Julie Gayet (Clara et moi)

Didier Verdurand | 29 janvier 2005
Didier Verdurand | 29 janvier 2005

Julie Gayet illumine Clara et moi de son charme naturel et a trouvé en Clara peut-être son plus beau rôle en 11 ans de carrière dont le titre le plus marquant est probablement Select Hotel, qui lui valut le Prix Romy Schneider en 1997. Entretien avec une comédienne qui ne se la joue pas.

Le numéro de Clara est bien visible dans la scène de rencontre avec Antoine. Tu n'as pas peur que tous les spectateurs t'appellent ?
J'ai commencé à l'écrire et puis dans l'action j'ai réalisé que c'était mon vrai numéro donc les derniers chiffres sont faux. Après coup, on s'est dit qu'il aurait fallu mettre un numéro qui envoie sur une sorte de site de Clara et moi.

Tu as essayé d'appeler ce numéro ?
Non !

J'ai tenté plusieurs fois mais on tombe sur une boîte vocale qui ne ressemble pas à celle d'un particuliers et malgré le message que j'ai laissé, il n'y a pas eu de retours donc autant prévenir ceux qui vont tomber amoureux en regardant le film. Cette scène dans le métro est remarquable, on croit tout de suite en votre attirance mutuelle ! Tu t'es fait draguer dans le métro depuis ?
Je prends toujours le métro, des gens me reconnaissent mais ne savent pas exactement qui je suis, je n'ai pas encore eu de véritables succès publics. Tant mieux car cela me permet de circuler librement et d'observer ce qui s'y passe. En tout cas, personne ne m'a branchée dans le métro après Clara et moi comme le fait Julien Boisselier ! (Rire.)

Quand tu as reçu le scénario, connaissais-tu Arnaud Viard ?
Non. J'avais trouvé l'histoire très jolie et lorsque j'ai rencontré Arnaud, il y a tout de suite eu un contact fraternel, je me suis sentie très proche. C'était à un moment de ma vie où je voulais un rôle proche de ce que j'étais. J'ai donc accepté de me lancer dans l'aventure mais Arnaud a mis du temps à trouver le financement et m'a rappelé deux ans plus tard pour me dire qu'il n'avait pas d'argent, nous ne serions pas payés, et que le tournage commençait trois mois plus tard...

Clara veut partir en Argentine à la fin. Comme ton mari est argentin, je me demandais si tu étais intervenue dans le scénario...
Incroyable, mais ça y était déjà. Et j'ai maintenant un projet de film qui se tournerait là-bas... Plusieurs détails dans le scénario m'ont personnellement touchée et l'identification devenait encore plus évidente.

La réussite de Clara et moi repose grandement sur l'alchimie entre toi et Julien Boisselier.
Difficile de se lancer dans une histoire d'amour, car c'est très intime et on ne sait pas expliquer le secret d'une alchimie entre deux acteurs. D'ailleurs, Julien et moi avons été très surpris à la vision du film ! Nous ne sommes pas amis mais avons vécu une relation complètement irréelle le temps d'un tournage. Une vraie complicité s'était installée et on l'a retrouvée a l'occasion de l'interview pour le DVD. Sensation étrange de se retrouver si rapidement dans les peaux de Clara et Antoine...

Tu dis dans une interview sur le DVD que tu ne t'es jamais retrouvée dans un film grâce à un casting, à part Select Hotel ! Tu en fais encore ?
Oui, je suis bien obligée ! Je n'arrive pas à être bonne quand je me sens jugée, c'est assez troublant... Ce n'est pas une question d'être en compétition car nous sommes toutes dissemblables et je comprendrais toujours qu'une autre actrice corresponde plus à un fantasme d'un metteur en scène, parce qu'elle ressemble plus à une ex ou pour une raison différente. Je serais embêtée d'être choisie juste pour mon nom.

Es-tu attirée par un genre de films auquel tu n'aurais pas goûté ?
Je vais peut-être faire un film de kung-fu en Angleterre... Je suis ouverte à tout et cela me permet d'éviter les étiquettes. Il en va de même en tant que spectatrice. J'apprécie autant Matrix qu'un Téchiné ou un film grec ! J'aime le cinéma pour être transportée dans des univers que je ne connais pas.

Tu tournes actuellement en Ecosse ?
A woman in winter de Richard Johnson avec Brian Cox. Ce sera une histoire d'amour dans le monde de l'astrophysique. Les personnages sont dans des espaces temps différents. C'est un petit film en terme de budget mais nous essayons d'en tirer le maximum visuellement, comme l'avait réussi dans son genre Requiem for a dream. J'avais déjà tourné en anglais à Amsterdam avec Isabelle Carré et Clément Sibony mais la production a coulé et le résultat n'est jamais sorti. Comme j'ai fait mes études de théâtre à Londres, je parle très bien anglais et j'espère que cela m'ouvrira de nouvelles portes.

Bab El Web de Merzak Allouache sortira en mars. Bon souvenir ?
Ce sera un film très tendre... J'ai adoré l'Algérie. On a une image négative de ce pays, on pense tout de suite que c'est dangereux mais j'ai été touchée par la solidarité qui y règne. J'y ai trouvé un humour, une naïveté, une gentillesse... Faudel a été un soleil et je me suis très bien entendue avec Merzac.

Ta favorite pour le César de la meilleure actrice ?
Maggie Cheung, je l'ai trouvée extraordinaire.

Propos recueillis par Didier Verdurand.
Autoportrait de Julie Gayet.

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