Malcolm & Marie, The Lockdown Hauntings... : les projets les plus déments réalisés pendant le confinement

Mathias Penguilly | 18 août 2020 - MAJ : 18/08/2020 15:57
Mathias Penguilly | 18 août 2020 - MAJ : 18/08/2020 15:57

La pandémie a été aussi déprimante que créatrice pour des millions de gens confinés. Retour sur 5 projets ciné vraiment atypiques, créés pendant le confinement.

Votre frère s'est mis à la guitare ? Votre père a découvert l'existence de Marmiton ? Votre mère a enfin décidé d'écrire ses mémoires ? Pas de doute, vous faites partie des deux milliards de personnes assignées à domicile à la fin du mois de mars, à cause d'un virus tout petit rikiki. Seul ou en famille, oisif ou télétravaillé, le confinement a été une expérience différente pour chacun d'entre nous, dont nous nous rappellerons encore longtemps.

Pour les professionnels de l'industrie du cinéma, cette période étrange a aussi été l'occasion d'exercer leur créativité, de mettre en images certains projets déments qui n'auraient tout simplement pas existé sans la généralisation du confinement. Ecran Large revient sur cinq de ces productions pas tout à fait comme les autres, qu'on pourra voir très bientôt sur nos écrans.

 

photoJuste avant le "Monde d'après"...

 

HOMEMADE

Dans l'idée, la série Netflix est peut-être la plus iconique, la plus médiatisée aussi. Initiée par le cinéaste Pablo Larraín (NerudaJackie) et disponible sur la plateforme au N rouge depuis le 30 juin 2020, elle fonctionne comme une anthologie de courts-métrages vraiment troublants, chacun filmé par une personnalité du cinéma, depuis leur lieu d'isolement. De Ladj Ly (Les Misérables) à Paolo Sorrentino (The Young PopeLa Grande Bellezza) en passant par Naomi Kawase (Voyage à YoshinoStill the Water) et Rachel Morrison (la chef-opératrice de Black Panther), la série propose en tout 17 réalisations par un ensemble de cinéastes en vue ces dernières années.

Elle permet également à des actrices comme Kristen Stewart et Maggie Gyllenhaal de s'essayer au passage derrière la caméra, créant peut-être des vocations futures, qui sait ? De la mélancolie des rues désertées de Los Angeles aux quatre murs d'un appartement romain, des immeubles de Montfermeil jusqu'aux pavillons de Glasgow, Homemade nous montre le confinement des uns, des autres, soulignant ce paradoxe incroyable : finalement, seuls, chacun chez soi, nous étions confinés ensemble.

 

 

 

MALCOM & MARIE

Même ambiance mélancolique mais dans un genre complètement différent, le réalisateur d'Euphoria a retrouvé sa muse, Zendaya, pour un tournage unique en son genre. Confinée dans une grande propriété californienne, l'équipe de Sam Levinson s'est mise en ordre de marche pour filmer un des premiers longs-métrages sur le confinement, en appliquant un protocole ultra-strict et des conditions de tournage draconiennes. Cela lui a sûrement permis de remplir ses longues journées en attendant que le tournage de la seconde saison d'Euphoria ne reprenne.

Dans Malcolm & Marie, un huis clos marital tourné en noir et blanc, Zendaya donne la réplique à John David Washington, la star de Tenet et de BlacKkKlansmanOn sait encore peu de choses sur le scénario même si plusieurs journaux américains ont dressé un parallèle avec le Marriage Story de Noah Baumbach, produit pour Netflix. Une première image du couple, dans sa magnifique villa d'architecte a été publiée sur le compte Twitter de l'actrice, mais aucune chronologie de post-production n'a été mentionnée pour l'instant

 

John David Washington, ZendayaLocked Lips Lockout

 

THE LOCKDOWN HAUNTINGS

Le confinement n'a pas été une période d'introspection et de douce mélancolie pour tout le monde. Pour pimenter un peu cette sélection, il nous fallait du gore, de l'horreur, et heureusement pour nous, Howard J. Ford (The Dead) a repris sa caméra pour un nouveau film d'horreur mystique. Dans The Lockdown Hauntings (littéralement "les apparitions du confinement"), le cinéaste dépeint une série de meurtres atroces, visiblement commis par un serial killer décédé.

Filmé sans équipe technique pendant le pic pandémique, le film met en scène un spécialiste du paranormal interprété par Tony Todd (La Nuit des morts-vivantsCandyman) et une policière confinée qui essaient de résoudre cette enquête depuis l'interface Zoom de l'ordinateur. La première bande-annonce est particulièrement effrayante et laisse présager une mise en scène assez impressionnante, sachant que le film a été tourné en effectifs plus que réduits. Le film devrait être diffusé dans les salles obscures à partir du mois de mars 2021.

 

 

COASTAL ELITES

Pendant le confinement, le cinéaste Jay Roach (spécialisé en biopics politiques depuis All the WayGame Change et Scandale) récidive avec un format vraiment atypique. Dans Coastal Elites, il filme cinq de ses amis dans la peau de personnages typiques de la société bourgeoise des deux côtes américaines. Ceux-ci partagent leurs peines et leurs joies, leurs états d'âme et leurs inquiétudes face à la pandémie et au climat politique tendu aux États-Unis.

À tour de rôle, Sarah Paulson (American Horror Story), Bette Midler (Hocus Pocus, Ce que veulent les femmes), Issa Rae (Insecure), Dan Levy et Kaitlyn Dever s'installent derrière leur ordinateur, donnant vie à une galerie de personnages vraiment loufoques. À la fois drôle, rafraichissant et un peu malaisant : passer deux heures en face caméra avec des petits bourgeois autocentrés rappellera peut-être de mauvais souvenirs à certains. Le téléfilm doit être diffusé le 12 septembre 2020 sur HBO aux États-Unis. On ne sait pas encore s'il sera également disponible sur le bouquet OCS.

 

 

ISOLATION

Enfin, dernier projet confiné - et pas des moindres ! - il s'agit d'une anthologie horrifique particulièrement intrigante. Brutalement interrompu en plein tournage de sa nouvelle série, le producteur indépendant Nathan Crooker est parvenu à réunir une dizaine de réalisateurs pour travailler ensemble sur le même film. Parmi eux, on trouve notamment l'acteur Larry Fessenden (SouthboundThe Ranger), la réalisatrice Dennie Gordon ou encore Andrew Kasch, à qui on doit notamment Tales of Halloween et His name was Jason.

Le film est construit à partir de plusieurs histoires distinctes plus ou moins interconnectées qui traitent des liens humains et de survivalisme - des thèmes particulièrement à-propos pour un film d'horreur réalisé au cœur du confinement. À la mi-juillet 2020, alors que le film venait d'entrer en post-production, Crooker s'est confié à Variety :

"Isolation ne sera pas juste un voyage excitant, mais une capsule témoin pour les générations futures. Je suis impressionné par la manière dont ces réalisateurs se sont approprié les règles que nous leur avons fixé, mais ont aussi grandement dépassé nos attentes quant à ce qu'il été possible de produire..." On a hâte d'en voir un peu plus que cette toute première image partagée par le magazine américain...

 

photoUn petit avant-goût de The Boys saison 2

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commentaires

Casper2046
18/08/2020 à 22:34

Ce qui est le plus choquant c est le manque de recul... toutes ces “productions” ne brassent que du vent (et par exemple je reste un inconditionnel de Sorrentino et Kawase) mais là tout a été fait dans l immédiateté, l urgence, aucun recul ni réflexion sur notre situation actuelle. Du coût ça produit du vide pour effectivement lutter contre le sommeil au grand bonheur de Reed Hastings mais quelle tristesse pour notre société...

Kouak
18/08/2020 à 16:18

Bonjour,
"THE LOCKDOWN HAUNTINGS" ça a l'air, comment dirais-je...
Vachement novateur ! voilà...Je cherchais le mot...
Des portes qui claquent, des cuillères qui volent, des chaises qi bougent toutes seules...
**tain ! Du jamais vu quoi !
Et tout ça en incluant la période de confinement...Et un fantôme de tueur en série !
Purée ! Trop, trop, fort !
Sacré Combo !

Bon allez j'arrête !
Bref...

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