Stand by Me : pourquoi c'est un chef-d'oeuvre intemporel sur l'enfance ?

Gaël Delachapelle | 10 août 2021
Gaël Delachapelle | 10 août 2021

Retour sur Stand by Me, le chef-d'oeuvre intemporel sur l'enfance adapté de Stephen King, par le réalisateur de Misery.

Ce n’est pas la première fois que nous revenons sur une adaptation de l’œuvre du maître Stephen King vu le nombre d’adaptations du King de l’horreur au cinéma. Elles ont donné parfois des films cultes à l’image de l’évidence Shining ou encore Christine, adaptation de l’œuvre d’un maître par un autre maître de l’horreur qu’est John Carpenter (Halloween, The Thing).

Toutefois, on oublie trop souvent de citer une autre veine dans la liste des nombreuses adaptations de l’auteur à l’écran, dont sont issus des films tout aussi cultes tels que Les Évadés (1994) de Frank Darabont (La Ligne verte), adapté d’une nouvelle issue du recueil Différentes Saisons, paru en 1982. Mais avant Darabont, c’est le cinéaste Rob Reiner qui portera à l’écran un autre récit de ce recueil, intitulé The Body, sous le nom de Stand by Me (en référence à la célèbre chanson de Ben E. King, qui connaîtra une seconde jeunesse grâce au film).

Une adaptation un peu à part parmi ses prédécesseurs, puisque Stand by Me est l’un des premiers films à adapter, à son époque, une veine plus intimiste et mélancolique de l’œuvre de King (bien avant Les Évadés et La Ligne Verte), mais pourtant tout aussi sombre dans sa manière de dresser le portrait d’une enfance désabusée qui rencontre la mort, sous influences La Nuit du Chasseur. On revient donc sur cet anti-Goonies, sur son casting culte et ses thématiques universelles, afin de comprendre pourquoi Stand by Me est un véritable chef-d’œuvre intemporel et mélancolique sur la fin de l’enfance.

 

PhotoEn route pour l'aventure 

 

The Body

Au milieu des années 80, les adaptations des romans de Stephen King sont très identifiées comme des films de genre à succès, certaines de ses œuvres cultes ayant déjà eu les honneurs d’être portées à l’écran par des cinéastes de renom entre Brian De Palma avec Carrie au bal du diable (1976), Stanley Kubrick avec Shining (1980), John Carpenter avec Christine (1983) ou encore David Cronenberg avec Dead Zone (1984). Alors que l’auteur passe pour la première (et dernière) fois derrière la caméra avec le nanar Maximum Overdrive (1986), Rob Reiner arrive la même année avec Stand by Me.

Une adaptation totalement inattendue de la nouvelle Le Corps (The Body en VO) qui a pour particularité d’être totalement dépourvue d’élément surnaturel ou horrifique, plus orienté vers le drame intimiste. Une petite production à 8 millions de dollars qui aura connu une genèse assez mouvementée, à commencer par un changement de réalisateur en arrière-boutique. En effet, lorsque les scénaristes du métrage, Raynold Gideon et Bruce A. Evans, décident de négocier les droits d’adaptation avec l’agent de King, ce dernier réclame 10% des bénéfices bruts, ce qui est beaucoup trop élevé pour un film sans vedettes qui n’est pas très attendu.

Les scénaristes contactent alors le réalisateur Adrian Lyne, juste après le carton Flashdance (1983) et bien avant L'Échelle de Jacob (1990), qui collabore à l’écriture avant de faire le tour des studios avec les deux auteurs. Le projet est maintes fois refusé par les producteurs, avant que la société Embassy Pictures accepte enfin de négocier les droits d’adaptation. Bruce A. Evans et Raynold Gideon planchent sur le script pendant huit semaines, négocient des droits de producteurs pendant qu’Adrian Lyne part tourner 9 Semaines 1/2 (1986), précisant au passage qu’il ne sera pas disponible avant le printemps 1986 pour tourner le film, ce qui est beaucoup trop tard pour la production.

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commentaires
Birdy fan
11/08/2021 à 18:39

Ce film réussit le tour de force de capturer avec ses images la même puissance émotionnelle que les mots du King. Fascination face à l'inconnu, désir d'exploration de soi, rapports aux autres, de qui on sera demain, quand "l'été" se terminera.
SK sut créer un groupe homogène autour du duo qui ne recule pas. Et le réalisateur sut trouver un casting idéal, en état de grâce, et le laisser respirer assez pour imprégner le film de leur inoccence sur le declin.
Fascinant et intemporel, ce film restera un écrin éternel pour River Phoenix.

Gregdevil
10/08/2021 à 22:24

J'ai aimé, mais sans plus. J'avais lu tellement de commentaire dithyrambique que je m'attendais peut être à trop.
Tan pi pour moi, mais tan mieux pour vous :-)

JR
10/08/2021 à 21:07

On semble tou.te.s raccord sur ce film. J'y ajouterais que c'est un film de fin d'été, d'ici une semaine ou deux, dans ce lapse ou l'oisiveté et la douceur fanent pour laisser place à la rentrée, ce moment (presque) adulte qu'est début septembre...
La fin de l'innocence coïncide avec la fin de l'été... (souvent chez King d'ailleurs)

Cooper
10/08/2021 à 18:53

Un de mes films préféré, chef d œuvre, et quelle musique aussi de Jack Nitzsche ! le main title est à pleurer, sans parler des chansons qui accompagnent le film.

@flash, attend y a river phœnix et ce st qui le deuxième ? Tu fais pas erreur la ?

Valentin
10/08/2021 à 18:48

Curieusement personne ne parle de Kiefer sutherland qui deviendra la super star un peu plus tard de 24 (titre original).

Eddie Felson
10/08/2021 à 18:12

@alulu +1
@Terminéator +1. Très bien écrit. Je ressent exactement la même chose à la vision de ce film.

Ash77
10/08/2021 à 17:51

Un chef d'oeuvre. J'ai des frissons rien que de penser à ce film.

alulu
10/08/2021 à 16:13

J'adore ce film, il fait même écho pour moi. La vie nous donne et finit par tout reprendre comme on dit, ne reste plus que les souvenirs. Un des meilleurs films sur la transition, le passage. On est tous des Gordie Lachance ou l'on le deviendra. Bye bye Tom Sawyer.

Terminéator
10/08/2021 à 16:01

L’un de mes films préférés. Un film que je peux regarder encore et encore à chaque rediffusion tv. Et c’est toujours un pur plaisir. Très rare les films qui vous plonge dans un état émotionnel aussi intense. C’est le genre d’œuvre qui vous emporte tellement que vous avez l’impression de faire partie de l’histoire , de faire partie intégrante du film. On a envie d’être au côté de LaChance , Chambers, Duchamp et Tessio pour vivre leur folle aventure avec eux. Un film sur la vie , la mort , le destin , l’amitié, les vacances d’été , l’aventure , l’adolescence, mais aussi le passage à l’âge adulte. On rit , on pleure , on vibre , on vit le moment présent. Ici point d’explosion , de monstre , de spectaculaire, juste une belle histoire bien racontée avec une bande de jeunes acteurs talentueux dont l’alchimie a donné toute la force au film . Ça , c’est du cinéma . Et pour moi River Phœnix restera éternellement l’ange déchu du cinéma américain . J’aurai payer cher pour voir ce qu’il serait devenu s’il était toujours en vie. Merci Stephen King , Rob Reiner , Richard Dreyfus , Wil Weathon , River Phoenix , Corey Feldman et Jerry O’Connell et tous les autres de m’avoir fait vivre l’un des plus beau moment de cinéma de toute ma vie . Ouai ouai , il y’a des œuvres comme ça ….

Kyle Reese
10/08/2021 à 14:59

Honte à moi, fan du King, je n’ai du voir le film qu’une seule fois il y a bien longtemps.
Car pas de monstres, de psychopathe ou de surnaturel qui pouvaient titiller mes neurones en mal de frayeurs nocturnes à l’époque. L’occasion aujourd’hui de le revoir avec de nouveaux yeux.
River Phœnix … quel talent, quel tristesse, il avait tout pour faire une brillante et longue carrière. Il fut une étoile filante marquant profondément la pellicule de ces belles années 80. Nous avons de la chance de profiter encore du talent de son frère tant que son envie de faire du cinéma est encore là.

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