King Kong de Peter Jackson : grand film ou affreux blockbuster ?

La Rédaction | 15 novembre 2022 - MAJ : 16/11/2022 09:19
La Rédaction | 15 novembre 2022 - MAJ : 16/11/2022 09:19

Grand film ou gros ratage : King Kong de Peter Jackson partage la rédaction.

3,5 millions d'entrées en France, plus de 550 millions au box-office et même trois Oscars dont celui des effets spéciaux : King Kong a dignement régné sur l'hiver 2005, réanimé par Peter Jackson dans une superproduction gargantuesque portée par Naomi WattsJack Black et Adrien Brody.

Alors que la bête est depuis revenue dans Kong : Skull Island et Godzilla vs. Kong en 2021, la rédaction a décidé de se battre dans les bureaux pour savoir à quel point le blockbuster de Peter Jackson est bien, ou pas bien. Et à peu près personne n'est d'accord, peu importe l'aspect du film. La preuve.

 

Photo Naomi WattsNaomi what the hell

 

L'HISTOIRE REMAKÉE

OUI ! Le parti pris de Peter Jackson est simultanément simple, ultra-audacieux et très complexe dans sa mise en place. Considérant que le film original King Kong de Schoedsack et Cooper n’est pas un chef-d’œuvre pour rien, il décide d’y rendre hommage en respectant scrupuleusement sa structure et ses composantes.

Il va se « contenter » de les passer en surmultipliée, afin de les faire correspondre au gigantisme et aux possibilités visuelles offertes par les avancées technologiques de 2005. Soit une position à la fois humble et fonctionnant comme un pur hommage, mais exigeant un dosage méticuleux pour ne pas tomber dans le syndrome du too much ou du bigger and louder.

Pari tenu pour Jackson qui signe à la fois un film dont le propos épuré lui confère une éclatante modernité à l’heure du divertissement méta et une naïveté rafraîchissante, indispensable à la crédibilité du projet.

 

Photo Adrien BrodyCome with me if you want to live

 

MOUAIS... Le problème n'est pas de refaire le film de 1933. Adapter, moderniser, densifier le récit avec de si nobles ambitions est même une belle idée. Mais à l'écran, la chose manque trop de finesse. Il n'y a qu'à écouter à la cinquième minute du film la tirade du vieux qui explique lourdement à Annie qu'elle doit suivre ses rêves, noter l'utilisation balourde d'Au cœur des ténèbres qui offre un échange grotesque, ou observer la mine déconfite de Jack Black en cinéaste aveuglé parce que l'art-avant-la-vie, pour se dire que King Kong manque terriblement de nuances.

La niaiserie qui enrobe le spectacle, l'humour omniprésent dans la première heure et le fait que Naomi Watts n'ait ensuite principalement qu'une longue série de hurlements à interpréter, n'aide pas. La lourdeur et la longueur de l'entreprise laissent tout le loisir de voir ses faiblesses, et notamment ses grosses ficelles paresseuses - des personnages "expendables" au second plan à Annie qui marche sur une brindille et attire l'attention d'une grosse bête, en passant par les derniers mots des sacrifiés. Celui qui apprécie le film rangera ces éléments derrière la naïveté et le côté pulp assumé du film, mais on peut simplement trouver qu'ils relèvent juste d'une approche simplette.

 

Photo Jack BlackJack en Black

 

LA DIRECTION ARTISTIQUE

OUI ! King Kong est synonyme de foisonnement, qu’il s’agisse du New York de 1933 (reconstitué avec un luxe de détails appréciables, le tout dans une profusion de couleurs loin des clichés sépia ou grisâtres usités pour dépeindre la Grande Dépression) ou de l’incroyable Skull Island. Sur cette dernière, la liste des réussites du film est telle qu’on peine à en faire les énumérer.

Qu’il s’agisse des indigènes terrifiants, de leurs temples, ou d’une jungle luxuriante tout droit sortie d’un vieux pulp, tous les décors impressionnent. Du côté de la faune, le festin est également au rendez-vous. Le film réinvente le look des dinosaures pour leur conférer une apparence de cartoon tour à tour stimulante ou terrifiante. On reste encore traumatisés par le design inquiétant des monstrueux insectes de la séquence du canyon, qui s’amuse à rejouer une scène coupée du film original, dont il ne reste que deux mystérieuses photos à ce jour.

 

PhotoY'a comme un lézard

 

MOUAIS... Certes, Peter Jackson a un vrai sens de la mise en scène. Il est capable d'organiser l'espace et orchestrer le choc des dimensions, et prend un plaisir évident à plonger les personnages et le public dans les profondeurs étranges et folles de cette île. Les premiers pas sont d'ailleurs réjouissants, notamment parce que ce genre de spectacle simple, voire régressif, devient rare au rayon blockbuster.

Le problème n'est donc pas tant le talent du cinéaste, que la manière dont il déploie son énergie. Et King Kong prend vite des airs de superproduction grasse, ultra-stylisée (parfois dans le mauvais sens : voir ces étranges ralentis sur les crânes et autres) au point de ressembler à une entreprise clinquante, froide et artificielle. Au fond, King Kong n'est pas laid, et il offre même des visions parfois enthousiasmantes. Mais il manque une dimension à ce livre d'images pour être plus que ça. Dès lors que la brume se lève sur l'eau, que l'île montre son visage en pleine lumière, le film ne convainc plus totalement et tombe dans les travers ordinaires.

 

Photo Peter JacksonPeter Jackson et la direction des acteurs

  

KING KONG LUI-MÊME 

NON ! King Kong, c'est censé être la force brute, primitive, sauvage et masculine qui s'adoucit et s'humanise en découvrant des sentiments aussi nobles que l'amour. C'est beau et tout, mais pas chez Peter Jackson. Parce que sa version de Roi Kong a quand même une sale gueule de dépressif quadragénaire avec son œil qui pleure et sa petite dent qui pointe.

Ce fut d'ailleurs l'une des polémiques que dut subir le film au moment de l'arrivée de ses premiers visuels, les fans ayant plutôt mal pris le fait que la bestiole ait une tête de contrôleur des impôts qui se pose des questions sur sa vie devant son plateau-télé. Résultat : une petite modification du design, mais le mal était fait. À défaut d'être un personnage vraiment romantique, King Kong s'était transformé en ce voisin poilu perpétuellement en marcel et qui tire toujours la gueule.  

OUI ! Dans l’apparence du personnage gît toute la note d’intention de Peter Jackson. Lorsqu’il entame son remake, l’icône est défraîchie. Plus grand monde ne regarde le chef-d’œuvre de 1933, la version de 1976 est décriée et les outrances japonaises qui l’ont attaché à King Kong ont achevé d’en faire une blague potache. Conscient qu’il veut rebâtir un mythe abîmé, Jackson opte pour un Kong vieilli et désabusé, d’où son apparence de vieux gorille en bout de course. Par conséquent, sa prise de pouvoir sur le récit, sa montée en puissance tout le long du film, jusqu’à sa chute au cœur d’une aube mordorée n’en seront que plus belles.

 

photoHelp me

 

LES EFFETS SPÉCIAUX

OUI ! Trop souvent utilisées de manière à faciliter ou accélérer un processus de production, plus qu’un arsenal technologique doté d’avantages et d’inconvénients, les images de synthèse sont souvent synonymes d’effets voyants, inaboutis, voire franchement ratés et voués à vieillir très rapidement. La performance obtenue par Peter Jackson en est d’autant plus saisissante.

Concernant Kong, elle demeure encore aujourd’hui inégalée. Renforcé par le travail d’Andy Serkis du côté de la performance capture, le rendu de Kong est proprement ahurissant de précision, d’émotion et d’humanité. En témoignent des plans durant parfois plusieurs dizaines de secondes sur le faciès de l’animal, dont la richesse d’expression a de quoi laisser pantois. Malgré une absence physique totale, le film obtient une présence sentimentale absolue et parvient à faire enfin du gorille géant un personnage à part entière.

Le résultat est un chouia plus inégal dans une poignée de séquences, notamment lors de la poursuite des Brontosaures, ou une poignée d’incrustations passent moyennement. Mais globalement, on est toujours sidérés par la qualité technique de l’ensemble, ainsi que la complexité des interactions entre éléments réels et virtuels, comme lors du sidérant affrontement entre trois tyrannosaures et le King pour les beaux yeux de Naomi Watts.

 

PhotoUne gueule de porte-bonheur

 

NON... King Kong a beau avoir reçu un Oscar des effets spéciaux, le film ressemble trop à une bouillie numérique indigeste. D'où la sensation d'affronter, à partir du moment où l'aventure commence pour de bon, des couloirs de fonds verts et images de synthèse (des animaux aux couchers de soleil en passant par les plans larges) qui vampirisent l'écran, écrasent les acteurs et réduisent le facteur humain à un détail gênant dans l'image. Un détail presque hors de propos, comme un insecte égaré dans un bac à sable au milieu des jouets en plastique manipulés par un môme surexcité.

La poursuite avec les brontosaures poursuivis par les vélociraptors est à ce titre remarquable : l'enchaînement des péripéties aurait pu créer une scène d'anthologie, mais le déluge d'effets spéciaux et l'écriture poussive l'en empêchent. À l'écran, c'est donc artificiel et assez vilain, en plus de trop bien résumer les limites du blockbuster gras - Peter Jackson ne sait vraisemblablement pas s'arrêter : il ne faut pas un ni deux, mais trois T-Rex. Si bien que le film prend souvent des airs de gigantesque farce maladroite. N'est pas Indiana Jones qui veut.

 

Photo Jack BlackLa course à la mort

 

LA DURÉE

NON ! Depuis Le Seigneur des Anneaux, Peter Jackson ne sait plus faire de films courts, simples et efficaces. Si cela était plus ou moins justifié avec la quête de Frodon et ses potes en regard de la taille imposante du bouquin, on a par contre beaucoup plus de mal à comprendre comment il a pu transformer le King Kong de 1933 de 1h40 en une grosse boursouflure indigeste de presque 3h.

Parce que Jackson, nouveau dieu du divertissement à l'époque, ultra-fan du film d'origine et en pleine crise égotique, veut tout nous expliquer, tout nous montrer, tout souligner. Résultat : un démarrage laborieux où l’on n'a strictement rien à faire des castings ratés de Naomi Watts, de son vol de pomme, qui ne servent en rien le propos, mais le rallonge inutilement pour faire genre "en fait y a de l'humain dedans t'as vu c'est beau". Malheureusement, ces ajouts plombent l'ensemble et ne permettent jamais au film de dépasser le stade du drama télé, en plus d'être complètement artificiel dans sa narration. Comment ça y a une version encore plus longue ?!

 

Photo Naomi Watts, Adrien BrodyL'entracte

 

OUI ! Qu’il s’agisse de la version longue ou de la version cinéma, King Kong est indiscutablement un gros morceau. Bien sûr, il faut pouvoir digérer la bête, mais quand un plat est composé de si succulents aliments, pourquoi se plaindre d’être obligé de se resservir deux fois pour finir le plat ?

Bien sûr, Jackson en fait trop, la durée est excessive, c’est indiscutable. Mais bon dieu, s’il y a bien un projet qui mérite tous les superlatifs, un mythe auquel les limites du médium paraissent ne pas devoir s’appliquer, c’est bien son premier mythe « interne », sa première icône créée de toutes pièces. D’autant plus que pour une fois, toutes les séquences supplémentaires du film le nourrissent avec génie. Qu’il s’agisse de personnages plus fouillés, des scènes aquatiques cauchemardesques ou de l’arrivée d’un tricératops furieux, les scènes coupées contiennent toutes des éléments significatifs ou des morceaux de bravoure.

 

Photo Peter Jackson, Naomi WattsPeter Jackson et Naomi Watts 

   

LA VERSION LONGUE

OUI ! Si vous avez eu du mal à tenir le choc devant la version ciné, la version longue risque d’être dure à avaler. Il faut dire qu’elle a pour ambition de nous placer dans la position de l’enfant découvrant le Septième Art pour la première fois, face à un concept écrasant, qu’il ne peut pas encore tout à fait appréhender. Et le King Kong de Jackson est totalement cette œuvre-monstre, ce divertissement plus grand que nature, cet hommage total à un art que son auteur vénère et place au-dessus de tout.

NON !! Avec une version de 3h07 exploitée en salles, difficile d'imaginer qu'il existe une version "longue" (3h20). Peter Jackson y pousse les curseurs un peu plus encore, mené par le désir de s'amuser, de réaliser ses rêves de gosse et d’orchestrer un voyage plus fou encore. Forcément, celui qui n'a pas été convaincu par le film ne sera pas davantage conquis, au contraire. Ainsi, la scène sur l'eau (qui repose sur la mécanique poussiéreuse du "oh pourquoi ces affreuses bêtes fuient subitement ?... oh, parce qu'une bête encore plus affreuse est là !") a pu être retirée sans gêner le reste de l'intrigue, preuve que ce n'était qu'un morceau superflu, sans incidence sur l'histoire. Comme trop de parties du film.

  

 

Le grande scène coupée, avec encore des bêtes

 

S'IL FALLAIT RETENIR...

 

... UNE SCÈNE GRANDIOSE

À quoi ressemble l'enfer ? Grâce à Peter Jackson, la réponse n'est malheureusement plus si mystérieuse que ça. Qu'on aime ou pas le film, la séquence des insectes géants est mémorable et inégalée. Un sommet d'horreur totale.

 


 

... UNE SCÈNE NULLE

Naomi Watts est belle, tout le monde s'en rend compte, même un singe géant qui vit dans sa grotte. Alors on comprend d'autant moins comment Peter Jackson a pu penser deux secondes que la séduction dont elle fait preuve pour ne pas se faire avaler direct pourrait lui servir, surtout traité de cette façon.

On n'a rien contre les moments comiques et légers ou un peu décalés, on adore ça même, mais voir Naomi Watts faire des claquettes, se péter la mouille sur les rochers façon clown Barnum... non. Il faut dire aussi qu'on a plus de cœur, ça peut expliquer.  

 

Photo Naomi WattsBlonde ambition

 

UNE AUTRE SCÈNE NULLE

S'il y a bien un truc pour lequel le King Kong de Peter Jackson est impardonnable, au-delà des arguments cités plus haut, c'est bien pour son abominable scène de patin à glace en plein Central Park. Là, quand on l'a vue la première fois, on a compris direct que le réalisateur de Braindead et Bad Taste était mort et enterré.

 

 

On n’a rien contre le romantisme, attention, on connait cette théorie et on a même entendu dire que ça faisait du bien. Mais franchement, entre nous, créer une telle scène détruit complètement l'aura du singe. Bien entendu, il faut montrer qu'il s'humanise et qu'il s'adoucit, mais le film original n'oubliait jamais qu'il restait avant tout une bête sauvage, qui pouvait retrouver son instinct à tout instant, ce qui le rendait puissant, inquiétant et magnétique.

Là, c'est tout l'inverse, à cause de cette simple scène qu'on croirait sortie de l'esprit d'un ado de 12 ans qui veut nous expliquer ce qu'est l'amour ou au moins le désir. Alors, non. Ce n'est pas King Kong. Et ce n'est certainement pas la belle qui a tué la bête, mais bien le film tout entier.

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commentaires
khal55
21/11/2022 à 16:53

Je suis ABSOLUMENT pas d'accord sur la scène du lac gelé... je l'ai trouver très touchante bien que suréaliste et incohérante sur certains aspects ( la meuf est en tenu d'été quasiment tout le film et semblme être immunisé contre le froid lol) mais bon... c'est du pur spectacle hollywoodien aussi.

Mais de là à dire que c'est une scène abominable... calmez vous ecran large... il y'a bien pire dans le cinéma!

DjFab
16/11/2022 à 15:00

Grand film !

Winslow
16/11/2022 à 12:40

J'aurais préféré une version beaucoup plus courte et aussi de prendre un peu plus de liberté et non d'étoffer à l'excès l'histoire du film original. Ce qu'avait très bien fait la version de 1976.

lemon0
16/11/2022 à 11:12

Vu au ciné à la sortie et très, très déçu. Pas eu le courage de le revoir depuis.

Eddie Felson
16/11/2022 à 08:36

Le blockbuster d’un artiste virtuose qui surclasse, 15 ans après, les productions contemporaines dites « grand public » et dont le seul défaut est pour moi la longueur avec notamment un premier tiers trop long avant d’arriver sur Skull island… et cette scène de combat entre T rex accrochés à des lianes! Jouissif!

Liberez Gratos
16/11/2022 à 00:25

L'un des Peter Jackson qui m'a le moins emballé. Je l'ai revu il y'a pas si longtemps et mon impression reste inchangée. Peut être que j'étais bloqué et conditionné aux anciennes versions de King Kong que je n'apprécie pas ce "grand spectacle". Bien sûr qu'il y'a des idées de génies de mise en scène, mais je ne trouve pas cette étincelle qui me procure de grosses sensations comme Jackson sait le faire.

Le film est très loin d'être un navet bien entendu. Faut un peu nuancé. Mais j'attends peut être beaucoup de Jackson .

Kyle Reese
16/11/2022 à 00:11

@(The) Aurelio

+1

Quand une scène de ce genre d'une magnifique poésie nous rappelle qu'on a un cœur justement qui s'est peut être un peu trop endurci avec l'age ...

(The) Aurelio
15/11/2022 à 23:40

"On n'a rien contre les moments comiques et légers ou un peu décalés, on adore ça même, mais voir Naomi Watts faire des claquettes, se péter la mouille sur les rochers façon clown Barnum... non. Il faut dire aussi qu'on a plus de cœur, ça peut expliquer. "

AH non, c'est une très jolie scène quand même! C'est aussi ça le cinéma bordel!

Prometheus
15/11/2022 à 23:39

Une énorme claque au cinéma, et encore un très grand divertissement, sans équivalent récent.

Bon... il y a juste Naomi Watts qui n'a qu'une seule expression quasiment tout le long du film....

Cinégood
15/11/2022 à 21:37

@La rédaction
"cette simple scène qu'on croirait sortie de l'esprit d'un ado de 12 ans qui veut nous expliquer ce qu'est l'amour ou au moins le désir."

Vous pointez du doigt la grande faiblesse du cinéma de Peter Jackson. Déjà dans Le Seigneur des Anneaux, la romance Aragorn/Arwen était digne d'un mauvais Arlequin, dans le Hobbit c'est encore pire. Jackson et sa scénariste de femme sont un poil autiste ou des ados attardés pour exprimer et raconter une histoire d'amour. C'est dommage, car le reste, c'est de l'aventure, de l'épique en veux tu en voilà !

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