Fight Club a été une révolution pour le cinéma, selon Mathieu Kassovitz

Maya Boukella | 26 novembre 2020 - MAJ : 26/11/2020 12:45
Maya Boukella | 26 novembre 2020 - MAJ : 26/11/2020 12:45

Pour Mathieu Kassovitz, le chef d'oeuvre Fight Club de David Fincher n'est pas seulement culte : il marque aussi une étape charnière dans l'histoire du cinéma, notamment du point de vue de l'histoire des techniques.

Le cinéma français compte son lot de personnalités connues pour leur franc-parler. Au premier rang de celles-ci, il y a notamment l'infatigable Mathieu Kassovitz, qui donne l'impression de ne jamais hésiter à s'exprimer, que ce soit pour insulter ses confrères d'outre-Atlantique, ou pour rendre publiques ses thèses négationnistes. Et pourtant, Kassovitz ne dit pas que des bêtises. Quand il adore, il sait comment défendre l'objet aimé, en particulier lorsqu'il s'agit d'un film ou d'un réalisateur.

 

Photo Helena Bonham Carter"T'es en roue libre Mathieu, EN ROUE LIBRE."

 

Son Video Club pour Konbini a été l'occasion pour lui de revenir sur plusieurs pans de sa cinéphilie, en traçant pour cela une brève histoire du cinéma. Un passage a particulièrement retenu notre attention : celui sur lequel Kassovitz a jeté son dévolu sur David Fincher et notamment Fight Club.

Pour Kassovitz, le thriller porté par Brad Pitt et Edward Norton n'est pas seulement un chef-d'œuvre. Mieux, c'est aussi un film qui parle de cinéma, raconte quelque chose de la façon dont les nouvelles techniques l'ont fait muter et évoluer vers de nouvelles formes de mise en scène et de nouveaux récits qui ont permis, rétrospectivement, d'écrire des histoires du cinéma. Kassovitz voit dans Seven (1995), Fight Club, et Matrix (tous les deux sortis en 1999) une filiation très significative, qui marque un changement charnière.

 

Photo Brad Pitt, Kevin Spacey, Morgan FreemanUn trio dont on se souviendra

 

"Fight Club a terminé toute une époque de cinéma et en a ouvert toute une nouvelle. Le sujet du film parle de la fin d'une société, et c'est vraiment le moment ou tu passes d'un style de cinéma à un autre qui n'existait pas du tout avant. Il a complètement mélangé ces deux cinémas : un cinéma artisanal, qui ressemble à Seven, qui est fait à la main et qui est vraiment dur. Et un cinéma digital, de toutes les possibilités.

Il a ouvert ça avec un film qui sent malgré tout la sueur et qui est au début du digital. Donc il a essuyé beaucoup de plâtre il était obligé d'être très inventif et je pense qu'après ce film-là, tout s'est arrêté. tout est devenu plat. (...) Et juste après est arrivé Matrix, qui réinvente complètement le genre."

 

photo, Edward NortonEdward Norton

 

À propos du "plâtre essuyé" par Fight Club, il faut aussi rappeler une chose qui peut paraître invraisemblable aujourd'hui : à sa sortie, Fight Club a été un échec cuisant côté presse et public. Le film a reçu un accueil glacial. Le film a en effet généré 37 millions aux États-Unis, et 100 millions de dollars à l’international, un résultat faible pour un film au budget de 63 millions. Heureusement que justice aura fini par être rendue !

Le point de vue de Mathieu Kassovitz est peut-être une bonne occasion de se programmer un marathon spécial composé des trois films, notamment pour se replonger dans l'usage ludique et passionnant du digital dans Fight Club. De quoi patienter en attendant Mank. Le prochain film de Fincher sera-t-il à la hauteur de ses autres chefs-d'oeuvre ? Les premières critiques sont tombées, et elles semblent abonder dans ce sens.

Le film avec Gary Oldman et Amanda Seyfried sortira le 4 décembre 2020, sur Netflix.

 

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commentaires

jimbooyaka
04/12/2020 à 17:32

A sa sortie le film m'avait fait plutôt donné l'impression d'être un looooooong clip musical comme tous les noctambules en ont vus sur M6. Un truc bien tape-à-l’œil jusqu'à la nausée avec des effets en veux-tu en-voilà. Un peu comme si Fincher voulait juste montrer en un seul film tout ce qu'il était possible de faire avec une caméra et/ou un ordinateur.
Comme d'hab Kasso dit n'importe quoi : du point de vue des techniques de réalisation il n'y a rien de neuf dans Fight Club ! Rien qui ne soit déjà largement pratiqué et de façon très inventive dans la publicité et les clips musicaux (dont Fincher est issu). A la même époque, un Jan Kounen pouvait apporter plus d'innovation visuelles en un seul court métrage... Quant à Matrix, c'est incomparable : tellement innovant pour l'époque que pleins de réals ont plagié ou pastiché ce style jusqu'à le rendre complètement ringard en une poignée d'années.

beyond
27/11/2020 à 16:11

Pas sûr que l'insert de la bite dans le dessin animé par ce taquin de Tyler Durden passerait encore aujourd'hui.

Brosdabid
27/11/2020 à 14:59

J'ai été le soir de la tempête de 99, super souvenir
Super ambiance

l'autre
27/11/2020 à 09:37

J'ai toujours le dvd de Fight Club avec à l'intérieur un résumé des pires critiques sur le film !
Ce film est génial et pour une fois je suis d'accord avec Kassos...

Julien H
26/11/2020 à 22:11

Fight club est culte, pas de problème. MK a dit beaucoup de bêtises, il est passionné mais sans filtre. Il parle de Nolan pour lui reprocher l'usage du numérique mais oubli de parler de Dunkerque... Bêta non ?

Tyler D
26/11/2020 à 20:34

Donner des leçons après le massacre de Babylon AD super bouquin de Dantec
C'est sans doute lui le réal surestimé en France

Mouais Bof...
26/11/2020 à 17:11

Il était plus simple pour E.L de diffuser le lien de son interview sur Konbini. Ca aurait été plus simple que de faire 3 ou 4 articles sur Kassovitz.

Beaucoup de choses interessantes et beaucoup de conneries dans ses propos.

J'aime pas Tarantino,mais de là à dire que c'est lui qui a rendu la violence funky???

Trop de Gloubi-Boulga concernant son analyse sur le cinema actuel.Fincher utilise egalement du "photoshop" dans ses films,et on lui pardonne lui.

Jamais j'aurai cru un jour defendre des realisateurs comme Cameron ,Nolan ou Tarantino.3 réalisateurs surestimés à mon gout.

Inutile de dire que je kiffe Fight Club,mais avec le recul ,mon interprétation diffère avec celle de l'époque.J'y vois un film beaucoup plus métaphysique que satirique ou acerbe.

Sans doute je suis rentré dans l'âge con.

bob
26/11/2020 à 14:40

Pour une fois que Kassovitz ne raconte pas de conneries, ça se fête !

Kyle Reese
26/11/2020 à 12:58

Fight Club la grosse claque visuelle et narrative, la cool attitude de Brad Pitt et Norton en mode zombie au sommet avec la révélation qui a renversé tout le monde. Un film très ludique avec un coté trash à la fois révolutionnaire et nihiliste qui cible les jeunes générations perdue des années 90 et qui me parle encore mais le livre bien barge contenait déjà tout ça.
Comment vendre ce film qui est vraiment à la marge ?
Mais parents qui ont vu le film au ciné par hasard ont juste retenu que c'était bizarre violent avec des gens qui se battent dans des bars louches. Sur ce n'était pas la cible. lol
Kaso a raison pour le coté essuie platre de Fincher avec la 3D parfaitement bien intégré dans le film. Les plans sont souvent court et rapides pour éviter de déceler le rendu, et accentuent le dynamisme du montage. Un chef-d’œuvre pour moi depuis sa vision en salle.

Cacouac
26/11/2020 à 12:42

Fight Club a été tellement mal vendu que des tas de gens, à l'époque, croyait qu'il s'agissait d'un vague remake du Bagarreur avec Bronson.

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