Rock : faux James Bond et vraie thérapie de Michael Bay

Simon Riaux | 7 août 2021 - MAJ : 26/08/2021 17:44
Simon Riaux | 7 août 2021 - MAJ : 26/08/2021 17:44

Rock n'est pas seulement un des films d'action les plus réussis des années 90. Il marque aussi l'avènement stylistique de Michael Bay... et de ses obsessions.

Pour ceux qui l'ont découvert en salles en 1996, puis, plus nombreux encore, en vidéo durant les années qui ont suivi, Rock fut un grand spectacle d'action inespéré, à une époque où le cinéma américain se dépatouillait encore mal de l'héritage des années 80, sans parvenir à digérer la leçon qu'infligeait au monde les productions venues de Hong-kong. La grammaire en forme de bidon d'essence enflammé de Michael Bay prenait pour la première fois, véritablement ses aises, en embrasant les rétines des spectateurs.

En résulte souvent la description bégayante d'une enfilade séquences cultes, toutes plus intenses, sensationnelles et ambitieuses les unes que les autres, surlignées au stabilo laser par les compositions maousses de Hans Zimmer. De quoi transformer un trentenaire passablement civilisé en môme prépubère jouant au soldat avec bâton, ou un mormon pacifiste en cocaïnomane collectionneur d'armes et revendeur d'uranium appauvri. Mais attention, la fantaisie pyrotechnique de Bay est aussi une excroissance sauvage de James Bond, une sorte de greffon autonome et fou, qui permit au cinéaste d'explorer pour la première fois plusieurs des thèmes et motifs qui deviendront les plus personnels et puissants de son cinéma.

 

Affiche françaiseOn the rock again !

 

L’ESPION QU’IL AIMAIT 

Le 31 octobre 2020, Michael Bay publie dans les colonnes du Hollywood Reporter un hommage à Sean Connery. Le légendaire artiste, qui prêta ses traits à 007 avant de devenir un des grands mythes du 7e Art, l'avait particulièrement marqué sur le tournage de Rock.

"Je n'oublierai jamais cet incroyable sourire à la James Bond qu'il me fit en signe d'approbation. Il m'a tant appris en matière de jeu et d'orfèvrerie."

Et on imagine combien ce fameux sourire signifiait alors pour le metteur en scène. Issu de l'école Propaganda, célèbre agence de communication et production qui accueillit plusieurs réalisateurs majeurs de son époque, où ils firent leurs débuts comme clippeurs et publicitaires, Bay est alors déjà un technicien et un communicant accompli, mais n'a qu'un unique long-métrage à son actif. Il s'agit du sympathique Bad Boys, où sa signature est encore très loin d'être une évidence, qui fut accueilli avec bienveillance par le public et la presse, mais sans que quiconque puisse encore repérer un auteur chez celui qui rallongea lui-même le budget du métrage pour se payer une plus grosse explosion finale.

 

photo, Sean ConneryFaut pas pousser Sean

 

Et voici donc Michael, lors du premier jour de tournage de Rock, alors qu'il s'échine à filmer la séquence au cours de laquelle Mason utilise une pièce pour découper une vitre sans tain. Et si ce sourire Bondien le rassure et l'assure, c'est également parce qu'à sa manière, il tourne justement un James Bond, une aventure qui, bien plus que le mal-aimé (et raté) Jamais plus jamais, est appelée à rester comme la solennelle révérence de l'espion britannique.

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commentaires
Hocine
01/09/2021 à 14:37

Rock est l'exemple du blockbuster réussi: un film divertissant à souhait, tout en suscitant un intérêt sur le plan cinématographique. Les scènes d'action ne manquent pas mais la clé du film reste son casting: et pour cause, le film est sorti à une époque où le star-system avait atteint son zénith à Hollywood. Sean Connery est très bon dans ce film et excelle une fois de plus dans un rôle de mentor. Quant à Nicolas Cage, il entame avec Rock, la période la plus commerciale de sa carrière: Les Ailes de l'Enfer, Face off, Snake Eyes, 8 Millimètres, A Tombeaux Ouverts, 60 Secondes Chrono, Capitaine Corelli, Windtalkers.

La crème
11/08/2021 à 01:44

Sur le podium des 10 meilleurs films d'action all time, voir peut être le top 5. Coche toutes les cases : maitrise de la mise en scène, cascades hallucinantes, répliques cultes, acteurs à leur meilleur. Rien à jeter, même pas les quelques incohérences mineures du scénario

MadMcLane
10/08/2021 à 20:18

Vu au ciné, j'avais 14ans et bien kiffé ! Probablement un des meilleurs films d'action des années 90, avec pour ma part volte-face et Die Hard 3!

Luci1
09/08/2021 à 23:49

Soyons clairs, plus le temps passe, plus j'ai du mal à supporter le style épileptique de M.Bay.
Je crois que "Les lapins crétins dans l'espace" ... pardon "Armageddon" est le film que je déteste le plus. Quant à la série "Transformers" pour moi, c'est le plus gros sabotage de franchise de l'histoire du cinéma.
Par contre j'adore "Rock" !
Comme quoi ce type est (était?) capable de faire de bons films.

alulu
09/08/2021 à 21:11

@Pseudo1

"en particulier Harris qui compose ici l'un des meilleurs méchants du cinéma ... en jouant constamment sur les lignes gentil/méchant et salaud/code d'honneur sans jamais basculer pleinement dans l'un ou l'autre. Du génie !"

Bien mieux dans Stalingrad pour moi.

Xbad
08/08/2021 à 10:03

Je dois connaître la moitié des répliques par coeur tellement je l'ai vu. La musique est excellente et les acteurs en parlons pas. C'est typiquement le film style "90's" qui manque de nos jours: des bons gros effets pyrotechniques, une bonne cascade, et pas trop de cgi. Personnellement le meilleur Bay pour moi, et de loin

Miami81
07/08/2021 à 23:15

Son meilleur film. La poursuite automobile m avait fait halluciner au cinéma. Tout Michael Bay se retrouve dzns ce film notamment ses cadrages incroyables.
Comme Kyle Reese, hormis sa longueur, son patriotisme exacerbé et sa romance forcée, j ai également un faible technique pour Pearl Harbor

rientintinchti
07/08/2021 à 22:03

Michael Bay, le propagandiste par excellence qui a contribué à semer la zizanie dans le monde par ses films aussi nuls que nauséabonds.
Hallucinant que vous le portiez aux nues.

Flash
07/08/2021 à 17:01

Mince, j’ai oublié qu’il avait réalisé No pain, no gain.
Donc, c’est ce film, mon Bay préféré.

Mx
07/08/2021 à 15:40

en effet, de loin son meilleur film, et pourtant ce n'était que son 2ème, pour ce qui reste l'un des fleurons du cinéma d'action des années 90, cast démentiel (cage, connery, harris, mais aussi michael bhien, david morse, william forsythe, john mc ginley, john spencer, tony todd, etc), musique au diapason, scène d'ouverture/générique ultra mythique, pour un film nettement moins manichéen que bon nombre de ses confères (pour une fois, on se surprend à être du coté du "bad guy", et on comprend aisément ses motivations), bref, le joyan de bay, à n'en point douter!

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