhsar Khatun. Dès lors, à certains moments cruciaux, l'écran se teinte de mauve, des souvenirs distordus de son père interviennent, et affectent sa capacité de réflexion. Ce procédé inspiré de ceux utilisés pour Hellblade: Senua's Sacrifice ou pour l'Épouvantail de Batman : Arkham fonctionne à merveille, et est l'une des grandes réussites de ce Director's Cut

Ainsi, l'extension parvient à apporter une surcouche de caractère au personnage de Jin, et à le rendre plus touchant en révélant ses faiblesses. Ceci a également pour effet de mettre en lumière certains événements de la trame principale, et pourrait même pousser à reparcourir le jeu d'origine afin d'en saisir toutes les subtilités. 

 

photoInfiltration ou duel en face à face, à vous de choisir

 

Rashômon 

Si les secrets de l'histoire de l'île d'Iki donnent à eux seuls une bonne raison d'acquérir ce DLC, les developpeurs n'en sont pas restés là, et la version Director's Cut débarque avec son lot d'améliorations visuelles, de nouveautés de gameplay et de qualité de vie pour les joueurs. Au niveau graphique tout d'abord, cette upgrade a mis la barre très haut, en particulier sur PlayStation 5. 

Si le jeu tourne de manière très fluide sur PS4 et PS4 Pro, cette dernière affichant ses 60fps sans broncher en mode performance, la dernière née de Sony montre tout ce dont elle est capable grâce aux aventures de Jin. Le jeu s'y affiche en 4k, et conserve ses 60fps en permanence. GoT était splendide sur PS4, mais sur PS5, il crève l'écran. La végétation et les paysages côtiers sont criant de vérité, et les îles s'affichent à perte de vue. Les îles, car l'upgrade technique vaut pour le jeu dans son entièreté, et non pas uniquement pour son DLC. 

 

photoUne belle randonnée en perspective

 

En ce qui concerne les ajustements de gameplay et les nouvelles mécaniques, votre cheval obtient une nouvelle capacité de charge, très pratique pour disperser les rangs ennemis. Celui-ci reçoit également une sacoche qui vous permet de transporter des munitions, des fléchettes et des bombes supplémentaires. À chaque fois que vous rappelez votre monture, ces objets se remplissent automatiquement, ce qui en fait un outil incroyablement utile et facilite grandement la vie des joueurs.

Le jeu profite désormais du retour haptique de la DualSense : de la tension de l'arc au galop du cheval, tout est ressenti au creux de ses mains. Sucker Punch a également pris soin d'inclure une prise en charge de l'audio 3D, et une fois le casque posé sur les oreilles, le monde de Tsushima devient plus immersif que jamais.

photoJin Sakai : passion cheval

 

Le combat bénéficie aussi de quelques améliorations notables. L'ajout de la possibilité de cibler ses ennemis arrive enfin, ce qui permet d'avoir des affrontements plus tactiques, d'être beaucoup plus efficace et d'en finir avec les coups dans le vent. Sur l'île d'Iki, les ennemis ont gagné en variété, et certains d'entre eux passent désormais d'une arme à l'autre en plein duel. Ce simple ajout pousse à repenser son approche du combat, et à changer de posture face au même ennemi.

Le titre ajoute également un nouveau type d'aversaire particulièrement vicieux : les chamans. Ceux-ci se tiennent en retrait et lancent des sortes de sorts de soutien qui accroissent les dégâts des ennemis. Inutile de dire qu'il faudra vous en débarrasser en priorité. Concernant vos ennemis justement, ils seront plus nombreux sur l'île d'Iki que sur celle de Tsushima. Les affrontements y sont bien plus intenses, et venir à bout de la présence mongole ne sera pas de tout repos. 

 

photoLe mien est plus grand que le tien !

 

Enfin, pour ceux qui veulent vivre l'expérience du chanbara (film japonais de combat au sabre) de manière jusqu'au-boutiste, la synchronisation labiale des acteurs sur la langue japonaise est enfin disponible, ce qui renforce toujours plus l'immersion. Ajoutons cela à la possibilité de parcourir le jeu avec un filtre graphique noir et blanc nommé "Kurosawa" (déjà présent sur les versions précédente), et vous pourrez profiter d'une expérience vidéoludique unique, que le maitre du cinéma de samurai n'aurait pas renié. 

Plus qu'un simple DLC, Ghost of Tsushima Director's Cut est véritablement la version ultime du titre de Sucker Punch. Plus beau, plus fluide, et plus complet que jamais, il est l'occasion idéale de reprendre à deux mains le sabre de Jin Sakai, ou de découvrir ce jeu exceptionnel.

 

photo

Résumé

Ghost Of Tsushima Director's Cut est un vrai régal. Ceux qui connaissent déjà le jeu seront ravis de le redécouvrir, et les nouveaux venus pourront profiter d'une version du titre qui confine à l'excellence. Le titre est un must-have pour tout joueur qui se respecte. 

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Lecteurs

(3.9)

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commentaires
Nightmare
24/08/2021 à 15:22

Ce jeu est un régale,j'ai plus d'une centaine d'heure de jeu est voir un dlc qu'elle bonheur

Sushi
23/08/2021 à 23:52

Super test, on sent la passion. Petite question, tout le jeu est sur un disque ou il faut rentrer un code pour le dlc sur ps5 ? (Ceci rendant du coup invendable le jeu.) En tout cas il a l'air ouf et hâte de me le faire :)

Amnorian
23/08/2021 à 16:29

Autant le jeu est très plaisant autant l'aspect quète toujours différente est vraiment à revoir (surotut en taclant watch dogs qui justement est bien plus diversifié, quitte à faire une comparaison, plutot prendre le dernier assassin)
Les quète sont souvent des quète fedex avec du combats. Peut importe l'enrobage autour cela se finit quasi toujours de le même façon.
De plus on est obligé d'embrasser la carrière d'assassin (obligatoire de par le scénario d'empoisonnement) et les quelques atternoiements du héros au demarrage ne réapparaisse jamais.
Le jeu est par contre très beau, très emprunt de culture japonaise même si souvent trop bavard et avec le problème de ciblage et de caméra qui se ressent un peu trop régulièrement.

Zapan
23/08/2021 à 16:25

Un pur bonheur tout simplement.
J'essaye de ne pas le finir d'un coup ce Dlc et de prendre mon temps mais quel plaisir.

Une pépite ce jeu!

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