Gears of War 3 : Conclusion admirable

Raphaël Carlier | 17 octobre 2011
Raphaël Carlier | 17 octobre 2011

À moins de vivre dans une grotte, vous n'êtes pas sans savoir que la fin du mois dernier a été marquée par la sortie du rouleau compresseur Gears of War 3. Notre amour pour la franchise a éclaté au grand jour il y a deux ans lors de la sortie du deuxième opus (le test est ici), et une preview du jeu a été publiée le mois dernier (par là). Une place au panthéon des jeux vidéos ?

Un homme, un vrai. Ça tombe bien c'est le lui le héros.

La clé du succès

Le succès foudroyant de la saga créée par Epic Games s'explique en deux points. Tout d'abord, le premier volet a su proposer une prise en main simple et efficace, qui en a fait LA référence pour les jeux de tir à la troisième personne, les concurrents pompant ouvertement ce nouveau standard. D'autre part, Gears of War s'est toujours imposé comme la meilleure vitrine technologique sur la Xbox 360. De ce point de vue, Gears of War 3 est dans la parfaite continuité de ses prédecesseurs : sublime et grisant.

Violent, peu subtil, beau mais terne, le premier Gears tentait de présenter maladroitement un univers noir de science-fiction et ses protagonistes au physique de mastodonte. Heureusement, le second volet a pris une nouvelle direction, avec une construction dynamique et travaillée, mais surtout un scénario digne de ce nom. Ce troisième volet va encore plus loin.

Le premier niveau donne le ton.

L'étoffe des héros

Les enjeux sont là : l'Humanité est au bord de l'extinction alors qu'une nouvelle menace, plus grande que celle des Locustes est en passe d'engloutir tout Serra : Les implacables Lambets. Marcus Fenix entend bien retrouver son père qui refait mystérieusement surface, épaulé par ses frères d'armes dont Dominic, toujours accablé par la perte de sa femme (Gears of War 2) et de ses enfants. Si les dialogues parfois (souvent ?) vulgaires, et les joutes verbales entre vos coéquipiers sont toujours de la partie - et heureusement ! - ce nouveau scénario joue la carte de la sobriété, tout en nuances, pour mieux nous surprendre. Joshua Ortega avait déjà fait du bon travail sur Gears 2, c'est la romancière Karen Traviss qui prend le relais et apporte une touche de subtilité à l'ensemble. Nos héros sont éreintés, au bout du rouleau, et tentent le tout pour le tout. Le voyage va marquer son héros qui finira meurtri sur une plage, portant le deuil de ses proches. Oui, Gears of War 3 est émouvant, et marque profondément le joueur tant par sa campagne parfaitement menée que par son scénario. La perte d'un membre de l'escouade Delta et la cinématique de fin achève de faire de Gears 3 une des références en terme de narration et de mise en scène dans un jeu vidéo. Le potentiel de l'univers imaginé par Epic Games explose dans ce dernier volet, qui malheureusement conclu l'arc narratif sur Marcus et sa bande. C'est beau, c'est mélancolique, on est loin du jeu con-con de 2006.

Le cœur du jeu, c'est sa campagne. Et plein d'ambition, les développeurs ont décidé que ce nouveau volet serait jouable à quatre ou ne serait pas. Que vous jouiez avec 3 potes ou des inconnus sur le Live, la campagne devient démente, surtout dans son niveau de difficulté le plus poussé. Le revers de la médaille étant un plaisir moindre en parcourant le jeu seul, puisque nous sommes toujours accompagnés par trois coéquipiers qui flinguent à tout va, l'action ne s'arrêtant qu'en de rares occasions. Si vous faites parti de ces nombreux joueurs qui adorent faire et refaire la campagne, sachez qu'il est désormais possible d'activer des mutators (long à débloquer par contre), qui changent radicalement l'expérience de jeu. Imaginez que tous les personnages disposent d'une tête énorme et disproportionnée, d'une voix de cartoon, et que les ennemis disparaissent dans une gerbe de fleur ? Aussi inutile qu'absolument indispensable. Vous vous retaperez la campagne au moins une ou deux fois parole de scout.

Le bestiaire est très varié, l'armement aussi.

Plein à craquer

À l'instar d'Halo Reach, Gears of War 3 est très complet et offre un contenu démentiel. De son côté la campagne vaut son pesant de cacahuètes et dispose d'un potentiel de rejouabilité indéniable. Mais le jeu vaut autant l'achat pour son solo que pour son multijoueur. Les modes compétitifs (capture de territoire, match à mort par équipe, zone de guerre,etc) rectifient le coche et les frustrés du second volet retrouveront avec joie ce qui fit les heures de gloire du premier opus. Et pour ce qui est du légendaire mode horde (survivre à cinq face à des hordes d'ennemis), la copie est intégralement revu pour offrir peut-être le mode de jeu le plus complet et le plus intense du moment. Désormais chaque ennemi éliminé (violemment bien sûr, puisque Gears est terriblement gore) vous rapporte de l'argent. Argent qui sert à construire des fortifications pour endiguer les cinquante vagues de Locustes et Lambets. Et vous aurez largement besoin des herses, tourelles, leurres et autres Silverbacks pour survivre. Quitte à faire dans la nouveauté, un mode inédit baptisé Bestial vous met dans la peau du Locuste de votre choix (tout les bestiaire répond présent) pour annihiler avec quatre confrères les défenseurs CGU. En dépit de la courte durée de ces manches, c'est le pied total !

« OMFG ». Voilà qui résume assez bien ce que toute personne normalement constituée se doit de dire après avoir tâté la bête. Gears of War 3 est beau, Gears of War 3 est bon, Gears of War 3 est indispensable. Les quelques défauts mineurs du jeu ne sont rien comparé au plaisir immense qu'il procure. Et puis quelle campagne bordel !

Retrouvez notre test de Gears of War 2

Notre dossier sur Gears of War 3

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