Mourir peut attendre : les producteurs expliquent pourquoi Danny Boyle a quitté le prochain James Bond

Marion Barlet | 20 janvier 2020
Marion Barlet | 20 janvier 2020

Le vingt-cinquième épisode de James Bond aurait pu être réalisé par Danny Boyle, avant son départ et son remplacement. Les producteurs en disent plus sur les raisons.

Si le visage des James Bond change d'une période à l'autre, ce n'est pas le cas pour les garants de la franchise, bien installés. La saga est tenue d'une main de fer (gantée de velours) par une famille de producteurs, qui assure le suivi de 007, son image, sa qualité, son évolution. L'agent secret britannique est un patrimoine pour les Broccoli, dont Michael G. Wilson et Barbara Broccoli sont à la tête. La société de production EON, fondée par le père Albert R. Broccoli, a produit la totalité des films James Bond - à deux exceptions près. 

Aujourd'hui, c'est sa fille Barbara et son beau-fils Michael, qui sont demi-frère et demi-soeur, qui manoeuvrent le cuirassé James Bond. Bien formés par le patriarche à la conservation du monument-personnage, les Broccoli-Wilson ont plus que leur mot à dire dans la création des films. Plus qu'une franchise, c'est un morceau de leur génétique qui est en jeu. 

 

photo, Ralph FiennesQui est-ce qui décide ici ? C'est moi ou moi ? 

 

Cependant, ils n'hésitent pas à revenir sur la qualité de certains opus, dont Meurs un autre jour, un exemple de ratage pour le sacro-saint James. Michael G. Wilson et Barbara Broccoli se définissent comme les gardiens du personnage dont la pérennité tient à la gestion des affaires. Il s'agit donc de rester dans le coup, et d'ouvrir des pistes. Il a été question de James Bond sur plateforme et petit écran, et d'une interprétation par une femme ou un homme noir (la fin du débat ici).

Aller chercher Danny Boyle pour la réalisation, c'était une belle tentative. Le réalisateur oscarisé pour Slumdog Millionaire jouit d'une réputation à la hauteur de sa filmographie (TrainspottingSunshine, Steve Jobs), alléchante. Il voyage entre les thématiques et les pays, et un Mourir peut attendre aurait été un joli trophée supplémentaire. Malheureusement, les dissenssions ont été trop fortes pour poursuivre le partenariat avec les producteurs. En gros, c'était soit sa patte, soit la voie tracée par le studio. Il est parti dégoûté par les franchises en général, auxquelles il ne veut plus toucher. 

Le réalisateur anglais a donc reproché à la production d'être trop présente, et de nuir à sa liberté créatrice lors de son départ de la réalisation de Mourir peut attendre en août 2018. Depuis, les producteurs Michael G. Wilson et Barbara Broccoli s'étaient peu exprimés à ce sujet.

 

photo, Daniel CraigDaniel Craig qui sait plus trop qui écouter : le réa ou les prods ?

 

Mais à l'heure de la sortie prochaine de Mourir peut attendre, et de la comm' qui va avec, les producteurs ont tenu à donner leur version des faits. Dans un entretien pour VarietyBarbara Broccoli déclare :

« C’était difficile pour les deux parties parce que nous avions un respect et une admiration mutuels, mais il valait mieux connaître [les différends artistiques] avant de se lancer dans un projet. Nous avons bien travaillé ensemble pendant un certain nombre de mois, mais il est arrivé un moment où nous discutions du genre de film que nous voulions faire, et nous sommes tous les deux arrivés à la conclusion que nous n’étions pas alignés. Les films sont déjà difficiles à faire quand on est sur la même longueur d’ondes. Quand on ne l’est pas, c’est tout simplement impossible. Nous l’avons reconnu et, avec respect, nous nous sommes rendus compte que cela ne fonctionnerait pas. »

Barbara Broccoli offre une version édulcorée du départ de Danny Boyle. Sa position oblige à l'élégance du respect mutuel, malgré un projet empêché pour dissonance artistique. La question est : pourra-t-on un jour voir des petits bouts de Mourir peut attendre par Danny Boyle ? En attendant, l'Américain Cary Fukunaga a pris la relève (c'est lui qui a réalisé la saison 1 de True Detective, dont on vous livre les arcanes ici).

Reste à savoir si le changement de réalisateur pèsera sur le dernier James Bond de Daniel Craig ? Et si oui, la faute à qui ? Réponse le 8 avril 2020.

 

affiche 1, Daniel Craig

 

commentaires

jlol2
21/01/2020 à 21:19

Il lui manque le flegme anglais des 007...

Baobab
21/01/2020 à 04:38

Tout du blablabla.... sûrement une mésentente financière.il est très bien cet acteur pour jouer ce rôle qui lui va a la peau.....je ne veux pas d'un autre

Manspreading 4 life
21/01/2020 à 02:11

Ce brûlot anti-patriarcal est un article ?

Bonne analyse les gars
21/01/2020 à 01:18

Jaime beaucoup les messages ci-dessous. Pour ma part je fais confiance aux producteurs historiques de cette saga mythique. Et cest "drôle"a lepoque on avait cassé les bonbons à Spielberg parce quil n'était pas anglais pour mettre en boite en Bond et depuis un certain temps pas de soucis. Un Américain sans problème peut maintenant réaliser un Bond. OK.

Sébastien
20/01/2020 à 23:30

Marrant cette multiplication des articles sur ce que n'a pas été ou ne sera jamais tel ou tel film.
Scénarios abandonnés
Scène coupées
Scènes non tournées
Bientôt des articles sur des films qui n'ont jamais existé.
Il faut croire que les films existants sont donc si mauvais et inintéressants qu'on en arrive à ce niveau de virtualité fantomatique.
Drôle d'époque.

KibuK
20/01/2020 à 18:14

@EcranLarge
Pourquoi la position de B. Brocoli est-elle forcément édulcorée ? Danny Boyle a tout aussi bien pu noircir le tableau par frustration et déception.

JohnLark
20/01/2020 à 16:22

Il a eu raison de s'en aller Craig, on dirait une endive desséchée sur le poster.

votre commentaire