La Momie : pourquoi la trilogie avec Brendan Fraser reste un gros plaisir intact

La Rédaction | 12 juillet 2018 - MAJ : 31/08/2018 18:00
La Rédaction | 12 juillet 2018 - MAJ : 31/08/2018 18:00

La Momie  avec Tom Cruise a été un gros ratage pour vous aussi ? Pas de panique : il y a un remède.

Zéro frissons, zéro excitation, zéro imagination : La Momie version Tom Cruise a été l'un des blockbusters les plus fades de ces dernières années, si ce n'est au-delà. Survendu comme le premier film du Dark Universe, univers partagé d'Universal où devaient se croiser un Frankenstein, un homme invisible ou encore un loup-garou, le film d'Alex Kurtzman n'offre pas l'aventure espérée, la faute à une intrigue faible, des personnages peu charismatiques et des scènes d'action mal organisées.

 

photo, Sofia Boutella

 

Ce n'est donc pas pour rien si les films avec Brendan Fraser sont revenus au premier plan au même moment : La Momie de Stephen Sommers, et ses deux suites, ont été très appréciés à leur sortie, et ont gagné en popularité depuis. Décomplexées, inventives, ridicules, drôles, décalées, ces superproductions occupent ainsi une place privilégiée dans le cœur de nombreux spectateurs.

Alors qu'une nouvelle momie est arrivée 85 ans après le film culte avec Boris Karloff, Ecran Large revient sur la trilogie portée par Brendan Fraser. Pour se remettre du blockbuster avec Tom Cruise ou simplement pour se souvenir de ces spectacles réjouissants.

 

  

LA MOMIE de Stephen Sommers (1999)

Difficile d'imaginer que le retour de La Momie a failli prendre une forme très différente avant d'être un film pop corn décompléxé avec Brendan Fraser et Rachel Weisz. Universal a d'abord envisagé un film d'horreur dans la tradition de l'original des années 30, avec un budget de série B. Le célèbre Clive Barker a été embauché, avec en tête une sombre histoire contemporaine de directeur de musée dérangé qui essaie de réanimer des momies. Ce sera ensuite au tour de Joe Dante (Gremlins) d'imaginer lui aussi une version contemporaine, centrée sur une histoire d'amour, avec l'envie de caster Daniel Day-Lewis en momie. L'idée des scarabées mangeurs de chair humaine vient de ce script, qui sera rejeté par le studio car trop cher.

George A. Romero proposera lui aussi sa vision en 94, avec une héroïne et un Imhotep réanimé par accident dans une métropole américaine. Universal refuse cette version trop violente, sans parler d'un problème de contrat qui lie Romero à la MGM. Mick Garris et Wes Craven seront approchés, avant que Stephen Sommers ne contacte les producteurs James Jacks et Sean Daniel pour leur pitcher sa version, entre Indiana Jones et Jason et les argonautes. Fan du film de 1932, qui a marqué son enfance, le réalisateur leur vend du rêve et décroche un budget de 80 millions.

  

 

 

Universal ne regrettera pas : avec plus de 415 millions au box-office, dont 155 aux Etats-Unis, La Momie est un succès. Assez mérité tant le film reste un spectacle diablement sympathique, parfois très drôle (la première scène de Rachel Weisz dans la bibliothèque), parfois très sale (les scarabés carnivores, l'acide qui aura fait "fondre" les pauvres locaux), et souvent très ridicule.

Le film de Stephen Sommers ne se prend pas au sérieux, et le fait bien. Rick qui brandit un chat comme le Roi lion pour effrayer la Momie, Rick qui commente d'un air dubitatif un énième coup de vent qui fait frémir le feu de camp, Rick qui tire sur la Momie dès la première rencontre d'un air satisfait, Rick qui évite de peu quelques balles grâce à Evy : La Momie est un plaisir old school assumé, parfaitement illustré par le flegme de son héros interprété par un Brendan Fraser impeccable. Le réalisateur d'Un cri dans l'océan et Van Helsing exploite ses décors de déserts et vieux tombeaux avec une efficacité certaine, offrant de nombreuses scènes marquantes. Le charme de cette Momie (contrairement aux effets spéciaux) résiste sans problème aux années.

 

Photo Brendan Fraser, Rachel WeiszBrendan Fraser avec Rachel Weisz et John Hannah  

 

LE RETOUR DE LA MOMIE de Stephen Sommers (2001) 

Si le premier chapitre de la trilogie était une sorte de parfait pastiche à la dynamique entraînante, sa suite est également un sommet, mais dans un tout autre domaine. Avant de devenir un pan de cinéma prisé du grand public et ultra-calibré par l’industrie, les suites de succès ne s’articulaient pas tant selon un schéma narratif pensé comme la source d’une franchise ou d’un possible univers étendu, mais selon la logique du « bigger and louder ».

Soit, encore plus dans la tronche d’un spectateur qui n’en demandait pas forcément tant. Le Retour de la Momie, à bien des égards, balance aux toilettes l’équilibre funambule du premier volet et annihile à peu près tout ce qui faisait son charme enthousiaste. Mais en contrepartie, nous gagnons un film démesuré, profondément malade, serti d’idées tout à tour baroques, débiles, euphorisantes, ou absurdes.

 

Photo Brendan Fraser, Rachel Weisz"Mon Dieu Rachel, c'est le moment où on doit sortir nos dialogues, plus le choix"

 

On sort du film groggy après avoir enchaîné à peu près 43 résurrections/putréfactions, vu un nombre incommensurable de bébêtes numériques massacrer des combattants tout aussi numériques, rigolé du mélange de charisme brut et de ridicule inhérent à la performance d’Arnold Vosloo, tout en se demandant comment le personnage de John Hannah a bien pu survivre à sa propre adolescence.

On se sera esclaffé devant le génie précoce d’un enfant confondant manifestement le mythe du Petit Poucet et un traité d’architecture afférant à l’Egypte ancienne, face à une bonne demi-douzaines de climax (forcément, quand on a un récit avec 132 méchants trois douzillions de gentils, tout se finit en embouteillage narratif), avant de faire une syncope devant un Roi Scorpion vomitoire.

Dans ses outrances et le panache avec lequel il s’assume comme un énorme hamburger, indigeste mais généreux jusqu’à frôler l’explosion, la suite de La Momie est une source de plaisir inextinguible. Avec plus de 433 millions au box-office pour un budget d'une centaine de millions, c'est un succès. Et puis bon, c’est un peu l’acte de naissance déviant de The Rock, et ça, c’est historique.

 


Le début du Retour de la Momie

 

LA MOMIE : LA TOMBE DE L'EMPEREUR DRAGON de Rob Cohen (2008)

Après la sortie du Retour de la Momie, un constat s'imposait : l'aventure avec un grand A était toujours aussi populaire auprès du public, et l'univers de la Momie se montrait riche en aventures annexes. Preuve en est avec la trilogie du Roi Scorpion. On aurait donc pu s'attendre à ce qu'une troisième histoire de la saga principale fut mise en chantier très rapidement.
 

Il n'en a été rien puisqu'il fallu attendre quelques années pour que La Momie revienne sur les écrans, à la surprise générale d'ailleurs. L'impératif était évident : renouveler l'histoire tout en gardant les éléments qui avaient fait le succès de la saga. Si Imhotep ne pouvait décemment pas revenir pour un troisième round, sa présence dans le deuxième étant déjà discutable, décision a donc été prise d'aller en Chine (ce qui tombait bien puisqu'une partie des capitaux du budget provenait de là-bas) et de s'intéresser plus particulièrement à l'Empereur Qin Shi Huangdi (Jet Li) dans un scénario qui ressemblait pas mal aux précédents au final.

 

Image 297888Qui saura trouver les deux éléments réels dans cette image ?  

 

Si Brendan Fraser et John Hannah reviennent, Rachel Weisz passe la main au profit de Maria Bello. L'histoire ne met plus l'accent sur Rick O'Connell mais bel et bien sur son fils, Alex, à présent aventurier adulte comme son père. En résulte un honnête divertissement, très sympathique aux accents de série B, même s'il faut reconnaitre que le concept s'étouffe un tantinet et que la fraicheur du premier film manque cruellement. L'autre souci, c'est qu'il est sorti quasiment à la même période qu'Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal et que face à lui, personne ne faisait le poids, en dépit de la nullité de la quatrième aventure d'Indy.

A noter qu'une autre suite de La Momie était prévue, qu'elle devait se dérouler au Pérou, mais qu'il a été décidé de tout rebooter pour créer le Dark Universe. Pas sûr qu'on y ait gagné au change. 

Au final, La Momie 3 c'est pas fou, et le public n'a pas été franchement séduit (le film a coûté 145 millions, bien plus que les précédents, et a à peine franchi la barre des 400 millions). Mais c'est très sympa et puis, surtout, il y a des Yetis qui font du basket et ça, ça n'a pas de prix.

 



 

Affiche

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commentaires

Zen
07/10/2018 à 22:03

On a adoré la momie avec Tom Cruise, vivement la suite

Brucetheshark
13/07/2018 à 09:36

Je veux revoir Bredan Fraser dans des films d'aventures :'-(

zetagundam
12/07/2018 à 22:48

Pourquoi trilogie alors qu'il n'existe que 2 films !?

Serait-ce le syndrôme Indiana Jones où certains persistent à croire qu'il existerait un 4ème film alors qu'il n'y en a que 3 ?

Alexiaaucarré
12/07/2018 à 21:16

Le 1er était fort sympathique. Le 2eme était une tuerie... du grand n'importe quoi (toute la partie dans la jungle... J ai adoré).
Le 3eme je ne m en souviens plus et je ne l ai jamais revu.
Il me semble que je ne retrouvais plus le charme du couple principal. Plus la même actrice... Le fils qui prend toute la place. ..
En tout cas il est possible de faire des films d aventure dignes d Indiana Jones (toute mesure gardée) originaux... allez... Uncharted j y crois à mort.

thierry A
12/07/2018 à 20:34

A tout ceux qui se demanderait ce qu'est devenu Brendan Fraser.
Après une période d'oubli total, l'acteur revient avec une composition remarquable dans la série Condor, que je recommande.

fedor85
12/07/2018 à 19:12

La Momie est un sommet du divertissement action-aventure. Le 2 sympa mais je déteste l'idée (comme dans indy 4 et bien d'autre) du fiston aussi bon que le père. Le 2 aurais gagné à allez un peu plus dans l'horreur (une ambiance dark, un méchant dur à tuer)

Le 3, le peu que je me rappelle, me donne pas envie de le revoir.

Bonus: celui de Cruise, une purge.

Jocker
10/09/2017 à 01:05

La momie avec Tom Cruise et pas trop mal y a t'il une suite de prévu

Tonto
19/06/2017 à 12:51

@Geoffroy Crété - Rédaction Merci d'avoir pris le temps de me répondre, je m'y attendais pas ! ^^ En même temps, je ne suis assidu à ce site que depuis un mois environ, alors je suis encore en train de le découvrir petit-à-petit...
Je n'ajouterai pas grand-chose à ce que vous dites, parce que je suis tout-à-fait d'accord sur le fait qu'on a le droit d'aimer ou pas. Je voulais juste réagir par rapport au titre de l'article que je trouvais presque insultant, tellement j'avais l'impression que vous posiez votre avis en vérité générale, mais votre commentaire me montre que c'était loin d'être le cas... Bon, c'est justement cette subjectivité assumée qui m'avait intéressée sur votre site, alors je ne peux pas vraiment me plaindre, j'imagine ! Désolé si j'ai réagi au quart de tour... ^^
Moi, j'ai eu le "bon film d'aventures hollywoodien, bien fichu, bien mené, un minimum inventif et solide" que je cherchais, donc forcément, ça fait toujours mal quand on le voit se faire démonter par un site qu'on suit régulièrement avec un certain intérêt. Mais après tout, j'imagine que je ne fais que ressentir ce qu'ont ressenti les fans du Roi Arthur précédemment... :)
Bon, ben du coup, au plaisir de se crêper à nouveau le chignon sur le prochain film dont vous ferez une critique ! XD

MooreJulianne
18/06/2017 à 13:19

Hollywood arrive plus a faire ce genre de trilogie comme l'arme fatale, le flic de Beverly hills etc.
Ça m'étonne même pas même si j'adore Tom cruise

zetagundam
18/06/2017 à 09:25

Autant les 2 premiers épisodes sont top du point de vue divertissement, autant le 3ème épisode, qui comprends pourtant Jet Li, est une belle daube. Le tâcheron de Rob Cohen en serait-il le principal responsable ?

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