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Fight Club a été une révolution pour le cinéma, selon Mathieu Kassovitz

Par Maya Boukella
26 novembre 2020
MAJ : 4 décembre 2020
12 commentaires
Photo Edward Norton, Brad Pitt

Pour Mathieu Kassovitz, le chef d’oeuvre Fight Club de David Fincher n’est pas seulement culte : il marque aussi une étape charnière dans l’histoire du cinéma, notamment du point de vue de l’histoire des techniques.

Le cinéma français compte son lot de personnalités connues pour leur franc-parler. Au premier rang de celles-ci, il y a notamment l’infatigable Mathieu Kassovitz, qui donne l’impression de ne jamais hésiter à s’exprimer, que ce soit pour insulter ses confrères d’outre-Atlantique, ou pour rendre publiques ses thèses négationnistes. Et pourtant, Kassovitz ne dit pas que des bêtises. Quand il adore, il sait comment défendre l’objet aimé, en particulier lorsqu’il s’agit d’un film ou d’un réalisateur.

 

Photo Helena Bonham Carter« T’es en roue libre Mathieu, EN ROUE LIBRE. »

 

Son Video Club pour Konbini a été l’occasion pour lui de revenir sur plusieurs pans de sa cinéphilie, en traçant pour cela une brève histoire du cinéma. Un passage a particulièrement retenu notre attention : celui sur lequel Kassovitz a jeté son dévolu sur David Fincher et notamment Fight Club.

Pour Kassovitz, le thriller porté par Brad Pitt et Edward Norton n’est pas seulement un chef-d’œuvre. Mieux, c’est aussi un film qui parle de cinéma, raconte quelque chose de la façon dont les nouvelles techniques l’ont fait muter et évoluer vers de nouvelles formes de mise en scène et de nouveaux récits qui ont permis, rétrospectivement, d’écrire des histoires du cinéma. Kassovitz voit dans Seven (1995), Fight Club, et Matrix (tous les deux sortis en 1999) une filiation très significative, qui marque un changement charnière.

 

Photo Brad Pitt, Kevin Spacey, Morgan FreemanUn trio dont on se souviendra

 

« Fight Club a terminé toute une époque de cinéma et en a ouvert toute une nouvelle. Le sujet du film parle de la fin d’une société, et c’est vraiment le moment ou tu passes d’un style de cinéma à un autre qui n’existait pas du tout avant. Il a complètement mélangé ces deux cinémas : un cinéma artisanal, qui ressemble à Seven, qui est fait à la main et qui est vraiment dur. Et un cinéma digital, de toutes les possibilités.

Il a ouvert ça avec un film qui sent malgré tout la sueur et qui est au début du digital. Donc il a essuyé beaucoup de plâtre il était obligé d’être très inventif et je pense qu’après ce film-là, tout s’est arrêté. tout est devenu plat. (…) Et juste après est arrivé Matrix, qui réinvente complètement le genre. »

 

photo, Edward NortonEdward Norton

 

À propos du « plâtre essuyé » par Fight Club, il faut aussi rappeler une chose qui peut paraître invraisemblable aujourd’hui : à sa sortie, Fight Club a été un échec cuisant côté presse et public. Le film a reçu un accueil glacial. Le film a en effet généré 37 millions aux États-Unis, et 100 millions de dollars à l’international, un résultat faible pour un film au budget de 63 millions. Heureusement que justice aura fini par être rendue !

Le point de vue de Mathieu Kassovitz est peut-être une bonne occasion de se programmer un marathon spécial composé des trois films, notamment pour se replonger dans l’usage ludique et passionnant du digital dans Fight Club. De quoi patienter en attendant Mank. Le prochain film de Fincher sera-t-il à la hauteur de ses autres chefs-d’oeuvre ? Les premières critiques sont tombées, et elles semblent abonder dans ce sens.

Le film avec Gary Oldman et Amanda Seyfried sortira le 4 décembre 2020, sur Netflix.

 

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jimbooyaka

A sa sortie le film m’avait fait plutôt donné l’impression d’être un looooooong clip musical comme tous les noctambules en ont vus sur M6. Un truc bien tape-à-l’œil jusqu’à la nausée avec des effets en veux-tu en-voilà. Un peu comme si Fincher voulait juste montrer en un seul film tout ce qu’il était possible de faire avec une caméra et/ou un ordinateur.
Comme d’hab Kasso dit n’importe quoi : du point de vue des techniques de réalisation il n’y a rien de neuf dans Fight Club ! Rien qui ne soit déjà largement pratiqué et de façon très inventive dans la publicité et les clips musicaux (dont Fincher est issu). A la même époque, un Jan Kounen pouvait apporter plus d’innovation visuelles en un seul court métrage… Quant à Matrix, c’est incomparable : tellement innovant pour l’époque que pleins de réals ont plagié ou pastiché ce style jusqu’à le rendre complètement ringard en une poignée d’années.

beyond

Pas sûr que l’insert de la bite dans le dessin animé par ce taquin de Tyler Durden passerait encore aujourd’hui.

Brosdabid

J’ai été le soir de la tempête de 99, super souvenir
Super ambiance

l'autre

J’ai toujours le dvd de Fight Club avec à l’intérieur un résumé des pires critiques sur le film !
Ce film est génial et pour une fois je suis d’accord avec Kassos…

Julien H

Fight club est culte, pas de problème. MK a dit beaucoup de bêtises, il est passionné mais sans filtre. Il parle de Nolan pour lui reprocher l’usage du numérique mais oubli de parler de Dunkerque… Bêta non ?