Soldats, red-necks et requins : quels films à rattraper en juillet ?

La Rédaction | 16 juillet 2021
La Rédaction | 16 juillet 2021

Si les services de SVoD cartonnent en ce moment, beaucoup de très bons films sortent directement chez nous sans passer par la case salles ou plateforme de streaming. Chaque mois, plusieurs productions inédites sortent en DVD, Blu-ray ou en VOD. Ecran Large a sélectionné le meilleur des programmes disponibles depuis juin, dans une liste non exhaustive.

 

photoLa rédaction d'Ecran Large chaque début de mois

 

Détour mortel : la Fondation

Ça raconte quoi ? Un groupe d’amis en randonnée dans les Appalaches s’écartent de la piste et s’enfoncent dans la forêt où ils deviennent les proies de psychopathes qui vivent en autarcie depuis plusieurs siècles…

Pourquoi il faut le regarder ? Parce que c'est un reboot qui tente réellement d'apposer un point de vue sur la saga. Après 5 suites toutes plus douteuses les unes que les autres, le scénariste Alan B. McElroy est de retour pour nous offrir une sorte de travestissement des codes de son propre long-métrage. Il entend bien dépoussiérer un peu le film de red-neck à l'ancienne pour nuancer les intentions de la palette de personnages présentés.

Malheureusement, s'il réussit parfois à complexifier des antagonistes trop souvent méprisés, il ne se gène pas pour caricaturer ses "héros", qu'il transforme en parodies de hipsters urbains. Un mépris pour la jeunesse actuelle qu'il accompagne irrémédiablement d'un propos assez réac', voire même carrément conservateur. Ou comment élargir encore plus la fracture sociale dont le genre est la représentation directe plutôt que de la colmater. 

Notre critique du film

C'est disponible où ? En Blu-ray et DVD chez Metropolitan. En VOD sur Cinéma(s) à la demande, Apple TV, Youtube, Microsoft, Orange, Google Play et Amazon.

 

photoRando mortelle

 

The Brave

Ça raconte quoi ? Parce que la drogue c’est mal, les policiers d’une ville gangrénée par un important trafic de stupéfiants décident de faire le bien. C’est-à-dire tuer tout le monde avec des armes de guerre. 

Pourquoi il faut le regarder ? Les années 80 et 90 furent fécondes en films d’action trépanés, productions parfois simplettes, mais presque toujours généreuses, à cheval entre premier et second degré. On y réunissait presque toujours les mêmes ingrédients, à savoir soit des méchants terroristes aux motivations floues, soit des narcotrafiquants d’une rare vilénie, face à des héros taiseux et imperturbables, toujours prompts à faire parler la poudre. 

Après quoi, Steven Seagal a marabouté le genre en devenant une sorte de pape du film d’action fauché, bourrin et caricatural à l’extrême. Plaisirs bizarroïdes et presque absurdes, ses productions en viendraient presque à nous manquer. Et cela tombe bien, car c’est exactement le genre de divertissement épais comme de la confiture de viandox que nous propose le réalisateur William Kaufman

Et comme le William est généreux, il a même eu la bonté d’inviter à cette sauterie de gros calibre un comédien parmi les plus délicieusement cabotins de l’univers de la série B : le formidable Armand Assante et sa queue de cheval. Accompagné de Ravshana Kurkova, il assure un spectacle idéalement régressif et nostalgique.

C'est disponible où ? En DVD chez ESC, en VOD chez Microsoft, Orange, Google Play, Rakuten TV, Youtube, ou encore Amazon.

 

photoQuand tu attends le chèque

 

La Brigade des 800

Ça raconte quoi ? 1937 : Shanghaï est encerclé par l'armée japonaise. Huit cents soldats chinois se sont retranchés dans un entrepôt en plein coeur de la ville, et refusent d'abandonner la position. Commence alors le combat de leur vie, eux qui devinrent les héros d'une nation...

Pourquoi il faut le regarder ? Avec 461, 6 millions de dollars récoltés - majoritairement sur le territoire chinois -, The Eight Hundred est le plus gros succès de cette si étrange année 2020. Il avait tout pour ridiculiser l'Oncle Sam sur son propre terrain : doté d'un budget plus que confortable, il conte un évènement symboliquement très important pour l'imaginaire collectif local : la défense de l'entrepôt Sihang, lors de la Seconde Guerre sino-japonaise.

Et on voit tout de suite les moyens à l'écran. Le film fait le choix de tout investir dans un huis clos à grande échelle, au sein et autour duquel on va rester pendant presque 2 heures et demie. Forcément, le décor, représentant à lui seul l'absurdité de la guerre, est incroyable, tout comme la photographie, sublime, ou encore la bande originale, absolument épique. Capable de remettre en cause son propre patriotisme, le long-métrage de Guan Hu propose une vraie interprétation de l'héroïsme, grâce à des séquences apocalyptiques certes très loin de toute vérité historique, mais quand même carrément spectaculaires.

Notre critique du film.

C'est disponible où ? En Blu-ray et DVD chez The Jokers. En VOD sur Rakuten TV, CanalVOD, Filmo TV, Youtube, Microsoft, Orange et Google Play.

 

photoHissez nos couleurs

 

Superdeep

Ça raconte quoi ? 1984. Cercle arctique. Situé 12 000 mètres sous la surface de la terre, le Kola Superdeep Borehole est le plus grand laboratoire secret de l'URSS. Quelques mois après son ouverture, des scientifiques ont enregistré des cris d'origine inconnue provenant des profondeurs. Un commando spécial est envoyé pour découvrir le mystère qui se cache dans ses abîmes. Il va faire face à la plus grave des menaces pour l’humanité...

Pourquoi il faut le regarder ? En manque de séries B ambitieuses ? Après les Américains d'Underwater, ce sont les Russes de Superdeep qui se placent sur le créneau. Le long-métrage a beau cumuler quelques scories, notamment une gestion assez douteuse des différentes strates de son huis clos souterrain, il n'en demeure pas moins très intrigant dans sa première partie, très glauque dans sa deuxième.

Servi par une direction artistique efficace et des effets spéciaux renvoyant directement aux grandes heures de la body-horror caoutchouteuse, il distille habilement son mystère et propose quelques séquences authentiquement spectaculaires. Il ne cache pas non plus des influences vidéoludiques fascinantes, qui intéresseront les adeptes du médium. Rien d'avant-gardiste en définitive, mais une petite descente aux enfers (littérale !) qui encrassera vos soirées estivales.

C'est disponible où ? En Blu-ray et DVD chez Program Store. En VOD sur Apple TV, Filmo TV, Youtube, Google Play, Rakuten TV et Microsoft.

 

photoEt une héroïne bien badass

 

The Beach Bum

Ça raconte quoi ? Garçon à l'esprit rebelle, Moondog n'obéit à aucune règle, sinon les siennes !  Alors qu'il pensait s'être constitué un petit trésor de guerre, son butin se volatilise. Mais Moondog est de la trempe des survivants et il renaîtra une nouvelle fois de ses cendres…

Pourquoi il faut le regarder ? Après la folie pop Spring Breakers, le réalisateur indépendant Harmony Korine revient avec un film encore plus déjanté où la drogue, l’alcool et la fête sont le quotidien d’un poète de la vie du nom de Moondog. Dans la peau de son personnage, Matthew McConaughey livre une prestation saisissante et s’accorde totalement avec l’esprit proche de la Beat Generation du long-métrage.  

Dans le même ordre d’idée, on y croise un Snoop Dogg et un Zac Efron avec des looks impayables et les nombreux allers-retours au soleil de Miami et de la Californie rendent le tout parfaitement délectable. Au niveau de la mise en scène de Korine, on retrouve ce même soin accordé à la lumière, dans un cinéma débordant de couleur qui nous plonge instantanément dans un trip agréable pour les yeux. Sinon, la mélancolie face à l’immensité de ce monde est palpable et fait de The Beach Bum un film frappant et réellement unique. 

C'est disponible où ? En DVD et Blu-ray chez AB Production, en VOD sur Google Play, Orange, Microsoft, YouTube, FilmoTV, Canal VOD, Rakuten TV et Amazon.

 

photo, Matthew McConaugheyIl est fou ce Matthew

 

Fast Color

Ça raconte quoi ? Ruth est une jeune femme aux capacités surhumaines. Quand ses pouvoirs sont découverts par d'autres personnes, elle doit fuir vers le seul endroit où elle est encore en sécurité, sa maison d’enfance qu'elle a abandonnée il y a longtemps. En renouant avec sa mère et sa fille, Ruth est capable d’exploiter des capacités dont elle ignorait l’existence.

Pourquoi il faut le regarder ? À une ère où la figure du super-héros est devenue la règle plutôt que l’exception dans le paysage cinématographique mondial, les angles d’attaques originaux se raréfient. Fast Color semblait s’inscrire dans une veine plus « réaliste », avec son histoire mettant en parallèle des responsabilités trop grandes liées au pouvoir avec une réflexion sur la filiation maternelle. Le tout dans un contexte pré-apocalyptique de terre mourante. Un pitch intriguant qui déçoit rapidement en dilapidant absolument tous ses atouts.

Le casting est plus que compétent, porté par une Gugu Mbatha-Raw solide en mère héritière de pouvoirs qu’elle n’assume pas, mais aussi par Lorraine Toussaint, David Strathairn, Christopher Denham... Néanmoins, le scénario éparpille ses enjeux, les dilue sans les exploiter, préférant la contemplation un peu vaine à un nouveau Midnight SpecialNi la dimension SF ni la relation filiale ne déboucheront sur une quelconque réflexion. Restent de belles promesses et quelques jolies scènes dans un ensemble finalement très décousu. Le tourbillon de couleurs n’est qu’un banal arc-en-ciel de gris.

C'est disponible où ? En VOD sur Rakuten TV, Canal VOD, ARTE Boutique, Universciné, Google Play, Youtube, Orange et Apple TV.

 

Photo, Gugu Mbatha-RawPrenez une grande respiration, ça va passer. 

 

Adios

Ça raconte quoi ? Séville. La mort accidentelle d’une fille dans le quartier de Las Tres Mil Viviendas revient à Eli, un inspecteur qui devra faire face aux doutes de Juan, père de la fille décédée et chef du clan Los Santos. L’affrontement entre Eli et Juan pour clarifier la mort de l’enfant révélera à la fois un réseau de secrets et des mensonges qui parcourent la ligne mince et diffuse qu’est la justice.

Pourquoi il faut le regarder ? Après avoir tourné plusieurs films en Espagne, Paco Cabezas a quitté ses pénates hispaniques pour s'aventurer aux États-Unis avec le très soporifique Tokarev, où Nicolas Cage venge mollement la mort de sa fille, et le sympathique Mr. Right, qui doit beaucoup à l'abattage de Sam Rockwell. Après avoir officié sur Penny DreadfulInto the BadlandsThe Alienist... Cabezas est repassé en Espagne en 2019, afin de pouvoir tourner Adios porté par Mario Casas (la série des Twilight love, mais aussi Pris au Piège ou The 33) et Ruth Díaz (La Colère d'un homme patientChez moi). 

Le film nous met face à un récit de vengeance divisé en trois chapitres, sur fond de guerres de domination entre différents clans. Il est très premier degré, se comportant comme une tragédie grecque mafieuse au sein du paysage madrilène. S'il n'a pas toujours les épaules pour porter une telle ambition, le long-métrage se révèle plutôt efficace quand il se laisse emporter par une certaine rage / rugosité. Mention spéciale à une scène d'opposition entre les habitants d'un quartier madrilène et les forces de l'ordre, très bien rythmée et visuellement impressionnante. 

C'est disponible où ? En VOD sur Universciné, Orange, Google Play, Youtube, Apple TV, Canal TV, et Rakuten TV.

 

Photo, Ruth Diaz, Mario Casas"Je te dis que j'ai vu Manuel Valls postuler à la mairie !"

 

The World to Come

Ça raconte quoi ? À proximité de la frontière de la côte-est américaine au 19e siècle, deux couples luttent contre les difficultés de leur quotidien et de leur isolement. Mais à leur rencontre, les deux femmes de chaque couple vont nouer une relation étroite.

Pourquoi il faut le regarder ? Les propositions de cinéma racontant une histoire lesbienne à une époque où l'homosexualité était plus qu'une hérésie se succèdent depuis le succès mérité de Portrait de la jeune fille en feu et le tout récent Ammonite (notre critique). Sauf que ces films multiples ne se ressemblent pas forcément.

Le récit de Mona Fastvold se rapproche assez de celui de Le Secret de Brokeback Mountain. Mais avec son regard féminin derrière la caméra, la jeune réalisatrice délivre un long-métrage s'attardant avec délicatesse (ou surgissement) sur la vision de ses personnages, et donc de leurs questionnements intérieurs. Un fait rare dans le genre du western très masculin, et rafraichissant. Par ailleurs, en plus d'être moderne tout autant que novateur, il offre à Katherine Waterston et Vanessa Kirby deux sublimes rôles. Les deux actrices confirment indiscutablement qu'elles sont deux des plus grandes comédiennes du moment.

C'est disponible où ? En VOD sur Filmo TV, YouTube, Google Play, Rakuten TV, Amazon, Canal VOD, Orange VOD et Microsoft.

 

Photo Katherine Waterston, Vanessa KirbyKatherine Waterston et Vanessa Kirby forment un duo magnifique

 

Every Breath You Take

Ça raconte quoi ? Philip, psychiatre, voit sa vie bouleversée lorsqu'une de ses patientes se suicide. Le frère de cette dernière s'invite alors chez lui, menaçant peu à peu la stabilité quotidienne de la famille de Philip.

Pourquoi il faut le regarder ? Parce qu'il est tout simplement interdit de manquer un long-métrage avec Casey Affleck, incontestablement l'un des meilleurs acteurs de sa génération (sa prestation dans Manchester by the Sea est encore dans toutes les mémoires). Ici, le comédien ne réitère pas une performance aussi impressionnante, mais porte avec une certaine assurance ce thriller. Un thriller pas spécialement original et au scénario plutôt prévisible (à cause notamment d'un twist final de trop), mais qui réussit toutefois à faire monter la tension à plusieurs reprises.

Le thriller psychologique proposé vaut donc surtout pour son casting puisqu'outre l'excellent Casey Affleck, on peut compter sur un troublant Sam Claflin et la précieuse Michelle Monaghan.

C'est disponible où ? En VOD sur Apple TV, YouTube, Google Play, Rakuten TV, Amazon, Canal VOD, Orange VOD et Microsoft.

 

Photo Casey AffleckEncore un personnage dans la tourmente pour Casey Affleck

 

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commentaires
TL
24/07/2021 à 10:44

@Kehinde Incompréhensible. Comme si le film avait "disparu"

NeoGeo
17/07/2021 à 12:22

« (…) d'un propos assez réac', voire même carrément conservateur« 

Hoooo !…Les vilains !!! (lol)

Kehinde
17/07/2021 à 07:45

Qu'est-il arrivé à "The Beach Bum", annoncé en grande pompe et attendu après le succès de Spring Breakers, puis boudé par les diffuseurs et les grands festivals ?
Le film tient pourtant tout à fait la route, voire il trace un sillon bien plus poignant que la sucrerie pop précédente.

C'est comme si il avait été blacklisté... Harmony Korine serait-il redevenu infréquentable ?

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