Django : la naissance sanglante d'une légende de l'Ouest italien

Mathieu Jaborska | 10 décembre 2021
Mathieu Jaborska | 10 décembre 2021

Présenté à un public plus jeune et plus vaste par l'intermédiaire de Quentin Tarantino, le Django de Sergio Corbucci vient de ressortir en France. Retour sur la naissance d'une véritable légende du western italien, incarnée par le grand Franco Nero.

"Django, have you always been alone ?" (Django, as-tu toujours été seul ?) demande avec candeur le sublime thème principal. Des paroles qui auraient pu se révéler prophétiques si Django ne s'était pas démarqué du tout-venant fourni du western spaghetti des années 1960 grâce aux talents conjugués de Sergio Corbucci et de son comédien, Franco Nero. S'il n'était pas devenu une influence majeure et un véritable symbole du système dans lequel il a vu le jour.

Des dizaines de copies plus ou moins assumées, des années de culte et un sacre par l'un des cinéastes américains les plus populaires du moment plus tard, Django n'est assurément plus seul. La recette d'une telle icône ? C'est simple : un micro-budget, une pincée de chance, quelques bons choix, pas mal d'alcool, une bonne dose de charisme et une grosse portion de misanthropie. Laissez infuser dans la culture populaire plusieurs années et admirez le résultat.

 

Django : photo, Franco NeroMerci Carlotta

 

Vas-y Franco

1965. Franco Nero est en voiture avec son agente, Paola Pegoraro, et son mari, Elio Petri. Il en profite pour demander au réalisateur de L'assassin et La dixième victime son avis sur une proposition que Pegoraro lui a dégotée, à savoir le rôle de Django dans le film éponyme : "Elio, je veux être un grand acteur, faire des films importants. Je ne suis pas encore certain, mais j'ai l'impression qu'ils me veulent pour un western". Petri l'interroge simplement : "Qui te connaît ?". Nero répond : "Personne". Le cinéaste conclut : "Donc tu n'as rien à perdre. Fais-le."

En effet, à l'époque, malgré une formation théâtrale et une ambition dévorante, le comédien n'est apparu que dans quelques films, généralement en arrière-plan. Son plus gros rôle est peut-être celui de Charley Garvey dans Les Forcenés, où il côtoie James Mitchum et le Gordon Scott de Tarzan. Il se tient encore loin du haut de l'affiche. Il a donc raison d'écouter son mentor éphémère et d'ignorer sa méfiance à l'égard du western italien, alors à son apogée (Le Bon, la Brute et le Truand s'apprête à marquer au fer rouge une génération), mais déjà bien étrillé par une armada de producteurs avides de convertir faux dollars et faux pesetos en lires sonnantes et trébuchantes.

 

Django : photo, Franco NeroJuste la classe

 

Il ignore qu'il s'apprête à se lancer dans une aventure aussi essentielle pour sa carrière que pour l'avenir du genre et sa perception dans le monde, grâce à un réalisateur, Sergio Corbucci, mais aussi à quelques-uns de ses sous-fifres. C'est l'un d'entre eux, Ruggero Deodato, qui l'a déniché, si l'on en croit son interview, intitulée Le cannibale du Far West. La légende en devenir du cinéma d'exploitation transalpin, des années avant de traumatiser la terre entière avec ses films de cannibales, est alors assistant-réalisateur.

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Accèder à tous les
contenus en illimité

Sauvez Soutenez une rédaction indépendante
(et sympa)

Profiter d'un confort
de navigation amélioré

Tout savoir sur Django

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Pat Rick
10/12/2021 à 20:32

Un excellent western spaghetti.

Snake88
10/12/2021 à 14:05

Apparemment Studio Canal a produit une série Django avec Matias Schoenaerts dans le rôle ! Très curieux de voir ça.

votre commentaire