Depuis, le cinéaste est largement retombé sur ses pattes. Disney a d’abord rétropédalé en réembauchant Gunn afin qu’il réalise Les Gardiens de la Galaxie 3 (et le Special Les Gardiens de la Galaxie : Joyeuses Fêtes sur Disney+). Entre-temps, DC et la Warner lui avaient mis le grappin dessus. Il a ainsi réalisé The Suicide Squad en 2021, puis a été nommé en 2022 coprésident de DC Studios, c’est-à-dire le Kevin Feige de DC, aux côtés de Peter Safran. Le réalisateur est donc devenu l’architecte du nouveau DCU, qu’il a officiellement lancé avec son Superman.
Un sacré parcours (et ascenseur émotionnel), donc, sur laquelle James Gunn est longuement revenu à l’approche de Superman.

Gunn-gnam style
En pleine promotion de son Superman, James Gunn a participé à une émission du podcast Happy Sad Confused dans laquelle il est revenu sur ce gros passage à vide professionnel et personnel :
« Je crois que j’étais supposé prendre un avion pour y aller [à la ComicCon de San Diego, ndlr] le lendemain, avec mon frère Brian et mon cousin Mark […], mais ça ne s’est pas fait. Je pensais à 100% que c’était terminé, que c’était fini pour moi et que je devais maintenant réfléchir à ce que j’allais faire ensuite. Je pensais à 100% que j’allais sûrement devoir vendre ma maison et trouver comment faire durer l’argent que je m’étais fait jusqu’au restant de ma vie. »

Josh Horowitz a également demandé à James Gunn s’il avait été épaulé, et par qui. D’après le cinéaste, la liste de ses partisans est longue, à commencer par l’actrice Mikaela Hoover, une amie proche qui a souvent des petits rôles dans ses films (dernièrement Cat Grant dans Superman) et a été une des premières à apporter son soutien au réalisateur après l’annonce de son renvoi :
« Elle m’a immédiatement tendu la main. [Dave] Bautista et Chris Pratt aussi. Quand j’ai été viré, Chris m’a appelé immédiatement, Zoe [Saldana] aussi. Elle pleurait, Karen [Gillian] aussi, et Dave a tweeté à propos de ça. J’ai aussi parlé immédiatement à Pom [Klementieff], et à tous les Gardiens en fait, mais aussi à mes agents et mon pote Michael Rosenbaum [Lex Luthor dans Smallville]. Sylvester Stallone m’a envoyé une vidéo. J’ai vraiment eu le soutien de toutes les personnes qui font partie de ma vie et dont je suis proche.
Je me sens mal à chaque fois que je cite tous ces gens célèbres, parce qu’il y a aussi eu beaucoup de personnes qui ne sont pas connues, comme ma mère et mon père, mes frères et ma sœur. Et aussi ma petite amie, Jennifer [Holland], évidemment, qui a traversé ça avec moi. Donc il y avait beaucoup de monde qui était là, et beaucoup de personnes que je ne savais pas impliquées dans les médias et ce genre de choses, ce qui était cool. »
Freegunn
Malgré tout, cette expérience n’a pas eu que de mauvais côtés pour Gunn :
« Ça a été une leçon pour moi, j’étais aussi sensible que je pouvais l’être. J’ai couru toute ma vie après la gloire et la fortune. Je suis un gars créatif et j’adore faire des films et raconter des histoires, mais il y a une partie de ça que j’utilisais pour essayer de combler un vide en moi, celui de ne pas me sentir aimé par les autres. Peut-être que c’était parce j’avais des troubles du spectre de l’autisme ou à cause de ma relation avec mes parents ou peu importe, mais je n’avais jamais réussi à expérimenter ce sentiment de se sentir aimé.
Quand [le renvoie] est arrivé, j’ai eu l’impression qu’on m’avait tout retiré d’un seul coup. Et tout d’un coup, toutes ces personnes qui m’aiment, au moment où je pensais que ma carrière était terminée… Je me suis senti aimé pour la première fois de ma vie, c’était très valorisant comme expérience.
Le plus étrange, c’est que je pensais avoir tout perdu, mais cette nuit-là, je suis allé dormir en étant plutôt heureux, parce que je ne savais pas que les gens m’aimaient et je m’en suis rendu compte et ça eu des répercussions sur tout ce qui a suivi. »

Dans une autre récente interview avec Rolling Stone, durant laquelle il est aussi revenu sur son renvoi, Gunn avait même ajouté : « Il n’y a aucun doute sur le fait que, sans cette expérience, je n’aurais pas écrit Superman de la façon dont je l’ai fait« .
Le film insiste particulièrement sur le caractère optimiste et candide du super-héros, mais aussi sur son sentiment de rejet et de solitude. Pour en savoir plus sur cette version de Superman, le film est en salles depuis le 9 juillet dernier.
Moi j’aimerai savoir qui est allé exhumer des vieux tweets pour essayer de porter préjudice à James Gunn, c’est cette personne qui mériterait qu’on aille vérifier si elle a bien les fesses propres. comme ça elle verrait ce que ça fait. on passe tout en revue et on prend la moindre petite incartade pour lui ramener des problèmes.
Évidemment le studio ne peut pas se battre contre le public, si on donne à celui-ci une cible (qu’elle soit réelle, ou juste prise en flagrant délit de maladresses)…
Une fois le doute levé, il faut juste attendre que ça se tasse. Donc, on se doutait bien que l’éviction de Gunn était une feinte. La preuve, il n’y a pas eu de nouveau réalisateur pour travailler sur le troisième volet, ou bien éventuellement pour reformater la franchise des Gardiens avec d’autres acteurs moins fidèles à Gunn – quoique ça aurait peut-être été intéressant, quand on voit… les maladresses qu’il y a dans le film final.
« Un sacré parcours (et ascenseur émotionnel), donc, sur laquelle James Gunn est longuement revenu. » Lequel, non ?